Des réactions à l’Appel de Rome aux Centrafricains et à la communauté internationale Des réactions se sont faites enregistrer à Bangui suite à la signature de « l’Appel de Rome au peuple centrafricain et à la communauté internationale » initié par la communauté Sant’Egidio à Rome en Italie.

L’ancien ministre d’Etat à la Communication et à la réconciliation, Christophe Gazzam Betty, estime que la Centrafrique a déjà fait un appel en 2013 à l’initiative de la communauté Sant’Egidio. Aujourd’hui, il est question de parler d’un accord politique global mais pas parallèle. 

« Sant’Egidio devait se rendre à Bangui pour ouvrir son bureau. Nous devons faire en sorte qu’il y’ait un accord de siège qui leur permette de commencer. C’était Sant’Egidio qui devait appuyer le gouvernement centrafricain à créer le corps des médiateurs de la paix. C’est de ça que nous attendons de Sant’Egidio. C’est ça qui est contenu dans le protocole d’accord et le travail qu’on a planifié à faire », a déclaré l’ancien ministre Gazzam Betty.

Il a souligné que l’Appel de Rome au peuple centrafricain et à la communauté internationale de 2015 est un retour à la case départ. « Revenir encore faire un appel, je ne sais pas qu’est-ce que ça porte au lieu de multiplier les accords de Brazzaville, de Ndjamena, de Tripoli. Il va falloir évoluer vers un accord politique global qui englobe aussi bien le désarmement, le cessez-le-feu comme ce fut le cas entre le gouvernement congolais et le M23 », a-t-il indiqué.

L'ancien ministre en charge de l’Education supérieur, candidat à l’élection présidentielle de 2015, Jean Wilibiro-Sacko, encourage pour sa part, les initiatives de la communauté Sant’Egidio qui visent à débarrasser les esprits de la prise du pouvoir par les armes. Une opinion exprimée lors de la conférence de presse animée mardi au siège de sa formation politique aux 36 villas à Bangui.
 
« En vue du forum de Bangui qui va arriver, des élections qui vont venir, de la nouvelle Centrafrique que nous voulons bâtir, nous nous engageons à renoncer définitivement à ce type de comportement. Nous sommes heureux que dans la déclaration de l’appel de Rome, ils ont rappelé que ce qui est important c’est de renoncer définitivement à l’usage des armes », a fait savoir Jean Wilibiro-Sacko.
 
Il se dit prêt à cautionner toute initiative qui vise à ramener la paix sur le territoire national de manière cristalline. « Pour moi, toute concertation autour de la recherche de la paix, qu’il s’agisse de deux, trois, quatre personnes où que ça se tienne dans le monde, dans l’espace nous soutenons, pourvu que cela soit fait de manière transparente et en catimini », a-t-il précisé.

« Aujourd’hui, les grandes décisions qui sont sorties de Naïrobi, pour nous ce serait un engagement de ces différents acteurs qui savent tout ce qui a été commis comme crimes et autres dans ce pays », a ajouté Wilibiro-Sacko.

Quant au choix des participants à la rencontre d’Italie, le candidat à l’élection présidentielle de 2015 dit tout ignorer. « Nous ne connaissons pas les critères de Sant’Egidio pour sélectionner seulement ces personnes là. Ils ont certainement leurs raisons concernant les recommandations, les engagements qu’ils ont sollicités de ces personnes », a-t-il conclu.

L’« Appel de Rome au peuple centrafricain et à la communauté internationale » signé le 28 février dernier à Rome en Italie, est un condensé d’engagements pris par les leaders centrafricains afin de réussir des élections libres et transparentes dans le pays.

Les signataires du document se sont engagés à s’impliquer fortement pour la réussite du forum national qui sera organisé à Bangui.
 
Ils sont aussi tenus à apporter leur contribution à la restructuration des forces de défenses et de sécurité de la Centrafrique et, à s’opposer à tout projet impliquant l’usage de la force comme moyen de parvenir à la magistrature suprême de l’Etat.

Le Code électoral et le projet de loi sur la Cour pénale spéciale devant le CNT La 1ère session ordinaire du Conseil national de transition (CNT, le parlement provisoire, ex Palais de l'assemblée nationale) de l’année 2015 s’est ouverte le 02 février après midi et prendra fin le 31 mai prochain à Bangui. Les parlementaires auront à relire le Code électoral puis examiner le projet de création de la Cour pénale spéciale (CPS), chargée de juger les crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en République Centrafricaine.

« Ce qui est en examen sur la table du Conseil national de transition, c’est le Code électoral et le projet de loi sur la Cour pénale spéciale », a expliqué Thierry Akoloza, rapporteur général du parlement provisoire.

Thierry Akoloza précise que les premiers travaux sur l’adoption du Code électoral, réalisés par le Conseil national de transition se sont soldés par des amendements. Des orientations sont apportées par la Cour constitutionnelle de transition et seront prises en compte dans le code électoral définitif.

« Sur les amendements apportés au texte de loi sur le Code électoral, le gouvernement avait saisi la Cour constitutionnelle pour déclarer sa conformité à la Charte constitutionnelle. La Cour constitutionnelle a estimé proposer des orientations et a renvoyé le texte de nouveau devant le CNT. La commission loi va s’atteler à cela et intégrer les orientations proposées par la Cour constitutionnelle », a-t-il souligné.

Sur la question des élections, il explique que l’amendement apporté au Code électoral n’aura pas d’effet négatif sur le processus électoral. « La révision que nous apportons au Code électoral ne peut pas avoir d’impact sur le processus ».
 
Selon lui, la décision finale revient à l’Autorité nationale des élections, chargée de l’organisation des prochaines élections en République Centrafricaine.

 « Après nous allons examiner le projet de loi sur la Cour pénale spéciale », a ajouté M. Akoloza

Le rapporter général du CNT précise que, « Sur proposition du gouvernement et de nos partenaires, par rapport à tout ce qui s’est passé dans notre pays et dans le cadre de la lutte contre l’impunité, il faut renforcer notre système judiciaire. C’est pourquoi, la nécessité de la création de cette Cour pénale spéciale ».

Il indique que le texte régissant l’organisation de la justice centrafricaine va subir des changements. « Des modifications seront apportées à notre texte portant organisation de la justice centrafricaine pour permettre aux magistrats étrangers de venir ensemble avec les nationaux mener des enquêtes sur les crimes commis depuis le début de la crise qui a secoué notre pays », a fait savoir Thierry Akoloza.

Des engagements en 15 points pour une sortie de crise en Centrafrique Des hommes politiques centrafricains invités par la communauté Sant’Egidio, ont signé le 28 février dernier à Rome en Italie, un document titré « Appel de Rome au peuple centrafricain et à la communauté internationale ». Il s’agit d’un condensé  d’engagements en 15 points pris par les politiques centrafricains.

« L'appel de Rome au peuple centrafricain et à la communauté internationale  » a été signé après plusieurs réunions entre les représentants centrafricains et les membres de la communauté Sant’Egidio. « Le contenu du document paraphé a été discuté pendant ces réunions », selon l'un des participants centrafricains aux travaux.
 
L’appel de Rome rappelle tout d’abord la situation dégradante du pays de manière générale et spécialement celle des victimes de la crise actuelle.

Les signataires du document se sont engagés à s’impliquer fortement pour la réussite du forum de Bangui, forum qui a débouché sur la signature d’un accord de cessation des hostilités à Brazzaville en juillet 2014.

Ils se sont également engagés à lutter contre toutes initiatives pouvant compromettre la réussite des pourparlers inter-centrafricains de Bangui.

Le document appelle à la tenue d’une table ronde de soutien à la République Centrafricaine pour permettre aux autorités qui seront élues de pouvoir faire face aux multiples défis actuels.

Les signataires du document ont pris l’engagement d’apporter leur contribution à la restructuration des forces de défenses et de sécurité intérieure de la Centrafrique, notamment les Forces armées centrafricaines, la gendarmerie nationale et la police centrafricaine. Ils se sont aussi engagés à œuvrer pour la libre circulation des biens et des personnes sur l’ensemble du territoire national.

Les signataires de « l’appel de Rome » s’engagent à s’opposer à tout projet visant l’usage de la force comme moyen pour parvenir à la magistrature suprême de l’Etat.

Les signataires prennent l’engagement de respecter le pacte républicain signé à Bangui par les autorités de la transition le 7 novembre 2013. Ils se sont en plus engagés à respecter les résultats issus des urnes et à faciliter le contre pouvoir afin de permettre aux uns et aux autres de s’impliquer d’une manière ou d’une autre à la gestion de la chose publique.

A la communauté internationale, les signataires ont demandé d’aider le gouvernement à rétablir la sécurité, à préserver la libre circulation et à garantir les droits fondamentaux au peuple centrafricain.

Le deuxième volet de la demande est une invitation à la communauté internationale à qui les signataires demandent de soutenir l’Autorité nationale des élections (ANE) en mettant à sa disposition les ressources nécessaires.

Le document chute sur un appel au peuple centrafricain et aux autres forces vives de la nation que les signataires appellent à les rejoindre dans cette dynamique afin de barrer la route aux ennemis de la paix et de la liberté en République Centrafricaine.

« L’appel de Rome au peuple centrafricain et à la communauté internationale » a été signé ce 28 févier par quatre anciens Premiers ministres Anicet Georges Doléguélé, Enock Dérant Lakoué, Martin Ziguélé, Nicolas Tiangaye, la 2e Vice-présidente du parlement provisoire Léa Koyassoum Doumta, la présidente de la commission d’organisation du Forum de Bangui Béatrice Epaye, et les personnalités politiques comme Désiré Nzanga Kolingba, Gaston Mandata Nguérékata, Abdou Karim Méckassoua ainsi que Prosper Ndouba.

« L’appel de Rome au peuple centrafricain et à la communauté internationale » est signé un mois et une semaine après l’accord de Nairobi entre les leaders Séléka et Antibalaka.

Un premier appel pour la paix et la réconciliation nationale en République Centrafricaine avait été signé à Rome le 10 septembre 2013, au siège de la Communauté de Sant’Egidio par des représentants du gouvernement de Bangui, du parlement provisoire, de la société civile et des confessions religieuses. L’objectif  recherché, visait à sortir la Centrafrique d'une phase très difficile de son histoire, dominée par l’instabilité, la crise économique et une violence diffuse qui avait même touché des églises et des lieux de culte.

Le projet de la Constitution voté prévoit un régime semi-présidentiel Les Conseillers nationaux (parlementaires provisoires) ont adopté ce lundi par 83 voix, la proposition de la Constitution soumise à leur appréciation à l’hémicycle de l’Assemblée nationale, l’actuel siège du Conseil national de transition. Des abstentions et des votes contres ont été enregistrés.

« La proposition de Constitution vient d’être adoptée par le Conseil national de transition, CNT (le parlement provisoire) par 83 voix. Il y a eu 8 abstentions et 8 Conseillers qui ont voté contre. L’essentiel, c’est que cette loi a été adoptée et cela a été fait conformément aux dispositions de la Charte constitutionnelle qui reconnaît au Conseil national de transition, un pouvoir conceptuel », a indiqué le Conseiller Fleury Otto. « Nous pouvons nous estimer heureux, c’est une avancée dans le processus qui va conduire à la fin de la transition », a-t-il ajouté.

Le document adopté prévoit un régime semi-présidentiel avec : un régime parlementaire et un régime présidentiel. « Il faut reconnaître que ça été un travail dur, mais qui nous a permis d’apporter des modifications significatives », a souligné Fleury Otto.

« (…) des contraintes (…) sont faites au niveau de cette Constitution par rapport aux chefs d’Etat. Si justement ils ne venaient pas à mettre toutes les institutions de la République en place dans un délai constitutionnel fixé et beaucoup plus, si la Haute cour de justice n’est pas mise en place, ça fait l’objet d’un crime de haute trahison », a expliqué le parlementaire, démontrant la rigueur dans la relecture de l’ancien document.

Le projet de la loi fondamentale adopté ce lundi a prévu des serrures afin de garantir la gestion de la chose publique. « (…) le chef de l’Etat qui sera élu va nommer à des hautes fonctions militaires et civils, mais à l’exception des fonctions qui seront définies par une loi et pour lesquelles, il n’aura pas à nommer à loisir », a précisé Fleury Otto.

Selon le parlementaire, « Il y a d’autres dispositions qui ont fait intégrer dans le cadre des amendements, de nouvelles institutions telle que le Sénat. Désormais, notre parlement ne sera pas monocaméral, mais un parlement bicaméral ».

Au sujet de la participation des hautes personnalités ayant géré la transition aux prochaines élections, M. Otto reste ferme sur l’application des textes. « Les dispositions de la Charte constitutionnelle qui vont conduire la transition jusqu’aux élections resteront d’application. Dans les dispositions de cette Charte constitutionnelle, il y a les dispositions de l’article 106 de la Charte qui font interdiction à ceux qui ont été aux gouvernes pendant la transition de se présenter aux élections », a-t-il martelé.

La loi constitutionnelle n’entrera en vigueur qu’après le référendum que 72 heures avant la prestation de serment du chef de l’Etat. Elle sera transmise au gouvernement, aux partenaires au développement, aux forces vives de la Centrafrique et fera l’objet d’un atelier national de validation.

La Constitution de la VIe République a été acceptée par référendum le 5 décembre 2004 et est entrée en vigueur le 27 décembre. La loi fondamentale a été révisée le 11 mai 2010. Elle est suspendue à la suite de la prise du pouvoir par les rebelles de la Séléka. Un régime de transition est alors mis en place, avec la Charte constitutionnelle de la transition le 18 juillet 2013.

L’article 123 du projet de la constitution suscite des débats Depuis jeudi 12 février, les Conseillers nationaux (parlementaires provisoires) sont en plénière. Les échanges ont été particulièrement fructueux, surtout en ce qui concerne l’article 123 de l’avant projet de la loi fondamentale soumis aux débats par la Commission loi. L’article visé porte sur l’inéligibilité des hautes autorités de la transition comme nous l’explique le conseiller, Laurent Gon Baba, « Je trouve que le débat est très enrichissant. L’article 123 a fait l’objet d’une très longue discussion. Ça nous a pris 48 heures parce que l’article 123 voit les conditions d’inéligibilité des hautes personnalités de la transition ».

« Ce qui a amené les conseillers nationaux à prendre du temps sur cette question, c’est que certaines personnalités ont déjà donné une interprétation sur les conditions d’inéligibilité des hautes personnalités de la transition », a ajouté Mr. Gon Baba.

Et pourtant poursuit-il, « Il faut se rendre compte que les dispositions de cet article se trouvent déjà dans la Charte constitutionnelle de transition et dans le Code électoral. Il est clair que la Charte, dans son article 106, prévoyait déjà que le Chef de l’Etat, le Premier ministre, les membres du gouvernement, les membres du Conseil national de transition sont inéligibles à l’élection présidentielle et aux élections législatives qui marqueront la fin de la transition ».

Le Conseiller national Laurent Gon Baba estime que des personnalités disqualifiées par les textes en vigueur aux prochaines consultations populaires ont déposé leur dossier de candidature. « Il se trouve que certaines personnalités si malines commencent à s’agiter pour déclarer leurs candidatures aux prochaines élections présidentielle et législatives contrairement à ces dispositions », a-t-il souligné.

Les débats des parlementaires provisoires sur l’avant projet de la constitution de la République Centrafricaine se poursuivent à l’hémicycle de l’Assemblée nationale, l’actuel siège du Conseil national de transition (CNT). Le vote de l’avant projet de la constitution est prévu pour le lundi 16 février 2015.

Photo: siège du parlement provisoire à Bangui

Le Premier ministre centrafricain Mahamat Kamoun, qui s’est rendu mercredi à Bria dans la Haute Kotto (nord-est du pays), a constaté que les édifices publics illégalement occupés par les hommes armés de l’ex-Séléka ont été repris. Il l’a dit au cours d’une interview exclusive à RNL.

« Nous avons vu que tous les bâtiments administratifs, qui ont été occupés par les ex-Séléka, ont été libérés et immédiatement, les Forces de sécurité intérieure notamment la gendarmerie ont pris position dans ces locaux », a expliqué le Premier ministre.

Mahamat Kamoun se dit satisfait de l’engagement des Forces internationales à combattre efficacement les groupes armés, notamment les ex-Séléka du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) qui sévissent dans certaines villes de province.

« Nous avons insisté, les Forces internationales ont frappé. Il était tout à fait logique que 24 heures après, que je me rende à Bria pour faire le constat », a indiqué Mahamat Kamoun.
 
Par ailleurs, le chef du Gouvernement a saisi l’occasion pour se prononcer sur l’affaire du viol attribué à un ministre de la République. Mahamat Kamoun a déploré l’acte et a laissé le soin à la Justice de dire le droit.
 
« Aller abuser d’une jeune fille de 14 ou 15 ans, c’est quelque chose qui est condamnable, quelque chose que nous rejetons avec la dernière énergie. Au stade actuel, je ne peux pas dire grand-chose. Il appartient à la famille de porter plainte », a-t-il dit.

Le ministre du Tourisme, Romaric Vomitiadé, mis en cause dans cette accusation, a clamé son innocence et se remet à la disposition de la Justice.
 
« Je crois que pour des pareils crimes, il y a des institutions et des procédures. Je me mets à la disposition de la Justice de mon pays pour que la lumière soit faite sur cette affaire. Je sais que nous sommes en politique, c’est une atteinte à la personnalité. Je me réserve le droit de déposer une plainte contre tous ceux qui mènent cette campagne nauséabonde », s’est-il exprimé au cours d’une conférence de presse ce jeudi.

Il s’agit de la première réaction officielle du ministre dans l’affaire de viol de la mineure de 16 ans à Yaloké. Romaric Vomitiadé s’est dit faire l’objet d’une manipulation.
 
« Depuis 72 heures sur les ondes de Radio Ndeke Luka, je suis victime de messages médiatiques, offensant ma personnalité et l’image que je représente pour la République. On m’accuse de viol d’une fille de 16 ans », a-t-il ajouté.

Mardi, la coordination nationale pour la République Centrafricaine de ''Marche Mondiale des Femmes'' a qualifié de « grave » ce viol. Dans une interview à Radio Ndeke Luka, la coordonnatrice, Madame Valérie Blandine Tanga, a demandé que le ministre soit le plus rapidement possible traduit devant la Justice.

L’acte du viol aurait été commis au moment où le ministre du Tourisme et ministre résident de l’Ombella M’Poko, était en mission officielle dans la ville de Yaloké dans le cadre des consultations populaires.

Le PNUD et l’ONU au chevet de la Centrafrique Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) appelle à la mobilisation de tous pour un retour à la normale en République Centrafricaine (RCA). L'appel est lancé vendredi par Abdoulaye Mar Dieye, directeur régional pour l’Afrique au PNUD en mission Centrafrique à l'issue de sa rencontre avec la présidente de la transition Catherine Samba Panza. Abdoulaye Mar Dieye estime que la situation sécuritaire s’est améliorée à Bangui mais beaucoup reste à faire pour la stabilité sur l’ensemble du territoire national. "Je vois que la paix et la sécurité reviennent progressivement. Ce n'est pas sur la totalité du territoire. Je veux féliciter la présidente et l'ensemble du gouvernement pour le travail phénoménal qu'ils ont abattu en ci peu de temps", a déclaré M. Mar Dieye.

Le fonctionnaire onusien rappelle que : "Le fondement de la sécurité, c'est le développement" et qu' "Au moment où on investit dans la restauration de la paix et de la sécurité, il faut parallèlement investir dans le développement des jeunes, y compris leur emploi, les occuper, redéployer l’administration mais réactiver l'activité économique", a-t-il souhaité.
 
"Nous voulons saluer la préparation du forum de Bangui et dire que nous, au système des Nations unies, nous serons aux côtés du gouvernement pour que ce forum soit une réussite", a promis le directeur régional pour l’Afrique au PNUD.

Abdoulaye Mar Dieye a également été reçu par le président de l’Autorité nationale des élections. L'entretien entre les deux personnalités s'est soldé par l'octroi de deux millions de dollars américains soit environ 1 milliard et demi de francs CFA pour appuyer le processus en cours dans le pays.
 
"Nous avons pris l'engagement de redoubler d'énergies et d'efforts pour appeler tous les acteurs qui contribuent au financement de ce processus de participer à cela. Les élections sont une pièce maîtresse dans la feuille de route, je dirais une condition sine qua non pour la réussite de la feuille de route. J'ai voulu donner l'engagement du système des Nations unies dans sa globalité d'appuyer ce processus", a rassuré Abdoulaye Matr Dieye.
 
"Je confirme l'engagement de l'ensemble du système des Nations unies et de tous les partenaires d'appuyer ce processus (...)", a-t-il précisé.

Toujours à propos des prochaines consultations populaires, Ban Ki-moon réclame des renforts pour la Mission de l'ONU en RCA, Minusca. Le secrétaire général de l'ONU juge nécessaire d’augmenter l’effectif des Casques bleus pour sécuriser les prochaines élections dans le pays.

Dans une lettre, Ban demande au Conseil de sécurité d'autoriser le déploiement de 750 soldats et 280 policiers supplémentaires dans le cadre de la Minusca. La force onusienne est, fonctionnelle depuis le 15 septembre 2014 avec 6800 Casques bleus à effectif plein.

M. Ban note dans sa lettre que "malgré des progrès, la situation sécuritaire reste fragile" et que des affrontements continuent entre des éléments des miliciens Antibalaka et des éléments de l'ancienne coalition rebelle Séléka.

Le secrétaire général souligne qu’"il sera particulièrement important que les renforts soient disponibles pour améliorer la sécurité avant, pendant et après la période électorale, notamment dans le contexte du retrait progressif annoncé des forces de l'opération française Sangaris".

Ban Ki moon estime que si le feu vert du Conseil est donné rapidement,  les renforts pourraient être opérationnels d'ici à juillet.

Des élections présidentielles et législatives sont prévues en RCA en juillet et août prochains.

Consultations à la base : réussite dans le Bamingui Bangoran Les consultations à la base ont été un véritable succès dans le Bamingui Bangoran (nord de la Centrafrique). La réussite de cette activité a été présentée ce mercredi au cours d'une conférence de presse animée par les membres de la délégation en mission dans cette préfecture. 

Le ministre résidant du Bamingui Bangoro et chef de la mission, Abdalah Kadre, se réjouit de l'atteinte des objectifs fixés.  

« Je peux vous dire qu'initialement les consultations à la base devaient se tenir dans les sous-préfectures de Ndélé et Bamingui. Lorsque nous sommes arrivés sur le terrain, nous avons adopté une stratégie de proximité. Nous avons travaillé à Bamingui, à Ndélé et dans les deux gros villages Kotissako et Ndolokpata. Les objectifs sont atteints », s'est félicité le ministre Abdalah Kadre.

« Je pense que nous avons obtenu toutes les informations nécessaires qui ont été confinées dans le rapport élaboré. La principale préoccupation des populations, c'est la paix. Et pour qu'il y' ait la paix, il faut qu'il y' ait désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement (DDRR) », a souligné le membre du gouvernement.

Le Haut représentant de la France en République Centrafricaine, Charles Malinas, et le commandant de la force française Sangaris, le général Eric Bellot des Minières ont pris part à la conférence de presse.

Par ailleurs à Bambari, chef lieu de la Ouaka au centre-est de la Centrafrique, les non musulmans réclament le retour des facilitateurs pour les consultations à la base. La communauté non musulmane a marché ce mercredi pour exiger la tenue des consultations populaires. Les marcheurs ont remis un mémorandum au chef de bureau local de la Mission onusienne en Centrafrique, Minusca. 

« Nous avons organisé une marche de soutien pour solliciter le retour des facilitateurs pour les consultations à la base en vue des préparatifs du forum national. Souvenez-vous que les musulmans avaient opposé un refus catégorique à la mission empêchant ainsi la tenue des consultations à la base le mois dernier », a indiqué, sous couvert de l'anonymat, l'un des organisateurs de la marche. 

Dépêchée vers la fin du mois de janvier à Bambari, la mission avait été empêchée de rentrer dans la ville par la communauté musulmane.

 

Les travaux de la 2e session extraordinaire du Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire), consacrés à l’examen et l’adoption de l’avant projet de la Constitution de la République Centrafricaine, sont en cours depuis lundi 2 février au siège de l'institution à Bangui.

« Mandat a été donné au CNT par le sommet des Chefs d’État de la CEEAC tenu le 18 avril 2013 a N’Djamena d’élaborer la future loi fondamentale du pays devant être soumis au referendum peu avant les élections générales. Aujourd’hui, je puis vous assurer que cette mission est accomplie à la diligence de la commission élargie du CNT qui a été mise en place », a expliqué Alexandre Ferdinand Nguéndet, le président du parlement provisoire.

A l’ouverture des travaux, M. Nguéndet a précisé que l'avant projet de la Constitution n’est pas la version définitive de la future Constitution proprement dite. Il ne doit donc pas faire l’objet de polémique. « Je demande aux forces vives de la nation d’éviter de créer des polémiques autour du premier travail réalisé afin de nous permettre d’avancer et de faire aboutir ce texte qui va fixer les bases de notre société », a-t-il souhaité.

Une fois adopté, le document sera soumis aux forces vives de la nation au cours d’un séminaire du gouvernement. « Je tiens cependant à dire que la production de cet avant projet de loi de la constitution n’est que la première étape du processus. Le texte final sera soumis à discussion au cours d’un séminaire national de validation qu’organisera le gouvernement », a précisé le chef du législatif.

M. Alexandre Ferdinand Nguéndet a saisi l'occasion une fois de plus pour appeler au réarmement et au redéploiement des Forces armées centrafricaines (FACA) sur l’ensemble du territoire national. « Il nous faut dès à présent, si nous tenons le pari d’organiser les élections au cours de l’année 2015 et rétablir l’ordre constitutionnel, réorganiser les FACA, les équiper et les redéployer sur l’ensemble du territoire national », a insisté le conseiller Nguéndet lors de son discours d'ouverture.
 
« La reconquête des zones sous contrôle des mouvements rebelles est un préalable au redéploiement de l’administration, véritable instrument d’appui à l’organisation des élections », a-t-il fait remarquer.

Des villes dans le nord, le centre-est et l'est du pays sont encore sous contrôle des hommes armés. Alexandre Ferdinand Nguéndet cite quelques exemples où l'autorité de l’État ne s'exerce. « Cette stratégie est mise en œuvre à Bambari, Bria, Ndélé, Kaga Bandoro et dans d’autres régions du pays », a-t-il indiqué.

Pour le président de Conseil national de transition, « Toute élection organisée sans désarmement et libération des parties occupées du territoire national, porterait le germe de contestation de la légitimité des autorités qui seraient élus au cours de ces élections et de la guerre civile ».

Me Blaise Fleury Otto, président de la Commission textes et lois au parlement provisoire, estime que la méthodologie choisie pour l’élaboration de cet avant projet est celle jamais adoptée en Centrafrique.

« La méthodologie de travail qui a été adoptée par la commission est loin d'être celle que nous n'avions jamais vu en plus de 50 ans d'indépendance. Il y a eu une très large consultation autour des questions essentielles de gestion de notre pays qui ont été posées à plus d'un dignitaire, aux autorités de la transition, aux responsables des sociétés civiles et autres », a-t-il rassuré.

Les travaux parlementaires seront également consacrés à l’adoption des amendements de la Cour constitutionnelle de transition (CCT) sur la loi portant dérogation à certaines dispositions du Code électoral ainsi que l’examen et adoption du projet de loi portant création de la Cour pénale spéciale pour la Centrafrique.

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