Radio Ndeke Luka a changé sa grille de programme ce lundi 16 octobre : Écouter l'interview de Marc Vuillermoz

Insécurité en RCA : l’Assemblée nationale exige des explications Les élus de la nation veulent des éclaircissements sur la persistance de l’insécurité à l’intérieur du pays. Le Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji et son équipe était ce mercredi 13 décembre devant les élus de la nation.

Les députés s’interrogent sur la décision du Chef de l’Etat, Faustin Archange Touadéra, lors de sa récente invitation en novembre aux Nations Unies. Au lieu de demander la levée totale de l’embargo sur les armes à destination de la République Centrafricaine, Mr Touadéra a plutôt plaidé pour l’augmentation de l’effectif de la Minusca.

La réponse du Premier ministre Sarandji n’a pas convaincu les députés qui ont pensé que la Minusca « aujourd’hui ne répond pas totalement à l’attente de la population en matière de sécurité », rapporte Bernard Dilla, porte-parole de l'Assemblée Nationale.

Selon Bernard Dilla qui synthétise les propos du chef du gouvernement : « la Minusca même si elle ne fait pas le travail comme nous attendons, elle nous a rendu service. Depuis 2013 si elle n’était pas déployée, nous ne savons pas où serait notre pays en ce moment. Puisque nous n’avons pas encore les moyens de nous défendre nous même, nous sommes obligés de faire avec la Minusca ».

« Le Premier ministre a toujours précisé que le Président de la République ne dort pas. Il est toujours en train de pousser pour arriver à la levée totale de l’embargo », a fait savoir le député.

Sur l'installation du préfet de la Nana Gribizi, colonel Augustin Tombou, chahuté par certains groupes armés à Kaga-Bandoro, le porte parole revient sur les réponses de Simplice Mathieu Sarandji.

« Tous ceux qui continuent à défier l’Etat auront à rendre compte à la justice. Leurs actes ne resteront pas impunis ».

Aujourd’hui, les groupes armés ne respectent pas l’autorité de l’Etat. Leurs représentants sont au gouvernement, à la présidence, travaillent comme des ministres  ou des conseillers. Les Centrafricains s’interrogent. Qu’entend faire le gouvernement ?

Ouaka : situation sécuritaire sous contrôle selon la Minusca

La Minusca a indiqué lors de sa conférence de presse hebdomadaire ce mercredi 13 décembre que la calme règne dans la ville de Ippy, actuellement sous contrôle des casques bleus.

« A Ippy, nous avons renforcé la base temporaire de la Minusca pour protéger les déplacés. Il y a un nombre important autour de l’église catholique, de la mosquée et de notre site », a révélé Vladimir Monteiro, porte-parole de la Mission onusienne. Il a annoncé que « dans les tous prochains jours, une mission multidimensionnelle, Minusca et d’autres acteurs, va se rendre à Ippy pour voir la situation et apporter d’autres réponses ».

La mission a précisé par ailleurs qu'il n'y aurait pas de combats entre belligérants à Ndassima. « Nous avons pris des précautions pour éviter des déplacements de groupes armés vers cette localité. Nos troupes ont été instruites pour empêcher cela. Au moment où je vous parle, il n’y a pas d’affrontements », a certifié le porte-parole de la Minusca.

Depuis dimanche 3 décembre, des affrontements opposent à Ippy et quelques jours après à Ndassima, les Antibalaka à la coalition de l’UPC de Ali Darassa et du FPRC de Abdoulaye Hissène. Selon les informations de Radio Ndeke Luka, une dizaine de blessés ont été transférés à Bambari. Dans les deux localités, des corps gisent encore au sol.

Un an après la mise en œuvre : Forces et faiblesses du RCPCA A la clôture des travaux de cette première évaluation du plan de Relèvement et de la Consolidation de la Paix en République Centrafricaine (RCPCA), les bailleurs de fonds ont relevé des points forts mais aussi des défaillances.

Les faiblesses

Selon le secrétaire permanent, Nicolas Nganzé Doukou, « les faiblesses sont relatives à l’élaboration des différents projets. Nous pensons que l’une de nos premières actions serait donc de renforcer progressivement les compétences des cadres centrafricains pour qu’ils soient en mesure de monter des projets de bonne qualité »

Nicolas Nganzé Doukou n’a pas manqué de souligner que l’insécurité qui sévit dans plusieurs préfectures du pays a freiné la mise en œuvre de certains projets. Le déficit de communication et le manque d'appropriation de ce document par les différents ministères ont aussi été des insuffisances.

Les forces

Depuis la Table Ronde de Bruxelles de novembre 2016, plusieurs réalisations ont eu lieu autour des différents piliers contenus dans le RCPCA. Le ministre du Plan et de l’Economie, Félix Moloua, s’est félicité de ce qui a été fait. 

« Il y a eu des avancées dans plusieurs domaines en termes de mobilisation de ressources », a-t-il indiqué soulignant que « d’autres partenaires tels que la Chine qui ne s’était pas prononcée à Bruxelles a signé » par la suite.

Félix Moloua a précisé également que des ressources ont été mobilisées « dans le cadre du fonds de consolidation de la paix ». Par ailleurs, « dans la mise en œuvre du programme de DDR, il y a eu des avancées », a ajouté le membre du gouvernement. Il a aussi relevé que « des écoles » ont été construites.

Encore 100 millions d’euros promis par l’Union Européenne

Sa représentante en République Centrafricaine, Francesca Di Mauro, a annoncé lors de la clôture de l’an un du RCPCA, l'augmentation de 100 millions d'euros sur le fonds promis à Bruxelles.

« Nous avons déjà promis 387 millions d’euros et les projections nous disent que nous allons engager 490 millions. Cette année seulement, nous avons décaissé 50 millions d’euros incluant un appui budgétaire qui va directement dans les caisses du Trésor Public pour payer les salaires et s’occuper de la santé et de l’éducation ».

Conjointement, le gouvernement et l’équipe des partenaires se sont rendus ce mercredi 13 décembre à Bambari dans la Ouaka pour évaluer les premières réalisations du RCPCA. Plus de 210 millions d’euros ont été déjà décaissés sur les 2,2 milliards d’euros promis par les bailleurs de fonds.

Illustration : Photos prises à Bruxelles en novembre 2016



Fausse note en clôture du 8e Forum des Grands Lacs A la 8e Session du Forum des Parlementaires de la Conférence Internationales sur la Région des Grands Lacs (FP-CIRGL), 10 pays membres sur 12 présents à Bangui n’ont pas pu désigner ce jeudi 7 décembre le nouveau secrétaire général exécutif.

« L’assemblée a demandé à l’honorable Prosper Higiro, secrétaire général sortant, de continuer a assuré les affaires courantes jusqu’à la prochaine assemblée plénière extraordinaire qui devra se tenir au plus tard le 31 mars 2018. Cette plénière sera préparée par le comité exécutif qui procèdera à l’analyse des candidatures du parlement de la République d’Ouganda et de la République Centrafricaine », a fait savoir Prosper Higiro, mandaté à diriger la période transitoire. Un comité exécutif a aussi été mis en place pour revoir les textes relatifs à la nomination de son successeur.

Les parlementaires ont par ailleurs amendé des résolutions sur la paix, la sécurité, la lutte contre la corruption et l’assistance humanitaire dans la sous-région.

Sur la corruption, le président de l’Assemblée du Burundi, l’Honorable Pascal Niabenda a insisté sur l’application des textes en vigueur dans l’espace CIRGL. Pour lui : « dans tous les pays, il y a ce fléau. Il y a des instruments de lutte mais seulement ces instruments ne sont pas suivis ». L’élu burundais a estimé que ce phénomène constitue un frein. « Quand vous demandez quelque chose en plus à la population qui a payé les impôts, les taxes, vous comprenez qu’elle paie doublement alors que celui qui demande la corruption est payé par l’Etat. C’est un fléau contre lequel il faut lutter parce cela ne permet pas le développement », a-t-il relevé.

Le rapport final a condamné « fermement le trafic humain qui se déroule sur le continent africain en général et l’esclavage qui s’opère en Libye en particulier ». Les parlementaires ont exprimé leur indignation et appelé les autorités compétentes à « enquêter et à traduire les auteurs de ces actes en justice ».

Les parlementaires des 10 Etats membres ont demandé au gouvernement centrafricain « de prendre des mesures nécessaires et de coopérer avec ses partenaires pour mettre en œuvre la Réforme du Secteur de la Sécurité y compris le programme DDRR et la reconstruction des Forces de défense républicaines ».  

Ils ont sollicité des Etats membres d’apporter à la République Centrafricaine « une aide humanitaire y compris aux personnes déplacées et aux réfugiés en leur fournissant une aide alimentaire, des fournitures médicales et tout autre soutien ».

La 9e Session ordinaire de l’Assemblée plénière du Forum des Parlements de la CIRGL se tiendra du 4 au 6 décembre 2018 à Brazzaville en République du Congo.

Un Centrafricain à la  présidence de la CIRGL

Mardi 5 décembre à l’ouverture des travaux, les parlementaires ont unanimement transféré les pouvoirs du président en exercice de la Conférence, au président de l’Assemblée de la RCA Abdou Karim Méckassoua. Agé de 64 ans, l’homme politique dispose d’un mandat d’un an à la tête de cette institution.

La première mission qui l’attend et « la plus urgente est de réviser les textes », a-t-il déclaré. Ce préliminaire va permettre de garantir la candidature de la RCA au poste de secrétaire général. Abdou Karim Méckassoua a mentionné que « l’honorable Davy Yama » reste et demeure le candidat centrafricain face à son challenger de l’Ouganda.

Cinq dossiers étaient en lice mais par élimination deux ont été retenus. Aujourd’hui, le nouveau président de la CIRGL dit détenir « la majorité des 60% », seulement, « les textes ne disent pas qu’il faille aller au vote » a clarifié M. Méckassoua, qui a indiqué qu’un des pays s’est « abstenu ». Il faut l’unanimité des pays membres pour désigner le secrétaire général exécutif.

La deuxième mission que s’est assignée Abdou Karim Méckassoua a consisté à faire de manière que « la paix et la sécurité reviennent en Centrafrique » en utilisant la voie de la « diplomatie parlementaire ».

Candidat indépendant à la présidentielle de 2015, Abdou Karim Méckassoua avait obtenu 3,21% des suffrages exprimés. Candidat aux législatives dans la même année, il a été élu avec 60% des voix. Le 6 mai 2015, ses pairs l’élisaient président de l’Assemblée Nationale par 65 voix sur 127.

1er décembre : « L’idéal républicain n’est ni la haine, ni la violence », déclare le président Touadera Les centrafricains ont commémoré le 59ème anniversaire de la proclamation de la République. L’ancien Oubangui-Chari a donc ainsi changé de nom, le 1er décembre 1958. Pour l’occasion, un grand défilé sur l’avenue des martyrs a permit à la population de renouer avec la fête malgré la situation sécuritaire précaire dans plusieurs villes de l’intérieur.

En présence des diplomates, des leaders de l’opposition et de la société civile, le Chef de l’Etat a ainsi procédé à la décoration de quelques personnalités de la République.

Cette réjouissance populaire ne s’est pas seulement limitée à la seule Capitale. A Ndélé dans le Bamingui Bangoran, plusieurs couches sociales se sont fortement mobilisées pour le défilé du 1er décembre. Il en est de même pour la ville de Bouar, chef-lieu de la Nana-Mambéré.

A Bangassou dans le Mbomou, il n'y a pas eu de défilé à cause des derniers troubles sécuritaires dans la région. Les festivités de la proclamation de la République sont donc reportées pour le 5 décembre. Il en sera de même pour la ville de Birao dans la Vakaga et Berberati dans la Mambéré-Kadéï.

Ni la haine, ni le repli identitaire…

Dans son traditionnel discours du 1er décembre, le Chef de l’Etat a invité les Centrafricains à une réflexion citoyenne sur la conception de la notion de République qui, selon lui est porteuse de certaines « valeurs ».

Pour l’occasion, il a fait siennes, les valeurs fondamentales que sont « l’Unité, la dignité et le travail », chères à Barthélemy Boganda, père fondateur de la RCA.

L’ « Unité » selon le président Touadera est essentielle pour le « développement collectif et le sentiment d’appartenance à une nation », alors que la « Dignité » est « une valeur culturelle liée au comportement pour promouvoir l’identité du Centrafricain où qu’il se trouve ».

Enfin, le « Travail », selon le Chef de l’Etat est un « vecteur de développement, un élément important de promotion de la société centrafricaine », en un mot, « la clé de l’épanouissement de l’homme ».

L’idéal républicain prôné par Barthélemy Boganda, rappelle Faustin Archange Touadera n’est « ni la haine, ni la violence, ni l’intolérance ni la division ni le repli identitaire encore moins l’atteinte à la vie humaine et la destruction des biens publics et privés ». Une manière pour le Chef de l’Etat de dénoncer les multiples cas de violences perpétrés par les groupes armés contre la personne des Centrafricains que ce soit à Bangui où les villes de l’arrière-pays.

Il a lancé un appel aux centrafricains afin qu’ils « réapprennent à vivre ensemble comme par le passé ».

Quel bilan pour ces 59 ans ?

 « En 59 ans, notre pays a battu le record de coups D’États et autres tentatives de déstabilisation en Afrique quasiment toutes les décennies », a également indiqué le Président centrafricain. Selon lui, cette situation « d’instabilité chronique des institutions », est à n’en point douter, « l’une des causes fondamentales du retard de la RCA sur le plan économique et social ». Comme en témoignent les violences qui endeuillent le pays.

« Depuis 2012, la RCA est plus que jamais en danger et nous avions l’obligation de la sauver des velléités sécessionnistes et des menaces d’explosion de la société », a précisé le Chef de l’Etat.

Le 1er décembre 1958, l’ancien Oubangui-Chari a officiellement pris le nom de République Centrafricaine.

 

 

 

Trafics de visas : l’ancien diplomate Charles Malinas menacé d’une retraite anticipée Soupçonné de trafics de visas du moment où il était Ambassadeur de France en Centrafrique, l’ancien diplomate français Charles Malinas est menacé d’une « mise à la retraite d’office ». Une information révélée par le site Mondafrique.com dans son article intitulé «L’ex-ambassadeur en Centrafrique proche de la porte ».

Le site d’info précise que « Charles Malinas, vient de passer en conseil de discipline du ministère des Affaires Etrangères où il risque une mise à la retraite d’office », avant d’ajouter que le Quai d’Orsay a reconnu des « dysfonctionnements dans la gestion des visas à Bangui ».

Ces « faux documents », précise Mondafrique ont bénéficié à des "musulmans extrémistes qui, une fois parvenus en France, étaient fichés “S” par les services du ministère de l’Intérieur".

En attente sur le bureau du ministre des Affaires Etrangères, Jean Yves Le Drian, le dossier de l’ancien diplomate en poste à Bangui, relate nos confrères « est passé devant le conseil de discipline voici six semaines ».

En poste à Bangui jusqu'en octobre 2016, l’ancien ambassadeur de France en Centrafrique Charles Malinas avait quitté la RCA pour Prague, Capitale de la République tchèque bien avant d’être rappelé fin décembre.

 

 

 

 Centrafrique : l’ONU vote le renforcement de la Minusca C’est finalement fait. Le Conseil de Sécurité de l’ONU vient de voter ce 15 novembre 2017, le renforcement de la Minusca. A l’unanimité, les 15 membres du Conseil ont fait droit au projet de résolution rédigé par la France. Un vote qui s’aligne dans la dynamique souhaitée par Antonio Guterres, le Secrétaire général des Nations-Unies.

Par ce renouvellement, la Minusca va bénéficier d’une augmentation de ses contingents (900 militaires supplémentaires), comme sollicité par M. Guterres qui a effectué en octobre dernier une visite de 4 jours en République Centrafricaine. La force onusienne sera désormais autorisée à « déployer sur le terrain jusqu’à 11.650 personnes, dont 2080 policiers et 480 observateurs militaires », en vertu du projet de résolution français.

En prélude à ce vote au Conseil de Sécurité de l’ONU, la France qui a soumis au Conseil de sécurité ce projet de renouvellement pense que « ce mandat renouvelé permettra à la Minusca de mieux protéger les civils et faire face aux groupes armés ».

Elle pense également que cela va élargir le rôle de l’institution onusienne « dans la stabilisation à long terme de la RCA en lui donnant des responsabilités
additionnelles les domaines du désarmement et de la réforme de la sécurité et de la justice ».

L’Appel des ONG humanitaires

Dans un communiqué rendu public ce 14 novembre, la directrice régionale de l’ONG Norwegian Refugees Council (NRC), Marianne Irion a indiqué que « les civils
centrafricains, souvent pris pour cibles dans les violences doivent être protégés et la mission de l'ONU en Centrafrique renforcée pour éviter que le pays entier ne
retombe dans la guerre civile ».

Un renforcement qui, selon elle devrait empêcher que « le pays entier ne retombe dans la guerre civile ».

En visite au mois d’octobre, le patron de l’ONU avait indiqué à RNL que « la Minusca doit et continuera d’utiliser la force quand la stabilité de l’Etat sera menacée
et à chaque fois que les civils auront besoin de protection dans les zones où elle est présente », et ce « dans les limites de ses moyens ».

Bien avant Antonio Guterres et Marianne Irion, 28 organisations de la société civile centrafricaine et internationale avaient lancé le 6 novembre, un appel à plus de troupes pour la Minusca.

Selon la Coordination des affaires humanitaires (OCHA), ils sont aujourd’hui « plus de 600 000 personnes déplacées dans le pays », et « 500 000 réfugiées dans les Etats voisins », du fait des violences inter groupes armés.

Toujours selon l’ONU, environs 2,4 millions de Centrafricains, soit la moitié de la population, sont dépendants d’une aide internationale.

Déployée depuis 2014 en Centrafrique en remplacement de la MISCA – la force africaine -, la Minusca fait continuellement l’objet de vives critiques de la part des
populations ainsi que de certaines autorités politiques du pays. Elle a toujours été accusée « d’inefficacité et de partialité dans la mise en œuvre de sa mission ».
Chose qui a toujours été démentie par Vladimir Monteiro, le porte-parole de l’institution onusienne.

 

 

 

 

Nana Gribizi : L’installation du nouveau préfet a du plomb dans l’aile Le nouveau préfet de la Nana Gribizi, qui devrait être officiellement installé par les autorités de Bangui, a été empêché ce vendredi 10 octobre 2017 par les ex-Séléka, branche FPRC basé dans la région de prendre poste.

Pour Mahouloude Moussa, coordonnateur et porte-parole  de ce mouvement rebelle, le préfet peut s’installer à Kaga-Bandoro sans se faire accompagner des éléments de sécurité.

« Nous n’avons pas été associés ni de prêt ni de loin à l’arrivée du préfet de la Nana Gribizi, c’est pourquoi les troupes ont manifesté. Il peut venir comme tout autre Centrafricain sans problème mais pas avec des armes ni des militaires » a expliqué le porte-parole du FPRC.

Une position soutenue par le MPC du chef rebelle Al-Khatim basé à Kaga Bandoro. Ce groupe refuse lui aussi au préfet entrant de se faire accompagner par plus de deux aides-de-camp dûment affectés par les autorités du pays. Les ex-Séléka s’opposent farouchement à l’envoi dans la région d’un détachement militaire, des éléments de la police centrafricaine et de la gendarmerie nationale.

« Nous avons parlé avec la Minusca concernant l’arrivée du préfet. Notre position est qu’il vienne avec deux aides de camp pas plus. Il a quitté Bangui avec les militaires, la gendarmerie et la police, c’est pourquoi le MPC a refusé », a expliqué Abdousalam Tidiani Algoni, porte-parole de ce mouvement, mentionnant que la Minusca et le gouvernement sont au courant de ces mesures.

Une attitude qualifiée d’agitation injustifiée par le Ministre de l’Administration du Territoire dans une interview exclusive à Radio Ndeke Luka.

« Dans la recherche de la cohésion sociale et dans les missions de restauration de l’autorité de l’Etat, missions fondamentales dévolues à mon Ministère, il est évident que les actes qui ont été posés par des hommes de Al-Khatim ne sont pas de nature à faciliter nos missions et contribuent à nous fragiliser davantage », a regretté Jean Serge Bokassa, ministre de l'administration du territoire, qui se dit indigné par cette attitude.

Le ministre Bokassa a interpellé « ces derniers à éventuellement se ressaisir » afin de faciliter la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire.

Bangui : Une rencontre internationale pour imposer la paix en RCA Première du genre dans le pays, le rendez-vous international d’une journée organisé autour du thème : ‘‘Recherche de la paix et la réconciliation nationale en République Centrafricaine’’ s’est tenu ce 7 novembre 2017 en présence du Président de la République, Faustin Archange Touadéra. Le forum international, espace consacré au dialogue, connait la participation de l’Allemand Rudolph Decker, invité d’honneur, des hôtes venus des pays d’Afrique ainsi que des personnalités centrafricaines.

Dénommée : ‘‘Petit déjeuner de prière’’, le forum international offre la possibilité aux différents acteurs de réfléchir profondément sur les questions de la paix et de la réconciliation. Les communications ont tourné autour des extraits bibliques dont le livre d'Ezéchiel au chapitre 26 - verset 36, Je cite : « je vous  donnerai un cœur nouveau ». Le Chef de l'Etat, Faustin Archange Touadéra, a saisi l’occasion pour demander à ses compatriotes de se pardonner et de se parler sincèrement.

« Aujourd’hui, le temps de Dieu est arrivé où tous les hauts cadres de la RCA au-delà de leurs divergences politiques parfois confessionnelles, socio-économiques et culturelles dans l’humilité, ont recherché ce qui est bon, agréable et parfait pour notre pays ».

Le Président centrafricain, qui se veut rassembleur, indique être à l’écoute de la population. « Je demeure le serviteur du peuple, c’est pourquoi je tends ma main et je continuerai à tendre ma main à tous mes compatriotes pour qu’ensemble nous bâtissions une nation  unie et prospère à travers la paix et la réconciliation », a ajouté Faustin Archange Touadéra.

Pour le secrétaire général du parti travailliste KNK, Bertin Béa, « le processus va peut-être lent ou long, l’essentiel est qu’aujourd’hui, on commence à amorcer la question du dialogue ». Par ailleurs, il salue les efforts du Président Touadéra. « Le Chef de l’Etat a affirmé son leadership en rassemblant autour de lui ses frères et sœurs » car poursuit Bertin Béa : « c’est dans un dialogue permanent entre centrafricains que nous finirons par trouver des solutions ».

L’invité de marque, Rudolph Decker estime pour sa part que le pays a pris un nouveau départ avec ce forum international. « Pour moi, je vois que cet évènement n’est pas seulement pour aujourd’hui. Nous avons commencé des relations entre nous et nous allons continuer jusqu’à la mort », a-t-il souligné.

Dans une interview exclusive accordée à Radio Ndeke Luka ce lundi 6 novembre 2017, le président du comité d'organisation de cette rencontre de Bangui, Maxime Balalou, a rappelé une citation du premier chancelier de la République fédérale d’Allemagne, Konrad Adenauer (1954) : « sans la prière, sans le concours d’en Haut, nous sommes incapables de vaincre le mal. Si nous sommes solidaires et en confiance avec Dieu, nous pouvons remporter ».

Selon M. Balalou : « l’objectif est de gagner les cœurs afin qu’ensemble nous nous tenons la main pour chercher la paix dans notre pays ». L’espace de dialogue réunit les Centrafricains qui ont un rôle important à jouer dans le développement du pays. Ils peuvent ainsi contribuer s’ils sont plus unis à régler le problème centrafricain.
 

La 23ème Conférence des Nations-Unies sur le Changement Climatique (COP23), a été ouverte ce 6 novembre à Bonn en Allemagne. Un rendez-vous annuel réunissant au moins 196 pays. Les participants se penchent sur les actions concrètes à entreprendre dans l’urgence pour lutter contre les émissions de Gaz à Effet de Serre, responsables du réchauffement climatique. 

Menacées par la montée des océans, les îles Fidji assurent la présidence de cette COP 23 après Marrakech en 2016. Le grand enjeu de ce sommet international, est de s'accorder sur des « mesures concrètes de mise en œuvre de l’accord de Paris pour le climat signé en 2015 » tout comme, les mécanismes de financement des projets fixés par chaque pays afin de contribuer à l’atténuation des Gaz à Effet de Serre et à l’adaptation des populations.

En 2016 au Maroc, les pays signataires de l’Accord de Paris sur le climat avaient affiché leur réelle volonté de tenir les engagements pris. Moins pollueurs, les pays africains vont beaucoup plus, insister au cours de ce sommet, sur la nécessité de définir « les mécanismes financiers à travers le fonds vert climat ». Ceci, en vue de permettre la « mise en œuvre concrète des projets d'atténuation et d'adaptation aux effets du changement climatique ».

Conséquences du changement climatique

Pour empêcher une hausse des températures globales supérieure à 2°C par rapport au début de l'ère industrielle selon les spécialistes, « il va falloir revoir nos façons de nous chauffer, de nous éclairer ou encore de nous déplacer ». Le chantier est énorme, mais les dangers qui nous menacent le sont davantage.

Si aucune action concrète n’est entreprise par les Etats, l'avenir de la planète pourrait être sombre. Le changement climatique, selon les observateurs, pourrait ouvrir la voie à une « extinction de différentes espèces, la famine, les déplacements de populations, les crises économiques, les déstabilisations géopolitiques, les guerres... ».

En prélude à la COP 23, le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE) a, dans un rapport, mis en garde tous les acteurs sur la nécessité de tenir les engagements. Selon le PNUE, il existe un « écart catastrophique entre les engagements pris par les Etats pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et les efforts nécessaires pour respecter l’Accord de Paris à savoir contenir la hausse de la température planétaire en dessous de 2° C ». 

Toujours selon cet organisme des Nations-Unies, si on maintient la ligne actuelle, la terre s’acheminerait vers une augmentation de 3° C.

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