Forum de Bangui: le RPRC réclame 50 places pour les groupes armés Le Rassemblement pour le Renouveau de Centrafrique (RPRC), une des factions de l'ancienne rébellion de la Séléka, exige du Comité technique d'organisation du Forum national de Bangui, la révision en hausse de la liste de leurs représentants devant prendre part au Forum inter-centrafricain de Bangui. Le RPRC trouve insignifiant le quota de trente participants sur l'ensemble des 680 accordé aux groupes armés, ex-Séléka et Antibalaka.Toutefois, le RPRC se dit partant pour le Forum national prévu du 27 avril au 4 mai 2015.

« Nous nous sommes lancés dans la recherche de la paix depuis Libreville et Brazzaville. Je suis parmi ceux qui cherchent la paix » a affirmé Abdoulaye Issène, vice-président du RPRC, lors d'une interview exclusive accordée ce samedi à RNL

Le vice-président de ce mouvement armé, l'ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Abdoulaye Issène, en appelle à la sagesse dudit comité. Il demande un quota de cinquante participants ex-Séléka et Antibalaka, qui selon lui sont les principaux acteurs de la crise centrafricaine.

« Nous ne sommes pas d'accord, nous, les groupes armés. Nous nous sommes entendus et nous demandons 25 ex-Séléka et 25 Antibalaka. (...) C'est inacceptable. On ne peut pas accepter que parmi 680 participants, qu'on prenne 15 ex- Séléka et 15 Antibalaka pour participer au Forum de Bangui. Les acteurs ne sont pas à Bangui, ils sont dans les préfectures du pays. (…) Il faut dialoguer avec les acteurs qui créent l'insécurité », a-t-il martelé.

Abdoulaye Issène souligne également la faible représentativité de la communauté  musulmane dans le presidium du Forum de Bangui et salue l'accord de Nairobi. « C'est un accord de principe et ils ont reconnu le pouvoir de transition. Il faut l'applaudir. (...) S'ils sont d'accord de participer au Forum [Ndlr : Michel Djotodia et François Bozizé], c'est salutaire », a ajouté le vice-président du RPRC.

S'agissant des élections, Abdoulaye Issène estime qu'il est encore trop tôt d'en parler. La question, pour lui, sera débattue pendant le dialogue inter-centrafricain de Bangui. « On ne peut pas parler d'élections aujourd'hui. C'est au final de ce Forum que nous allons signer l'accord politique qui va déterminer les conditions d'aller aux élections. Il ne faut pas se précipiter  », a-t-il averti.

Par ailleurs, le vice-président du RPRC n'a pas perdu de vue la grève des policiers qui perdure depuis le 11 avril dernier. Il invite les autorités de la transition à entreprendre des négociations avec les grévistes en vue de mettre fin à ce mouvement de mécontentement qui paralyse le fonctionnement de la Police nationale.

« Il ne peut pas avoir de manifestation sans raison. Si les policiers sont mécontents certainement, ils réclament quelque chose. C'est inacceptable qu'une police nationale se manifeste et une semaine après, on ne trouve pas de solutions. Le gouvernement n'entame pas de négociations ni de pourparler avec les policiers. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités », a conclu Abdoulaye Issène.

Le Gouvernement pour une action concertée de redéploiement en Centrafrique Désormais les activités menées par les différents ministères et organismes internationaux en matière de redéploiement seront organisées de manière concertée. Le bureau de la Coordination nationale de redéploiement de l'administration publique (CNRAP) est mis en place et coordonné par Modibo Bachir Walidou, le ministre de l'Administration du territoire. Les missions assignées à ce bureau sont entre autres la restauration de l'autorité de l'Etat, la réhabilitation des bâtiments des services publics, et le transport des agents publics dans leurs zones d'affectation.

Le coordonnateur de la CNRAP explique que de nombreuses activés sont réalisées de manière disparate sans lien les uns des autres tant par les départements ministériels, les organismes nationaux et les partenaires au développement.

« Dès que nous nous sommes rendus compte au niveau du département de l'Intérieur qu'il y a des activités qui sont menées par différents départements, par différentes entités et par différents partenaires internationaux en matière de redéploiement, mais que ces activités n'étaient pas suffisamment coordonnées, nous n'étions nous-mêmes pas suffisamment informés de certaines actions qui étaient menées en matière de redéploiement. Cela nous fait comprendre qu'il y avait une nécessité de coordonner ces différentes activités, d'agir de façon concertée entre nous, département ministériel d'abord et puis en rapport avec nos partenaires internationaux », a fait savoir le coordonnateur.

Modibo Bachir Walidou estime que mettre en commun les actions permettrait d'aboutir à un résultat probant. « …, nous avons mis en place cette coordination avec l'intention de retrouver à la fois tous les départements ministériels intéressés et en même temps regrouper les partenaires internationaux. Comme ça nous allions coordonner, échanger les informations concernant les différentes actions qui sont menées et au niveau des différents départements », a déclaré Modibo Bachir Walidou.

La mission de la Coordination nationale de redéploiement de l'administration publique va couvrir toute la période de la transition.
Photo : Modibo Bachir Walidou, coordonnateur du bureau de la Coordination nationale de redéploiement de l'administration publique (CNRAP)

Forum de Bangui : un comité d’organisation dit de consensus sans J-J Demafouth L'actuel ministre de la Santé publique, Docteur Marguerite Samba-Maliavo, a été consensuellement désignée mercredi 15 avril coordonnatrice générale du Comité technique d'organisation du Forum de Bangui en lieu et place de Jean-Jaques Démafouth, très contesté par l'ensemble de la population, quelque jour après sa nomination. Le choix des nouveaux membres a été fait mercredi à l'issue de la concertation entre le Chef du gouvernement de transition, Mahamat Kamoun, et les Forces vives de la nation au Palais de la Renaissance.
 
La coordination générale du Comité technique d'organisation du Forum de Bangui est co-gérée par le Parti de l'unité nationale (PUN) affilié à l'Alliance des forces démocratique pour la transition (AFDT) et la plateforme religieuse. Mme Marguerite Samba-Maliavo coordonne ainsi un comité de dix huit membres dont des représentants des groupes armés, du syndicat, des médias, des déplacés, du patronat et de la communauté musulmane.

Au cours de cette rencontre, le présidium du Forum a été également mis en place et piloté par Professeur Abdoulaye Batili, médiateur à l'organisation des Nations Unies pour l'Afrique centrale (ONUAC). Le présidium est composé de onze membres, représentatifs de toutes les couches de la société.

L'initiative a été saluée par les participants qui souhaitent au Forum de Bangui un bon dénouement pour le rétablissement de la paix et la cohésion sociale en Centrafrique. Ce qu'explique Eddy Symphorien Kparékouti, président du Parti de l'unité et de la reconstruction (PUR).

« Je voudrais saluer l'effort et le courage de Madame la présidente de pouvoir retirer les trois décrets et respecter la volonté du peuple. Dans la mise en place du nouveau comité d'organisation du Forum, la voix du peuple a été respectée et prise en compte », s'est réjouit le président du PUR.

Le Premier ministre de la transition, Mahamat Kamoun, a rassuré que les propositions faites vont être soumises au Chef d’État de la transition qui va les entériner par décrets.

« Vous avez en toute liberté désigner vos représentants respectifs. Le gouvernement a pris acte de vos choix et se fait le devoir de les faire entériner par décret de la présidente de la République », a déclaré Kamoun.

La rencontre fait suite à la contestation des décrets pris unilatéralement par l’exécutif de la transition pour créer un comité technique d’organisation du Forum de Bangui, désigner les membres dudit comité et créer le présidium du Forum. Le dialogue national de Bangui est prévu pour le 27 avril 2015.

Voici la liste des membres du comité technique d'organisation du Forum et celle du Présidium.

Comité technique d'organisation du Forum de Bangui
Coordonnateur général : Mme Marguerite Samba-Maliavo
1er Coordonnateur adjoint : Davy Yama, parti politique
2e Coordonnateur adjoint : RP Nicolas Guérekoyamé-Gbangou, plateforme religieuse

Rapporteur général : Daniel Nzéwé, chargé de Mission à la Primature
1er Rapporteur adjoint : Thierry VacKat, CNT
2e Rapporteur adjoint : Mme Annick Service, OFCA

Le comité est composé de sept (7) membres :
Groupes armés : Sébastien Wénézouï et Rodrigue Malembéti
Syndicat : Sabin Kpokolo
Média : Odilon Ouakpo
Déplacé : Bertin Boto
Patronat : Gilbert Grézéngué
Communauté musulmane : Imam Saliou Ndjiaye
Gestionnaire comptable : Siméon Zoukota, le directeur général du Trésor public

Facilitateurs
Union africaine : Alassane Binta Diop
Minusca : Mme Bari Frimann
CEEAC : Korentin Idoulaye
OIF : Libert Baranouyérézé
CDH : Freddy Kourikié

Présidium
Président du presidium : Professeur Abdoulaye Batili, médiateur à l'organisation des Nations Unies pour l'Afrique centrale (ONUAC)
1ère Vice-présidente : Mme Marie Nöelle Koyara, gouvernement
2em Vice-présidente : Mme Mboua née Léa Doumta, CNT
3em Vice-présidente : Mme Emilie Béatrice Epaye, société civile
4em Vice-président : Mgr Dieudonné Nzapalaïnga, archevêque de Bangui
5em Vice-président : Laurent Gon-Baba, parti politique
6em Vice-président : Ali Dida Ali, Représentant groupes armés

Rapporteur général : Anicet Clément Guiyama-Massogo, pouvoir public
1er  Rapporteur adjoint : Serge Singa, société civile
2em Rapporteur adjoint : Jean-Félix Riva, jeunesse
3em Rapporteur adjoint : Askin Zéngué-Landa

Forum de Bangui : consensus autour du comité technique La composition et la désignation des membres du nouveau Comité technique d'organisation du Forum de Bangui est au centre, ce mercredi, d'une discussion entre le Chef du gouvernement de transition, Mahamat Kamoun et les Forces vives de la nation. La rencontre se déroule dans la salle de cinéma du Palais de la renaissance.
 
Près de 200 représentants de différentes couches sociales du pays prennent part aux échanges. Objectif : donner l'opportunité aux participants de faire des propositions concrètes et mettre en place, séance tenante, le bureau du comité technique d'organisation du Forum de Bangui prévu du 27 avril au 4 mai prochain.

La proposition du bureau technique d'organisation du dialogue national sera entérinée par un décret présidentiel.

Mardi après midi, la présidente de la transition Catherine Samba Panza et le chef du gouvernement, Mahamat Kamoun ont abrogé les trois décrets signés le 4 avril et contestés quelque jour plus tard par le Conseil national de transition, le parlement provisoire.

Par ailleurs, le processus de la réconciliation en Centrafrique enregistre du nouveau.

Les ex-présidents François Bozizé et Michel Djotodia se sont engagés mardi 14 avril 2015 par écrit en faveur du Forum de Bangui. Le document a été signé à Naïrobi au Kenya, ville qui assure la médiation des pourparlers dits de paix entre les groupes armés rivaux ex-Séléka et Antibalaka.

Selon un communiqué publié par la présidence kényane, le document n’est qu’un engagement des signataires à rallier l'accord signé à Brazzaville en juillet 2014, mais aussi à participer au Forum de réconciliation de Bangui, prévu fin avril et à reconnaître le régime de la transition. L'engagement dit de Naïrobi fait suite à un autre accord signé le 8 avril dernier entre les représentants des Séléka et des Antibalaka, deux groupes armés rivaux en République Centrafricaine.

A Bangui, nombreux centrafricains sont unanimement favorables à la présence de ces deux personnalités considérées comme les principaux acteurs de la crise centrafricaine. « L’heure n’est plus à l’exclusion », estiment bon nombre d'entre eux.

L'engagement, quand bien même obtenu à l'issue des pourparlers organisés dans des circonstances floues, ouvre la voix au dialogue et à la paix, du moment où il permet aux ex-présidents François Bozizé et Michel Djotodia de rejoindre le processus de la réconciliation. Une prise de position non encore commentée par les autorités de Bangui.

Un premier accord avait été signé en janvier par les parties centrafricaines, toujours à Naïrobi. Mais l'accord n'avait pas été reconnu par Bangui car il appelait au remplacement des autorités de la transition en Centrafrique. Le projet de janvier prévoyait aussi une amnistie générale. Les autorités de la transition, exclues du processus, ont toujours refusé de reconnaître sa légitimité.

Pour l'heure, tous les yeux sont tournés vers le Forum de Bangui, un rendez-vous tant attendu qui permettra aux centrafricains de diverses couches sociales de débattre du retour d'une paix définitive dans leur pays.

Organisation du Forum de Bangui : le CNT non convaincu par Mahamat Kamoun Le chef du gouvernement de la transition, Mahamat Kamoun, n'a pas convaincu les conseillers nationaux (les parlementaires de la transition) après plusieurs heures de débats lundi au siège du parlement de la transition au sujet des trois décrets signés le 4 avril par la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza. Ces décrets   portent  organisation du Forum de Bangui, notamment celui portant désignation des membres du comité technique d'organisation du Forum de Bangui, dont Jean Jacques Démafouth est le coordinateur général.

Les conseillers nationaux ont relevé de manière consensuelle que ces trois décrets ont violé l'article 103 de le Charte constitutionnelle de la transition qui prévoit le consensus autour des décrets présidentiels. Ils doivent donc être abrogés comme le souligne Alexandre Ferdinant Nguéndet, président du conseil national.

« La question qu'on se pose, est-ce que nous voulons aller aux élections ? Est-ce que nous voulons que le peuple centrafricain retrouve la paix ou est-ce qu nous voulons perdurer la transition pour nos intérêts personnels ? Nous lançons un appel patriotique et fraternel à l'attention du Chef de l’État de la transition, de faire preuve de compromis dynamique en rapportant purement et simplement les textes et de  convoquer une concertation avec toutes les forces vives de la nation, afin que dans la paix, l'unité et la concorde nationale, nous puissions trouver une solution idoine à la crise qui perdure en Centrafrique », a expliqué le président du CNT.

L’exécutif, de son côté, ne promet rien quant à l'abrogation des trois décrets. Mahamat Kamoun, Premier ministre de transition a invite simplement les Conseillers nationaux à transcender leurs divergences pour réussir le forum qui commencera le 27 avril prochain. Par ailleurs, Mr Kamoun annonce la tenue d'une rencontre avec toutes les forces vives de la Nation d’ici la fin de la semaine pour réfléchir sur toutes les questions.
 
« Nous avons entendu les conseillers nationaux, nous allons analyser leurs préoccupations et prendre les mesures qui s'imposent. Les raisons profondes de cette crise s'articulent autour des problèmes de personnes. Les conseillers nationaux ont souhaité que ceux qui s'en occupent soient relevés », a relevé le Premier Ministre.

« D'ici la fin de la semaine, toutes les forces vives de la nation seront réunies autour du Chef de l’État pour débattre des questions relatives aux aspects du Forum », a rassuré Mahamat Kamoun.

Pendant que les trois décrets sont contestés, la présidente de la transition Catherine Samba-Panza a pris un autre décret le 12 avril 2015, modifiés les trois premiers, ce qui ne rencontre toujours pas l’agrément des différents contestataires.

Forum de Bangui : le CNT fustige les décrets signés par Samba-Panza Le Conseil national de transition (CNT, le parlement provisoire centrafricain) prend ses responsabilités pour exiger des éclaircissements sur les trois décrets signés le 4 avril dernier à Bangui par le Chef d’État de la transition, Catherine Samba-Panza. Les décrets ont suscité beaucoup de controverses au sein de la classe politique et ont alimenté les débats depuis leur publication.
 
Pour faire la lumière, les parlementaires de la transition ont interpellé ce lundi au siège du CNT le Premier ministre, Mahamat Kamoun. Le chef du gouvernement devra donner des explications sur la position prise par l'exécutif en ce qui concerne la nomination unilatérale des membres du comité technique d'organisation, particulièrement le choix de Jean Jacques Démafouth (personnalité contestée par les Centrafricains lors des travaux de consultations populaires) comme coordinateur général.
 
Avant la phase d’interpellation, le président du Conseil national de transition, Alexandre Ferdinand Nguéndet et les membres du G8 se sont retrouvés pour en savoir davantage et donner leur mot d'ordre quant au choix des membres des différents comités devant organiser le prochain dialogue national prévu du 27 avril au 4 mai 2015.

Dans ses propos liminaires, le chef du gouvernement de la transition a reconnu que « le prochain Forum de Bangui est une étape importante » dans la recherche des solutions à la sortie de crise en République Centrafricaine. Selon Mahamat Kamoun, l'exécutif, piloté par Catherine Samba-Panza, ne fait que répondre « aux exigences de la communauté internationale ».

A la tribune du CNT, les parlementaires ont mis l'accent sur les divergences de voix qui se sont élevées au lendemain de la publication de la liste des membres des différents organes devant conduire la destinée du Forum de Bangui. De manière consensuelle, les conseillers nationaux ont relevé que les trois décrets pris par Catherine Samba-Panza ont violé l'article 103 de la Charte constitutionnelle de la transition. « Un manque de consultation préalable en amont », a été constaté par un conseiller national qui estime que ce manquement est susceptible d'entraver « la légalité constitutionnelle ».
 
Dans une déclaration publiée mardi 7 avril, les parlementaires provisoires ont exigé l'annulation pure et simple des décrets signés par l'exécutif de la transition. Ils ont dénoncé par la même occasion le non respect du consensus dans la mise en place du comité d'organisation du Forum de Bangui. Les décrets ont aussi été contestés par une frange de la classe politique centrafricaine, notamment le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) et le parti travailliste Kwa na kwa (KNK), qui réclament une concertation autour de la question.

Le Premier ministre avait été interpellé pour la première fois le 9 avril dernier mais n'a pu se présenter pour faute de calendrier chargé.

Forum de Bangui : Samba-Panza implique les notables La présidente de la transition Catherine Samba-Panza, multiplie les consultations en vue de la réussite du Forum de Bangui. Elle a échangé samedi 11 avril au palais de la Renaissance avec les autorités locales des huit arrondissements de Bangui. Le but : susciter leurs contributions pour la réussite de ce Forum.

Plus de 200 notables parmi lesquels les chefs de groupes, de quartiers ainsi que les maires des huit arrondissements de Bangui ont répondu présents à l'appel du Chef de l’État de la transition. Catherine Samba-Panza a tenu associer les notables aux préparatifs du dialogue inter-centrafricain et à l’embellissement des quartiers de Bangui qui accueillera des personnalités et visiteurs étrangers. La locatrice du palais de la Renaissance a attiré l'attention des chefs de quartiers sur la vigilance dans leurs circonscriptions respectives.

Les maires des arrondissements et les chefs de quartiers ont saisi l'occasion pour soumettre au chef de l'exécutif de la transition leurs principales préoccupations : le mandat des chefs et le paiement des arriérés de leurs indemnités.

Le chef de groupement du 2ème arrondissement, Jean Baptiste Siméon Grémboutou, souhaite que la chefferie devienne une dynastie. « Quand on parle de 10 ans renouvelables une fois, dans les autres pays, (...) c'est une dynastie. Quand un chef meurt, on choisit dans sa famille pour prendre un autre. Ici, on veut dévaloriser les fonctions du chef », a-t-il relevé.

La présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, a surpris ses invités en leur versant la totalité des arriérés d'indemnités de la période de sa transition.

Seulement, la question des décrets portant mise en place du comité technique préparatoire n'a pas été abordée lors de cette rencontre.

Toujours à propos du Forum de Bangui, les miliciens Antibalaka se disent unanimes pour la réussite des pourparlers. Cette position a été donnée samedi à travers une conférence de presse animée par Sébastien Wénézoui, un des anciens responsables des miliciens. Selon lui, tous les responsables de cet ancien mouvement armé sont  présents à Bangui et prêts à prendre part au dialogue.

« Les Antibalaka sont déterminés d'aller au Forum de Bangui. Nous avons tenu une réunion avec le Premier ministre en présence du ministre de la Défense avec les principaux responsables des Antibalaka de la Centrafrique. Nous demandons à la population d'accepter ce Forum qui est celui de la dernière chance. Je travaille ensemble avec les Séléka pour la bonne réussite de ce Forum », a rassuré Wénézoui.

Forum de Bangui : la présidente sur la voie du consensus La chef d'Etat de transition Catherine Samba-Panza, a rencontré ce 10 avril au palais de la Renaissance les quatre plates-formes politiques qui ont  contesté la configuration du comité technique préparatoire du Forum de Bangui nouvellement mis en place.

Ont pris part à l'audience l'Alliance des forces démocratiques pour la transition (AFDT), l'Alternative citoyenne pour la démocratie et la paix, (ACDP), la Coordination des partis politiques sans plate-forme et l'union des partis politiques pour la reconstruction nationale (UPPRN).

Le coordonnateur de l'AFDT, Clément Bélibanga, rapporte que la présidente de la transition s'est dite guidée par la raison d'efficacité dans la nomination. « Nous avons estimé que nous sommes dans une période de transition consensuelle et qu'il fallait aussi discuter avant la sortie du texte. Elle nous a expliqués et nous avons vu effectivement qu'elle était préoccupée par l'efficacité », a-t-il dit au sortir de l'audience.

« Pour le moment, nous estimons que la paix et la sécurité sont essentielles pour notre pays », a-t-il ajouté.

Au sujet de la mise en place du comité technique d'organisation du Forum de Bangui, le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), dans un communiqué publié le 7 avril, estime que l'observation de la concertation avant toute prise de décision est importante pour l’intérêt de la nation.

« Nous pensons qu'en des périodes comme celle que nous connaissons aujourd'hui, qui tendent vers le retour à la paix et à la réconciliation nationale, la concertation, qui est le maître mot avant toute prise de décision, aurait du être observée pour permettre aux Centrafricains de s'associer afin que des décisions non contestées soient prises pour un apaisement réel », déclare Maître Blaise Fleury Otto, secrétaire général du RDC.

Par ailleurs, Maître Otto précise que la polémique entretenue autour de la décision des autorités de la transition n'est pas la première du genre. « Ces genres de pratiques ont déjà alimenté beaucoup d'autres contestations, lesquelles ont porté sur la nomination du Premier ministre après l'élection du Chef d'Etat de la transition, la gestion du don angolais, la mise en place des démembrements de l'Autorité nationale des élections (ANE), la question de l'organisation du Forum de Brazzaville, la nomination du Premier ministre après le Forum de Brazzaville et l'organisation des consultations populaires à la base. Ce sont autant de sujets qui ont fait l'objet de contestations, soit dans l'organisation ou dans la manière de prendre les décisions », a-t-il rappelé.

Mahamat Kamoun ouvre aussi des discussions

Le Premier ministre de la transition Mahamat Kamoun a lancé ce vendredi des discussions avec sept groupes armés non conventionnels en République Centrafricaine conformément aux closes des documents signés en juillet 2014 à Brazzaville au Congo. Le rapport de la rencontre va être inscrit au dossier Forum de Bangui au nom des groupes armés non conventionnels.

Les échanges vont durer une semaine et porteront sur le recueil des propositions faites par les différents groupes armés en ce qui concerne le volet restructuration des armées et le processus d'intégration desdits groupes au sein des Forces armées Centrafricaines (FACA).

« Aujourd'hui c'est le tour des groupes armés qui depuis Brazzaville ont fait le choix de poursuivre les discussions à Bangui en vue de sortir définitivement notre pays de cette crise. Les discussions qui vont se dérouler porteront sur deux documents. Il s'agit premièrement des propositions sur les principes de la restructuration des forces de défenses et de sécurité ensuite les propositions pour un processus d'intégration des ex-combattants des groupes armés dans les corps en uniforme », a expliqué Mahamat Kamoun, chef du gouvernement de transition.

Le Premier ministre indique que diverses activités de terrain ont été menées en amont depuis le retour de Brazzaville. « Depuis l'accord de cessation des hostilités à Brazzaville, nous avons commencé par les consultations populaires à la base auxquelles vous avez pris part et qui ont débouché sur des recommandations tout aussi pertinentes les unes que les autres au Forum de réconciliation qui se tiendra dans les jours à venir », a-t-il souligné.

Le chargé de mission de l'Union des forces républicaines  fondamental (UFR), Maxime Mbéanani, apprécie cette initiative et souhaite voir leurs propositions prises en compte lors du Forum de Bangui.

« Cette iniative est la bienvenue, c'est ce que nous attendons du gouvernement. Je souhaite que le ministre de la Défense prenne au sérieux tout ce que nous avons dit pour faire avancer les choses », a-t-il souhaité.

Signature de déclaration d'engagement entre Antibalaka et ex-Séléka Le mouvement des patriotes Antibalaka et les ex-rebelles de la Séléka ont finalement signé un accord à Nairobi, selon un communiqué rendu public mercredi par la présidence kényane qui affirme en assurer la médiation. Selon des informations relayées par des chaines internationales, les négociateurs, sous la pression et pour ne pas se résoudre à un fiasco, ont transformé cet accord en ''déclaration d'engagement''. Un engagement des signataires à rallier l'accord signé à Brazzaville le 23 juillet 2014 et à reconnaître de fait l'actuelle transition centrafricaine, dirigée par Catherine Samba-Panza.

L'accord paraphé fin février, a été signé côté Antibalaka par Joachim Kokaté et par Nourredine Adam pour l'ex-Séléka. L'ancien président Michel Djotodia était là mais en observateur. François Bozizé était absent.

Mercredi soir à la cérémonie de signature de l'engagement, la présidence kényane ne faisait cependant aucune mention de la présence de l'homme renversé le 23 mars 2013 par la Séléka, actuellement sous sanctions onusiennes.

Un premier accord avait été signé en janvier par les parties centrafricaines  toujours à Nairobi et appelait au remplacement des autorités de la transition. Le projet de janvier prévoyait également une amnistie générale. Mais l’accord n’avait pas été reconnu par Bangui.

Les autorités de transition, exclues du processus, ont toujours refusé de reconnaître la légitimité dudit accord, de même que la Communauté économique des pays d'Afrique centrale (CEMAC).

Les négociations ont rassemblé l'ancien président François Bozizé et Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Séléka qui, lui, avait succédé à la tête de l'Etat avant d'être démis de ses fonctions le 10 janvier 2014 à Ndjamena au Tchad par la communauté internationale.

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