Enfin, le gouvernement Kamoun en Centrafrique La Cheffe d’Etat de la transition, Catherine Samba-Panza a annoncé dans la matinée du vendredi que les membres du nouveau gouvernement vont être publiés dans les prochaines heures. Ce message a été livré au peuple centrafricain dans une déclaration faite à Bangui. Dans son adresse à la nation, la Présidente de la transition a attesté le maintien de Mahamat Kamoun à la tête du gouvernement centrafricain.

« Il faut donner l’occasion au nouveau Premier ministre de faire ses preuves. Il est incompréhensible que certains manifestent déjà des mécontentements alors que le gouvernement n’est pas encore formé. J’ai donc résolument pris la responsabilité de demander au Premier ministre Mahamat Kamoun de former son gouvernement et de le rendre publique ce jour. Dans l’esprit du forum de Brazzaville, je veillerais à ce que le caractère inclusif de ce gouvernement soit respecté en y incluant les principales entités représentatives des forces vives de notre pays en mettant un accent sur l’équilibre régional », a martelé Catherine Samba-Panza.

Cette adresse à la nation a été une opportunité pour la Présidente de justifier le choix qu’elle a porté sur Mahamat Kamoun ; un choix jusque là contesté par bon nombre d’entités et de citoyens.

« L’heure est au sursaut patriotique. Il est temps que les Centrafricains et Centrafricaines prennent en main leur destinée et participent activement au processus de sortie de crise. Dans le contexte actuel ou les défis à relever sont encore nombreux, le peuple centrafricain doit prendre conscience que son destin est encore entre ses mains. Il lui appartient de reconstruire son pays dans l’entente et la fraternité », a expliqué la Présidente centrafricaine.

Estimant que c’est un combat qu’elle a lancé, Catherine Samba-Panza a invité par la même occasion le peuple centrafricain à s’associer à elle et surtout de se mettre à l’abri des manipulations de tous genres.

« Je voudrais vous inviter à plus de vigilance compte tenu de toutes manipulations qui s’organisent chaque jour pour déstabiliser les autorités de la transition et mettre à mal ce qui nous reste encore de notre souveraineté », a conclu Catherine Samba-Panza.

En début d’après-midi sur la radio nationale, le Premier ministre Mahamat Kamoun a rendu public son gouvernement composé de trente et un (31) membres dont dix-neuf (19) nouvelles figures.

Liste du Gouvernement Kamoun
1.    Ministre d’Etat en charge des Travaux publics, de l’équipement et de l’aménagement du territoire : Madame Marie Noëlle Andet Koyara.
2.    Ministre d’Etat en charge de la Défense nationale, de la restructuration des armées, des anciens combattants et victimes de guerre : Monsieur Aristide Sokambi.
3.    Ministre des Transports et de l’aviation civile : Monsieur Arnaud Djoubaye Abazene.
4.    Ministre des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et de la francophonie: Monsieur Toussaint Kongo-Doudou.
5.    Ministre des Postes des télécommunications, chargé des nouvelles technologies : Monsieur Assane Abdallah Kadre.
6.    Ministre de la Justice garde des sceaux, chargé de la réforme judiciaire et des Droits de l’Homme : Monsieur Gabriel Faustin Ngbodou.
7.    Ministre de l’Economie, du plan et de la coopération internationale : Madame Florence Limbio.
8.    Ministre des Finances et du budget : Monsieur Bonandélé Koumba.
9.    Ministre des Eaux, forêts, chasses et pêches : Madame Isabelle Gaudeuille.
10.    Ministre de la Fonction publique : Monsieur Eloi Anguimaté.
11.    Ministre de la Sécurité publique, de l’émigration et immigration : le Général de brigade Thierry Mari Métinkoué.
12.    Ministre de l’Administration du territoire, de la décentralisation et régionalisation : Monsieur Modibo Bachir Walidou.
13.     Ministre de la Santé et de la population : Madame Margueritte Samba Maliavo.
14.    Ministre de l’Education nationale et de l’enseignement technique : Madame Gisèle Bédan.
15.    Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique : Professeur Bernard Simiti.
16.    Ministre du Commerce, de l’industrie et des petites et moyennes entreprises : Madame Gertrude Zouta.
17.    Ministre chargé du Développement du monde rural : Docteur David Banzoukou.
18.    Ministre du Travail, de la sécurité sociale et de l’emploi : Monsieur Gaston Makouzangba.
19.    Ministre des Mines et de la géologie : Monsieur Joseph Agbo.
20.    Ministre de l’Energie et de l’hydraulique : Monsieur Jacques Médard Mboliaedas.
21.    Ministre de la Réconciliation, du dialogue politique et de la promotion de la culture civique : Madame Jeannette Détoua.
22.     Ministre de l’Urbanisme et des édifices publics : Docteur Jacques Damanga.
23.    Ministre de l’Habitat et du logement : Monsieur Gilbert Kogrengbo.
24.    Ministre Affaires sociales et de l’action humanitaire : Madame Eugénie Yarafa.
25.    Ministre de l’Environnement, de l’écologie et du développement durable : Monsieur Robert Namséné.
26.    Ministre chargé du Secrétariat du gouvernement et des relations avec les institutions : Monsieur Marc Mokopété.
27.    Ministre du Tourisme, des arts, de la culture et de l’artisanat : Monsieur Vomitiadet.
28.    Ministre de la Jeunesse et des sports : Monsieur Armel Ningatoloum Sayo.
29.    Ministre délégué aux Finances et au budget : Monsieur Jacob Désiré Ngaya.
30.    Ministre délégué à l’Elevage : Monsieur Mahamat Tahïb Yakoub.
31.    Ministre de la Communication : Victor Waki.(Nom omis et communiqué après la publication par le Premier ministre).
Le nouveau gouvernement centrafricain compte 23 hommes et 08 femmes ; 02 ministres d’Etat, 27 ministres et 02 ministres délégués.

Parmi les 12 anciens ministres reconduits au gouvernement de Mahamat Kamoun, trois n’ont fait que changer de portefeuilles.

La nomination du professeur historien chercheur, Bernard Simiti, pourrait apporter un souffle nouveau à l’Enseignement supérieur longtemps miné par des grèves et mouvements de grogne à répétition des enseignants et étudiants de l’Université de Bangui, à en croire certains témoignages recueillis à Bangui.

Notons que l’annonce de la publication du second gouvernement de transition Samba Panza intervient au moment ou des contestations et des situations de violences refont surface à Bangui et dans plusieurs villes de province, malgré la signature de cessation des hostilités le 23 juillet 2014 à Brazzaville.

Brazzaville bis pour débloquer la formation d’un nouveau gouvernement de transition en Centrafrique ?  Mahamat Kamoun, nouveau Premier ministre Centrafricain éprouve des difficultés pour mettre en place son gouvernement. Quand bien même plusieurs consultations  aient été faites, plusieurs entités, n’ayant pas approuvé sa nomination, refusent d’entrer au gouvernement.

Pendant que les tractations se poursuivent, une délégation de 7 personnalités aurait été invitée par le Président congolais Denis Sassou Nguesso, Médiateur dans la crise centrafricaine, à se rendre à Brazzaville.

À Bangui, des voix s’élèvent encore pour dénoncer « cette méthode qui conduit nécessairement à la division et qui n’est pas de nature à favoriser une transition consensuelle et apaisée », laisse lire un communiqué des partis politiques de l’« Ancienne Majorité », devenu GPP-RTL, signé de son coordonnateur Laurent Ngon Baba.

Cette démarche est aussi contestée par le mouvement des Patriotes Antibalaka. Selon son conseiller politique, Alfred Le Grand Ngaya, « cette cooptation est une manœuvre crapuleuse susceptible d’engendrer d’autres troubles. La Coordination nationale Antibalaka demande au Médiateur international de ne pas cautionner cette délégation au nom du Mouvement Antibalaka ».

Alfred Le Grand Ngaya a voulu prendre à témoin l’opinion nationale et internationale sur ces comportements dits « mesquins » de la part de certaines autorités de la transition.

Ce nouveau déplacement de Brazzaville fragilise de nouveau le Mouvement anti-balaka. La coordination dudit mouvement suspend son coordonateur adjoint Sébastien Wénézoui qui a accepté de repartir à Brazzaville.

Sébastien Wénézouï, coordonnateur adjoint des Anti-balaka, joint au téléphone depuis Brazzaville, balaie du revers de la main les spéculations sur ce qui se passe en ce moment à Brazzaville.

« Cette délégation est conviée à Brazzaville à l’initiative du représentant du médiateur Léonard Essongo en vue de déverrouiller la formation du nouveau gouvernement », a rectifié Sébastien Wénézouï.

Jusqu’au mardi matin, rien n’a toujours filtré de la rencontre.

« Nous avons juste été reçus individuellement par le vice-médiateur. La médiation nous demande de fléchir nos positions en acceptant d’intégrer le nouveau gouvernement. Il n’y a rien de plus », a confié depuis Brazzaville Gervais Lakosso, Président du Groupe de travail de la société civile centrafricaine qui fait partie de la délégation.

Gervais Lakosso avait refusé d’aller à Brazzaville en juillet dernier.

« Le président congolais Dénis Sassou Nguesso, médiateur dans la crise centrafricaine, réussira-t-il à relever ce nouveau pari ? », s’interrogent beaucoup de Centrafricains.

Les Centrafricains impatients de la formation du nouveau gouvernement La crise persistante en République Centrafricaine, selon plusieurs Centrafricains, pourrait s’expliquer par les difficultés d’acceptation unanime du Premier ministre Mahamat Kamoun et celle de la publication attendue du nouveau gouvernement.

Une délégation d’une dizaine de personnalités centrafricaines a quitté Bangui ce matin pour Brazzaville, répondant à l’invitation du Président congolais, Denis Sassou  Nguesso, médiateur dans la crise centrafricaine.

Cependant, quelques sources de la présidence de la République font savoir que ces personnalités avaient elles-mêmes formulé le souhait d’avoir une audience avec le président congolais.

Ces représentants émanent de certaines entités significatives du pays à savoir, le Conseil National de Transition (parlement provisoire), de la plate-forme Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT), de la plate forme du Groupe des Partis Politiques Républicains Travaillistes et Légalistes (GPP-RTL), de l’Alternance Citoyenne pour la Démocratie et la Paix, de l’ex coalition Séléka, et du Groupe de Travail de la société civile. 

Contactées par Radio Ndèkè Luka, la plupart de ces personnalités affirment qu’elles ignorent encore le motif du déplacement.

Toutefois, des réactions continuent à Bangui au sujet de la mise en place du nouveau gouvernement de transition. Certains citoyens pensent que le médiateur Dénis Sassou Nguésso voudrait bien procéder à des consultations afin de donner un coup de pouce à la mise en place de ce nouveau gouvernement. Cela expliquerait bien cette invitation individuelle et inopinée.

Joseph Béndounga, président du Mouvement Démocratique pour la Renaissance du Centrafrique (MDREC), pense que l’élasticité dans la mise en place du nouveau gouvernement prouve que la cheffe de l’Etat de la transition est dépassée par les événements.

« La triste réalité centrafricaine est que la Présidente de la transition est dépassée par les événements. Le sommet des Chefs d’Etat de l’Union africaine à Malabo en Guinée Equatoriale a fait ce constat. Un constat antérieurement fait par les Centrafricains, les partenaires au développement et les ONG opérant en République Centrafricaine », a souligné Joseph Bendounga.

Mouammar Béngué-Bossin, Secrétaire général de la mouvance Zo Kwè Zo et membre de la plate-forme GPP-RTL, de son coté, conteste la nomination de Mahamat Kamoun et pense que l’échec de la transition dû à l’absence du GPP-RTL au gouvernement, relève de la responsabilité de Cathérine Samba-Panza.

« Dans l’esprit du forum de Brazzaville lancé par l’Union africaine et la CEEAC, il faudrait un gouvernement consensuel inclusif avec une transition apaisée comme l’a dit le Chef de l’Etat de la transition lui-même. Le fait pour le GPP-RTL de ne pas entrer au gouvernement, ça va poser un problème pour le consensus.   Mais cela ne relève pas de la responsabilité du GPP-RTL mais plutôt de la responsabilité de Cathérine Samba-Panza qui n’a pas respecté les critères qu’elle a elle-même fixés », a averti Mouammar Béngué-Bossin.

Consolider les acquis de Brazzaville, souci majeur du gouvernement La consolidation des acquis du forum inter centrafricain de Brazzaville préoccupe les autorités de la transition. Ces autorités entendent organiser en conséquence, des séries de formations sur les techniques de  la médiation, de la cohésion sociale. Ce renforcement de capacités s’adresse aux représentants de la société civile, les groupes armés et les partis signataires de l’accord de cessation des hostilités signé le 23 juillet dernier.

A cet effet, Antoinette Montaigne Moussa, ministre  sortant de la communication a animé ce matin à Bangui une conférence de presse sur l’importance de cette initiative.

« La mobilisation générale pour le respect et la promotion des accords de cessation des hostilités. C’est important pour la création d’un environnement propice au lancement du forum national de la réconciliation (…) annoncé à Brazzaville qui va se poursuivre. Aujourd’hui, il nous faut former à l’esprit de la cohésion, de responsabilité et de la paix, les signataires de Brazzaville, en particulier les groupes armés. Par la suite, ces intervenants doivent être dotés de moyens leur permettant de mener des négociations conformément à l’intérêt général », a expliqué la ministre.

Le gouvernement est en quête de la concorde nationale alors que de tristes événements continuent de semer la désolation parmi les populations des villes de provinces. Le dernier cas en date est celui des tueries des Mbrès dans la Nana-Grébizi et les villages environnants. Selon les divers témoignages recueillis, plus d’une trentaine de personnes ont été tuées à bout portant, égorgées et pendues dans la région par des hommes armés assimilés aux combattants de l’ex-coalition rebelle Séléka.

En illustration, « plusieurs villes et villages en ont fait les frais. Au centre ville de Mbrès, au village Gbozou à 22 Km des Mbrès, axe Ndélé, 18 personnes ont été tuées dans la nuit de mercredi à jeudi; au village Lakouétènè, 5 personnes tuées et au village Maorka, à 10 Km de Mbrès axe Kaga-Bandoro, les habitants ont été eux aussi violentés. Les localités victimes de ces exactions, ce sont vidées de leurs habitants. La majorité se sont terrés en brousse tandis que d’autres astreints à un déplacement vers Bakala, Kaga-Bandoro ou d’autres villes », a rapporté le correspondant de Radio Ndèkè Luka à Kaga-Bandoro.

« La plupart des autorités locales, dont le Maire de la ville de MBrès, Bienvenu Sarabada, se trouvent pour l’heure dans des camps de personnes déplacées à Kaga-Bandoro », a ajouté les mêmes sources.

Ces violations des Droits Humains aux Mbrès et ses localités périphériques, inquiète à juste titre la ministre Antoinette Montaigne Moussa. Elle a évoqué ces violences lors de la conférence de presse.

« Ce qui se passe aux Mbrès constitue une préoccupation dans la mesure où des vies innocentes y sont perdues. Cela risque de compliquer les taches du processus de  réconciliation nationale. C’est pour cette raison que nous souhaitons tous que les signataires puissent rappeler à leurs bases la nécessité de déposer les armes, de cesser les violences sur les populations civiles qui ne sont pas parties prenantes aux conflits », a prévenu la ministre Antoinette Montaigne Moussa.

L’autorité gouvernementale n’a pas oublié de rappeler le devoir de sécurisation et de secours des forces internationales et des organisations humanitaires en faveur de ces populations affectées.

Cet entretien avec les professionnels des médias, selon le membre du gouvernement, est un prélude à des  formations semaine prochaine sur les techniques de  la médiation. L’ONG Catholic Relief Services (CRS) est désignée pour effectuer ces séances de formation.

Mahamat Kamoun, investi à la tête de la primatureMahamat Kamoun a été officiellement investi, ce jeudi à Bangui, dans ses fonctions de Premier ministre de transition. La passation de pouvoir entre le nouveau premier ministre centrafricain et son prédécesseur André Nzapayéké s’est déroulée en début de soirée à la primature.

André Nzapayéké a fait ses adieux à son ancienne équipe tout en rassurant qu’il l’a laissée dans de bonnes mains.

« Je voudrais exprimer toute ma gratitude à l’endroit de toute l’équipe de la primature, toutes les personnes avec lesquelles nous avons eu à coopérer. Le moment est venu aujourd’hui pour moi de quitter mes fonctions mais je peux vous assurer que je ne vous laisse pas au bord de la route. Une personne, avec toute les qualités requises, prend le flambeau et je suis fière de ce choix que vient de faire Madame la Présidente de la République », a reconnu le Premier ministre sortant.

Mahamat Kamoun, a de son coté félicité son prédécesseur pour toutes ses prestations. Le nouveau Premier ministre a rassuré le peuple qu’il n’y aura pas de chasses aux sorcières.

« Je suis ému à cause de l’admiration et le respect que beaucoup (…) et moi-même avons pour vous,  pour les actions que vous avez menées lors de votre passage à la primature. J’ai la ferme intention de poursuivre sur cette voie de rétablissement de la paix et de la sécurité. Pour ce faire, je vais pouvoir compter sur la disponibilité de toute l’équipe de la primature. Je tiens à rassurer les uns et les autres que, dans ce contexte de réconciliation entre les filles et les fils de ce pays, il n’y aura pas de chasse aux sorcières », a insisté Mahamat Kamoun.

Dix jours après sa nomination à la tête du Gouvernement de transition, Mahamat Kamoun ne fait toujours pas l’unanimité au sein des différentes forces vives de la Nation.

Le Groupe des Partis Politiques Républicains Travaillistes et Légalistes (GPP-RTL), une plate forme regroupant le KNK, la Mouvance Zo Kwè Zo et le MDD, pense que Mahamat Kamoun n’est pas la personne indiquée pour devenir le nouveau Premier ministre.  Le GPP-RTL explique que le fait pour Mahamat Kamoun d’avoir servi comme Directeur de cabinet de l’ancien président de l’ex-coalition rebelle Séléka, Michel Djotodia, pose problème.

Mouamar Bengué Bossin, de la Mouvance Zo Kwè Zo, a expliqué leur position en ces termes : « Le Chef de l’Etat de la transition nous a exposé les critères qui doivent présider à la nomination ce nouveau  premier ministre (…) en précisant qu’il peut être musulman mais pas Séléka. Malheureusement, (…) d’autre part, il a été le Directeur de cabinet de Michel Djotodia, chef de la Séléka ».

Quelques heures plutôt, André Nzapayéké a été élevé à titre exceptionnel à la dignité de Grand croix dans l’ordre national du mérite centrafricain par la Présidente Catherine Samba Panza.

André Nzapayéké avait précisé, quelques jours avant la passation du témoin à son successeur, qu’il a bien voulu démissionner de cette fonction pour donner plus de chance à la réussite du processus de réconciliation enclenché à Brazzaville au Congo.

RCA, 54 ans d’indépendance, un tableau sombre selon Cathérine Samba Panza Le peuple centrafricain commémore ce 13 août le 54e anniversaire de son indépendance. La commémoration de cette date historique, placée cette année sous le signe de la cohésion sociale et de l’unité nationale, passe au moment où le pays cherche à se relever des bouleversements dans lesquels il est plongé depuis fin 2012. 

Pour l’homme de la rue, le pays est très en retard et que beaucoup restent à faire dans ce contexte particulier de recherche de l’unité nationale.

La majorité des centrafricains, interrogés ce mercredi à Bangui, jugent la RCA encore dépendante. Pour eux, ce pays doit se jeter à l’eau pour relever les défis à tous les niveaux.

« 54 ans équivalant à 54 ans d’échec par rapport aux autres pays. La population souffre sur les plans éducatif, social, sanitaire et humanitaire… Nous avons toutes les potentialités pour être indépendants mais les Centrafricains ne consentissent pas d’efforts puisque nous dépendons de l’occident. », critiquent certains Centrafricains.

Les tristes réalités du pays obligent les Centrafricains à porter des jugements sévères, des comparaisons des ères politiques.

« Même pour le paiement des salaires, c’est de la mer à boire. Il y a une grande différence entre le régime de l’Empereur Bokassa et ceux des autres Chefs d’Etat centrafricains. (…) les ponts sont cassés, les routes impraticables….»,  constate l’homme de la rue.

Mardi soir à Bangui, la cheffe d’Etat de la transition, Catherine Samba-Panza, dans son adresse à la nation, a dressé un bilan sombre de toutes les années d’indépendance. Selon la Présidente de la transition, les indicateurs de la société centrafricaine sont aujourd’hui au rouge. Elle confirme ainsi les constats faits par les Centrafricains.

« Depuis environ 30 ans, l’histoire de notre pays est ponctuée de turbulences récurrentes. Ces rebellions à répétition ont engendré à leur tour un chaos  indescriptible tant sur le plan politique, sécuritaire qu’économique. Le bilan de nos années d’indépendance ne nous fait pas honneur, surtout aux successeurs des pères de l’indépendance qui sont certainement comptables des errements qui ont conduit aux graves menaces qui pèsent aujourd’hui sur le pays, sur son indépendance et sur l’intégrité de son territoire », a déploré Cathérine Samba-Panza.     

La menace de scission de la RCA a été le souci majeur de la Présidente de la transition lorsqu’elle souligne que « la pire de ces menaces est la menace de partition de la République centrafricaine agitée par des extrémistes en mal de pouvoir. Cette menace a été considérée par le forum de Brazzaville comme un projet suicidaire ».

Catherine Samba-Panza demande à chaque Centrafricain d’adopter une attitude responsable en vue d’amorcer une nouvelle ère d’indépendance du pays.

« Pour que notre indépendance soit une réalité, nous devons sans relâche nous investir pour ramener la paix. Nous devons apporter tout le soutien nécessaire aux forces internationales venues nous aider dans notre quête de paix pour extirper de nos quartiers les fauteurs de troubles que nous connaissons tous et qui continuent de semer le désordre dans notre pays », a conclu Samba-Panza.

Réaction de la communauté internationale à la nomination de Mahamat Kamoun comme Premier ministre de la transition en Centrafrique La Communauté internationale réagit 48 heures après la nomination, par Cathérine Samba-Panza, de Mahamat Kamoun à la tète du gouvernement de la transition en République Centrafricaine. Dans un communiqué de presse publié lundi à Bangui, la Mission des Nations Unies pour le Soutien à la Centrafrique (MINUSCA), déclare avoir pris acte de cette nomination.

La MINUSCA engage, de ce fait, le nouveau Premier ministre à la formation d’un nouveau gouvernement qui soit inclusif et représentatif tout en s’appuyant sur les recommandations des accords de cessation des hostilités signés le 23 juillet dernier à Brazzaville au Congo.

« La MINUSCA saisit cette occasion pour encourager toutes les sensibilités centrafricaines à surmonter les difficultés et opter pour un dialogue constructif afin de lever ensemble les défis actuels et préserver la paix et la stabilité dans le pays », a indiqué le communiqué.

Cependant, à Bambari au centre de la République Centrafricaine, une tentative de réconciliation s’instaure entre les combattants de l’ex-coalition Séléka et les éléments Antibalaka. C’est une première rencontre après le dernier développement des tristes événements dans la localité.

L’ONG Paix-Réconciliation-Tolérance (PARETO) est le promoteur de cet essai de réconciliation entre les principaux protagonistes de la crise centrafricaine.

PARETO a commencé cette initiative par une médiation entre les belligérants.

L’objectif principal de cette action médiatrice est de convaincre les deux groupes rivaux à cesser les hostilités pour permettre aux personnes déplacées internes de regagner leurs domiciles.

Selon Béni Diogo Lassy Kouyaté, coordonnateur adjoint de PARETO, ce n’est qu’une étape à l’actif du processus de médiations.

« Après plusieurs jours d’âpres négociations, nous avons réussi, par la grace de Dieu, à créer ce lundi une rencontre-surprise entre les Balaka et les Séléka. L’Etat-major de l’ex-Séléka, conduit par le Général Zoundéko et une importante délégation de son Etat-major, ont traversé la rivière Ouaka pour rencontrer leurs frères Antibalaka, aussi massivement représentés sur le plan militaire par le Général Marie Hubert. Les échanges ont été fructueuses pour la recherche d’une sortie de crise dans la cité de la Ouaka. A Bambari, c’est la première fois que ces deux groupes armés se retrouvent nez-à-nez pour discuter », a informé le coordonnateur adjoint de PARETO.

« Ça va demander d’autres rencontres encore mais l’important dans tout cela, c’est la volonté de pacifier la région », a conclu  Béni Diogo Lassy Kouyaté.        


Mahamat Kamoun, nouveau Premier ministre de transition en Centrafrique La présidente de la République Catherine Samba-Panza a nommé dimanche le nouveau Premier ministre de transition en remplacement du technocrate André Nzapayéké. Il s’agit du Ministre d’Etat Mahamat Kamoun, son actuel Directeur de cabinet et Conseiller Spécial. Mahamat Kamoun, 23ème Premier ministre centrafricain. Le décret a été lu, dimanche en début d’après midi, à la radio d’Etat par le porte-parole de la présidence.

Selon le porte-parole, « la décision fait suite aux consultations des forces vives de la Nation du 06 au 08 août en concertation avec la communauté internationale et le Médiateur dans la crise centrafricaine le congolais Denis Sassou Ngesso ».

De religion musulmane et proche de Michel Djotodia actuel président de l'ex rébellion Séléka, Mahamat Kamoun, 53 ans, devient le 3è Premier ministre de la transition instaurée depuis le 24 mars 2013 en Centrafrique.

Fonctionnaire des régies financières, Mahamat Kamoun, a occupé plusieurs postes de responsabilités au ministère des Finances où il a servi comme Inspecteur des finances, Directeur général de budget et Directeur général du trésor public.

La nomination de Mahamat Kamoun à la primature reste diversement appréciée au sein des diverses couches sociales à Bangui.

La toute première opposition à ce choix surgit au sein de l’ex-coalition Séléka. L’Etat major de cette ancienne rébellion se dit indigné par ce choix. « Seleka est une coalition et non une cooptation de famille. Même si Kamoun a un lien de parenté avec le président Djotodia, il est de loin l’émanation de la base », a réagit Ahamat Nedjiad Ibrahim, porte-parole de Séléka.  

Ahamat Nedjiad Ibrahim, affirme que l’ex-Seleka reste attachée à l’accord de N’Djamena qui stipule que le Premier ministre devrait être issu de ses rangs. «  Nous sommes surpris et franchement nous sommes contre parce que pour nous, ce n’est pas la personne qu’il faut. Mahamat Kamoun n’est pas Séléka. Nous attendons que la Présidente applique les accords de Ndjamena de janvier 2014. Nous prévenons aussi toute personne qui entrerait dans le gouvernement au nom de Séléka », a insisté le porte-parole.

Par contre, ce choix est salué dans le milieu Antibalaka. Pour le porte-parole Brice Emotion Namsio, « un tel choix devra éviter à la RCA de tomber dans un nouveau chao. »

Une autre réaction favorable à la nomination de Mahamat Kamoun.  La formation politico-militaire Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice (MLCJ), un des signataires de l’accord de Brazzaville, reconnait que Mahamat Kamoun dispose des compétences requises pour cette responsabilité. Des compétences autour desquelles le peuple doit se mobiliser pour conduire la RCA vers sa destinée. 

« La majorité des Centrafricains reconnaissent les potentialités de cette figure politique plusieurs fois nommé à de hautes responsabilités en Centrafrique. La communauté internationale ne connait pas tous les Centrafricains. Nous pouvons faire confiance en ses compétences, son efficacité et sa clairvoyance dans la gestion des affaires publiques », a fait savoir Eloge Koï, Secrétaire général du MLCJ.

Le choix d’un PM musulman ou issu des rangs de Seleka était la condition posée par ce mouvement rebelle en janvier dernier dans la capitale tchadienne pour céder le pouvoir à Samba-Panza. Ce même scénario se serait répété à Brazzaville où l’ex-rébellion avait boycotté les discussions pour ensuite signer in extremis l’accord de sortie de crise suite à l’intervention du médiateur congolais, Sassou Nguesso.

La société civile centrafricaine ne s’est pas non plus montrée totalement favorable au choix de Kamoun. « Nous souhaitons que ce soit quelqu’un d’autre que monsieur Kamoun. Il était directeur de cabinet de Michel Djotodia, et donc l’échec de Djotodia est son échec. Mais s’il peut parvenir à unifier toutes les parties en conflit dans le pays, on n’aura pas d’objection à faire », a confié Gervais Lakosso, président du Groupe de travail de la société civile centrafricaine.

A Bangui, l’homme de la rue salue cette nomination. Beaucoup déclarent que le temps n’est plus à la contestation. « Nous attendons de voir le nouveau premier ministre relever les défis du rétablissement de la paix et de la sécurité, la réconciliation nationale et la relance des activités économiques et administratives sur  l’ensemble du territoire centrafricain », ont-ils souhaité.


 

« Ma démission est nécessaire » : Nzapayéké La présidente de la transition, Catherine Samba-Panza a reçu officiellement mercredi la démission d’André Nzapayéké et celle de son gouvernement. L’ex-chef du gouvernement a indiqué que cette démission est nécessaire pour donner plus de chance à la paix.

Lors d’une conférence de presse tenue au sortir de sa rencontre avec la Cheffe de l’Etat de la transition, André Nzapayéké a dressé un bilan positif de son gouvernement même si beaucoup reste à faire, « La sécurité revient graduellement, la relance économique s’amorce, les Centrafricains retrouvent peu à peu une vie sociale, tous les partenaires internationaux ont repris leurs activités en RCA ».

Nzapayéké n’a pas manqué de souligné que « La signature de l’accord de cessation des hostilités de Brazzaville est l’une des actions les plus remarquables à inscrire dans les réussites de mon couronnement ».

Le second Premier ministre de transition est visiblement affaibli par cette démission sous pression de la communauté internationale, selon son entourage. Même si dans ses réponses, André Nzapayéké a fait preuve de sérénité, son regret de quitter la primature était visible. Toutefois, l’homme a l’impression d’avoir accompli un bilan positif.

André Nzapayéké est-il le prix à payer pour la  paix ? La question est revenue à plusieurs reprises. Mais pour l’intéressé, sa démission est nécessaire pour faire évoluer l’accord de Brazzaville.

« C’est un élément nécessaire pour consolider Brazzaville. A travers ce geste, nous donnons l’opportunité à la présidente d’avoir les mains plus libres. Il fallait nécessairement passer par la démission », a-t-il conclu.

André Nzapayéké est nommé le 25 janvier 2014. En 6 mois, son bilan est controversé. Vendredi 1er août, le président du Conseil national de transition, le parlement provisoire, Alexandre Ferdinand Nguéndet a déclaré que son gouvernement n’a pas répondu aux attentes des Centrafricains.

Pendant que la courroie se rompt entre Catherine Samba Panza et André Nzapayéké, l’ancienne coalition Séléka se fragmente.

Le numéro 2 et influent de cette rébellion devenue Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC), le général Noureddine Adam, a suspendu Mohamed Moussa Dhaffane, et Mahamat Taïb, respectivement 2e et 3e vice-président du mouvement jusqu’à la tenue d’une nouvelle assemblée générale. Ils sont suspendus pour « non respect des consignes de la hiérarchie et haute trahison » à en croire Noureddine Adam.

Le bureau politique de l’ex-Séléka a aussitôt décidé de leur intérim respectivement par Moustapha Saboune, le secrétaire général et Joseph Zoundéko, l’actuel chef d’Etat-major.

Par ailleurs, au sortir d’une rencontre mercredi avec le président du parlement provisoire, Alexandre Ferdinand Nguéndet, le 3e vice-président de l’ex-Séléka, Mohamed Moussa Dhaffane, a qualifié l’attaque de leur position à Batangafo (nord) par les soldats de l’opération Sangaris, de violation de l’accord de cessation des hostilités de Brazzaville.

« Dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de cessation des hostilités, il était prévu qu’on mette en place un comité de suivi. Or aujourd’hui, ce comité de suivi n’est pas mis en place, Sangaris s’est déployée pour aller livrer la guerre aux ex-combattants de la Séléka pour les déloger de la ville de Batangafo. Ce n’est pas normal », a-t-il indiqué.

Des sources locales à Batangafo indiquent que les combats auraient fait plus de soixante de morts et une centaine de blessés dans le rang des ex-Séléka. Le bilan du côté des forces internationales fait état de deux morts côté soldats africains de la Misca ainsi que de deux blessés dans le rang des militaires français.

Les ex-Séléka ne semblent pas baisser les bras et promettent une nouvelle offensive avec des renforts attendus dans le nord.

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