Catherine Samba-Panza reçue à l’Elysée par François Hollande  Le Chef d'Etat de la transition en Centrafrique, Catherine Samba-Panza a été reçue ce matin à l’Élysée par le président français François Hollande. La rencontre entre les deux personnalités intervient au lendemain du sommet international de l'Union Européenne sur la République Centrafricaine tenue à Bruxelles et destinée à lever des fonds afin d'aider la RCA à sortir de la crise.

Tour d’horizon

A l’Élysée, Catherine Samba-Panza a présenté la situation politico-sécuritaire de la République Centrafricaine au Président français, deux semaines après la fin du forum inter-centrafricain. L'épineuse question des élections ainsi que de son financement a également été abordée par les deux chefs d’Etat.


Des sources proches de l’Élysée  soutiennent que les "autorités françaises se sont félicitées des résultats du forum de Bangui, qui marque un nouveau progrès vers la paix en RCA, notamment en matière de désarmement et de libération d’enfants-soldats".

Le président français a par ailleurs salué les efforts des autorités centrafricaines dans la préparation des élections ainsi que l'instauration des mécanismes permettant de lutter contre l’impunité, comme la mise en place de la future Cour pénale spéciale chargée d'enquêter et juger les auteurs des crimes les plus grave commis sur le territoire centrafricain depuis 2003.

En matière de sécurité, François Hollande a salué les progrès réalisés dans le déploiement effectif de l’opération des Nations Unies MINUSCA, ce qui, selon lui " va accentuer la réduction progressive des effectifs de l’opération militaire française Sangaris" déployée depuis 2013 en RCA.

Convergence de vue

Le Président français, tout en réaffirmant le soutien de son pays à la République Centrafricaine en matière d’aide humanitaire et d’action pour le développement, a salué l'étroite coopération dans la conduite des enquêtes en cours entre la justice française et centrafricaine. Quatorze militaires français de l'opération Sangaris sont soupçonnés de viols commis sur des mineurs en République Centrafricaine. Tout comme le parquet de Paris, la justice centrafricaine a ouvert à cet effet, une enquête aux fins de situer les différentes responsabilités.

C'est la deuxième rencontre de Catherine Samba-Panza avec François Hollande après un premier tête-à-tête qui avait eu lieu en avril 2014 à la veille du sommet UE-Afrique.

Bien avant de s'envoler pour Paris, le Chef d'Etat de Transition a également été reçue hier à Bruxelles par des Ambassadeurs de l'Union européenne et des députés européens. A ceux-là, Catherine Samba-Panza a retransmis le même message qu'à l'ouverture du sommet international de l'UE sur la République Centrafricaine : "aidez la RCA à se relever".


72 millions d'euro de contribution supplémentaire de l'Union Européenne à la RCA L'Union Européenne a annoncé à l'ouverture de la conférence internationale sur la  République Centrafricaine, tenue ce 26 mai 2015 à Bruxelles, une contribution supplémentaire de 72 millions d'euro (environs 47,228,904,000 Fcfa) à la RCA. Ce qui porte à 100 millions d'euros, la contribution totale de l'UE au profit de la Centrafrique.

L'objectif de cette conférence est de réunir des fonds pour le programme Bêkou de l'Union Européenne, une enveloppe financière qui permettra la mise en place de projets qui devraient contribuer à la sortie de crise en RCA.

Présente à Bruxelles, le Chef d'Etat de la transition Catherine Samba Panza a rappelé que "17 millions de dollars manquent pour l'organisation des élections". Elle a ainsi lancé un nouvel appel à la contribution mais comprend aussi que la Communauté internationale a plusieurs autres priorités en ce moment. "Je pense que les pays ont aussi des difficultés, le contexte international n'est pas facile, il y a des priorités partout. La République Centrafricaine n'est pas le seul pays à avoir des problèmes, les efforts sont dispersés. Nous comptons sur les bonnes volontés pour donner les financements nécessaires pour l'organisation des élections", a déclaré le Chef d'Etat de la transition.

Sécurité et financement

Catherine Samba-Panza a rappelé aussi que la question du financement est primordiale au processus de DDRR, étape cruciale vers la tenue des échéances électorales en RCA: " On a beaucoup évolué avec la signature avec les groupes armés d'un accord de paix. Mais pour mettre en œuvre cet accord de paix, on a besoin de financements et nous sommes en train de les rechercher pour aider au programme de démobilisation, désarmement et réintégration des groupes armés. Je pense que si on donne les moyens pour ramener la sécurité, le reste peut suivre".

Un pas de posé, un pas de gagné

A cet effet,a renchéri  le Chef d'Etat de la Transition, "Il faut toujours avoir confiance, avoir le Bekou - l'espoir.  Il y a des difficultés sur le terrain mais avec la volonté, l'espoir et la détermination, on peut essayer de poser des pas. Un pas de posé, c'est déjà un pas de gagné".

Dans la même logique, l’ONG Save the Children, en marge du Sommet de Bruxelles a rendu public ce mardi 26 mai, les résultats d'une nouvelle étude. Selon cette organisation humanitaire, "60 % des enfants d’âge scolaire en République Centrafricaine souffrent de traumatisme psychologique pour avoir été victimes, témoins ou auteurs d’actes d’une violence extrême durant le conflit".

L'ONG Save the Children appelle pour ce faire, les participants à la conférence internationale de Bruxelles "à veiller à ce que les enfants de la RCA ne soient plus oubliés et à ce que la communauté internationale s’engage à apporter l’appui financier approprié afin d’aider ceux qui sont affectés par la crise à reprendre une vie normale".

Le Fonds "Bêkou" ?

Lancé le 15 juillet 2014, le fonds multi-bailleurs de l’Union européenne "Bêkou" ("espoir" en langue sango) porté par la commission, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, est ouvert à tous les contributeurs, et en premier lieu aux Etats membres de l’Union européenne.

Doté dans un premier temps, de 64 millions d’euros, le fonds "Bêkou" a d’ores et déjà permis le lancement de trois premiers projets. Le premier porte sur la reconstruction des services de santé ; le second vise à réhabiliter des infrastructures publiques à Bangui, en recourant à la main d’œuvre locale et le troisième, vise à aider les femmes à renforcer leurs positions économiques et sociales ainsi que leur rôle dans le processus de dialogue et de réconciliation.

Le fonds "Bêkou" est le premier instrument de ce type lancé dans le cadre européen. Il permet en particulier aux acteurs non directement présents en République centrafricaine de contribuer à la sortie de crise dans ce pays.

 Diplomatie : Catherine Samba Panza au Tchad, à Bruxelles et à Paris Le Chef d’État de la transition, Catherine samba Panza, a entrepris depuis dimanche un périple qui la conduira successivement au Tchad puis à Bruxelles et à Paris.

Au Tchad, Catherine Samba Panza prend part ce lundi aux côtés de ses pairs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), au sommet ordinaire des Chefs d’États de la zone, ouvert dans la capitale N’Djamena. Il est question, pour ces chefs d’État, d'élaborer et de proposer des stratégies sur le plan militaire et financier afin de contenir et de maîtriser les islamistes radicaux de Boko-Haram. La rencontre de N’Djamena permet également de mettre en place une stratégie commune de sécurisation des frontières au niveau de la zone CEEAC.

Catherine Samba-Panza doit plaider, lors de cette rencontre, pour les prochaines étapes du processus de paix dans son pays. Elle doit également relancer les partenaires pour le financement des prochaines élections. Le Chef d'Etat de la transition  devra présenter l'évolution de la situation politique, deux semaines après la fin du Forum de Bangui.

Catherine Samba Panza s'envolera ensuite pour Bruxelles en Belgique afin de prendre part, ce 26 mai, à la conférence internationale de haut niveau consacrée à la Centrafrique et organisée par l'Union européenne. La conférence portera sur les défis humanitaires immédiats et le rôle du Fonds fiduciaire UE Békou, nouvellement créé pour soutenir la reconstruction et le développement de la RCA. En toile de fonds, demeure la mobilisation des fonds pour l’organisation des prochaines élections en RCA.

La présidente de la transition est également attendue mercredi 27 mai à Paris, la capitale française. Selon les informations, elle sera reçue à l'Élysée par le président François Hollande.

La question des élections fera l'objet des discussions. Pendant que Paris milite depuis plusieurs mois pour que les élections législatives et présidentielle se tiennent comme prévu par la communauté internationale en juin ou juillet en 2015, la grande rencontre inter-centrafricain a préconisé son report.

Les discussions entre Catherine Samba-Panza et François Hollande pourront aussi porter sur  les accusations de viols commis sur des mineurs centrafricains par certains militaires de l'opération Sangaris. Quatorze militaires français sont soupçonnés de ces crimes dont trois identifiés par les témoignages de six enfants âgés de 9 à 13 ans, recueillis dans une note de l'ONU en 2014.

C'est le 2e passage de la locatrice du Palais de la Renaissance à l’Élysée après une première rencontre qui avait eu lieu en avril 2014, à la veille du sommet Europe-Afrique.






Bientôt un comité de suivi du Forum de Bangui Le Chef d'Etat de la transition, Catherine Samba Panza, a annoncé l'organisation vendredi prochain d'une rencontre avec les forces vives de la Nation. Elle a fait cette annonce à sa descente d'avion hier lundi à l'aéroport Bangui M'Poko, après avoir pris part à Luanda en Angola, au 9e sommet extraordinaire des Chefs d’État et de gouvernement des pays de la Conférence internationale sur la région des grands lacs (CIRGL).

L'objectif de ce rendez-vous est, selon le chef d’État de transition, d'accorder les violons autour de ce que sera le comité se suivi du Forum national de Bangui. Catherine Samba Panza a souhaité qu'il y ait l'unanimité autour de la désignation des membres de ce comité ainsi que la définition des orientations qui lui seront données.

« Sur le post-Forum, il faut tout de suite se mettre au travail. Nous comptons convier l'ensemble des forces vives de la Nation d'ici vendredi pour qu'ensemble nous réfléchissions sur le mécanisme de suivi à mettre en place, sa mission, sa composition, sa durée, son financement, tous ces aspects, nous devons le décider de manière consensuelle », a-t-elle expliqué.

Selon Catherine Samba Panza, la situation sécuritaire et humanitaire dans la sous-région notamment au Burundi, en République démocratique du Congo,  au Sud Soudan et en République Centrafricaine a été au menu des échanges des Chefs d’État et de gouvernement des pays de la Conférence internationale sur la région des grands lacs.

« Les questions à l'ordre du jour concernaient la RCA, le Congo démocratique, le Sud Soudan et le Burundi, et il était important pour moi en tant que Chef d’État d'aller entretenir la conférence sur l'évolution de la situation sécuritaire et humanitaire. J'ai fait le plaidoyer, expliquant la situation notamment l'évolution positive, surtout le grand acquis que constitue le Forum de Bangui qui venait de se tenir », a souligné Mme Samba Panza.

La rencontre de Luanda a pris des décisions importantes concernant la Centrafrique.

La conférence a proposé très prochainement la convocation d'un sommet conjoint de la CIRGL et de la CEEAC, la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale sur la situation en Centrafrique. Les Chefs d’Etat ont également exhorté les Etats membres de la CIRGL et la communauté internationale à honorer leurs engagements antérieurs et mobiliser des ressources supplémentaires afin d’assurer la conduite des élections.

Les Chefs d'Etat ont aussi appelé les Nations Unies à lever les sanctions et l’embargo sur les armes actuellement imposés à la République Centrafricaine. Ils ont exhorté les Etats africains actuellement membres du Conseil de sécurité des Nations Unies à soutenir cette demande afin de faciliter le rétablissement d’une force de sécurité nationale fonctionnelle ainsi que la levée des mesures frappant le commerce du diamant dans le cadre du processus de Kimberley.

Les peuhls Mbororo armés appelés à honorer le pacte républicain Les chefs traditionnels peuhls appellent leurs pairs armés à respecter la signature du pacte républicain signé en marge du Forum de Bangui. L'appel  est lancé ce jeudi par le représentant des peuhls au Conseil national de transition (CNT), Issa Bi-Amadou.

Le parlementaire de la transition demande à tous les peuhls qui détiennent des armes pour la protection de leurs familles et leurs biens de les déposer. Issa Bi-Amadou exige que ceux qui sont dans les groupes armés, les quittent dans le seul but d'appliquer les recommandations du Forum national. 

« Les chefs traditionnels peuhls Mbororo de Centrafrique lancent un appel patriotique à tous les peuhls Mbororo de Centrafrique qui ont pris les armes pour défendre leurs droits ou pour combattre aux côtés des groupes armés, de déposer immédiatement les armes conformément aux dispositions de l'accord qu'ils ont, eux-mêmes, signé et de s'intégrer dans un cadre républicain et loyal », a martelé le représentant des peuhls au Conseil national de transition.

M. Issa Bi-Amadou appelle par ailleurs le gouvernement de transition et la communauté internationale à veiller sur la sécurité des peuhls qui vont répondre positivement à cet appel. « Les chefs traditionnels peuhls demandent au gouvernement et à la communauté internationale de tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité des peuhls, anciens combattants, qui acceptent de déposer les armes et les intégrer dans le processus DDRR », a ajouté le Conseiller national, qui a menacé « de mettre hors d'état de nuire tous ceux des groupes armés qui refuseraient de déposer les armes et qui continueront à faire obstacle à la paix, à la réconciliation nationale, à la cohésion sociale après le Forum national de Bangui », a-t-il conclu.

Pendant ce temps à Bambari, chef lieu de la Ouaka (centre-est de la Centrafrique), les élèves craignent de se rendre au lycée mixte pour question de sécurité. Un élève de la classe de 6e, soupçonné par des ex-Séléka peuhls d’appartenir à un groupe Antibalaka, aurait fait l’objet d’une traque mardi dans l’enceinte même de l'établissement. Selon les parents de cet enfant, la scène s’est déroulée aux environs de 9 heures alors que leur fils était en classe.

« Lorsque l'enfant est entré en classe pour suivre le cours de Sciences de la vie et de la terre (SVT), le groupe d'ex-Séléka attendait dans la cour, grenade et kalachnikov à la main. Lorsque l'enfant a fini, il a informé le censeur qui l'a caché. Présentement, il ne peut pas traverser du côté où se trouve le lycée pour suivre ses cours », a expliqué le père de l'enfant joint au téléphone. « Pour quelle raison poursuivent-ils mon enfant, je n'en sais trop rien ? », s'est interrogé ce dernier.

Par ailleurs, il appelle les autorités de la transition et les Casques bleus de l'ONU en Centrafrique à mettre en place un plan de sécurité pour permettre aux élèves de bien suivre le programme pédagogique.

« Nous avons tenu une réunion avec l'UNICEF qui a demandé aux enfants de reprendre le chemin de l'école. Je demande aux autorités locales et aux forces internationales sur place, de réagir pour essayer de sécuriser le lycée afin que les enfants puissent aller à l'école. Il n'y avait pas que mon enfant ce mardi. Beaucoup d'autres ont fui quand ils ont vu le groupe de peuhls armés investir la cour du lycée », a souligné le père de l'enfant.

Les ex-Séléka, mis en cause dans cette affaire, n’ont pas encore réagit pour faire la lumière sur le groupe d'ex-Séléka armés qui a fait irruption ce mardi au lycée de Bambari.

Forum de Bangui : satisfaction pour certains, inquiétude pour d'autres Le grand rendez-vous inter-centrafricain, qui a accouché de plusieurs recommandations, est jugé satisfaisant de manière générale. Le constat est fait par le général Mohamed Moussa Dhaffane, président de la Séléka rénovée, l'un des signataires de l'accord de principe du Désarmement-démobilisation-réintégration et rapatriement (DDRR). L'officier Séléka a estimé que le dialogue a été une réussite. Ainsi, sur le point de la réparation des victimes, il pense que ceci est un processus progressif .

« Le Forum a pris en compte la reconnaissance des fêtes musulmanes, c'est déjà la justice. Les Musulmans se sentiront vraiment centrafricains à partir de ce moment là. Et là, c'est une réparation faite à une injustice qu'on a connue dans le pays. On ne peut pas réparer les préjudices du jour au lendemain ; c'est petit à petit qu'on va y arriver. Dans cet accord, il y a la prise en compte des minorités du pays dans les forces de défense et de sécurité, c'est aussi une réparation », a-t-il spécifié.

Le Forum de Bangui est également jugé satisfaisant par la délégation de la Nana Gribizi dans le centre du pays. Pour les délégués de cette préfecture en proie à de graves violences communautaires, le Forum a été un parfait succès, couronné par la réconciliation des ex-combattants, Antibalaka et ex-Séléka. Ces délégués ont pensé que les recommandations portant sur le principe de DDRR est une avancé significative pour le retour de la paix sur  l'ensemble du territoire centrafricain.

« A notre arrivée, nous avons découvert une nouvelle vie. La première chose, les Antibalaka et les Séléka se sont réconciliés et ont décidé de déposer leurs armes. Deuxième chose pendant le Forum, tous les participants ont décidé d’œuvrer pour le vivre ensemble. Je suis satsifait. Ce que nous attendons, c'est l'évolution de la Centrafrique », s'est réjouit Edmond Koudoumir, représentant de la sous préfecture de Mbrés au Forum.

Le comité de suivi de la crise centrafricaine s'est également félicité de la réussite de la grande rencontre de Bangui, très importante dans le rétablissement de la paix et de la cohésion sociale en République Centrafricaine. Dans un communiqué de presse publié le 12 mai, le comité a encouragé les groupes armés qui ont renoncé à la lutte armée en signant l'accord sur le désarment, la démobilisation, la réinsertion et le rapatriement (DDRR). Il appelle par ailleurs les autorités de la transition à s'atteler immédiatement à la mise en œuvre de leurs engagements en vue de la stabilisation du pays.

Pour la société civile, la mise en place d'un comité de suivi des recommandations du Forum national est un atout majeur dans le processus de la stricte application desdites recommandations sur le terrain. Sur la question, la société civile se dit inquiète. Joseph Bindoumi, président de Ligue centrafricaine des droits de l'homme (LCDH), représentant de la société civile aux pourparlers inter-centrafricains, a souligné que les membres du comité de suivi doivent être des personnes conscientes et n'ayant pas le goût de l'intérêt égoïste. M. Bindoumi exige de la chef de l’État de transition, Catherine Samba Panza, la rigueur et la minutie dans le choix des membres dudit comité.

« Ceux que nous voulons comme membres du comité de suivi, ce sont des gens qui ont compris les résolutions du Forum, qui savent ce qu'il faut faire pour que nous sortions de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Que ce soit des gens capables de rentrer dans un service déterminé, demander l'application de telle ou telle résolution, de savoir où nous en sommes arrivés », a souhaité Joseph Bindoumi.

La coordination des organisations musulmanes de Centrafrique (COMUC), pour sa part, estime que les membres du comité de suivi doivent avoir une réelle volonté de contribuer au développement du pays. Ce qu'explique le coordonnateur de la COMUC, Ali Ousman, « Il ne faut pas que les gens mettent les frais financiers en avant dans ce comité. Il faut que les gens aillent au comité de suivi avec une réelle volonté d'aller de l'avant, de faire en sorte que les acquis de ce Forum facilitent le développement du pays ».

La mise en place du comité de suivi des recommandations du Forum national de Bangui a été ordonnée par la présidente de la transition Catherine Samba-Panza lors de la clôture des travaux.

Le président du présidium du Forum national de Bangui, Pr Abdoulaye Bathily se félicite du déroulement de la rencontre inter-centrafricain et appelle toutes les parties concernées à un suivi scrupuleux de l'application des conclusions et autres recommandations pour une sortie définitive de la crise.

« J'ai été particulièrement impressionné par le niveau de maturité de nos concitoyens centrafricains parce que ces propositions sont audacieuses et les problématiques sont partout les mêmes. Aujourd'hui, on a abouti à des conclusions très importantes. Notre vœu le plus cher, c'est que ces propositions et recommandations soient appliquées de bout en bout par tous », a indiqué Abdoulaye Bathily.

Pour le président du présidium, « le Forum national de Bangui a été l’occasion d’une rencontre entre les victimes et les bourreaux à différents niveaux. Chose jamais faite lors des précédents fora. Un pas exceptionnel, un pas de grande portée pour l’histoire de la République Centrafricaine ».

Aux organisateurs des soubresauts ou de manifestations en contradiction avec le processus de paix engagé, le Pr Abdoulaye Bathily demande de penser aux victimes de la crise. « Nous avons la conviction qu'avec le souci de responsabilités qui guident les uns et les autres, très rapidement, ces soubresauts, ces contrecoups vont s'apaiser, parce que ceux qui organisent ce type de mouvement doivent penser à ces centaines de victimes qui, en ce début de saison de pluies n'ont pas où aller, n'ont pas d'abris. Pensez à ces concitoyens par centaines de milliers qui sont encore dans les camps de réfugiés, leur pitié tout comme la compassion doit habiter nos cœurs », a-t-il mentionné.

Le Pr Bathily a également proposé la mise en place d’un comité consensuel de suivi périodique de toutes les conclusions et recommandations du Forum national de Bangui considéré comme un signal fort de stabilité donné par les Centrafricains.

« La balle est désormais dans le camp du gouvernement de transition qui devra défendre les différentes conclusions et recommandations de ces travaux le 26 mai prochain à Bruxelles en Belgique, devant les partenaires du pays », a expliqué le Professeur.

L'accord de DDRR, des doutes planent sur la stricte application Depuis la signature de l'accord de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR), des délégués au Forum de Bangui ont émis beaucoup de doutes quant à son application sur le terrain. Alors que certains participants y voient enfin une nouvelle voie pour une réelle sortie de crise en Centrafrique, d'autres souhaitent la mise en place d'une commission de suivi d'application dudit accord.

Nombreux participants à ce grand rendez-vous de Bangui ont salué l'engagement pris par les neuf groupes armés, en l’absence des représentants du Front démocratique du peuple Centrafricain (FDPC) du général Martin Koumtamadi alias Abdoulaye Miskine, pour signer avec le gouvernement de transition un accord de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR). Chaque groupe armé s'est engagé par sa signature à cesser la lutte par les armes et à accepter le processus de désarmement – démobilisation – réintégration et rapatriement, qui commencera d'abord par le regroupement des combattants signataires dans un bref délai dans des sites retenus.

Une fois cantonnés, la prise en charge des éléments sera assurée par le gouvernement de transition et ses partenaires au développement. Pour Ali Ousmane, coordonnateur des organisations musulmanes de Centrafrique (COMUC), un pas de plus a été franchi dans le rétablissement de la paix.

« Je crois que c'est un début de solution parce qu'il faut commencer par quelque chose, et ils ont déjà signé. Deuxième chose, c'est la volonté réelle d'appliquer ce qu'ils ont signé sur le terrain. Nous devons ensemble cesser avec les violences pour que main dans la main, nous reconstruisons notre pays », a raconté Ali Ousman à la clôture du Forum.

Pour parvenir à une réelle application de cet accord sur le terrain, le vicaire du diocèse de Bambari (Ouaka au centre-est de la Centrafrique), l'Abbé Firmin Gbagoua, a suggéré aux autorités de la transition, la mise en place d'une structure chargée de sensibiliser les groupes armés au strict respect du document.

« Pour que cet accord signé entre les belligérants puisse être effectif, il faut mettre en place une sous commission sécurité, et que celle-ci descende sur les lieux pour parler à ces belligérants qui continuent de semer la terreur. C'est un cri d'alerte que je lance à cette commission », a relevé le prélat.

Par ailleurs, le Département d'Etat américain s'est félicité de la conclusion réussie du Forum de Bangui. Dans un communiqué de presse rendu public le 11 mai 2015, le gouvernement des Etats-Unis « se réjouit de la signature par les groupes armés d'un accord pour mettre fin au recrutement d'enfants soldats et libérer tous les enfants soldats actuellement dans leurs rangs et les enfants associés au conflit. Cet accord est un signe d'espoir pour les enfant de la République Centrafricaine qui ont trop terriblement souffert au cours de ce conflit ».

Les Etats-Unis demandent de ce fait à tous les groupes armés « de poursuivre jusqu'au bout et sans plus tarder leurs engagements » car le peuple centrafricain, précise le communiqué a, durant le Forum « exprimé son désir de mettre fin au conflit et d'avancer vers la réconciliation nationale ».

Au début des travaux du Forum national de Bangui, ces mêmes groupes armés ont signé un accord pour démobiliser les enfants associés à leurs mouvements.

Manifestation devant le CNT : le gouvernement évoque une manipulation Le gouvernement de transition a dénoncé ce mardi les manifestations qui ont éclaté hier devant le siège du Conseil national de transition (CNT, le parlement provisoire) à la clôture du Forum national de Bangui. Le ministre de la Sécurité publique, Nicaise Samedi Karmou, qualifie les auteurs de ces actes de groupe de jeunes manipulés par des individus connus par les services de police et de gendarmerie. « Ces personnes sont connues. Les dispositions sont prises par mon département, elles seront interpellées afin de rendre compte. Je tiens à rappeler qu'après le Forum de Bangui, il y aura zéro tolérance », a rassuré Nicaise Samedi Karnou.

« Je tiens ici à informer le peuple centrafricain qu'il y a un groupuscule d'individus qui avait une autre vision de déstabilisation des institutions de la République. Ne l'ayant pas obtenu au Forum national de Bangui, (…) ces individus ont opté pour une manipulation d'une frange des jeunes. Ils ont acheté les drogues, les ont distribués pour pouvoir semer dans leur tête un comportement déshonorant au moment où,  l'ensemble de la communauté internationale s'est engagé d'aider le peuple centrafricain, enfin avec la ferme volonté des groupes armés des ex-Séléka, des ex-Antibalaka qui, aujourd'hui,  sont acceptés comme partie intégrante dans l'accord de DDR pour servir la nation », a expliqué le membre du gouvernement de transition.

Le ministre Karnou appelle par ailleurs la population de la capitale au calme et à la vigilance. Il affirme que les auteurs de cet acte sont décelés par son département. « La police, la gendarmerie, avec les forces internationales, sont à pied d’œuvre pour pouvoir assurer leur sécurité. Je leur demande de contribuer efficacement, d'accepter nos éléments de police, de gendarmerie et les forces internationales, de les appuyer afin que nous puissions leur donner la chance de vivre en paix », a averti le ministre.

Accusé d’être l'instigateur des troubles d'hier, le lieutenant Yvon Konaté des Antibalaka, qui n'a pas voulu se prononcer sur la question, dit ne pas se reconnaitre  dans les accusations.

De son côté, l’UFDR Fondamentale du général Abdelkader Kalil, justifie les manifestations d’hier devant le siège du CNT par une expression de frustrations de la part des ex-combattants Séléka. Les manifestants avaient été présentés comme des éléments proches de la branche de l’UFDR Fondamentale que dirige aujourd’hui l'ex-officier Séléka.

Pour Abdelkader Kalil, les autorités de transition n’ont pas reconnu leurs efforts d’intégration dans le processus de la paix en les écartant de la signature de l’accord du DDRR obtenue en marge du Forum de Bangui.

« Au niveau de l'UFDR Fondamentale, nous avons saisi le gouvernement et l'opinion internationale qui nous ont confirmé que nous devons entrer dans le processus DDRR. Or, des individus qui hier, ont roulé l'ex-président Michel Djotodia dans la farine, l'incitant à torturer le peuple centrafricain, ont créé d'autres mouvements pour tromper la vigilance du gouvernement. S'il y a des ennemis de la paix qui veulent tromper le gouvernement, il appartient au gouvernement de prendre ses responsabilités. En tout cas, cela ne change rien dans nos actions. Je demande aux militants de l'UFDR Fondamentale de garder leur calme », a déclaré Abdelkader Kalil dans une interview exclusive accordée mardi à RNL.

Hier, la clôture du Forum de Bangui a été entachée de crépitements d'armes. Près de 300 manifestants se sont rassemblés devant le CNT pour réclamer la démission de Catherine Samba-Panza et exiger la libération des Séléka et Antibalaka arrêtés.

Des explosions de grenades et des tirs à l'armes automatiques ont été entendus. Les Casques bleus de la Minusca ont effectué des tirs de sommation pour disperser les manifestants. Une situation qui a créé la panique, ralentissant du coup la circulation sur l'avenue de l'indépendance, principal artère menant du point zéro au Pk12 à la sortie nord de Bangui.

Mardi matin, la situation semble se rétablir et les véhicules de transports en commun ont commencé à emprunter cet axe.

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