Vers la fin de la transition et les élections en août 2015 Les trois principales autorités du gouvernement de la transition ont souhaité que la transition soit prolongée. L’annonce a été faite ce mardi après-midi par le Premier ministre Mahamat Kamoun à sa descente d’avion à l’aéroport Bangui M’Poko à son retour de Brazzaville au Congo où il est allé s’entretenir avec le Médiateur de la crise centrafricaine Denis Sassou Nguesso.
 
Le chef du gouvernement de transition précise que, « La teneur de ce message a trait à la transition, Le constat qui s’est dégagé et accepté par l’ensemble des forces vives de la nation est que techniquement, le délai de février 2015, date sensée mettre un terme à la transition actuelle n’est pas tenable ».

« Pour éviter le vide constitutionnel, les autorités de la transition, plus précisément la présidente de la République, le président du conseil national de transition et le Premier ministre, avions consensuellement adressé une requête au médiateur de la crise centrafricaine, Denis Sassou Nguesso, conformément aux dispositions de la charte pour obtenir son avis conforme en vue de la prorogation de la durée de cette transition de six mois, jusqu’à août 2015 », a indiqué le Premier ministre centrafricain.

Mahamat Kamoun a saisi l’opportunité pour présenter au président congolais, médiateur dans la crise centrafricaine, les besoins de financement pour les activités de l’Autorité nationale des élections, (ANE). « Nous avons abordé la question de financement. Il est vrai que l’ANE a eu à élaborer un chronogramme du processus électoral, mais une chose est de mettre en place un chronogramme, une autre est de le financer. Sans ce financement, l’ANE ne peut pas accomplir sa mission », a-t-il déclaré.

« Sur ce sujet, il a été très sensible. Il a promis mener des actions en faveur du financement de ces élections notamment en direction de la CEEAC aussi de l’Union Africaine », a conclu le chef du gouvernement centrafricain.

Sur le plan national à Bangui, six partis et associations politiques ont apposé leurs signatures ce mardi sur l’acte constitutif de leur regroupement dénommé « Collectif des Partis et Associations politiques sans plate forme ». La signature est intervenue cinq mois après la signature de l’accord de cessation des hostilités de Brazzaville au Congo.

L’objectif, selon le coordonnateur du collectif Rigobert Vondo, est de faire aboutir la transition centrafricaine dans une atmosphère apaisée.

« Les partis et associations politiques, partie prenante au forum Brazzaville, ont pensé qu’il fallait bien se structurer en prélude à tous les défis qui se présentent dans un délai assez court à notre pays. Il vaut mieux aller en rang unique et en étant un groupe bien préparé avec des personnes expérimentées. Mais avant les élections, il y a le dialogue. La coordination veut aider la transition à rétablir la sécurité qui est l’élément important, l’élément déclencheur de tous les engagements, les autres défis. Notre groupe se veut un groupe qui s’engage à unir les Centrafricains à travers le dialogue », a souligné le coordonateur du collectif, Rigobert Vondo.

Martin Ziguélé investit pour la présidentielle de 2015 Le Mouvement de libération du peuple centrafricain MLPC, partant pour la présidentielle de 2015. Le congrès extraordinaire dudit Parti a désigné et investi ce week-end Martin Ziguélé, président du Parti et candidat à la présidentielle de 2015. Deux fois candidats malheureux à l’élection présidentielle de 2005 et 2011 en République Centrafricaine, Martin Ziguélé bénéficie toujours de la confiance des militants du MLPC, « Le Congrès extraordinaire du MLPC conformément aux Statuts a ouvert la procédure d’élection primaire, étant candidat unique, j’ai été désigné par acclamation par les congressistes venus de toutes les régions du pays »

« En acceptant de porter les couleurs de mon parti pour la future élection du président de la République, je mesure l’immensité de la tâche qui est la mienne, et le poids des responsabilités », a déclaré Martin Ziguélé, qui compte sur le parti dont il a la charge. « J’ai avec moi tout un parti politique mobilisé, qui a mesuré l’ampleur des défis, et qui est prêt à les relever », a également reconnu l’investi. 

Martin Ziguélé note : « C’est à l’aube du mal de notre pays que nous devons repenser la stratégie du combat que nous allons mener dans les mois à venir pour aller à la victoire finale », tout en soulignant que « le train de l’histoire est en train de passer, et nous n’aurons aucune excuse devant les générations futures si nous le ratons une énième fois ».

Le Congrès extraordinaire a aussi débattu de la question de la réhabilitation des Forces armées centrafricaines (FACA). « Le credo du MLPC, c’est que nous voulons notre armée, nous voulons que les forces armées centrafricaines soient debout », a souligné le futur candidat à la présidentielle.

« Nous pensons que tous ceux qui n’ont pas le droit de porter des armes dans ce pays et qui les portent n’ont aucune raison de le faire », a-t-il déclaré, indiquant que « la légitimité de la violence armée doit revenir entre les mains de l’Etat, et à travers l’instrument constitutionnel de la défense de notre souveraineté et notre intégrité, les forces armées centrafricaines ».

Aujourd’hui les Centrafricains, dans les quatre coins du pays, n’aspirent qu’à la paix.

Martin Ziguélé se dit satisfait des travaux de ce Congrès extraordinaire. Pour lui, « le débat démocratique a pris le dessus dans cette rencontre (…) car l’objectif principal des assises, qui était de désigner le candidat du parti à la future élection présidentielle centrafricaine, a été atteint ».
 
Le MLPC à travers M. Ziguélé se dit partant pour le forum inter centrafricain de Bangui. « Nous sommes résolument pour le dialogue, mais il faut que le dialogue soit efficace », a-t-il affirmé.

Le Congrès extraordinaire du Mouvement de libération du peuple centrafricain  a connu la participation des délégués venus des différentes villes du pays, des représentants des Partis politiques des pays frères du Congo Brazzaville (Convergence citoyenne) et du Tchad (Parti pour les Libertés et la démocratie -PLD-), des membres de l’Internationale socialiste et de l’alliance progressiste mondiale de l’Afrique centrale, de l’Alliance des forces démocratiques pour la transition (AFDT) et des représentants des organisations des droits de l’homme et de la société civile centrafricaine.

Le parlement de transition décide de surseoir à son enquête sur l’utilisation de l’aide angolaise Le Conseil national de transition (CNT), le parlement provisoire centrafricain, a décidé mardi de surseoir à son enquête sur les allégations de détournement d’une partie de l’aide financière de l’Angola.

La décision des parlementaires de transition a été saluée par le Groupe international de contact sur la République centrafricaine (G8). « Le Conseil national de transition a pris une décision sage et correcte en vue de faire avancer les choses », s’est réjoui le général Léonard Essongo, représentant du médiateur dans la crise centrafricaine, après une rencontre jeudi avec le bureau du CNT. Pour lui,  cette affaire de détournement n’honore pas l’image d’un pays qui vit aujourd’hui de l’aide de la communauté internationale.

Il a assuré que la lumière serait faite un jour sur ces allégations, tout en soulignant la nécessité d’aller de l’avant.

Le représentant du président congolais, Denis Sassou Nguesso, médiateur dans la crise centrafricaine, a également abordé le processus électoral prévu pour 2015.

Il a souligné que les Centrafricains et la communauté internationale attendaient « des élections libres, crédibles et acceptables par tous ».

« Au sein de la communauté internationale, nous nous sommes retrouvés avec le président du CNT pour voir comment nous pouvons aborder ces échéances sans trop de casses. Mais nous n’avons pas réussi à mettre au point toute la stratégie nécessaire pour février 2015 », a indiqué le général Essongo.

« Les dispositions au niveau de notre charte nous donnent la possibilité d’élargir de quatre à six mois. Je crois que dans les délais, au-delà de février, il nous faudra aller aux élections », a-t-il ajouté.

Ouaka : le président du parlement de transition appelle à la protection des civils Face à la recrudescence des attaques contre des civils dans la préfecture de la Ouaka, le président du parlement de transition, Alexandre Ferdinand Nguéndet, lance un appel pour la protection  de la population.

« Ces derniers temps, il a été révélé que certaines forces ennemies de la paix, identifiées au sein d'une partie de la population peuhle de la Ouaka sèment la mort et la désolation parmi les populations », a-t-il dit le week-end dans une déclaration à la presse.

« J'en appelle aux forces internationales présentes dans la localité de veiller sur la liberté d'aller et de venir de la population, et d'empêcher ces forces nuisibles de poursuivre leurs forfaits en appliquant fermement les dispositions des résolutions des Nations unies », a poursuivi le président du Conseil national de transition (CNT) qui est un fils de la Ouaka.

Le président du parlement de transition a lancé un appel similaire au gouvernement. « J'interpelle le gouvernement à prendre ses responsabilités pour ramener la paix et la sécurité sur toute l'étendue du territoire national d'une part, et d'autre part, trouver des solutions aux interminables souffrances quotidiennes de la population de la Ouaka en assurant la protection des personnes et des biens », a-t-il dit.

Des attaques ciblées ont fait la semaine dernière au moins 30 morts à Yamalé sur l'axe Bambari-Bakala et plus de 40 autres dans les villages Timanguéré et Gbakomalékpa sur l'axe Bambari-Grimari.

Mais la Ouaka n'est pas la seule à compter les morts. Dans l'Ouham-Péndé, dans le nord, des hommes armés assimilés aux éléments du rebelle tchadien Baba Ladé ont investi une nouvelle fois ce week-end deux villages de la sous-préfecture de Ngaoundaye. « Dans la sous-préfecture de Ngaoundaye, nous vivons une situation sécuritaire difficile. Sur l'axe Ngaoundaye-Mbaïboum, les éléments armés de Baba Ladé ont tué un homme à Ndanga. Une femme a également été blessée et huit huttes  brûlées », a témoigné un habitant de Ngaoundaye joint au téléphone par RNL. Selon la même source, « ces assaillants ont progressé jusqu'au Ndèrè-pont où un conducteur de taxi-moto a été abattu ». « Sur l'axe Ndakoul, à 13 Km de Ngaoundaye, ils ont enlevé deux personnes qui ont passé des heures en brousse avant d'être relâchées », a ajouté le témoin.

Catherine Samba-Panza appelle au respect de l'accord de cessez-le-feu Dans son message à la nation, prononcé mercredi depuis le Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire), la présidente Catherine Samba-Panza a appelé les groupes armés à cesser immédiatement les violences, conformément à l'accord signé à Brazzaville en juillet dernier.

La présidente a déclaré qu'elle ne pouvait plus tolérer « le désordre et l'anarchie qui font parler la rue et les armes avec des conséquences sur la population ».

Elle a demandé aux forces étrangères déployées dans le pays que les mesures nécessaires soient prises, en étroite collaboration avec les forces de sécurité nationales,  pour consolider « les acquis de la Mission (africaine) de soutien à la République Centrafricaine (Misca) et de la force (française) Sangaris ». Elle a  par ailleurs demandé l'appui de la Mission intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (Minusca) pour que soient redéployés, en priorité, « les agents de la brigade minière dans les villes de province ».

S'adressant aux jeunes et aux femmes de Centrafrique, elle les a exhortés à ne pas se laisser manipuler par « ceux qui distribuent de l'argent et des armes pour que les routes soient bloquées et des personnes tuées ». Elle a souligné que la recrudescence des actes de violence avait perturbé le programme de lancement de « travaux à haute intensité de main d'œuvre (THIMO) » qui doivent générer des emplois pour la jeunesse.

Elle a annoncé qu'une mission conjointe de la Banque Mondiale (BM), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque africaine de développement (BAD) était attendue prochainement dans le pays. Les jeunes et les femmes se trouvent au cœur des préoccupations de ces institutions financières, a-t-elle assuré.

Abordant l'aide financière angolaise qui a alimenté une grosse polémique ces derniers jours, la présidente a indiqué qu'elle avait saisi la Cour des comptes pour que la lumière soit faite sur la gestion du don. « Cette somme a été utilisée pour des besoins de l'Etat et la régularisation a été faite après », a-t-elle expliqué, reconnaissant des procédures d'exception dans la gestion de ces fonds.

Les explications de la présidente sont cependant loin d'avoir convaincu le Mouvement démocratique pour la renaissance de la Centrafrique (MDREC).

« Ce qui préoccupe le peuple aujourd'hui, c'est la sécurité, les élections qui doivent marquer la fin de la transition. Nous sommes restés sur notre faim parce qu'elle a diverti les Centrafricains. Elle n'a pas du tout rassuré les Centrafricains », a réagi le président du parti, Joseph Béndounga.  « Nous nous attendions à un recadrage de la transition parce que la transition a lamentablement échoué. Malheureusement, elle est venue faire un discours de littéraire au peuple centrafricain », a ajouté M. Béndounga.

Catherine Samba-Panza annonce la création d'une unité rapide d'intervention La présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, s'est adressée mercredi à la nation depuis Conseil national de transition (CNT), parlement provisoire. Dans ce discours qui était très attendu, la présidente a abordé tous les sujets de grande préoccupation, en commençant par la sécurité.

« La sécurité est aujourd'hui le problème numéro un de la Centrafrique. C'est la raison du déploiement de toutes les forces internationales dans notre pays », a déclaré Catherine Samba-Panza, déplorant les récentes violences meurtrières dans la capitale, Bangui.

« J'ai décidé de créer une unité rapide d'intervention en mesure de sécuriser efficacement la population », a annoncé la présidente de la transition.

S'agissant de la réhabilitation des forces de défense et de sécurité nationales,  elle a estimé que son gouvernement et les Nations unies doivent conjuguer leurs efforts, « en vue de mettre en place la stratégie appropriée en ce qui concerne l'armée nationale ». Plusieurs voix centrafricaines demandent le réarmement des Forces armées centrafricaines (FACA).

Parlant de la mise en œuvre du programme Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), elle a demandé au secteur chargé de la sécurité de penser « à une réhabilitation, une reformation des forces armées centrafricaines et répondre aux attentes de certains groupes armés ».

Le programme DDR a notamment pour mission d'aider à la réinsertion sociale de membres des groupes armés qui continuent de semer la terreur à Bangui et ailleurs dans le pays.

Catherine Samba Panza a reconnu que « la justice a disparu » en Centrafrique. « Des crimes politiques et de droit commun commis massivement (…) sont restés impunis », s'est-elle révoltée.

« Je demande à tous les magistrats d'enregistrer toutes les plaintes des Centrafricaines et Centrafricains et de rendre justice (en collaboration) avec la composante internationale », a-t-elle instruit. La présidente Samba Panza a réitéré son appui à « la Cour pénale internationale pour qu'elle puisse juger les crimes les plus graves perpétrés contre la sécurité intérieure et extérieure de la Centrafrique et de son peuple ».

Elle a également dénoncé « le grand banditisme qui s'est installé dans le pays sous le couvert des rebellions armées », qui se livrent, selon elle, au « commerce illicite des armes et des richesses naturelles comme le diamant, l'or et l'ivoire ».

Pour ce qui est du processus électoral, elle a expliqué que le regain de violence dans le pays avait perturbé les préparatifs. Elle a déploré « une série d'évènements venus affaiblir la transition depuis deux semaines », alors qu'elle avait demandé aux institutions concernées de « proposer des actions concrètes sur l'organisation des élections ». Une partie de la classe politique avait dernièrement accusé Catherine Samba-Panza de faire perdurer la transition pour se maintenir au pouvoir.

La présidente a enfin adressé ses condoléances aux Centrafricains qui ont perdu les leurs dans les récentes violences. Elle a par ailleurs rendu hommage au  Casque bleu pakistanais et au gendarme centrafricain tués alors qu'ils recherchaient la paix pour les Centrafricains.

Centrafrique : le médiateur de la crise exclut une troisième transition Le président congolais Denis Sassou N'Guesso, médiateur international dans la crise centrafricaine, a dépêché samedi en Centrafrique une mission de suivi. Elle est conduite par le ministre Basile Ikouébé, des Affaires étrangères du Congo et vice-médiateur dans la crise. La mission de Basile Ikouébé vise à « écouter les autorités sur leur perception de la situation ». « Il faut comprendre qu’il n’y aura pas une troisième transition, qu’on soit sur les barricades ou ailleurs, il faut se dire que nous allons aux urnes », a indiqué le vice-médiateur Ikouébé. Il a montré qu’« il n’est pas question (…) d’ouvrir la porte à une nouvelle transition. C’est exclu ! ».

Le vice-médiateur est à Bangui pour faire le suivi des accords de Brazzaville. « Nous avons constaté que depuis la signature de cet accord de cessation des hostilités, il y a eu de graves évènements qui se sont produits dans le pays. Nous avons d’abord déploré la lenteur de la mise en place des institutions mais ensuite, plus grave c’est cette recrudescence des actes de violence depuis la semaine dernière », a-t-il déclaré.

Lors de son échange avec la presse nationale et internationale, le ministre congolais a réaffirmé l’engagement du médiateur Denis Sassou N'Guesso à accélérer la transition en vue d’aboutir aux élections prévues d’ici 2015. Le dialogue, tant souhaité par les Centrafricains, doit être organisé à Bangui avant la fin de l’année 2014. « Accélérer le processus de sécurisation du pays, accélérer le calendrier de la transition,  tenir le dialogue politique à Bangui avant la fin de l’année pour que le début 2015 soit consacré à la préparation des élections et cesser les querelles entre personnes », a annoncé l’envoyé spécial de Sassou N'Guesso.

Car, « si nous continuons dans ce climat, cela peut nous prendre encore trois ou quatre ans. La communauté internationale n’est pas en mesure de vous suivre sur cette voie », a-t-il poursuivi.

Le ministre congolais des Affaires étrangères a rencontré au cours de cette mission de quelques heures, la présidente de transition Catherine Samba-Panza, le Premier ministre Mahamat Kamoun ainsi que Ferdinand Alexandre Nguéndet, le président du Conseil national de transition (CNT), le parlement provisoire en Centrafrique.

La délégation a également eu des entretiens avec les membres du Groupe de contact de même que les participants au forum de Brazzaville.

« Nous avons demandé aux autorités de la transition de travailler de manière apaisée, inclusive et consensuelle. La réponse que nous avons eue est à la hauteur de ce que nous attendions. Il vaut mieux que le gouvernement se mette au travail maintenant en ayant pour axe principal la préparation des élections », a mentionné le porteur du message.

Le ministre Basile Ikouébé interpelle la communauté internationale à vite agir : « Nous demandons à la communauté internationale de s’impliquer davantage, d’accélérer la mise en place des engagements qui ont été pris », rappelant que « l’Etat n’a pas encore réussi à restaurer son autorité, il y a l’insécurité, on n’a pas d’argent (…) ».

Il faut rappeler que le 13 octobre dernier à Brazzaville, Denis Sassou N'Guesso avait reçu le Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation de Centrafrique (Minusca) Babacar Gaye. L’entretien des deux personnalités a porté sur le suivi de la situation en République Centrafricaine.

Insécurité et gestion des fonds publics : le gouvernement s'explique Accusé de malversations financières et d'incapacité à faire face à la recrudescence des actes de violence dans la capitale, le gouvernement centrafricain s'explique devant le Conseil national de transition (CNT), le parlement provisoire.

Mercredi, devant l'hémicycle, le Premier ministre Mahamat Kamoun a nié qu'une partie de l'aide financière accordée par l'Angola ait été détournée.

En mars dernier, Luanda avait accordé un don d'environ 10 millions de dollars soit plus de cinq milliards de francs CFA  au gouvernement centrafricain.  « Beaucoup a été dit et écrit sur ce don de l'Angola,  notamment sur la moralité de l'utilisation qui a en été faite (…)  La vérité est qu'il n'en est rien, absolument rien », a plaidé le Premier ministre, face aux députés de transition.

Le chef du gouvernement a cependant reconnu « un problème de procédure qui n'engage en rien la moralité de la gestion du don angolais ».

Les membres du CNT ont posé plusieurs questions. Pourquoi la totalité de l'argent n'a-t-il pas transité par le trésor public ? Pourquoi la justification des dépenses a-t-elle été faite par le directeur de cabinet de la présidence ?

Pour le parlementaire Jean-Baptiste Koyassambia, les règles en vigueur en matière de comptabilité publique, n'ont tout simplement pas été respectées. Pour sa part, Gaétan Moloto A Kénguémba, a ouvertement accusé l'exécutif de détournement de fonds publics. Les conseillers Fernand Mandé-Ndjapou, Jean- Michel Mandaba et Vincent Mamba-Chaka sont allés plus loin, en exigeant la démission du Premier ministre, qui était alors conseiller spécial de la présidente Catherine Samba-Panza.

En dépit de ces graves accusations, le Premier ministre a assuré le CNT que son gouvernement pouvait encore compter sur la confiance de ses partenaires. « Dans une semaine, une importante mission du Fonds monétaire international est attendue à Bangui pour faire l'évaluation » des programmes définis en accord avec la Centrafrique, a-t-il annoncé. Mahamat Kamoun a ajouté qu'une réunion du Groupe international de contact sur la Centrafrique allait se tenir à la fin du mois pour faire le point de la situation et enclencher la recherche de financements additionnels.

S'agissant de l'insécurité, il a reconnu une recrudescence des actes de violence depuis le 7 octobre, une situation qu'il a imputée, sans autre indication, aux « ennemis de la paix ». « Le bilan provisoire sur le plan humain s'élève à une dizaine de morts et plus de 3500 déplacés internes », a-t-il dit, tout en soulignant que « la nouvelle campagne de violence est savamment orchestrée et vise à déstabiliser le gouvernement de transition ».

Comment alors faire face à ce regain de violence ? Certains parlementaires de transition, dont Léa Koyassoum-Doumta, vice-présidente du CNT, ont demandé la réhabilitation des Forces armées centrafricaines (FACA), qui selon eux, maitrisent le terrain. D'autres, comme Laurent Gomina Pampali, ont souhaité que le général Babakar Gaye, représentant du secrétaire général de l'ONU et patron de la Minusca, soit invité au parlement pour des éclaircissements.

Catherine Samba-Panza mène des consultations en vue de sortir son pays de la crise La présidente de la transition Catherine Samba-Panza mène des consultations depuis mardi avec les forces vives, en vue sortir le pays de la crise qui s'est aggravée au cours des derniers jours.

Après avoir rencontré mardi certains partis politiques, elle devait s'entretenir mercredi avec les groupes armés et les groupes politico-militaires non-combattants.

Mais certaines organisations, tel le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), basé à Birao dans le nord, peinent à se mettre d'accord sur la délégation qui doit les représenter à ces pourparlers avec la présidente.

Pour les hommes armés du Mouvement, les représentants légitimes du MLCJ de la crise sont ceux qui détiennent les armes sur le terrain et non ceux qui se trouvent à Bangui.

Pendant que Catherine Samba-Panza poursuit ses consultations qui dureront jusqu'à vendredi, les violences se poursuivent dans la capitale.

Lundi aux environs de 16 heures au rond-point Benz vi-Miskine, un automobiliste, Guélé-Gongassoua, a été attaqué à la grenade par un groupe de jeunes armés.  « Les valeurs que nous a laissées Barthélémy Boganda étaient Unité-Dignité-Travail. L'unité parle de cohésion, de dialogue et d'échanges », rappelle ce rescapé avant de se demander si la Centrafrique ira aux élections, armes à la main.

Boucliers humains

La violence à Bangui se trouvait au menu des entretiens lundi entre le ministre centrafricain des Affaires étrangères Toussaint Kongo Doudou et l'ambassadeur de France Charles Malinas. Répondant aux questions de RNL à sa sortie d'audience, le diplomate français a fait remarquer que les auteurs de violences se servent de personnes vulnérables comme des boucliers humains. Pour Charles Malinas, cela rend la tâche difficile aux Casques bleus. Il a cité le cas d'hommes armés qui se sont cachés derrière des femmes et des enfants pour tirer sur des soldats de la force onusienne la semaine dernière. Certaines personnes ont reproché au contingent burundais de ne pas être intervenu mais l'ambassadeur ne voit pas comment ces troupes burundaises auraient pu réagir dans ces conditions.

Même constat de la part de la coordonnatrice des affaires humanitaires des Nations unies en Centrafrique (OCHA), Claire Bourgeois, qui souligne que certains enfants ont été blessés par balles la semaine dernière. « L'utilisation des enfants et des femmes enceintes dans les combats est un crime de guerre », a-t-elle rappelé.

En dehors de la capitale, des éléments du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) de Martin Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine, ont enlevé dans la nuit de dimanche à lundi, le Père Mathieu Dziedzic, un missionnaire polonais résidant à Baboua. Le ministère polonais des Affaires étrangères, qui indique avoir entrepris des efforts pour obtenir sa libération, a affirmé dans un communiqué publié mardi que le prêtre était « bien traité ». Les ravisseurs, basés dans l'ouest du pays, indiquent ne pas vouloir de rançon financière, mais chercher à échanger l'homme d'église contre leur chef, Martin Koumtamadji, détenu depuis plus d'un an au Cameroun. Les membres du FDPC avaient déjà enlevé dix personnes le 15 septembre dernier, dans l'espoir d'obliger la Centrafrique à négocier avec le Cameroun la remise en liberté de leur dirigeant.

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