RCA : Plus 2 milliards de dollars annoncés à Bruxelles, satisfaction des Centrafricains Pour les trois prochaines années, les bailleurs de fonds présents à Bruxelles ont promis une contribution de plus de 2,2 milliards de dollars soit plus 1400 milliards de francs CFA. Les annonces faites jeudi, vont permettre de mettre en œuvre le plan de relèvement et de reconstruction de la paix en République Centrafricaine.

Sur le programme d’urgence présenté par le Chef de l’Etat, Faustin Archange Touadéra, 1,6 milliards de dollars un peu plus de 1000 milliards de francs CFA étaient attendus. La mobilisation a dépassé de loin les attentes contenues dans le document. Le pays est donc sortie victorieux de cette table ronde hier jeudi dans la capitale belge. Un soulagement pour le Président Touadéra.

« Je suis satisfait de la mobilisation sur les 3 ans que nous avons proposés sur des projets prioritaires. Les partenaires ont répondu présent avec les montants qui sont proposés pour soutenir ces stratégies », s’est-t-il réjouit.

Le Président centrafricain a reconnu que les différentes couches de la société ont contribué à l’élaboration de ces plans de sortie de crise. « Je voudrais dire que ce sont tous les Centrafricains qui, dans un processus participatif, ont défini ces projets prioritaires », a relevé Faustin Archange Touadéra après l’annonce.

Pour le Chef de l’Etat, « Beaucoup de Centrafricains soutiennent ce programme, beaucoup sont en train de prier pour que Dieu puisse toucher les cœurs des amis pour mettre les moyens à la disposition du gouvernement pour développer ces projets », a-t-il indiqué.

Le Président n’a pas manqué de remercier les amis de la RCA qui ont écouté l’appel du peuple centrafricain en essayant d’apporter leurs contributions.

Une autre table ronde avec des investisseurs privés aura lieu ce vendredi à Bruxelles.

La société civile satisfaite après les annonces de Bruxelles

La société civile centrafricaine, par la voix du président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme (LCDH), Joseph Bindoumi, se réjouit des résultats de cette table ronde.

« La Ligue centrafricaine des droits de l’homme ainsi que les organisations de défense des droits humains sont aujourd’hui satisfaits. Nous adressons toutes nos félicitations au Gouvernement et très particulièrement au Président de la République », a-t-il fait savoir mentionnant que « La préparation de la table ronde de Bruxelles avait divisé la communauté nationale ».

Enthousiasme partagé des Centrafricains

« Ces annonces vont aider le pays à aller de l’avant. Que ces promesses soient traduites dans les faits » ont relevé des gens interrogés à Bangui. Dans le Mbomou, « C’est un ouf de soulagement pour la population. Ce que nous demandons à la communauté internationale c’est que le premier décaissement soit vite fait », a souhaité un habitant de Bangassou.

« Je suis content quand j’ai écouté qu’on a donné beaucoup  à la RCA. Lorsque cet argent viendra, nous serons ravis », a mentionné un habitant de  Berbérati dans la Mambéré Kadéï. Seulement, « Il faut que la communauté internationale respecte ses engagements et que cela ne soit pas seulement sur les papiers », a prévenu ce centrafricain.

Le sort de la RCA en discussion à Bruxelles ce jeudi Les Centrafricains à la rencontre de Bruxelles ont présenté l’image d’une République Centrafricaine (RCA) unie et solidaire autour du Président Faustin Archange Touadéra. Quatre vingt délégations internationales sont dans la capitale belge pour apporter leur soutien au pays. Tout se déroule dans le bâtiment Justus Lipsius de la Commission de l’Union Européenne (EU).

En ouvrant les travaux, Frédérica Mogherini, Haute Représente - Vice-présidente de la Commission européenne a déclaré clairement que « la RCA a besoin d’un soutien très considérable pour un avenir meilleur ». Dans son intervention, le Président Faustin Archange Touadéra promet entre autre qu’il ne va pas « décevoir » en insistant sur « une gestion rigoureuse ».

Le Vice-secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, a pour sa part déclaré que « la RCA est à un tournant décisif » et qu’il faut « s’attaquer aux causes et aux conséquences du conflit ». Il invite aussi toute la communauté internationale à se joindre aux Nations Unies pour financer ce plan de relèvement et de reconstruction pour la paix en RCA.

Un accord cadre d’engagement mutuel est signé entre Faustin Archange Touadéra et Jan Eliasson qui l’a fait au nom de la communauté internationale.

La société civile a aussi présenté les recommandations issues de la réunion tenue hier mercredi et qui a regroupé les ONG nationales et internationales, toute la société civile centrafricaine. Ces recommandations appellent à laisser ladite société jouer pleinement son rôle de veille pour la mise en œuvre de ce plan de relèvement et de reconstruction de la paix.

 RCA : Touadera en route pour la table ronde de Bruxelles C'est ce 13 novembre que le Président centrafricain Faustin Archange Touadera, avec à sa suite une forte délégation, a quitté Bangui pour Bruxelles. Il devrait ainsi prendre part à la conférence des donateurs prévue pour le 17 du mois.

A cette table ronde, le gouvernement présentera aux bailleurs, son plan contenu dans le RCPCA 2017 – 2021 (Relèvement et Consolidation de la Paix de la République Centrafricaine), estimé à « 3.1 milliards de dollars US sur 5 ans dont 1,6 milliards pour les trois prochaines années ».

Ce plan dont la réalisation des projets est prévue sur 5 ans comporte trois grands piliers que sont « la restauration de la paix, la sécurité et la réconciliation, le renouvellement du contrat social entre l’Etat et la population et la promotion du relèvement économique et la relance des secteurs productifs ».

Le premier pilier de ce plan qui comprend 4 axes stratégiques est estimé à « 461 millions de dollars » soit 278, 527 milliards de Fcfa. A travers ce pilier, le gouvernement entend promouvoir la paix, la sécurité et la réconciliation qui sont des « facteurs fondamentaux pour le relèvement et la normalisation ».

Le deuxième pilier estimé à « 1326 millions de dollars » soit 801, 143 milliards et ayant trait au « renouvellement du contrat social entre l’Etat et la population » devra permettre à l'Etat de fournir les services sociaux de base à sa population. De manière pratique, le gouvernement veut investir dans les secteurs de « l'éducation, de la santé, l'eau et l'assainissement».

Et enfin, le dernier pilier qui concerne « la promotion du relèvement économique et la relance des secteurs productifs », est évalué à « 1224 millions de dollars » soit 739, 516 milliards Fcfa. Il devrait ainsi offrir la possibilité aux populations centrafricaines à travers les activités génératrices de revenus à se remettre de la crise. Aussi, ce dernier pilier donnera l'occasion à l'Etat de procéder à des investissements qui pourraient stimuler le climat des affaires.

Cette table ronde de Bruxelles s'inscrit dans la perspective des partenaires (les Nations-unies, la Banque Mondiale, l'Union Européenne), d'appuyer les efforts du gouvernement dans le cadre de la reconstruction et la consolidation  de la paix.
 

 

 

 

Justice et sécurité en RCA, deux ministres devant les députés Le ministre de la Sécurité publique, Jean Serge Bokassa et son homologue de la Justice, Flavien Mbata, étaient ce vendredi devant les élus de la nation. Ils ont été interpellés sur la non exécution des mandats d'arrêts par la Minusca et la faiblesse des forces intérieures à rétablir l'ordre dans le pays notamment au Pk 5.

Avant l’ouverture des débats ressemblant à un procès de la Minusca, le ministre Flavien Mbata a quitté l’hémicycle pour une mission à l’extérieur. 46 députés se sont succédés à la tribune et se sont interrogés sur la passivité de la mission onusienne, et la non exécution de mandats d’arrêts émis par la justice centrafricaine.

Rappelant les événements de Ndomété en septembre dernier, les responsables des Casques bleus ont montré une opposition au déploiement des éléments de la gendarmerie.

« Je veux bien qu’on soit en mesure d’envoyer sur toute l’étendue du territoire et dans des zones spécifiques des hommes non seulement en nombre mais qui soient dotés de moyens minimum de matériels pour pouvoir accomplir leur mission », a fait savoir le ministre de la Sécurité publique.

« Mais il faut le préparer », a-t-il reconnu soulignant « que le budget 2017 puisse prendre en compte les premières réformes que nous voulons apporter ».

« Dans l’intervention du ministre de la Sécurité publique, nous avons raison de nous inquiéter », a expliqué Gina Michelle Sanzé, député de Dékoa. Car selon elle, « Entre le jeu de ping-pong de la Minusca et du Gouvernement, nous n’allons pas nous en sortir ».

En tant que Centrafricaine, elle a appelé les citoyens à « prendre » leurs « responsabilités ». « Ce n’est pas pour critiquer le Gouvernement, c’est pour l’accompagner », a-t-elle ajouté.

« Nous sommes rassurés des réponses du ministre surtout en ce qui concerne l’occupation de la ville de Koui par les éléments du chef rebelle Sidiki qui continuent de tuer », a indiqué Euzebe Ngaïssé parlementaire de Koui.

Sur plus de 1400 policiers en fonction, 400 seront admis très bientôt à faire valoir leur droit à la retraite. Seulement moins de 500 seront sur le terrain, les 500 autres étant exclusivement des officiers. Aujourd'hui la Sécurité publique n'absorbe que « 2% du budget national » a dit le ministre Bokassa.

 Maroc : la COP 22 sur fond de passage à l'action A Marrakech au Maroc s'est officiellement ouverte ce 07 novembre, la  22ème conférence de la Convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (COP 22). Une rencontre qui intervient une année après la COP 21 qui s'était tenue à Paris. Cet Accord sur le climat avait été approuvé par 195 pays et l'Union Européenne le 12 décembre 2015. Il fallait la signature de 55 pays correspondant à 58% des gaz à effet de serre pour que l'accord entre en vigueur. Aujourd'hui, 96 pays et l'union européenne l'ont signé, dont les plus pollueurs comme la Chine, les Etats Unis, l'Inde et le Canada. Parmi les grands acquis de la COP21, le maintien de la température globale en deçà de 2°C en réduisant les émissions de Co2 et de méthane, et la responsabilité différenciée des Etats. .

Pour Salaheddine Mezouar, président de la COP 22, cette conférence est « une opportunité pour porter la voix des pays les plus vulnérables face aux changements climatiques, en particulier celle des pays africains et des états insulaires ».

Parmi les grands enjeux de ces nouvelles négociations, les parties prenantes devront « définir les  mécanismes financiers à travers notamment le fonds vert climat pour permettre la mise en œuvre concrète des projets d'atténuation et d'adaptation aux effets du changement climatique ».

Au rang des grands acquis de la COP21, le maintien de la température globale en deçà de 2°C en réduisant les émissions de Co2 et de méthane, et la responsabilité différenciée des Etats. Présente à Marrakech pour cette COP22, la délégation Centrafricaine ne dispose pas de stand pour assurer sa visibilité. Selon un membre de la délégation centrafricaine, il aurait fallu plus de 700 millions Fcfa pour équiper un espace de 50 mètres carré.

 

 

 

RCA : Touadéra attendu en Côte d’Ivoire à deux semaines de Bruxelles Le Président centrafricain, Faustin Archange Touadéra a quitté la capitale Bangui en fin de matinée de ce dimanche. C’est la première visite officielle du chef de l’Etat dans cette grande économie de l’Afrique de l’ouest depuis son élection en mars dernier.

Pour l’heure, rien n’a encore filtré sur les mobiles et la durée de ce déplacement ivoirien, qui intervient à deux semaines de la table ronde de Bruxelles sur la République Centrafricaine.

A l’approche de la date fatidique de ce rendez-vous capitale pour le relèvement du pays, la Coordination des Organisations de la Société Civile (COSCIPAC) a exhorté  samedi les groupes armés à  la retenue.  « Nous lançons un appel à tous les groupes armés qui détiennent toujours les armes par devers eux de cesser les hostilités », indique Petit Delphin Kotto, coordonnateur de cette plateforme.

Pour le coordonnateur de la COSCIPAC, « Aujourd’hui, il est important et nécessaire que toute la société civile centrafricaine dans son ensemble, sans distinction, se mobilise pour apporter son soutien total au Gouvernement centrafricain lors de ces négociations à Bruxelles ».

L’adhésion des Centrafricains aux côtés des autorités nationales est un atout majeur pour décrocher le financement et procéder au relèvement du pays, a précisé Petit Delphin Kotto appelant les filles et fils de Centrafrique à ménager la tranquillité.

« Nous demandons à toute la population de garder le calme, de rester serein et de ne pas céder à la manipulation en attendant la finalité de Bruxelles », relève-t-il.  Pour la COSCIPAC, la rencontre de Bruxelles constitue le « seul espoir de la République Centrafricaine, seul espoir du peuple centrafricain ».

 RCA : la sécurité et le mandat de la Minusca au cœur d'une interpellation des élus Les ministres  Joseph Yakete de la Défense et Charles Armel Doubane des affaires étrangères ont été interpellés par les élus du peuple au siège de l'Assemblée nationale ce 4 novembre à Bangui. Au menu des discussions, les questions ayant trait à la sécurité et au mandat de la Minusca - la mission de l'ONU en République Centrafricaine. Le parlement centrafricain entend, à travers cette double interpellation, en savoir davantage sur les actions sécuritaires entreprises par le gouvernement ainsi que sa position face au mandat de la mission de l’Onu.

Les récents événements meurtriers à l’intérieur du pays notamment dans les villes de Kaga-Bandoro, Koui et autres, les tueries dans la capitale et précisément l’assassinat du commandant Marcel Mambeka au début du mois d'octobre ont été quelques exemples évoqués.

Dans sa réponse, le ministre de la défense Joseph Yakete a expliqué aux parlementaires que « le processus de formation du 1er bataillon des FACA (Forces Armées Centrafricaines) d'environs 14 semaines prendra fin d’ici décembre ». Il ajoute par ailleurs que « l’Angola et bien d'autres pays de la sous région sont disposés à contribuer à la formation des militaires centrafricains », faisant  référence  a une tournée régionale prochaine de l’état major de l’armée centrafricaine dans ces pays le 10 novembre pour discuter de la problématique de l’envoi des stagiaires militaires ainsi que des conditions de leurs formations.

Pour Charles Armel Doubane, il a indiqué que depuis sa nomination à la tête du département des affaires étrangères, il s'est attelé à tout mettre en œuvre pour que la Minusca puisse remplir son mandat qui est « d'assurer la protection des civils, d'appuyer le processus politique, la restauration de l'autorité de l’État et du maintien de l'intégrité territoriale, faciliter l’acheminement immédiat et complet en toute sécurité  et sans entrave de l'aide humanitaire, protéger le personnel et les biens des Nations-Unies, protéger et promouvoir les droits de l'homme, désarmer, démobiliser et réintégrer rapatrier les combattants...  ».

Au regard de ce mandat, renchérit Charles Armel Doubane, les nouvelles autorités du pays et le secrétariat général des nations unies ont formulé de nouvelles recommandations qui tiennent compte de l'évolution de la situation sécuritaire du pays.

Ainsi, la résolution 2301 autorise la Minusca à « user de tous les moyens nécessaires pour s'acquitter de son mandat dans la limite de ses capacités et de ses zones de déploiement ». Cependant, note Charles Armel Doubane, en dépit des faiblesses constatées dans la mise en œuvre de ses résolutions, le gouvernement « conscient de ses limites soutient ledit mandat et demande aux responsables de la Minusca, à tout faire, à tout mettre en œuvre pour la pleine application de ce mandat ». En vue d'un meilleur suivi de la mise en œuvre dudit mandat, « un cadre de responsabilité mutuelle entre les autorités et les partenaires internationaux sous le leadership national est convenu », a-t-il expliqué.

La République Centrafricaine fait face depuis quelques semaines à la recrudescence de l'insécurité dans le pays alors que l'opération Sangaris a officiellement pris fin ce 31 octobre.

 

 

 

RCA : la réconciliation et le désarmement au cœur d’un entretien entre Jan Eliasson et Touadéra Le Vice secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, se dit très satisfait d’échanger ce mercredi avec le Chef de l’Etat Touadéra. L’entretien entre les deux personnalités a porté sur la situation sécuritaire encore fragile, la réconciliation nationale et le désarmement des groupes armés.

« Je suis très heureux d’être en République Centrafricaine. J’ai commencé ma visite avec une conversation très cordiale avec le Chef de l’Etat Touadéra et les membres de son cabinet », indique Jan Eliasson.

« Nous avons discuté de la situation dans le pays, du point de vue de la sécurité, de la réconciliation, du désarmement et d’autres mesures nécessaires », déclare-t-il au sortir du Palais présidentiel, rassurant par ailleurs qu’il « est important (…) de communiquer à tous les Centrafricains que l’ONU est là ».

En rappelant au Président centrafricain que les Centrafricains sont « à un moment clé de leur histoire (…) pour avoir eu un passé de violence et de division », l’onusien souhaite qu’il « faut maintenant aller dans la direction de l’unité et accepter que nous sommes tous membres de notre société, membre de notre nation ».

Il insiste sur les possibilités qui peuvent amener les Centrafricains à tourner définitivement la page sombre de leur histoire. « Vous avez une nation avec une énorme potentielle de ressources matérielles mais aussi ressources humaines. Vous avez maintenant une possibilité d’aller dans la direction de l’unité », relève-t-il mettant l’accent sur « l’ONU » qui dans le cadre de son mandat devra assurer « la sécurité avec la Minusca », qui « travaille dans des conditions assez difficiles ».

Le séjour de Jan Eliasson à Bangui a lieu deux semaines avant la conférence des donateurs à Bruxelles, dont il sera l’un des principaux animateurs.

« Je vais diriger la délégation de l’ONU à Bruxelles pour la conférence de soutien le 17 novembre ». Le 21 octobre dernier à New York, l’onusien avait appelé la communauté internationale à soutenir le nouveau « Plan national de relèvement » en République Centrafricaine.

Profitant de ses derniers deux mois au poste de Vice secrétaire général, Mr. Jan Eliasson a choisi de venir en Centrafrique toucher du doigt la réalité sur le terrain. Car, « Je veux être en contact avec le peuple », rapporte-t-il. Le Vice secrétaire général de l’ONU promet de faire un discours devant les élus de la nation ce mercredi.

L’agenda de cette visite prévoit aussi une rencontre avec des représentants de la société civile et la plate-forme religieuse.

Un des temps forts de cette visite sera la participation du Vice secrétaire général à une réunion de travail sur le DDR ainsi qu’une visite au camp des déplacés de l’aéroport Bangui M’Poko.

 Centrafrique : calme précaire à Bambari après les violences du 28 octobre A Bambari capitale de la Ouaka, les activités ont timidement repris après les  échauffourées du 28 octobre qui ont opposé une partie de la population aux casques bleus de la Minusca. La veille, les habitants de cette ville ont manifesté pour protester contre l'assassinat par des hommes armés au PK 11 de Grimari de 6 éléments de la gendarmerie nationale.

Selon un habitant de la localité joint par RNL, « le calme est revenu dans la ville de Bambari et les barricades érigées sur les routes par la population ont été enlevées », précisant par ailleurs que « les victimes des incidents qui se trouvent actuellement à l'hôpital de la ville attendent leur évacuation sur Bangui pour des soins ». Même si Bambari reste toujours paralysée, « quelques activités commerciales ont été reprises », tout comme les mouvements « des piétons qui sont aussi constatés », alors que le contingent burundais de la Minusca qui se trouve à Grimari a été dépêché dans la localité.

Mis en cause dans cette attaque meurtrière de la patrouille de la gendarmerie nationale, les ex Séléka de la localité rejettent ces accusations.

« L'UPC n'a rien à voir avec les événements qui se sont déroulés à Bambari », a déclaré Souleymane Daouda, porte parole de ce mouvement rebelle, ajoutant que les éléments de cette milice ont « passé toute leur journée du 28 octobre avec leur leader Ali Darass ». Il mentionne également que « la zone de Grimari, depuis trois ans se trouve sous le contrôle des anti balaka ».

Mais les anti balaka, eux, clament leur innocence et pointent du doigt leurs rivaux seleka. Selon Alix Marcellin Orogbo, l'attaque dirigée contre le véhicule de la gendarmerie a été commanditée par Ali Darass, leader de la milice UPC. « C'est d'ailleurs les éléments de l'UPC qui ont tué les 6 gendarmes », précise-t-il indiquant que « Ali Darassa, le responsable de l'UPC a organisé une mission offensive sur Grimari avec comme objectif d'étendre son influence jusque dans la Kémo ».

Et Alix Marcellin Orogbo de mentionner que les anti balaka ont « résisté à leur attaque au niveau du PK 8 sur l'axe Bakala puis PK 6 sur l'axe menant à Bangui».

« C'est lorsque le convoi de la gendarmerie se rendait à Grimari pour le constat » qu'il est tombé dans cette embuscade tendue par les éléments de l'UPC faisant « 6 personnes tuées pour 2 survivants », a rapporté le porte parole des anti balaka.

Dans un communiqué rendu public ce 28 octobre, la Minusca confirme que « 6 gendarmes et 4 civils auraient perdu la vie lors d’une embuscade sur l’axe Bambari-Grimari », notant au passage que « les affrontements entre éléments anti-balaka et ex-séléka avaient causé 15 morts et un certain nombre de blessés à Mbriki et Belima dans les environs de Bambari ».

Tout en dénonçant une attaque armée « des anti-balaka contre huit de ses fonctionnaires qui se dirigeaient vers l’aérodrome de Bambari », la Minusca appelle les groupes armés « à mettre fin au cycle d'attaques et de représailles ».

 

 

 

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