Le Programme d'urgence de relèvement durable (PURD) présenté au gouvernement Le Programme d'urgence de relèvement durable (PURD) a été présenté ce lundi aux membres du gouvernement centrafricain lors d'un séminaire d'une journée organisé à Bangui.

La présentation officielle de ce programme vise à familiariser les membres du gouvernement avec le document qui sera soumis au Conseil national de transition (parlement provisoire) pour validation.

Le PURD, selon le gouvernement, propose des pistes de sortie de crise en République Centrafricaine. Il sera opérationnel de 2014 à 2016 s'il obtient  le consentement des conseillers nationaux.

Selon Catherine Samba Panza, cheffe de l'Etat de la transition, le PURD est un cadre de référence permettant de mobiliser des moyens en faveur de la RCA. Le PURD sera soumis aux partenaires du développement pour financement dès qu'il sera validé.


Report sine die des élections C'était prévisible. La Centrafrique ne pourra pas tenir des élections législatives et présidentielle en février 2015, comme cela était initialement prévu. Ce report sine die vient d'être confirmé par le Conseil National de Transition (CNT). Selon cette institution, l'organisation de ces scrutins est techniquement impossible dans le contexte actuel. Un avis d'ailleurs partagé par tout le monde.

Lors d'une rencontre vendredi à Bangui, le bureau du Conseil national de transition (CNT, assemblée provisoire), l'envoyé spécial de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Louis Michel et le directeur de l'Institut des élections pour une démocratie durable en Afrique (Elections Institute for Sustainable Democracy in Africa), Denis Kandima ont fait le même constat.

Ces deux diplomates achevaient une visite de travail vendredi dernier à Bangui.

Le rapporteur général du CNT, Thierry Patrick Akoloza, estime que l'actuel climat d'insécurité ne permet pas à l'Autorité nationale des élections d'installer ses comités locaux sur l'ensemble du territoire centrafricain.  « L'objectif de la transition depuis le 24 mars 2013 était d'organiser les élections après dix-huit mois. Vu que la situation sécuritaire ne s'est pas encore stabilisée, l'Autorité nationale des élections se trouve aujourd'hui confrontée à des difficultés financières et matérielles pour l'accomplissement de cette mission », a-t-il indiqué.  « L'insécurité ne permet pas non plus à l'ANE d'organiser des missions dans les villes de province pour mettre en place des comités locaux. Tout cela ne peut que jouer sur la date - butoir qui était février 2015 », a déploré le rapporteur général du parlement provisoire.

En attendant qu'un nouvel échéancier soit fixé, Louis Michel de l'OIF a conseillé au CNT de poursuivre la rédaction de la nouvelle Constitution avant de la soumettre au référendum. Après son entretien avec le président du CNT, Alexandre Ferdinand Nguéndet, le diplomate belge a salué le travail de ce parlement de transition.

Anicet Guiyama Massogo, conseiller politique à la présidenceDans tous les pays du monde, il n’y a jamais eu une unanimité autour d’un gouvernement.

La polémique toujours au sujet de la participation au gouvernement Kamoun La polémique persiste à propos de la participation des formations politiques au Gouvernement du Premier ministre Mahamat Kamoun. L’unique candidate de la plate forme Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) au sein du Gouvernement Kamoun, siégera-t-elle dans ce gouvernement ? Cette question se pose au sujet de Jeannette Déthoua, de l’AFDT, nommée ministre de la Réconciliation nationale. Son entité a demandé ce mardi qu’elle se retire du gouvernement. 

Rainaldy Sioké, Coordonnateur de l’AFDT, affirme que son organisation ne voit pas la raison de garder son candidat dans ce gouvernement qui est loin d’être consensuel. Pour lui, le gouvernement devrait être représentatif de tous les groupes sociopolitiques.

« Ce n’est pas le profil du gouvernement sur lequel on s’était mis d’accord avec Madame la Présidente. Dans ces conditions, nous retirons notre unique représentante dans ce gouvernement. Nous avons aussi demandé à la Présidente de la transition, de reprendre langue avec les forces politiques et sociales et avec la communauté internationale sans laquelle, la RCA ne peut rien faire aujourd’hui. Si Jeannette Déthoua y reste, c’est en son nom propre mais pas au nom de l’AFDT », a éclairé Rainaldy Sioké.

Radio Ndèkè Luka n’a pu joindre la ministre Jeannette Déthoua pour avoir son avis sur la décision que vient de prendre l’AFDT. Va-t-elle démissionner ou rester dans ce gouvernement ? La question reste posée.

Du coté de l’ex-coalition rebelle Séléka, c’est un son de cloche différent. Les trois représentants de cette ex-coalition sommés de se retirer du gouvernement Kamoun semblent se désolidariser de leur base. Ce sont Arnaud Djoubaye Abazène nommé aux Transports et à l’aviation civile,  Assane Abdallah Kadre des Postes et télécommunications et Mahamat Taïb Yacoub, ministre délégué à l’Elevage.

Une source proche de l’ex-Séléka a indiqué que ces trois personnalités ont décidé de siéger dans le gouvernement Kamoun au motif que l’heure n’est plus à l’amusement, mais plutôt à du sérieux et à la pacification du Centrafrique.

Toujours, au sujet de cette nouvelle administration, les Etats-Unis d’Amérique déclarent accueillir avec satisfaction la publication du gouvernement centrafricain. Dans une déclaration publiée mardi à Washington, le Département d’Etat américain invite le peuple centrafricain à coopérer avec tous, en renonçant à tous les actes de violence et de participer pleinement au processus du dialogue et de la réconciliation nationale.


Enfin, le gouvernement Kamoun en Centrafrique La Cheffe d’Etat de la transition, Catherine Samba-Panza a annoncé dans la matinée du vendredi que les membres du nouveau gouvernement vont être publiés dans les prochaines heures. Ce message a été livré au peuple centrafricain dans une déclaration faite à Bangui. Dans son adresse à la nation, la Présidente de la transition a attesté le maintien de Mahamat Kamoun à la tête du gouvernement centrafricain.

« Il faut donner l’occasion au nouveau Premier ministre de faire ses preuves. Il est incompréhensible que certains manifestent déjà des mécontentements alors que le gouvernement n’est pas encore formé. J’ai donc résolument pris la responsabilité de demander au Premier ministre Mahamat Kamoun de former son gouvernement et de le rendre publique ce jour. Dans l’esprit du forum de Brazzaville, je veillerais à ce que le caractère inclusif de ce gouvernement soit respecté en y incluant les principales entités représentatives des forces vives de notre pays en mettant un accent sur l’équilibre régional », a martelé Catherine Samba-Panza.

Cette adresse à la nation a été une opportunité pour la Présidente de justifier le choix qu’elle a porté sur Mahamat Kamoun ; un choix jusque là contesté par bon nombre d’entités et de citoyens.

« L’heure est au sursaut patriotique. Il est temps que les Centrafricains et Centrafricaines prennent en main leur destinée et participent activement au processus de sortie de crise. Dans le contexte actuel ou les défis à relever sont encore nombreux, le peuple centrafricain doit prendre conscience que son destin est encore entre ses mains. Il lui appartient de reconstruire son pays dans l’entente et la fraternité », a expliqué la Présidente centrafricaine.

Estimant que c’est un combat qu’elle a lancé, Catherine Samba-Panza a invité par la même occasion le peuple centrafricain à s’associer à elle et surtout de se mettre à l’abri des manipulations de tous genres.

« Je voudrais vous inviter à plus de vigilance compte tenu de toutes manipulations qui s’organisent chaque jour pour déstabiliser les autorités de la transition et mettre à mal ce qui nous reste encore de notre souveraineté », a conclu Catherine Samba-Panza.

En début d’après-midi sur la radio nationale, le Premier ministre Mahamat Kamoun a rendu public son gouvernement composé de trente et un (31) membres dont dix-neuf (19) nouvelles figures.

Liste du Gouvernement Kamoun
1.    Ministre d’Etat en charge des Travaux publics, de l’équipement et de l’aménagement du territoire : Madame Marie Noëlle Andet Koyara.
2.    Ministre d’Etat en charge de la Défense nationale, de la restructuration des armées, des anciens combattants et victimes de guerre : Monsieur Aristide Sokambi.
3.    Ministre des Transports et de l’aviation civile : Monsieur Arnaud Djoubaye Abazene.
4.    Ministre des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et de la francophonie: Monsieur Toussaint Kongo-Doudou.
5.    Ministre des Postes des télécommunications, chargé des nouvelles technologies : Monsieur Assane Abdallah Kadre.
6.    Ministre de la Justice garde des sceaux, chargé de la réforme judiciaire et des Droits de l’Homme : Monsieur Gabriel Faustin Ngbodou.
7.    Ministre de l’Economie, du plan et de la coopération internationale : Madame Florence Limbio.
8.    Ministre des Finances et du budget : Monsieur Bonandélé Koumba.
9.    Ministre des Eaux, forêts, chasses et pêches : Madame Isabelle Gaudeuille.
10.    Ministre de la Fonction publique : Monsieur Eloi Anguimaté.
11.    Ministre de la Sécurité publique, de l’émigration et immigration : le Général de brigade Thierry Mari Métinkoué.
12.    Ministre de l’Administration du territoire, de la décentralisation et régionalisation : Monsieur Modibo Bachir Walidou.
13.     Ministre de la Santé et de la population : Madame Margueritte Samba Maliavo.
14.    Ministre de l’Education nationale et de l’enseignement technique : Madame Gisèle Bédan.
15.    Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique : Professeur Bernard Simiti.
16.    Ministre du Commerce, de l’industrie et des petites et moyennes entreprises : Madame Gertrude Zouta.
17.    Ministre chargé du Développement du monde rural : Docteur David Banzoukou.
18.    Ministre du Travail, de la sécurité sociale et de l’emploi : Monsieur Gaston Makouzangba.
19.    Ministre des Mines et de la géologie : Monsieur Joseph Agbo.
20.    Ministre de l’Energie et de l’hydraulique : Monsieur Jacques Médard Mboliaedas.
21.    Ministre de la Réconciliation, du dialogue politique et de la promotion de la culture civique : Madame Jeannette Détoua.
22.     Ministre de l’Urbanisme et des édifices publics : Docteur Jacques Damanga.
23.    Ministre de l’Habitat et du logement : Monsieur Gilbert Kogrengbo.
24.    Ministre Affaires sociales et de l’action humanitaire : Madame Eugénie Yarafa.
25.    Ministre de l’Environnement, de l’écologie et du développement durable : Monsieur Robert Namséné.
26.    Ministre chargé du Secrétariat du gouvernement et des relations avec les institutions : Monsieur Marc Mokopété.
27.    Ministre du Tourisme, des arts, de la culture et de l’artisanat : Monsieur Vomitiadet.
28.    Ministre de la Jeunesse et des sports : Monsieur Armel Ningatoloum Sayo.
29.    Ministre délégué aux Finances et au budget : Monsieur Jacob Désiré Ngaya.
30.    Ministre délégué à l’Elevage : Monsieur Mahamat Tahïb Yakoub.
31.    Ministre de la Communication : Victor Waki.(Nom omis et communiqué après la publication par le Premier ministre).
Le nouveau gouvernement centrafricain compte 23 hommes et 08 femmes ; 02 ministres d’Etat, 27 ministres et 02 ministres délégués.

Parmi les 12 anciens ministres reconduits au gouvernement de Mahamat Kamoun, trois n’ont fait que changer de portefeuilles.

La nomination du professeur historien chercheur, Bernard Simiti, pourrait apporter un souffle nouveau à l’Enseignement supérieur longtemps miné par des grèves et mouvements de grogne à répétition des enseignants et étudiants de l’Université de Bangui, à en croire certains témoignages recueillis à Bangui.

Notons que l’annonce de la publication du second gouvernement de transition Samba Panza intervient au moment ou des contestations et des situations de violences refont surface à Bangui et dans plusieurs villes de province, malgré la signature de cessation des hostilités le 23 juillet 2014 à Brazzaville.

Brazzaville bis pour débloquer la formation d’un nouveau gouvernement de transition en Centrafrique ?  Mahamat Kamoun, nouveau Premier ministre Centrafricain éprouve des difficultés pour mettre en place son gouvernement. Quand bien même plusieurs consultations  aient été faites, plusieurs entités, n’ayant pas approuvé sa nomination, refusent d’entrer au gouvernement.

Pendant que les tractations se poursuivent, une délégation de 7 personnalités aurait été invitée par le Président congolais Denis Sassou Nguesso, Médiateur dans la crise centrafricaine, à se rendre à Brazzaville.

À Bangui, des voix s’élèvent encore pour dénoncer « cette méthode qui conduit nécessairement à la division et qui n’est pas de nature à favoriser une transition consensuelle et apaisée », laisse lire un communiqué des partis politiques de l’« Ancienne Majorité », devenu GPP-RTL, signé de son coordonnateur Laurent Ngon Baba.

Cette démarche est aussi contestée par le mouvement des Patriotes Antibalaka. Selon son conseiller politique, Alfred Le Grand Ngaya, « cette cooptation est une manœuvre crapuleuse susceptible d’engendrer d’autres troubles. La Coordination nationale Antibalaka demande au Médiateur international de ne pas cautionner cette délégation au nom du Mouvement Antibalaka ».

Alfred Le Grand Ngaya a voulu prendre à témoin l’opinion nationale et internationale sur ces comportements dits « mesquins » de la part de certaines autorités de la transition.

Ce nouveau déplacement de Brazzaville fragilise de nouveau le Mouvement anti-balaka. La coordination dudit mouvement suspend son coordonateur adjoint Sébastien Wénézoui qui a accepté de repartir à Brazzaville.

Sébastien Wénézouï, coordonnateur adjoint des Anti-balaka, joint au téléphone depuis Brazzaville, balaie du revers de la main les spéculations sur ce qui se passe en ce moment à Brazzaville.

« Cette délégation est conviée à Brazzaville à l’initiative du représentant du médiateur Léonard Essongo en vue de déverrouiller la formation du nouveau gouvernement », a rectifié Sébastien Wénézouï.

Jusqu’au mardi matin, rien n’a toujours filtré de la rencontre.

« Nous avons juste été reçus individuellement par le vice-médiateur. La médiation nous demande de fléchir nos positions en acceptant d’intégrer le nouveau gouvernement. Il n’y a rien de plus », a confié depuis Brazzaville Gervais Lakosso, Président du Groupe de travail de la société civile centrafricaine qui fait partie de la délégation.

Gervais Lakosso avait refusé d’aller à Brazzaville en juillet dernier.

« Le président congolais Dénis Sassou Nguesso, médiateur dans la crise centrafricaine, réussira-t-il à relever ce nouveau pari ? », s’interrogent beaucoup de Centrafricains.

Les Centrafricains impatients de la formation du nouveau gouvernement La crise persistante en République Centrafricaine, selon plusieurs Centrafricains, pourrait s’expliquer par les difficultés d’acceptation unanime du Premier ministre Mahamat Kamoun et celle de la publication attendue du nouveau gouvernement.

Une délégation d’une dizaine de personnalités centrafricaines a quitté Bangui ce matin pour Brazzaville, répondant à l’invitation du Président congolais, Denis Sassou  Nguesso, médiateur dans la crise centrafricaine.

Cependant, quelques sources de la présidence de la République font savoir que ces personnalités avaient elles-mêmes formulé le souhait d’avoir une audience avec le président congolais.

Ces représentants émanent de certaines entités significatives du pays à savoir, le Conseil National de Transition (parlement provisoire), de la plate-forme Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT), de la plate forme du Groupe des Partis Politiques Républicains Travaillistes et Légalistes (GPP-RTL), de l’Alternance Citoyenne pour la Démocratie et la Paix, de l’ex coalition Séléka, et du Groupe de Travail de la société civile. 

Contactées par Radio Ndèkè Luka, la plupart de ces personnalités affirment qu’elles ignorent encore le motif du déplacement.

Toutefois, des réactions continuent à Bangui au sujet de la mise en place du nouveau gouvernement de transition. Certains citoyens pensent que le médiateur Dénis Sassou Nguésso voudrait bien procéder à des consultations afin de donner un coup de pouce à la mise en place de ce nouveau gouvernement. Cela expliquerait bien cette invitation individuelle et inopinée.

Joseph Béndounga, président du Mouvement Démocratique pour la Renaissance du Centrafrique (MDREC), pense que l’élasticité dans la mise en place du nouveau gouvernement prouve que la cheffe de l’Etat de la transition est dépassée par les événements.

« La triste réalité centrafricaine est que la Présidente de la transition est dépassée par les événements. Le sommet des Chefs d’Etat de l’Union africaine à Malabo en Guinée Equatoriale a fait ce constat. Un constat antérieurement fait par les Centrafricains, les partenaires au développement et les ONG opérant en République Centrafricaine », a souligné Joseph Bendounga.

Mouammar Béngué-Bossin, Secrétaire général de la mouvance Zo Kwè Zo et membre de la plate-forme GPP-RTL, de son coté, conteste la nomination de Mahamat Kamoun et pense que l’échec de la transition dû à l’absence du GPP-RTL au gouvernement, relève de la responsabilité de Cathérine Samba-Panza.

« Dans l’esprit du forum de Brazzaville lancé par l’Union africaine et la CEEAC, il faudrait un gouvernement consensuel inclusif avec une transition apaisée comme l’a dit le Chef de l’Etat de la transition lui-même. Le fait pour le GPP-RTL de ne pas entrer au gouvernement, ça va poser un problème pour le consensus.   Mais cela ne relève pas de la responsabilité du GPP-RTL mais plutôt de la responsabilité de Cathérine Samba-Panza qui n’a pas respecté les critères qu’elle a elle-même fixés », a averti Mouammar Béngué-Bossin.

Consolider les acquis de Brazzaville, souci majeur du gouvernement La consolidation des acquis du forum inter centrafricain de Brazzaville préoccupe les autorités de la transition. Ces autorités entendent organiser en conséquence, des séries de formations sur les techniques de  la médiation, de la cohésion sociale. Ce renforcement de capacités s’adresse aux représentants de la société civile, les groupes armés et les partis signataires de l’accord de cessation des hostilités signé le 23 juillet dernier.

A cet effet, Antoinette Montaigne Moussa, ministre  sortant de la communication a animé ce matin à Bangui une conférence de presse sur l’importance de cette initiative.

« La mobilisation générale pour le respect et la promotion des accords de cessation des hostilités. C’est important pour la création d’un environnement propice au lancement du forum national de la réconciliation (…) annoncé à Brazzaville qui va se poursuivre. Aujourd’hui, il nous faut former à l’esprit de la cohésion, de responsabilité et de la paix, les signataires de Brazzaville, en particulier les groupes armés. Par la suite, ces intervenants doivent être dotés de moyens leur permettant de mener des négociations conformément à l’intérêt général », a expliqué la ministre.

Le gouvernement est en quête de la concorde nationale alors que de tristes événements continuent de semer la désolation parmi les populations des villes de provinces. Le dernier cas en date est celui des tueries des Mbrès dans la Nana-Grébizi et les villages environnants. Selon les divers témoignages recueillis, plus d’une trentaine de personnes ont été tuées à bout portant, égorgées et pendues dans la région par des hommes armés assimilés aux combattants de l’ex-coalition rebelle Séléka.

En illustration, « plusieurs villes et villages en ont fait les frais. Au centre ville de Mbrès, au village Gbozou à 22 Km des Mbrès, axe Ndélé, 18 personnes ont été tuées dans la nuit de mercredi à jeudi; au village Lakouétènè, 5 personnes tuées et au village Maorka, à 10 Km de Mbrès axe Kaga-Bandoro, les habitants ont été eux aussi violentés. Les localités victimes de ces exactions, ce sont vidées de leurs habitants. La majorité se sont terrés en brousse tandis que d’autres astreints à un déplacement vers Bakala, Kaga-Bandoro ou d’autres villes », a rapporté le correspondant de Radio Ndèkè Luka à Kaga-Bandoro.

« La plupart des autorités locales, dont le Maire de la ville de MBrès, Bienvenu Sarabada, se trouvent pour l’heure dans des camps de personnes déplacées à Kaga-Bandoro », a ajouté les mêmes sources.

Ces violations des Droits Humains aux Mbrès et ses localités périphériques, inquiète à juste titre la ministre Antoinette Montaigne Moussa. Elle a évoqué ces violences lors de la conférence de presse.

« Ce qui se passe aux Mbrès constitue une préoccupation dans la mesure où des vies innocentes y sont perdues. Cela risque de compliquer les taches du processus de  réconciliation nationale. C’est pour cette raison que nous souhaitons tous que les signataires puissent rappeler à leurs bases la nécessité de déposer les armes, de cesser les violences sur les populations civiles qui ne sont pas parties prenantes aux conflits », a prévenu la ministre Antoinette Montaigne Moussa.

L’autorité gouvernementale n’a pas oublié de rappeler le devoir de sécurisation et de secours des forces internationales et des organisations humanitaires en faveur de ces populations affectées.

Cet entretien avec les professionnels des médias, selon le membre du gouvernement, est un prélude à des  formations semaine prochaine sur les techniques de  la médiation. L’ONG Catholic Relief Services (CRS) est désignée pour effectuer ces séances de formation.

Mahamat Kamoun, investi à la tête de la primatureMahamat Kamoun a été officiellement investi, ce jeudi à Bangui, dans ses fonctions de Premier ministre de transition. La passation de pouvoir entre le nouveau premier ministre centrafricain et son prédécesseur André Nzapayéké s’est déroulée en début de soirée à la primature.

André Nzapayéké a fait ses adieux à son ancienne équipe tout en rassurant qu’il l’a laissée dans de bonnes mains.

« Je voudrais exprimer toute ma gratitude à l’endroit de toute l’équipe de la primature, toutes les personnes avec lesquelles nous avons eu à coopérer. Le moment est venu aujourd’hui pour moi de quitter mes fonctions mais je peux vous assurer que je ne vous laisse pas au bord de la route. Une personne, avec toute les qualités requises, prend le flambeau et je suis fière de ce choix que vient de faire Madame la Présidente de la République », a reconnu le Premier ministre sortant.

Mahamat Kamoun, a de son coté félicité son prédécesseur pour toutes ses prestations. Le nouveau Premier ministre a rassuré le peuple qu’il n’y aura pas de chasses aux sorcières.

« Je suis ému à cause de l’admiration et le respect que beaucoup (…) et moi-même avons pour vous,  pour les actions que vous avez menées lors de votre passage à la primature. J’ai la ferme intention de poursuivre sur cette voie de rétablissement de la paix et de la sécurité. Pour ce faire, je vais pouvoir compter sur la disponibilité de toute l’équipe de la primature. Je tiens à rassurer les uns et les autres que, dans ce contexte de réconciliation entre les filles et les fils de ce pays, il n’y aura pas de chasse aux sorcières », a insisté Mahamat Kamoun.

Dix jours après sa nomination à la tête du Gouvernement de transition, Mahamat Kamoun ne fait toujours pas l’unanimité au sein des différentes forces vives de la Nation.

Le Groupe des Partis Politiques Républicains Travaillistes et Légalistes (GPP-RTL), une plate forme regroupant le KNK, la Mouvance Zo Kwè Zo et le MDD, pense que Mahamat Kamoun n’est pas la personne indiquée pour devenir le nouveau Premier ministre.  Le GPP-RTL explique que le fait pour Mahamat Kamoun d’avoir servi comme Directeur de cabinet de l’ancien président de l’ex-coalition rebelle Séléka, Michel Djotodia, pose problème.

Mouamar Bengué Bossin, de la Mouvance Zo Kwè Zo, a expliqué leur position en ces termes : « Le Chef de l’Etat de la transition nous a exposé les critères qui doivent présider à la nomination ce nouveau  premier ministre (…) en précisant qu’il peut être musulman mais pas Séléka. Malheureusement, (…) d’autre part, il a été le Directeur de cabinet de Michel Djotodia, chef de la Séléka ».

Quelques heures plutôt, André Nzapayéké a été élevé à titre exceptionnel à la dignité de Grand croix dans l’ordre national du mérite centrafricain par la Présidente Catherine Samba Panza.

André Nzapayéké avait précisé, quelques jours avant la passation du témoin à son successeur, qu’il a bien voulu démissionner de cette fonction pour donner plus de chance à la réussite du processus de réconciliation enclenché à Brazzaville au Congo.

Page 1 sur 69