Démission à l'ANE :  Gina Michèl Sanzé réagit Le membre du parlement provisoire, Gina Michèl Sanzé, dit apprendre la nouvelle de la démission du Vice-président de l'Autorité Nationale des Elections (ANE), Godefroy Mokamanédé, avec beaucoup de regret, mais y voit un acte patriotique.  Elle a fait cette déclaration au cours d'une interview exclusive à Radio Ndeke Luka (RNL). C'est la première réaction depuis la publication ce jeudi 27 août 2015 de la démission du numéro deux de l'ANE.

« C'est une déception parce que c'est un homme de valeur qui a apporté beaucoup au niveau de cette institution, mais c'est aussi une fierté et je lui jette des fleurs », a fait savoir Gina Michèl Sanzé.

Mme Sanzé estime que la démission du Vice-président est liée aux multiples failles qui gangrènent le processus électoral en cours dans le pays. Elle interpelle le président de l'ANE, Dieudonné Kombo Yaya, à savoir prendre position face aux décisions et à placer le Centrafricain au centre de ces élections groupées de 2015.

« C'est très bien de pousser les gens à aller coûte que coûte aux élections. Demain si c'est réussi, ce sont les personnes qui poussent qui vont dire, ce sont eux qui avaient organisé les élections en République Centrafricaine. Mais comme nous sommes en train de le constater en ce moment, toutes les défaillances, les irrégularités, les contradictions et l'échec même du processus, demain ils vont dire que c'est l'ANE. Le président de l'ANE devrait prendre cette démission en considération et commencer à dire non à certaines choses. Il est temps pour nous, en tant que Centrafricains, de dire non, le peuple centrafricain doit passer avant toute chose, avant l'intérêt de la communauté internationale », a averti la Conseillère nationale de Transition.

Le président de l'ANE, M. Kombo Yaya, a précisé lors de la conférence de presse qu'il a animé ce jeudi, que le Vice-président a démissionné de son poste le 26 août 2015. Dans sa lettre de démission, Godefroy Mokamanédé, a souligné un certain nombre de points entre autres, la non dotation en moyens matériels et financiers des démembrements de l'ANE, les difficultés relatives à la cartographie, la lenteur procédurale du Projet d'appui au cycle électoral en Centrafrique (PACEC), le gap financier nécessaire aux élections non encore pourvu ou encore la question de sécurité du siège ainsi que celle des membres de l'ANE.

Dieudonné Kombo Yaya a expliqué lors de cette conférence de presse que le manque de moyen financier fait obstacle à l'avancement du processus électoral.

« Le retard accusé aujourd'hui dans le processus est imputable en grande partie à l'insuffisance des disponibilités financières. Dans un contexte normal, le financement d'un processus électoral relève de la souveraineté nationale. Or, nous ne sommes pas dans un processus normal. Nous sommes obligés de recourir au financement extérieur. Et donc nous restons suspendus au bon vouloir de la communauté internationale ».

En ce qui concerne la sécurisation du processus électoral, le président de l'ANE a pointé du doigt l'insécurité qui sévit dans certaines préfectures.

« Ce qui se passe aujourd'hui dans certaines parties du territoire n'est pas rassurant. Il y a certes une amélioration progressive de la sécurité mais elle n'est pas suffisante pour assurer une libre circulation des personnes notamment celle des agents électoraux, des candidats, des observateurs nationaux et internationaux, des éléments de la presse nationale et internationale, etc... », a-t-il estimé.

Nonobstant ces préoccupations quelque peu partagées, le président de l'ANE reste optimiste quant à la tenue des élections dans les délais.

Toutefois le président de l'ANE a précisé lors de sa conférence de presse que l'Union Européenne a annoncé le décaissement de la deuxième tranche de son appui financier au processus électoral pour un montant global de 4,5 millions d'euros soit environ 2 milliards 951 millions F CFA.

L'ONU et les défis à relever en Centrafrique Les Nations-unies se disent déterminées à relever des défis en République Centrafricaine. Selon le nouveau représentant spécial de la Mission onusienne à Bangui, Parfait Onanga Anyanga, à l'occasion de la conférence hebdomadaire qu'il a personnellement présidé ce mercredi au siège de l'organisation, le premier objectif est d'établir d'ici la fin de 2015, des institutions démocratiques dans le pays.

« A toutes les autorités de la transition, j'ai renouvelé l'engagement des Nations-unies à ne ménager aucun effort pour traduire en succès les efforts de sorties de crise actuellement en cours , notamment en appuyant le processus électoral pour des élections libres, justes et inclusives, ouvertes et transparentes », a mentionné Parfait Onanga-Anyanga.

Toutefois, la protection des populations civiles, le rétablissement de l'autorité de l’État et de l'ordre constitutionnel demeurent le cheval de bataille de l'ONU en Centrafrique. « Les priorités de la Minusca restent les mêmes à savoir protéger les populations civiles, contribuer au rétablissement de l'autorité de l’État et appuyer le processus politique vers la fin de la transition et la restauration de l'ordre constitutionnel. Évidemment pour le faire, il faut qu'on tienne des élections démocratiques dans l'objectif d'établir des institutions démocratiques », a précisé l'onusien.

Sur les multiples cas de viols enregistrés dont sont accusés certains éléments de la Minusca, Parfait Onanga-Anyanga a demandé aux pays contributeurs des troupes ayant transgressé la convention relative au droit de l'enfant ainsi que les droits humains, d'enclencher des poursuites à l'encontre des soldats mis en cause.

« La politique de tolérance zéro en matière d'exploitation et d'abus sexuel doit être la clé de voûte de protection des populations, l'âme de notre mandat. Cette raison d'être doit nous guider dans nos relations avec ceux que nous sommes venus aider. Pour le Secrétaire général, cela veut dire mettre fin à la complaisance et à l'impunité. Protéger les civils est sacré et doit constituer un sacerdoce pour ceux qui en sont investis. Dans cette mission difficile mais exaltante, l'appui des États - surtout les pays contributeurs de troupe est indispensable afin que la responsabilité qui nous incombe et l'autorité investie aux États-membres forment un bloc cohérent pour prévenir mais sanctionner les abus ».

« Nous sommes dans un dialogue avec ces États-membres afin qu'ils exercent toute leur autorité auprès de ces troupes pour que des poursuites judiciaires soient diligentées dans les pays d'origine des troupes tout en tenant compte de la présomption d’innocence », a affirmé M. Onanga-Anyanga.

Début août, lors d'une opération effectuée au PK 5 de Bangui, les casques bleus de la Minusca, selon Amnesty International, ont violé une fillette de 12 ans. A Bambari le 12 août, trois soldats du contingent congolais de la Minusca ont récidivé en violant trois jeunes filles centrafricaines. Des situations qui ont contraint le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à demander la démission de Babacar Gaye.

Le nouveau patron de la Minusca, Parfait Onanga-Anyanga, a profité de cette conférence pour montrer qu'il y a des défis à relever avec énergie par l'ONU, notamment les affrontements inter-communautaires de Bambari dans la Ouaka (centre-est) et de Bria dans la Haute Kotto (est).

« Les récents affrontements inter-communautaires à Bambari et Bria sont à eux seuls un immense défi que nous sommes tous, responsables gouvernementaux comme représentants de la communauté internationale, contraints et forcés de relever avec sagesse et détermination ».

« Le premier défi est d'accompagner le peuple centrafricain sur le chemin d'une paix durable à travers une réconciliation véritable et une cohésion sociale réussie. Accompagner les Centrafricains sur ce chemin impose aux personnels civils et militaires de la Minusca un comportement exemplaire et même un rôle de modèle conforme aux principes et valeurs qui font des Nations-unies une institution respectable et respectée », a rassuré le Chef de la Minusca.

Nommé le 14 août 2015 par le secrétaire général de l'ONU, Parfait Onanga- Anyanga succède au général Babacar Gaye, contraint à la démission à cause de multiples cas de viols dont certains soldats de la Minusca seraient impliqués en République Centrafricaine.

Bambari, 6 jours après les événements, le gouvernement centrafricain réagit Le gouvernement centrafricain a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les événements de Bambari. Déclaration faite ce 25 août 2015 par le porte parole du gouvernement centrafricain, Dominique Saïd Paguindji - ministre en charge de la sécurité publique, 6 jours après les violences inter-communautaires dans la localité.

« Le gouvernement centrafricain condamne les actes de violence qui ont été perpétrées à Bambari et lance un appel au calme et à la retenue », a déclaré le porte parole du gouvernement qui précise que pour éviter un regain de tension dans la région, des dispositions ont été prises. Il s'agit entre autres, « des discussions ouvertes avec les différents belligérants engagés dans ce conflit ; l'ouverture d'une enquête pour faire toute la lumière sur les violences de Bambari en demandant à l'UPC de se désengager de la position qu'elle occupe actuellement au niveau de LaPago pour revenir après le pont afin de faciliter le retour des personnes déplacées dans leurs lieux de résidences ».

Le 21 août déjà, un habitant de Bambari joint par Radio Ndeke Luka avait, au nom des populations de Bambari, demandé à ce que le général Ali Ndarass de l'UPC ainsi que ses complices soient arrêtées. « si Ali Ndarass n'est pas arrêté, les populations boycotteront le processus électoral dans la localité », avait-il précisé.

Nonobstant la visite éclair des autorités centrafricaines dans cette ville, Bambari, Capitale de la Ouaka est toujours contrôlée par les éléments de l'UPC du chef rebelle Ali Ndarass. Toutefois, le calme précaire qui règne depuis hier dans cette ville a permis à certains habitants qui avaient fui pour se réfugier en brousse à regagner les sites des déplacés, notamment le Camp de la Minusca et  l'aérodrome de la ville.

C'est depuis le 20 août 2015 que Bambari est plongée dans une spirale de violences après l'assassinat sur l’axe Bambari-Simbolo d'un jeune musulman par des individus armés assimilés aux anti-balaka. Une situation qui s'est soldée par une douzaine de personnes tuées ainsi que plusieurs autres blessés parmi lesquels deux humanitaires du Comité international de la croix rouge.

Des gerbes de fleurs pour commémorer le 13 août 2015 Le 55e anniversaire de l'accession à l'indépendance de la République Centrafricaine a été marquée, à Bangui, par le traditionnel dépôt de gerbes de fleurs au monument Barthélemy Boganda par les autorités de la transition.

Si aucune activité n'est prévue pour cette commémoration dans la Capitale, à Berberati, l’abbé Laurent Parfait Dongbo de la paroisse St Basile de Lomi s'est inspiré - dans son homélie - du parabole relatif aux talents pour demander aux Centrafricains de « beaucoup travailler pour surmonter la crise que le pays traverse  et ne pas se comporter comme la troisième personne qui, en recevant un talent l'a enterré ». Mme le Préfet de la Mambéré Kadéï, a, pour sa part exhorté les populations de Berberati à « prier pour la paix en Centrafrique et un déroulement paisible des prochains scrutins ».

Les Centrafricains - toutes tendances confondues ont appelé ce 13 août à « une prise de conscience collective pour la relève de ce pays fragilisé par de multiples crises , tout en rendant responsables de la situation actuelle les hommes politiques ».

Bilan

« On n'a pas su construire un Etat digne de ce nom, on a fait du pilotage à vue depuis 55 ans et les conséquences se sont traduites par cette déconfiture du pays avec notamment ce déficit constaté dans la reconstruction des routes, des hôpitaux, des écoles, une économie toujours en berne. De façon globale, le bilan est négatif », a précisé ce compatriote.

Un autre de renchérir « qu'on continue de courir derrière des hommes politiques qui n'ont de politique que leurs propres corps. Quand celui-ci disparaît, le parti politique qu'il a crée devient un squelette comme lui-même, il faut qu'on change puisque rien n'est bon . Le nourrir, vêtir, soigner, loger et instruire est toujours nu. Bozizé qui vient de partir et qui est un militaire a raté le coche en ne formant pas son armée parce que s'il avait une armée forte, il n'aurait pas dû subir cet affront ».

Alors que les centrafricains de la Capitale dressent un bilan assez négatif des 55 années d'accession de l'indépendance de la RCA, les compatriotes du Bénin sont frustrés. La raison, le boycott par le Consulat centrafricain dans ce pays, de la fête de l’indépendance de la RCA. Plusieurs dizaines de compatriotes qui s’étaient rendus ce 13 août 2015 au consulat centrafricain à Cotonou pour la traditionnelle cérémonie de levée des couleurs, étaient étonnés de ne rencontrer aucun personnel audit consulat.

« On ne peut qu'être frustré par rapport à ce comportement. Il en va de la dignité, de l'image aussi bien des Centrafricains vivants dans ce pays que de notre pays. Les gens ont toujours tendance à dire que les centrafricains ne sont pas patriotes, qu'ils n'aiment pas leur pays mais saluer le drapeau, comme nous avions voulu le faire, est un acte patriotique », a expliqué Jean Brice  Aguessi, capitaine des fauves de Hand-ball, résidant à Cotonou.

C'est le 13 août 1960 que l'ancien président David Dacko a solennellement proclamé l'indépendance de la République Centrafricaine. Une « indépendance politique » , mentionne Étienne Lebaramo, ancien proviseur du Lycée Marie-Jeanne Caron actuellement à la retraite et un des témoins de l'accession de la RCA à la souveraineté internationale.




La CEEAC proroge la transition en Centrafrique La transition en République Centrafricaine vient d'être prorogée. Le décret y relatif a été signé ce mardi, 11 août 2015 par le président gabonais Ali Bongo Ondimba, président en exercice de la Communauté Économique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC).

« La transition en République Centrafricaine est prorogée pour la période allant du 18 août au 30 décembre 2015. L'objectif principal de cette prorogation technique est de permettre aux autorités de la Transition d'organiser les élections législatives et présidentielles crédibles et transparentes avant la fin de l'année 2015 », peut-on lire à l’alinéa 2 du décret signé par Ali Bongo Ondimba.

Le 17 juillet 2015, Catherine Samba-Panza, Chef d’État de la Transition, Alexandre Ferdinand Nguendet, président du Conseil National de la Transition (CNT) et Mahamat Kamoun, premier ministre de la transition, ont officiellement saisi par correspondance, les Chefs d’État de la CEEAC pour leur demander une ultime prorogation de la durée de la transition.

Dans la correspondance adressée aux Chefs d’État de la CEEAC, les autorités centrafricaines se sont basées sur le communiqué final de la 16ème Session Ordinaire des Chefs d’État et de gouvernement de cette organisation sous régionale, qui s'est tenue à N'Djamena au Tchad, ainsi que des dispositions de l'article 102 alinéa 2 de la Charte constitutionnelle de transition pour demander cette prorogation.

« Le gouvernement de transition est à pied d’œuvre et déterminé à parvenir à l'adoption de la nouvelle constitution ainsi qu'à la réalisation des élections législatives et présidentielle groupées, pour un retour rapide à la légalité constitutionnelle », a également précisé le trio de la transition dans cette correspondance.

Selon le chronogramme électoral rendu public par l'ANE (Autorité Nationale des Elections), le premier tour des élections groupées en Centrafrique est fixé pour le 18 octobre prochain. D'ores et déjà, ce 09 août 2015, un communiqué officiel de l'ANE reporte à une date ultérieure, l'ouverture des dépôts de candidature aux différents scrutins.  «… en attendant la publication du décret portant découpage des circonscriptions électorales et l'adoption par le Conseil National de Transition (CNT) du projet de loi portant règles dérogatoires à certaines dispositions du Code électoral de la République Centrafricaine, la date d'ouverture des dépôts de candidatures initialement prévue au 09 août 2015, ne peut être tenue », précise le communiqué de l'organe technique d'organisation des élections en République Centrafricaine.

Rapt de Baboua, le gouvernement confirme la poursuite des négociations Les négociations avec les ravisseurs du maire et du Sous-préfet de Baboua dans la Nana-Mambéré se poursuivent. Cette information a été donnée ce mardi, 11 août 2015 par Dominique Saïd Paguindji, ministre de la Sécurité Publique et porte parole du gouvernement Centrafricain dans une interview exclusive accordée à Radio Ndeke Luka (RNL). « … pour l'information de l’opinion publique nationale et internationale, le gouvernement a pris langue avec les preneurs d'otages, une mission gouvernementale s'est transportée dans la localité et des contacts ont été noués et les pourparlers se poursuivent en vue de la libération de nos concitoyens qui ont été malheureusement pris en otage », a déclaré le porte parole du gouvernement.

Se refusant à tout commentaire afin de ne pas mettre « en danger la vie des compatriotes en captivité depuis 23 jours », le gouvernement, selon  Dominique Saïd Paguindji, refuse à son corps défendant d'en dire davantage « sur l'objet et les revendications de ce groupe » - auteur du rapt des personnalités ci-dessus nommées.

Même si le FDPC (Front Démocratique du Peuple Centrafricain) du Chef rebelle Martin Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine dément être à l'origine de ces rapts, le porte parole du gouvernement confirme que c'est avec les éléments de ce mouvement rebelle que le gouvernement est en discussion. « Le dialogue est mis en place avec le FDPC, groupe rebelle proche d'Abdoulaye Miskine. A travers les contacts et les vérifications qui sont faites sur le terrain, les otages sont encore bel et bien en vie, ce qui enlève tout caractère de crédibilité aux revendications formulées par ce soi-disant Abacar », a conclut le ministre de la sécurité publique.

Le 23 juillet dernier, le Préfet de la Nana-Mambéré, Frédéric Ouagonda, avait précisé que « les ravisseurs sont identifiés, les autorités locales préfectorales ainsi que le gouvernement de la transition sont entrés en discussion afin d'obtenir la libération des otages qui sont toujours aux mains de leurs ravisseurs ».

Au sein de la classe politique, le porte-parole de la coordination des associations et partis politiques Davy Yama, avait exigé des autorités centrafricaines ainsi que les forces onusiennes de mettre les bouchées doubles en vue d'assurer la sécurité sur le corridor Bangui-Douala, vital pour l'économie nationale. « Nous saisissons cette occasion pour demander au gouvernement et aux forces internationales de tout mettre en œuvre pour obtenir la libération de ces compatriotes et de tout faire pour intensifier les actions de sécurisation de ce corridor qui est vital pour notre économie nationale et sécuriser aussi l'ensemble du territoire national pour permettre la libre circulation des citoyens centrafricains ».

Deux points principaux au menu de la 4ème session du CNT La 4è Session Extraordinaire du Conseil National de Transition (CNT) s'ouvre ce lundi 10 août au siège de l'institution à Bangui. Les Conseillers nationaux auront à plancher sur la relecture du Code Électoral et la prise en compte de l'avis de la Cour Constitutionnelle sur la prochaine Constitution.

Sur le volet vote des réfugiés qui divise au niveau de la classe politique ainsi que certaines institutions de la République, le rapporteur général du CNT, Thierry Patrick Akoloza, précise que « Le CNT et la Cour constitutionnelle n'ont pas regardé dans la même direction. Je pense qu'il y aura une solution. La question est hautement politique et le CNT en débattra ».

Quand au second point à l'ordre du jour de cette nouvelle session du CNT, il précise que certaines dispositions doivent être réadaptées au contexte actuel. « Avec l'évolution de la situation politique et financière, nous avions constaté que certaines dispositions doivent être toilettées afin qu'elles s'adaptent à la situation de l'heure. Le moment viendra où nous dirons ce que le CNT pense définitivement mettre dans ce texte portant cadre juridique d'organisation des élections ».

Entre temps, l'Observatoire National des Élections (ONE) prend position par rapport au vote des réfugiés centrafricains. Selon cette organisation, « comme tout centrafricain,  les réfugiés ont aussi le droit de vote ».

Tout en reconnaissant la pertinence des inquiétudes de certains partis politiques et des conseillers nationaux à ce propos, l'ONE estime que dans un souci de transparence et de préservation de la paix sociale, le gouvernement et l'Autorité Nationale des Elections devront « procéder à la signature d'un accord qui préserve les règles internationalement reconnues de protection des réfugiés, et facilitent le libre accès aux acteurs sur les sites de réfugiés pour que les partis politiques battent campagne librement et que le vote se tienne effectivement ».

A la Minusca, l'ONE demande à la division intégrée assistance électorale de « présenter les mécanismes de garantie compatibles avec les règles internationales de protection des réfugiés par lesquels les partis politiques pourront accéder à ces camps afin de battre campagne » et également de « présenter la méthodologie qui est adoptée pour favoriser la faisabilité de la mise en œuvre du vote des réfugiés ».

Dans cette même dynamique, l'ONE formule le vœu que le HCR puisse « fournir les statistiques sur les réfugiés centrafricains par tranche d'âge et de sexe ainsi que les statistiques par tranche d'âge et de sexe des étrangers recensés dans les sites des réfugiés centrafricains ».

Ouverte ce 10 août 2015, la 4è Session Extraordinaire du Conseil National de Transition prendra fin le 24 août prochain.

Enrôlement d'électeurs, processus retardé à Ndélé Les opérations de recensement électoral n'ont pas encore commencé à Ndélé dans le Bamingui Bangoran. Les populations s'inquiètent et se demandent si le processus électoral va réellement se tenir dans leur localité.

« Tout est déjà prêt sur le plan technique au niveau de la préfecture. Les agents déjà retenus au nombre de 140 n'attendent que les formateurs de Bangui pour être formés et déployés sur le terrain», a déclaré Jean Trésor Bissinguili, président local de l'ANE de Ndélé.

Déficit de communication

La difficulté majeure dans la mise en œuvre de la mission confiée aux démembrements de l'ANE de Ndélé, précise Jean Trésor Bissinguili «  réside dans le fait qu'il y a un déficit de communication entre l'ANE centrale et les responsables locaux au niveau de Ndélé. Tous les responsables de l'ANE à Bangui sont quasiment injoignables au téléphone ».

Cette rupture de communication, a-t-il fait savoir, « ne lui permet pas de mettre des informations nécessaires à la disposition des autorités administratives et des populations du Bamingui-Bangoran. Les travaux de cartographie déjà effectués dans la région ont permis de créer 55 centres de vote, 43 pour  la sous-préfecture de Ndélé et 12 pour la sous-préfecture de Bamingui ».

Au cours d'un point de presse qu'elle a animée ce vendredi, 07 août 2015, Marie-Madeleine N'kouet Hoornaert, rapporteur général de l'ANE a affirmé que « des dispositions sont déjà prises pour satisfaire dans un délai raisonnable, les membres des démembrements de cette organisation technique d'organisation des élections ».

Elle a par ailleurs ajouté qu'à ce jour, « Plus de 500 milles personnes se sont déjà faites recensées à Bangui ainsi que dans certaines villes de la RCA sur les 2 millions de citoyens ciblés pour ce processus d'enrôlement ».

Les opérations de recensement électoral de Bangui ont pris fin le 30 juillet dernier alors qu'elles viennent à peine de débuter dans certaines villes des provinces. Selon le chronogramme électoral, le 1er tour des élections présidentielle et législatives aura lieu le 18 octobre prochain.

Rapport Global Witness, le gouvernement appelle la société civile à l'aide Le gouvernement centrafricain sollicite la contribution de la société civile pour la gouvernance forestière dans le pays afin d'éclairer l'opinion nationale et internationale sur le rapport produit par l'ONG Global Witness qualifiant le bois centrafricain de « bois de sang » ayant servi à financer la guerre dans le pays.

Les acteurs de la société civile estiment qu'un comité d'investigation sur la gestion des ressources forestières en Centrafrique devra préalablement être mis en place afin de faire la lumière sur cette question. « Il appartient à l’État d'entrevoir la possibilité de mettre en place un comité en urgence pour investiguer afin de voir effectivement sur la véracité du dit rapport », a déclaré Patrice Passe-Sanand, coordonnateur de la Plate-forme pour la Gestion Durable des Ressources Naturelles et de l’Environnement (GDRNE).

La société civile, renchérit Patrice Passe-Sanand, « doit aussi mettre en place un comité de réflexion pour faire la lumière sur le rapport publié par Global Witness. Concrètement, il est ici question de descendre sur le terrain, rechercher les informations et essayer de faire la confrontation avec le rapport publié par Global Witness ».

Une telle démarche gagnerait en crédibilité, a ajouté  le coordonnateur de la GDRNE qui invite le gouvernement centrafricain à publier le rapport qu'il détient sur cette affaire pour une meilleure confrontation entre les deux. «  La société civile centrafricaine sur  la gouvernance forestière ne peut se prononcer que si l’État publie le rapport qu'il détient, qu'il le mette à sa disposition ; qu'elle puisse apprécier les 11 points contradictoires qui ont été relevés par l'administration ».

Dans un rapport publié le 15 juillet 2015 et couvrant la période allant du mois d’avril 2013 à janvier 2014, l'ONG britannique Global Witness a qualifié le bois centrafricain de « Bois de sang ».  Une mauvaise publicité pour le gouvernement centrafricain qui, à travers Charlotte Isabelle Gaudeuille, ministre centrafricaine des Eaux, Forêts, Chasse et Pêche avait automatiquement réagi pour dénoncer ce rapport.

« Nous ne comprenons pas pourquoi Global Witness veut décourager le commerce du bois centrafricain alors que des efforts sont fournis par le régime de la transition pour corriger les forfaits des rebelles de l’ex-coalition Séléka, au pouvoir de mars 2013 à janvier 2014 et qui n’avaient pas directement participé à l’exploitation du bois », avait-elle déclaré avant de préciser que « le comité a déniché d’importantes contradictions sinon irrégularités dans le rapport de Global Witness ».

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