Catherine Samba-Panza annonce la création d'une unité rapide d'intervention La présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, s'est adressée mercredi à la nation depuis Conseil national de transition (CNT), parlement provisoire. Dans ce discours qui était très attendu, la présidente a abordé tous les sujets de grande préoccupation, en commençant par la sécurité.

« La sécurité est aujourd'hui le problème numéro un de la Centrafrique. C'est la raison du déploiement de toutes les forces internationales dans notre pays », a déclaré Catherine Samba-Panza, déplorant les récentes violences meurtrières dans la capitale, Bangui.

« J'ai décidé de créer une unité rapide d'intervention en mesure de sécuriser efficacement la population », a annoncé la présidente de la transition.

S'agissant de la réhabilitation des forces de défense et de sécurité nationales,  elle a estimé que son gouvernement et les Nations unies doivent conjuguer leurs efforts, « en vue de mettre en place la stratégie appropriée en ce qui concerne l'armée nationale ». Plusieurs voix centrafricaines demandent le réarmement des Forces armées centrafricaines (FACA).

Parlant de la mise en œuvre du programme Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), elle a demandé au secteur chargé de la sécurité de penser « à une réhabilitation, une reformation des forces armées centrafricaines et répondre aux attentes de certains groupes armés ».

Le programme DDR a notamment pour mission d'aider à la réinsertion sociale de membres des groupes armés qui continuent de semer la terreur à Bangui et ailleurs dans le pays.

Catherine Samba Panza a reconnu que « la justice a disparu » en Centrafrique. « Des crimes politiques et de droit commun commis massivement (…) sont restés impunis », s'est-elle révoltée.

« Je demande à tous les magistrats d'enregistrer toutes les plaintes des Centrafricaines et Centrafricains et de rendre justice (en collaboration) avec la composante internationale », a-t-elle instruit. La présidente Samba Panza a réitéré son appui à « la Cour pénale internationale pour qu'elle puisse juger les crimes les plus graves perpétrés contre la sécurité intérieure et extérieure de la Centrafrique et de son peuple ».

Elle a également dénoncé « le grand banditisme qui s'est installé dans le pays sous le couvert des rebellions armées », qui se livrent, selon elle, au « commerce illicite des armes et des richesses naturelles comme le diamant, l'or et l'ivoire ».

Pour ce qui est du processus électoral, elle a expliqué que le regain de violence dans le pays avait perturbé les préparatifs. Elle a déploré « une série d'évènements venus affaiblir la transition depuis deux semaines », alors qu'elle avait demandé aux institutions concernées de « proposer des actions concrètes sur l'organisation des élections ». Une partie de la classe politique avait dernièrement accusé Catherine Samba-Panza de faire perdurer la transition pour se maintenir au pouvoir.

La présidente a enfin adressé ses condoléances aux Centrafricains qui ont perdu les leurs dans les récentes violences. Elle a par ailleurs rendu hommage au  Casque bleu pakistanais et au gendarme centrafricain tués alors qu'ils recherchaient la paix pour les Centrafricains.

Centrafrique : le médiateur de la crise exclut une troisième transition Le président congolais Denis Sassou N'Guesso, médiateur international dans la crise centrafricaine, a dépêché samedi en Centrafrique une mission de suivi. Elle est conduite par le ministre Basile Ikouébé, des Affaires étrangères du Congo et vice-médiateur dans la crise. La mission de Basile Ikouébé vise à « écouter les autorités sur leur perception de la situation ». « Il faut comprendre qu’il n’y aura pas une troisième transition, qu’on soit sur les barricades ou ailleurs, il faut se dire que nous allons aux urnes », a indiqué le vice-médiateur Ikouébé. Il a montré qu’« il n’est pas question (…) d’ouvrir la porte à une nouvelle transition. C’est exclu ! ».

Le vice-médiateur est à Bangui pour faire le suivi des accords de Brazzaville. « Nous avons constaté que depuis la signature de cet accord de cessation des hostilités, il y a eu de graves évènements qui se sont produits dans le pays. Nous avons d’abord déploré la lenteur de la mise en place des institutions mais ensuite, plus grave c’est cette recrudescence des actes de violence depuis la semaine dernière », a-t-il déclaré.

Lors de son échange avec la presse nationale et internationale, le ministre congolais a réaffirmé l’engagement du médiateur Denis Sassou N'Guesso à accélérer la transition en vue d’aboutir aux élections prévues d’ici 2015. Le dialogue, tant souhaité par les Centrafricains, doit être organisé à Bangui avant la fin de l’année 2014. « Accélérer le processus de sécurisation du pays, accélérer le calendrier de la transition,  tenir le dialogue politique à Bangui avant la fin de l’année pour que le début 2015 soit consacré à la préparation des élections et cesser les querelles entre personnes », a annoncé l’envoyé spécial de Sassou N'Guesso.

Car, « si nous continuons dans ce climat, cela peut nous prendre encore trois ou quatre ans. La communauté internationale n’est pas en mesure de vous suivre sur cette voie », a-t-il poursuivi.

Le ministre congolais des Affaires étrangères a rencontré au cours de cette mission de quelques heures, la présidente de transition Catherine Samba-Panza, le Premier ministre Mahamat Kamoun ainsi que Ferdinand Alexandre Nguéndet, le président du Conseil national de transition (CNT), le parlement provisoire en Centrafrique.

La délégation a également eu des entretiens avec les membres du Groupe de contact de même que les participants au forum de Brazzaville.

« Nous avons demandé aux autorités de la transition de travailler de manière apaisée, inclusive et consensuelle. La réponse que nous avons eue est à la hauteur de ce que nous attendions. Il vaut mieux que le gouvernement se mette au travail maintenant en ayant pour axe principal la préparation des élections », a mentionné le porteur du message.

Le ministre Basile Ikouébé interpelle la communauté internationale à vite agir : « Nous demandons à la communauté internationale de s’impliquer davantage, d’accélérer la mise en place des engagements qui ont été pris », rappelant que « l’Etat n’a pas encore réussi à restaurer son autorité, il y a l’insécurité, on n’a pas d’argent (…) ».

Il faut rappeler que le 13 octobre dernier à Brazzaville, Denis Sassou N'Guesso avait reçu le Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation de Centrafrique (Minusca) Babacar Gaye. L’entretien des deux personnalités a porté sur le suivi de la situation en République Centrafricaine.

Insécurité et gestion des fonds publics : le gouvernement s'explique Accusé de malversations financières et d'incapacité à faire face à la recrudescence des actes de violence dans la capitale, le gouvernement centrafricain s'explique devant le Conseil national de transition (CNT), le parlement provisoire.

Mercredi, devant l'hémicycle, le Premier ministre Mahamat Kamoun a nié qu'une partie de l'aide financière accordée par l'Angola ait été détournée.

En mars dernier, Luanda avait accordé un don d'environ 10 millions de dollars soit plus de cinq milliards de francs CFA  au gouvernement centrafricain.  « Beaucoup a été dit et écrit sur ce don de l'Angola,  notamment sur la moralité de l'utilisation qui a en été faite (…)  La vérité est qu'il n'en est rien, absolument rien », a plaidé le Premier ministre, face aux députés de transition.

Le chef du gouvernement a cependant reconnu « un problème de procédure qui n'engage en rien la moralité de la gestion du don angolais ».

Les membres du CNT ont posé plusieurs questions. Pourquoi la totalité de l'argent n'a-t-il pas transité par le trésor public ? Pourquoi la justification des dépenses a-t-elle été faite par le directeur de cabinet de la présidence ?

Pour le parlementaire Jean-Baptiste Koyassambia, les règles en vigueur en matière de comptabilité publique, n'ont tout simplement pas été respectées. Pour sa part, Gaétan Moloto A Kénguémba, a ouvertement accusé l'exécutif de détournement de fonds publics. Les conseillers Fernand Mandé-Ndjapou, Jean- Michel Mandaba et Vincent Mamba-Chaka sont allés plus loin, en exigeant la démission du Premier ministre, qui était alors conseiller spécial de la présidente Catherine Samba-Panza.

En dépit de ces graves accusations, le Premier ministre a assuré le CNT que son gouvernement pouvait encore compter sur la confiance de ses partenaires. « Dans une semaine, une importante mission du Fonds monétaire international est attendue à Bangui pour faire l'évaluation » des programmes définis en accord avec la Centrafrique, a-t-il annoncé. Mahamat Kamoun a ajouté qu'une réunion du Groupe international de contact sur la Centrafrique allait se tenir à la fin du mois pour faire le point de la situation et enclencher la recherche de financements additionnels.

S'agissant de l'insécurité, il a reconnu une recrudescence des actes de violence depuis le 7 octobre, une situation qu'il a imputée, sans autre indication, aux « ennemis de la paix ». « Le bilan provisoire sur le plan humain s'élève à une dizaine de morts et plus de 3500 déplacés internes », a-t-il dit, tout en soulignant que « la nouvelle campagne de violence est savamment orchestrée et vise à déstabiliser le gouvernement de transition ».

Comment alors faire face à ce regain de violence ? Certains parlementaires de transition, dont Léa Koyassoum-Doumta, vice-présidente du CNT, ont demandé la réhabilitation des Forces armées centrafricaines (FACA), qui selon eux, maitrisent le terrain. D'autres, comme Laurent Gomina Pampali, ont souhaité que le général Babakar Gaye, représentant du secrétaire général de l'ONU et patron de la Minusca, soit invité au parlement pour des éclaircissements.

Catherine Samba-Panza mène des consultations en vue de sortir son pays de la crise La présidente de la transition Catherine Samba-Panza mène des consultations depuis mardi avec les forces vives, en vue sortir le pays de la crise qui s'est aggravée au cours des derniers jours.

Après avoir rencontré mardi certains partis politiques, elle devait s'entretenir mercredi avec les groupes armés et les groupes politico-militaires non-combattants.

Mais certaines organisations, tel le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), basé à Birao dans le nord, peinent à se mettre d'accord sur la délégation qui doit les représenter à ces pourparlers avec la présidente.

Pour les hommes armés du Mouvement, les représentants légitimes du MLCJ de la crise sont ceux qui détiennent les armes sur le terrain et non ceux qui se trouvent à Bangui.

Pendant que Catherine Samba-Panza poursuit ses consultations qui dureront jusqu'à vendredi, les violences se poursuivent dans la capitale.

Lundi aux environs de 16 heures au rond-point Benz vi-Miskine, un automobiliste, Guélé-Gongassoua, a été attaqué à la grenade par un groupe de jeunes armés.  « Les valeurs que nous a laissées Barthélémy Boganda étaient Unité-Dignité-Travail. L'unité parle de cohésion, de dialogue et d'échanges », rappelle ce rescapé avant de se demander si la Centrafrique ira aux élections, armes à la main.

Boucliers humains

La violence à Bangui se trouvait au menu des entretiens lundi entre le ministre centrafricain des Affaires étrangères Toussaint Kongo Doudou et l'ambassadeur de France Charles Malinas. Répondant aux questions de RNL à sa sortie d'audience, le diplomate français a fait remarquer que les auteurs de violences se servent de personnes vulnérables comme des boucliers humains. Pour Charles Malinas, cela rend la tâche difficile aux Casques bleus. Il a cité le cas d'hommes armés qui se sont cachés derrière des femmes et des enfants pour tirer sur des soldats de la force onusienne la semaine dernière. Certaines personnes ont reproché au contingent burundais de ne pas être intervenu mais l'ambassadeur ne voit pas comment ces troupes burundaises auraient pu réagir dans ces conditions.

Même constat de la part de la coordonnatrice des affaires humanitaires des Nations unies en Centrafrique (OCHA), Claire Bourgeois, qui souligne que certains enfants ont été blessés par balles la semaine dernière. « L'utilisation des enfants et des femmes enceintes dans les combats est un crime de guerre », a-t-elle rappelé.

En dehors de la capitale, des éléments du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) de Martin Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine, ont enlevé dans la nuit de dimanche à lundi, le Père Mathieu Dziedzic, un missionnaire polonais résidant à Baboua. Le ministère polonais des Affaires étrangères, qui indique avoir entrepris des efforts pour obtenir sa libération, a affirmé dans un communiqué publié mardi que le prêtre était « bien traité ». Les ravisseurs, basés dans l'ouest du pays, indiquent ne pas vouloir de rançon financière, mais chercher à échanger l'homme d'église contre leur chef, Martin Koumtamadji, détenu depuis plus d'un an au Cameroun. Les membres du FDPC avaient déjà enlevé dix personnes le 15 septembre dernier, dans l'espoir d'obliger la Centrafrique à négocier avec le Cameroun la remise en liberté de leur dirigeant.

Le parlement de transition accuse le gouvernement de ne pas vouloir rendre compte Le Conseil national de transition (CNT), le parlement provisoire centrafricain, accuse le gouvernement de Catherine Samba-Panza de ne pas vouloir rendre compte de son action.

Lundi 13 octobre 2014, alors que le gouvernement était convoqué pour la troisième fois consécutive, aucun ministre ne s'est présenté.

Selon le président du CNT, Alexandre Ferdinand Nguéndet, l'exécutif a ainsi violé « les dispositions de l'article 73 de la charte constitutionnelle de transition ». « Manifestement, le gouvernement ne veut pas rendre compte de la gestion du don angolais », a-t-il dit. Plusieurs milieux à Bangui accusent ouvertement la présidente Catherine Samba-Panza d'avoir détourné un part importante de l'aide financière accordée par l'Angola. La présidence rejette catégoriquement ces accusations.

Après concertation lundi, les conseillers nationaux ont publié une déclaration dans laquelle ils menacent d'agir si la quatrième séance venait à être boycottée, comme les précédentes. « Le Conseil national de transition voudrait rassurer le peuple centrafricain qu'une nouvelle date sera proposée à nouveau au gouvernement pour qu'il vienne, non seulement répondre au sujet de l'interpellation déjà évoquée, mais aussi qu'il lui parle en cette période de trouble marquée par un arrêt quasi-total des activités. En cas de nouveau refus de répondre à cette obligation constitutionnelle, le Conseil national de transition prendra ses responsabilités », a averti Alexandre Ferdinand Nguéndet.

Le gouvernement est par ailleurs interpellé par les étudiants de l'Université de Bangui frappés de plein fouet par la crise actuelle.

« Aujourd'hui, nous sommes obligés de briser le silence. Les étudiants et élèves sont les victimes de ce qui se qui se vit au quotidien. Il va falloir que nous prenions notre responsabilité pour attirer l'attention des autorités, des groupes militaro-politiques et la communauté internationale sur leur responsabilité », a déclaré Kevin Yabada, président de l'Association nationale des étudiants centrafricains (ANECA).

Pendant ce temps, la vie reprend timidement à Bangui, après une semaine de violences meurtrières. Plusieurs axes de la capitale sont déjà rouverts au trafic.

Au centre-ville, des commerces ont rouvert ainsi que les institutions bancaires.

En revanche, le secteur sanitaire est confronté à un taux élevé d'absentéisme, certains membres du personnel étant confrontés à des difficultés de transport.  « Pendant ces moments difficiles, beaucoup de membres du personnel soignant ne sont pas venus au travail. Un seul s'est mis au service des enfants malades. Que les autres infirmiers de garde viennent nous aider. Leur absence fait souffrir les enfants, le cas de la réanimation », s'est plaint une garde-malade au Complexe pédiatrique du Centre hospitalier universitaire de Bangui (CHUB).


Le Premier ministre appelle à la reprise des activités après une semaine meurtrière Le Premier ministre  Mahamat Kamoun a appelé ses concitoyens, tant du secteur public que du secteur privé, à reprendre leur travail après les violences meurtrières de la semaine dernière à Bangui.

Au moins huit personnes, dont un élément de la force des Nations unies, ont été tuées la semaine dernière dans la capitale centrafricaine, semant la panique au sein des habitants qui ont préféré rester terrés chez eux.

« Je lance un appel aux travailleurs tant du secteur public que du secteur privé de prendre le chemin du travail dès lundi 13 octobre 2014. Cet appel s'adresse également aux banques, aux entreprises et à l'administration », a demandé le Premier ministre, dans un message diffusé le week-end par la radio nationale.

« La stratégie de la terre brûlée sous le seul alibi qu'on n'a pas atteint certains objectifs politiques inavoués ne sert aucune cause », a dit le Premier ministre sans préciser à qui il s'adressait.

Il a annoncé que la présidente Catherine Samba-Panza allait entamer des discussions avec les forces vives en vue de parvenir à une gestion apaisée de la transition.

« La présidence de la République va engager des séries de rencontres avec l'ensemble des forces vives de la nation afin de réaffirmer sa volonté de conduire la transition dans un climat apaisé et sa détermination à conclure dans les meilleurs délais cette parenthèse de l'histoire politique de notre pays par l'organisation des élections », a-t-il dit.

Les milices Antibalaka avaient exigé la semaine dernière la démission de Catherine Samba-Panza l'accusant, notamment, de faire perdurer la transition.

Pour sa part, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Bangui, Ghislain Grézénguet, a indiqué, dans un communiqué publié le week-end, qu'une enquête avait été ouverte sur les violences meurtrières de la semaine dernière à Bangui.

Lundi matin, l'appel du Premier ministre à la reprise des activités ne semblait pas très suivi, du moins dans le domaine des transports en commun.

De nombreux conducteurs de taxis et de bus avaient encore peur de la rue, en dépit d'un appel lancé samedi par leur syndicat. Le président du syndicat, René Pierre Sokambi-Kandjia, a demandé au gouvernement de leur faciliter la tâche.

« Les chauffeurs de taxis et bus ont décidé de reprendre le travail et la balle est dans le camp du gouvernement pour lever les barrières et mettre à la disposition des conducteurs des stations - service pour s'approvisionner », a dit René Pierre Sokambi-Kandjia. « Certains axes de la capitale sont barricadés et il y a des forces nocives qui menacent la tranquillité des conducteurs », a-t-il souligné.
 

Centrafrique : la présidence se défend de malversations financières Soupçonnée d'avoir détourné une partie de l'aide financière accordée par l'Angola, la présidente Catherine Samba-Panza proteste de son innocence par la voix de sa conseillère et porte-parole Antoinette Montaigne Moussa.

« Lorsque le chef de l'Etat de la transition est arrivé à la tête de notre pays, il y avait énormément de problèmes et de défis à relever. Il faut rappeler que l'Etat n'existait plus, toutes les administrations, la gendarmerie, la police, étaient occupées par les groupes armés. Il n'y avait pas de ressources dans le pays », a rappelé Mme Montaigne dans un entretien avec RNL lundi après-midi.

Au terme de leur réunion dimanche, les dirigeants des miliciens Antibalaka ont exigé la démission de la présidente dans les 48 heures, l'accusant notamment d'avoir détourné ces fonds octroyés par le gouvernement angolais.

« L'Angola a aidé la République Centrafricaine à pouvoir faire face à l'ensemble de ces questions. Aujourd'hui, il y a une administration à Bangui et une administration qui se déploie peu à peu en province », a poursuivi Antoinette Montaigne Moussa, expliquant que tout cela a coûté de l'argent.

Elle a appelé l'opinion centrafricaine à ne pas oublier non plus  « le paiement d'un mois de salaire au  titre des retards de salaire qui avaient été accumulés dans notre pays ».

La porte-parole a par ailleurs réagi aux critiques selon lesquelles les règles d'usage en matière financière n'avaient pas été respectées. Sur ce point, elle a appelé les détracteurs à tenir compte du contexte actuel. « La moitié du pays est occupée par des groupes armés, l'Etat n'a pas la faculté de recouvrer lui-même les ressources, les caisses du trésor sont vides. Des choses simples ont été enflées parce qu'il y a des intérêts quelque part pour pouvoir affirmer cela et éclabousser le chef de l'Etat de transition qui ne fait pas partie des problèmes de ce pays, mais qui est venu apporter sa solution en tant que compatriote », a-t-elle dit.

Antoinette Montaigne Moussa a par la suite nié que le gouvernement ait financé un quelconque groupé armé. « Financer les groupes armés est une formulation inexacte  (…)  Je préfère dire que c'était des négociations. Il était question de négocier avec les hommes armés, les cantonner, les prendre en charge sur le plan alimentaire pour éviter qu'ils n'aillent chercher à manger arme au poing. C'est tout cela qui a été financé », a-t-il expliqué.

S'agissant de l'absence de dialogue et de consensus entre le gouvernement et le parlement de transition, elle a trouvé « normal que les uns et les autres s'inquiètent ». « Je souhaite que le président du Conseil national de transition se rapproche de la présidente et du gouvernement pour obtenir toutes les réponses qu'il souhaite avoir », a-t-elle indiqué.

L'article 63.3 de la charte constitutionnelle stipule que les institutions de la transition s'engagent à privilégier le dialogue et le consensus comme mode de fonctionnement normal et de règlement des conflits.

Elle a terminé par un appel aux Centrafricains à compter d'abord sur eux-mêmes pour le retour à la paix, soulignant que les forces internationales n'avaient pas vocation de rester dans le pays. « Nous n'avons pas d'armée et le peuple centrafricain en a pris bonne note depuis longtemps. Les forces internationales sont là pour nous aider, mais elles ne pourront pas faire de miracle si nous, Centrafricains, nous avons décidé de nous entretuer. Nous devons saisir cette opportunité en sachant que les forces internationales ne vont pas rester éternellement. »

Les Antibalaka lancent un ultimatum de 48 heures à la présidente Catherine Samba-Panza A l'issue d'une réunion dimanche à Bangui, le mouvement des Antibalaka a exigé la démission de la présidente de transition Catherine Samba-Panza. Les Antibalaka l'accusent notamment de faire perdurer la transition et d’avoir détourné des fonds accordés par l'Angola.

« Unanimement, les responsables des Antibalaka ont demandé le départ dans les 48 heures,  de Mme Samba-Panza pour laisser la place à un Centrafricain qui viendra déterminer la durée de la transition », a indiqué lundi à RNL le coordonnateur national du mouvement, Patrice Edouard Ngaïssona.

« Nous nous sommes rendus compte qu'au niveau des autorités, il n'y a pas la vocation d'arriver rapidement à la fin de la transition et d'aller aux élections », a poursuivi Ngaïssona.

Les Antibalaka reprochent également à Catherine Samba-Panza d'avoir limogé des membres de leur mouvement qui avaient été nommés à certains postes importants. « Nous avons constaté que pour des raisons que nous ignorons, notre conseiller à la Présidence et le directeur de cabinet à la Défense ont été limogés sans explication ».

Il a par ailleurs accusé Catherine Samba-Panza d'ignorer les actes posés par son mouvement en vue du rapprochement. « Depuis l'accession de Mme Samba Panza à la magistrature suprême de l'Etat, je ne cesse de prôner la paix, la cohésion sociale pour permettre aux Centrafricains de vaquer à leurs occupations. Mais le cri a été balayé du revers de la main. Malgré le travail fait pour que la paix revienne, malgré l'accord de cessation des hostilités signé à Brazzaville, les Antibalaka se sentent frustrés par les nouvelles autorités de Bangui », s'est-il plaint.

Ngaïssona a indiqué que le mouvement Antibalaka s'était engagé à soutenir le Premier ministre Mahamat Kamoun dans l'espoir d'une transition apaisée et consensuelle qui aboutirait à la mise en place d'un gouvernement issu des urnes.

Les Antibalaka s'insurgent par ailleurs contre « l'arrivée prochaine de troupes tchadiennes pour la sécurisation de la présidente ». Un premier contingent tchadien avait été rapatrié, certains de ses membres ayant commis des crimes en Centrafrique.

Le mouvement des Antibalaka soupçonne enfin la présidente d'avoir détourné l'aide financière de l'Angola. « Si un leader censé dirigé l'Etat centrafricain est soupçonné de détournement d'une importante somme d'argent à une période critique où le peuple centrafricain rase le mur, c'est inexplicable. Les Antibalaka ne peuvent être complices de cette situation », a déclaré Ngaïssona.

Au sujet de ce détournement présumé de fonds angolais, la plateforme ''Sauvons le Centrafrique'' est, elle aussi, montée au créneau. Dans une déclaration publiée le week-end dernier par son coordinateur Maître Henri Pouzère, la plateforme exige l'ouverture immédiate d'une enquête judiciaire. « Nous avons demandé dans notre déclaration que soit mise en place une commission judiciaire, que le tribunal se saisisse de cette affaire et qu'une enquête judiciaire soit diligentée directement en direction du gouvernement pour que la clarté soit faite », a-t-il expliqué lundi à RNL.

Contactée par RNL, le porte-parole de la présidence, Antoinette Montaigne, a souhaité donner une déclaration après concertation avec Mme Samba Panza. Cette déclaration n'était pas encore disponible lundi 6 octobre à 16 heures. Nous y reviendrons.

Centrafrique : la mutation dans une nouvelle crise ouvrirait la voie au terrorisme selon Charles Malinas L’ambassadeur de France à Bangui, Charles Malinas, voit en la sortie de crise en Centrafrique un rôle important dans la lutte contre le terrorisme. Il s’est exprimé ainsi lors d’une interview exclusive accordée à Radio Ndeke Luka. Pour le diplomate français, le revirement dans une nouvelle crise ouvrirait la voie au terrorisme. « Il est clair que le redressement de la situation en Centrafrique joue un rôle important dans la lutte contre le terrorisme. Car si à l’inverse nous n’y parvenons pas, si la République centrafricaine devait glisser comme elle a glissé au mois de décembre dans des affrontements, naturellement cela formerait un terrain favorable pour les terroristes. Les forces internationales, les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne, les Etats Unis, la France et les pays voisins de la Centrafrique sont unis pour lutter contre le terrorisme ».

Le Haut représentant de France en Centrafrique a constaté que le niveau de sécurité s’améliore de manière générale. « Le niveau sécuritaire s’améliore. Nous le constatons dans de nombreuses villes. Mais nous avons un niveau sécuritaire qui n’est pas encore satisfaisant ». Car poursuit-il, « Il y a dans un certain nombre d’endroits des affrontements et des pics de violences avec des morts certes parmi les groupes combattants mais surtout dans la population civile. Nous avons un phénomène de délinquance et de criminalité de droit commun qui se développent dans certains quartiers de Bangui et dans certaines villes de province contre lesquels il faut lutter ».

Charles Malinas a reconnu qu’ « Il y a des gens qui ont intérêt à ce que la guerre continue. Ce sont ces gens qui entretiennent la violence ». Il estime que,  les contraindre à renoncer à la violence est une des solutions envisageables, au cas échéant, « Il faut parfois les combattre » a-t-il précisé.

L’ambassadeur de France a prévenu que ceux qui continueront de vouloir se battre, pourront répondre de leurs actes devant la juridiction internationale. « La CPI vient de décider d’ouvrir officiellement une procédure sur les agissements des groupes armés en Centrafrique avec l’accord du gouvernement centrafricain. Je crois que c’est un élément très important dans la bataille pour la paix en Centrafrique », a-t-il-ajouté.

Charles Malinas a relevé que depuis décembre 2013, la force française a œuvré pour le retour de la sécurité dans le pays. L’opération Sangaris a rempli, à sa juste valeur, la mission de sécurisation auprès de la population centrafricaine. Lorsque Sangaris est arrivée au mois de décembre, la situation était dramatique. En appui avec la Misca, la Sangaris a rempli son rôle en direction de la population mais aussi en direction des autorités de ce pays puisque Sangaris a un mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Par ailleurs à Obo (est du pays) à plus de 1000 kilomètres de Bangui, une nouvelle attaque des rebelles ougandais de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) de Joseph Kony est enregistrée vendredi dernier. Huit chasseurs ont été pris pour cible par neuf hommes armés de la LRA en pleine forêt à environ 30 km de la ville de Obo. Sept d’entre eux ont réussi à s’échapper des mains de leurs ravisseurs. Seulement un enfant de moins de 18 ans est resté prisonnier de ces hommes armés.

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