La Russie et la Centrafrique matérialisent leur rapprochement En marge du forum international économique de Saint-Pétersbourg, les présidents Vladimir Poutine et Faustin Archange Touadera se sont engagés à intensifier les relations entre les deux pays. Au menu de l'entretien accordé par le président russe à son homologue centrafricain, le renforcement de la coopération bilatérale et le développement des relations économiques et humanitaires entre les deux pays.

"Nous serons heureux d'envisager divers plans visant à renforcer nos relations, tout d'abord dans les domaines économique et humanitaire, y compris la formation du personnel ", a indiqué Vladimir Poutine à Faustin Archange Touadera.

Dans le même ordre d'idée, le président Poutine "espère trouver" avec la RCA, "des domaines où nous pourrons travailler ensemble pour faire avancer nos relations".

A ce sujet, le Chef de l'Etat Faustin Archange Touadera, tout en remerciant la Russie pour l'aide militaire apportée à la RCA a indiqué saisir cette occasion pour renforcer la coopération avec la Russie dans différents domaines.

"Je pense que nous pouvons tracer des voies, des domaines et des moyens pour une coopération plus active", a signifié pour sa part le président Touadera qui vend par la même occasion le potentiel centrafricain.

"Aujourd'hui, notre pays est parmi les moins développés, mais nous avons un énorme potentiel. Je pense que la participation au forum économique nous permettra de dire à ses participants ce potentiel et les opportunités économiques qui s'ouvrent dans notre pays", révèle Faustin Archange Touadera à Vladimir Poutine.

Une opportunité certes mais qui selon le président centrafricain, devrait avoir pour fondement, un "partenariat fondé sur la confiance entre nos pays".

Laquelle confiance devrait permettre à la RCA de bénéficier également de l'appui russe aux côtés de l'EUTM (la force de l'Union européenne), dans la formation des militaires centrafricains.

Récemment, la Russie a réussi à obtenir du Conseil de sécurité de l'ONU, une exemption lui ayant permit d'acheminer des armes en République Centrafricaine. L'instance onusienne lui a également donné l'autorisation de former des militaires centrafricains au maniement des armes russes.

Il y a de cela un mois, un premier contingent des FACA formés par la Russie a été présenté aux autorités centrafricaines à Berengo - site qui abrite la base des soldats russes en Centrafrique.

 

 

 

Un député invite ses collègues à entrevoir la possibilité d'une destitution de Abdou Karim Mekassoua ''J'accuse'', c'est par cette célèbre formule de l'écrivain français Emile Zola dans l'affaire Dreyfus que le député de Boali Bertin Béa accuse l'actuel Président de l'Assemblée nationale Abdou Karim Meckassoua de "forfaiture". "Je considère que le président s'est rendu responsable sinon coupable de certains faits délictueux", a déclaré l'élu de Boali estimant que ces faits sont passibles de "forfaiture,  une violation, un manquement commis dans l'exercice des fonctions d'une autorité", a-t-il indiqué.

Entre autres faits reprochés par M. Béa au président Meckassoua, "le non respect des textes internationaux, le détournement des lignes budgétaires, l'octroi des crédits à des députés pour des missions à l'étranger sur des bases clientélistes, la corruption, l'escroquerie, la passation de marchés publics de gré à gré ", et ce qu'il qualifie de "fausses promesses".

"Fausses promesses"

"Rappelez-vous que pour se faire élire au perchoir de l'assemblée nationale, l'honorable Karim Meckassoua a donc escroqué les honorables députés en leur promettant de les doter en BJ 75 de marque Land Cruiser mais la vérité aujourd'hui, c'est qu'il y a des actes clivants", a regretté l'honorable Bertin Béa.
 
Par cette formule "d'asticots dans les pieds d'un homme qu'il faut à tout prix enlever",  le député de Boali invite les autres élus de la nation à se pencher sur la procédure de destitution du Président du Parlement. "Jai demandé expressément, fermement et solennellement la destitution de l'honorable Abdou Karim Meckassoua de la présidence de l'Assemblée nationale", exhortant ses collègues députés à se joindre à sa dynamique.

Ceci, pour qu'ils puissent "dans un élan républicain, citoyen, faire plein usage de l'article 70 de l'assemblée nationale" qui définit, selon lui, les modalités de sa "destitution".

L'élu de Boali demande par ailleurs à l'inspection générale d’État, la Cour des comptes et la commission de l'Assemblée nationale à diligenter une "mission de contrôle" pour arrêter pendant qu'il est encore temps, ce qu'il qualifie "d'hémorragie".

RNL a vainement tenté d'entrer en contact avec le Président de l'Assemblée nationale Abdou Karim Meckassoua pour sa version des faits.

Affaire à suivre

 

 

 

 Simplice Mathieu Sarandji invite les Centrafricains "à ne pas céder à la panique" L'évolution de la situation sécuritaire en République Centrafricaine était à l'ordre du jour de l'interpellation du gouvernement ce 25 avril. Le premier ministre Simplice Mathieu Sarandji a réaffirmé devant les parlementaires, l'engagement de son gouvernement à ramener la paix dans le pays.

Selon Simplice Mathieu Sarandji, la situation qui prévaut actuellement n'honore pas la République Centrafricaine tout en jugeant "légitimes", les préoccupations des élus du peuple.

Si bon nombre de compatriotes ont opté pour le "champs de la violence", le premier ministre désavoue une telle initiative indiquant au passage que le gouvernement est toujours disposé à "soutenir les populations centrafricaines".

L'éducation, la santé, des secteurs qui interpellent

Au-delà des questions touchant à la sécurité sur l'étendue du territoire national, les secteurs de l'éducation et de la santé ont également suscité des questionnements chez les élus du peuple qui voulaient en savoir davantage sur ce que fait le gouvernement pour non seulement veiller à la santé des Centrafricains mais garantir une éducation de qualité aux élèves .

A ce sujet, Simplice Mathieu Sarandji a expliqué aux parlementaires que le Conseil des ministres aborde hebdomadairement les différents aspects touchant à la santé ou encore l'éducation des enfants. Il reconnait que ces secteurs interpellent les autorités centrafricaines qui font de leur mieux pour y apporter des solutions.

Nonobstant la situation qui prévaut en ce moment, le premier ministre Sarandji invite les populations centrafricaines de manière générale et notamment les parents d'élèves à "ne pas  céder à la panique", mais à "exhorter leurs enfants à aller à l'école".

Depuis quelques mois, la RCA fait face de nouveau à un regain de tension sécuritaire dans plusieurs villes des provinces. Le FPRC de Nourredine Adam avec à sa tête son chef des opérations Abdoulaye Hissène, prenant prétexte sur l'opération "Soukoula", lancée le 8 avril par la Minusca et les forces de sécurité intérieure pour désarmer les bandes criminelles du PK 5 à Bangui menace de "marcher sur Bangui".

Lors de sa dernière rencontre avec les forces vives de la nation, le président Touadera a dénoncé cette spirale de la violence tout en invitant les groupes armés à "revenir dans la République".

 

 

 

 Résolution de la crise, Faustin Archange Touadera rejette toute option guerrière Le Chef de l'Etat centrafricain Faustin Archange Touadera a solennellement rejeté toute idée de "guerre", comme solution à la crise. Une prise de position intervenue ce 30 mars au cours d'une rencontre avec les médias dans le cadre de la célébration des 2 ans de son accession au pouvoir.

Il invite pour ce faire les groupes armés à s'aligner derrière le processus de dialogue mis en œuvre par le panel des experts de l'Union Africaine.

"Aujourd'hui, le panel des facilitateurs est pratiquement à sa deuxième tournée. Pendant la première tournée, c'était pour expliquer quelle est la mission, donner les grandes orientations du Président de la Commission de l'Union africaine et leur montrer l'importance d'aller vers la paix", a déclaré le Président Faustin Archange Touadera pour ainsi rejeter l'option guerrière.

Pendant la deuxième tournée, indique le Président, "les membres du panel ont discuté avec les représentants des groupes armés pour connaître leurs points de revendications".

Faustin Archange Touadera qui se dit "optimiste", a par ailleurs précisé attendre l'issue de cette concertation, de la synthèse des différents points de revendications des groupes armés qui sera faite par le panel pour avoir des "éléments d'appréciation" dans le cadre de la résolution de la crise centrafricaine. 

"Quoiqu'on dise, je suis convaincu que c'est la bonne voie", a rajouté M. Touadera qui pense avoir tous les "ingrédients" pour arriver à mettre fin au "conflit, qui  déchire la République Centrafricaine depuis plus de 5 ans".

L'Union Africaine qui a élaboré une feuille de route pour résoudre la crise Centrafricaine a entre autres recommandé aux différentes parties, "la cessation des hostilités ou tout autre acte de guerre entre les groupes armés". Ceux des groupes armés qui contreviendront à ces dispositions, "s’exposeront aux sanctions pertinentes résultant du droit international", a signifié l'Union Africaine.

Autres points contenus dans la feuille de route, "le raffermissement de la volonté et de l’engagement des Parties au dialogue ainsi qu'un soutien franc de la Communauté internationale et son engagement à encourager la mise en cohérence d’autres initiatives".

 

 

 

 2 ans au pouvoir de Touadera, un bilan à mi-parcours diversement apprécié C'est une valse de réactions qui se déchainent sur la célébration, ce 30 mars du deuxième anniversaire de l'accession au pouvoir de l'actuel Président Faustin Archange Touadera. Dans une interview accordée à la presse centrafricaine ce 30 mars, le chef de l'Etat présente lui-même ce jour non pas comme "l'anniversaire d'un pouvoir mais un point de repère pour tout le monde".

Dans le pays, plusieurs manifestations sont organisées pour célébrer ce deuxième anniversaire sur fond de "réussite", comme l'ont présenté les partisans du pouvoir.

An 2, "rien à commémorer"

Le Parti Africain pour une Transformation Radicale et l’Intégration des Etats (PATRIE) de Crépin Mboli-Goumba balaie d'un revers de la main, ce que le pouvoir de Bangui présente comme des "signaux positifs", indiquant "qu'il n'y a rien à commémorer. C'est un bilan triste, l'espérance s'est envolée".

Le Président du PATRIE estime que "le Président Touadéra croit à tord qu'il est train de réussir. Aujourd'hui, il fait fausse route", avant de l'inviter à "poser le bon diagnostic pour apporter la bonne thérapie".

Crépin Mboli-Goumba martèle par ailleurs que "les tee-shirts qui pullulent subitement dans les artères mal entretenues de notre capitale sont une sorte de manque de respect vis-à-vis des compatriotes qui vivent dans l'arrière-pays".

Sentiment partagé par le chef de file de l'Opposition et Président du parti URCA, Anicet Georges Dologuélé qui indique que les 2 années au pouvoir du Pr Touadera "sont entachées de failles".

Selon lui, "2 millions d'habitants ont aujourd'hui besoin d'aide humanitaire pour survivre, 600 milles centrafricains fuyant les violences vivent à l'étranger, 40% d'élèves ne peuvent plus aller à l'école, 14 préfectures sont prisonniers des groupes armés dont le nombre va croissant, des milliers de paysans ne peuvent aller au champs, des artisans miniers deviennent esclaves des groupes armés..."

Tout cela pour brosser un tableau sombre des 2 ans de Faustin Archange Touadera à la magistrature suprême de l'Etat. "Quand j'entends les partisans du pouvoir dire que tout va bien, j'ai l'impression qu'ils ont créé un pays fictif dans leur tête où tout va mieux dans le meilleur des mondes alors qu'il n'en est rien", ajoute M. Dologuélé.

L'économie, un secteur en progrès

L'aspect sur lequel les observateurs de la scène politique centrafricaine pourraient être d'accord reste le secteur de l'économie. La RCA a réussi à conclure avec le Fonds Monétaire International (FMI), 3 revues annuelles et est en négociation dans le cadre de la 4ème revue. Le pays est le "bon élève" du FMI dans la sous-région Afrique Centrale.

Cette positivité constatée dans le secteur de l'économie est saluée par le Président des Petites et Moyennes Entreprises (PME) de la République Centrafricaine. Pour Jean Lebrun, "le bilan est positif sur le plan économique. Le gouvernement a payé une partie des dettes commerciales des opérateurs économiques. Il a amené le RCPCA, le plan de relèvement de l'économie".

L'insécurité, défi majeur à relever

Si une certaine embellie est tout de même constatée sous l'angle économique, il n'en demeure pas moins vrai que l'insécurité reste un défi majeur pour le gouvernement Centrafricain. Même si 2 bataillons des FACA sont déjà formés grâce à l'appui de l'EUTM, même si le pays peut compter sur un autre appui militaire notamment celui de la Russie, l'insécurité demeure toujours un souci.

Un bref aperçu de ce qui se passe dans les localités de Bambari, Bria, Bangassou, Kaga-Bandoro, Paoua, Mobaye, Markounda, Nanga-Boguila, Koui, Ngaoundaye illustre si besoin en était, cette insécurité qui va crescendo.

Si Anicet Georges Dologuélé se dit "triste de la situation du pays", Crépin Mboli-Goumba regrette lui que "l'insécurité qui prévaut à l'intérieur du pays occasionne encore aujourd'hui l'assassinat des compatriotes".

Le Président des PME, Jean Lebrun, reconnait lui aussi que "l'insécurité persiste dans la plupart des villes de provinces". Un danger pour l'économie car celle-ci selon lui "ne peut fonctionner que s'il y a la paix, ce qui manque au régime Touadéra".


 

 

 

29 mars: Que reste-t-il de Barthélemy Boganda 59 ans après sa disparition ? Ce  29 mars 2018, date commémorative du 59ème anniversaire de la disparition tragique du Président fondateur de la RCA, les Centrafricains se souviennent de sa disparition.

Barthélemy Boganda, le Chef de l'Etat Faustin Archange Touadera a déposé une gerbe de fleurs en sa mémoire. Premier prêtre noir oubanguien, premier député noir de son pays, créateur du premier journal local, premier maire de Bangui, le défunt Président fut également fondateur du parti indépendant le MESAN (Mouvement pour l’évolution Sociale en Afrique Noire). 

Auteur du célèbre "ZO KWE ZO", qui veut dire "tout homme est un homme", Barthélémy Boganda qui a lutté de son vivant pour la dignité de l'homme noire est né le 4 avril 1910.

Visionnaire et rassembleur

"Le président Boganda représente l'indépendance  de notre pays.  Il incarne le courage et nos présidents devraient copier son exemple", déclare un centrafricain interrogé par RNL.

Dans la même dynamique, un habitant de Bangui, interrogé par RNL le considère comme un "symbole qu'il faut copier" même s'il regrette "qu'aucun de ceux qui lui ont succédé n'ont aujourd'hui réussi à réaliser son idéologie".

Autre réaction, celle d'une banguissoise qui voit en lui, "un président rassembleur et dynamique grâce à qui nous sommes sortis de l'influence coloniale". Cette dernière souhaite par ailleurs que ces successeurs puissent copier la "fibre nationaliste qu'il incarnait, qu'ils aiment leurs pays et se sacrifient comme l'avait fait Barthélemy Boganda".

Leader charismatique

Président du grand Conseil de l'Afrique Équatoriale Française (AEF), c'est d'ailleurs le défunt Président centrafricain qui a accueilli le Président français Charles De Gaulle à Brazzaville en 1958.

"C'est un leader charismatique qui a une vision et qui a travaillé pour l'accomplissement de sa vision", indique un autre tout en précisant qu'il n'avait pas seulement une vision "pour son pays mais pour toute l'Afrique.

Le 29 mars 1959, Barthélemy Boganda a trouvé la mort  la suite d'un crash d'avion dont les circonstances ne sont encore élucidées à ce jour.

Ses idéaux sont véhiculés à travers, l’hymne national baptisé "La Renaissance" et la devise de la RCA: "Unité, Dignité et Travail".

 

 

 

 2 ans de Touadera au pouvoir, les "Touaderateurs" à la rencontre de la jeunesse à Bangui Le 30 mars 2018, le Chef de l'Etat centrafricain Faustin Archange Touadera célébrera le deuxième anniversaire de son accession à la magistrature suprême de l'Etat. En prélude à cet anniversaire, des séries de conférences-débats avec les jeunes des arrondissements et étudiants de l’Université de Bangui se feront sur le bilan de ces 2 années au pouvoir.

"La jeunesse, avenir de la RCA", c'est le sujet central de cette série de débats qui vise à présenter à la population, les activités menées par le chef de l’État durant ses deux années au pouvoir.

Pourquoi cibler la jeunesse ?

La jeunesse est un "partenaire incontournable pour le développement du pays", reconnaît Patrick Nambéanré, chargé de Communication du comité d’organisation des festivités du deuxième anniversaire. Pour lui, le "Chef de l'Etat compte sur la jeunesse pour relever les défis du développement".

Également au cœur des échanges avec les "touaderateurs" qui soutiennent les actions du président, les questions relatives à la "corruption, la gabegie, le népotisme, le clientélisme, le clanisme...".

Mais pour Emmanuela Sarah Kétté, une étudiante de l'Université de Bangui, "le gouvernement doit mettre un accent particulier sur l'éducation, former les jeunes afin qu'ils soient capables sur le marché de l'emploi".

En réponse aux différentes préoccupations soulevées par les jeunes, Patrick Nambéanré estime que "le président a fait beaucoup de réalisation en peu de temps" même s'il reconnait que des "efforts restent aussi à faire sur tous les plans".

C'est le 30 mars 2016 que Faustin Archange Touadera a pris ses fonctions comme Président de la République Centrafricaine. L'actuel locataire du Palais de la Renaissance succédait ainsi à Catherine Samba-Panza, Chef de l'Etat de la transition.

 

 

 

Délocalisation de la CEMAC: "cette question n'en est plus une" Pas de débat sur le projet de délocalisation du siège de la CEMAC, selon Ange Maxime Kazagui, porte-parole du gouvernement centrafricain.

Le membre du gouvernement estime que des infrastructures d'accueil sont déjà disponibles mais doivent encore être équipées.  Il ajoute que des cadres de la CEMAC sont pris en charge par l'Etat dans un hôtel confortable de Bangui.

Eu égard à tout ce qui précède, le gouvernement s'étonne donc de l'annonce du président tchadien  qui est en même temps président de l'institution communautaire Idriss Déby Itno qui annonçait le 19 février dernier, la possibilité de délocaliser le siège de la CEMAC à Malabo.

Ange Maxime Kazagui rassure que le ministre des affaires étrangères Armel Doubane et le Président de la République Faustin Archange Touadera suivent de près cette situation.

Ce 15 mars, le président du Conseil Inter ONG de Centrafrique (CIONGCA), Célestin Ngakola avait alerté sur l'impact économique et politique qu'aurait la délocalisation du siège de la CEMAC, 4 mois seulement après son retour à Bangui.

Délocalisation du siège de la CEMAC, l'économie centrafricaine visée Dans une interview exclusive accordée ce 15 mars à RNL,  le Conseil Inter ONG en Centrafrique (CIONGCA), dénonce la décision du président tchadien de délocaliser provisoirement le siège de la CEMAC pour la Guinée Équatoriale. Selon Célestin Ngakola, président de cette plateforme de la société civile, une telle décision impacterait fortement l'économie centrafricaine.

Manque à gagner pour l'économie

"Nous ne sommes pas particulièrement d'accord avec ce projet de délocalisation du siège de la CEMAC", déclare M. Ngakola. La RCA - ce pays en crise, devrait selon lui bénéficier de "l'appui des autres pays de la communauté pour se relever, et cette délocalisation va avoir des impacts sur l'économie centrafricaine".

Tout comme le président du CIONGCA, des observateurs interrogés par RNL se posent la question sur les dessous de cette décision et précisent qu'elle va "négativement impacter l'économie de la RCA". Aujourd'hui, précisent-ils, la CEMAC contribue pour plus de 800 millions de Fcfa mensuellement dans l'économie centrafricaine et embauche au niveau local plus de 100 travailleurs qui seront contraints au chômage.

"Les enjeux sont tellement importants", selon Célestin Ngakola qui demande urgemment aux autorités centrafricaines de réagir pour trouver une "solution à cette situation".

Mais sur le plan politique, cette délocalisation du siège de la CEMAC ne semble pas être une priorité. Jusqu'à ce jour, ni la diplomatie centrafricaine ni la Présidence de la République n’ont réagi.

Un symbole politique fort

La réinstallation il y a 4 mois était considérée comme un symbole politique fort de retour de la stabilité de la RCA après 5ans de conflit, et un véritable appel pour les investisseurs. Cette nouvelle crée une vraie frustration au sein de la population de la Capitale qui n'arrive pas à comprendre pourquoi, 4 mois seulement après son retour à Bangui, la commission de la CEMAC devrait quitter à nouveau Bangui pour Malabo.

Des citoyens interrogés par RNL n'approuvent pas cette décision de délocalisation. Selon eux,  le pays - notamment la Capitale n'est plus en guerre comme à l'époque où l'insécurité régnait. D'autres voient une "faiblesse de la diplomatie centrafricaine qui n'a pas été en mesure de plaider pour le maintien de cette institution communautaire à Bangui".

Pourquoi délocaliser le siège de la CEMAC ?

La décision a été prise le 19 février au cours d'une réunion tenue en Guinée Équatoriale. Le président tchadien qui est en même temps président en exercice de la CEMAC, Idris Deby ITNO a avancé comme raison que les infrastructures actuelles et la situation de la RCA ne permettent pas aux fonctionnaires de la CEMAC "de remplir leurs obligations dans les conditions optimales".

Le président en exercice de la CEMAC a ajouté qu’il voudrait faciliter la "réhabilitation préalable des infrastructures et des équipements abandonnés à la suite de la crise sociopolitique survenue dans le pays" .

Mais certaines sources remettent pourtant en cause les motifs soulevés par Idriss Déby Itno. Ils indiquent que la République Centrafricaine a honoré l’ensemble de ses engagements. Son versement de près de 200 millions de Fcfa au titre de la taxe communautaire d'intégration devrait permettre aux président et vice-présidents de la Commission de la CEMAC d'avoir leur logement de fonction et de quitter les hôtels qu’ils occupent actuellement aux frais du Trésor public centrafricain.

La CEMAC regroupe 6 pays: Cameroun, Congo, Centrafrique, Gabon, Tchad et Guinée Équatoriale. Ses prérogatives sont de faciliter la libre circulation des personnes, les échanges économiques entre les pays de la communauté et soutenir la stabilité politique de la sous-région.

 

 

 

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