RCA : Un engagement religieux pour la paix pris à Bangui Solennellement les confessions religieuses ont signé ce vendredi un pacte au Palais du peuple. C’était en présence du Chef de l’État Faustin Archange Touadéra, des diplomates et responsables des différentes institutions de la République.

Des Livres Saints, bibles (Français, Sango)  et Corans ont été échangés entre les différents responsables des confessions religieuses. « Il n’y a pas de guerre religieuse dans le pays », voilà l’engagement pris devant l’opinion nationale et internationale par Nicolas Guérékoyamé-Gbangou de l’Alliance des Évangéliques, Omar Kobine Layama de la Communauté islamique et Dieudonné cardinal Nzapalainga, archevêque de Bangui. Ce signal a été marqué par la célébration d’un culte en faveur de la paix.

« Ce culte d’engagement est d’une importance capitale en cette période où une partie du pays est retombée dans un cycle de violence injustifié, perpétré par des groupes armés sur de paisibles citoyens. Est-il encore de rappeler que la crise qui perdure a plongé le pays dans un chaos humanitaire sans précédent », a déclaré Faustin Archange Touadéra, pour qui cet acte a été d’une importance capitale.

Le dialogue interreligieux est la préoccupation majeure de toute la communauté islamique comme le souligne Oumar Kobine Layama.

« Les imams réunis au sein du conseil islamique prennent solennellement l’engagement de faire du dialogue interreligieux, la condition sine-qua-non pour retrouver et maintenir la paix durable ».

« Nous condamnons toute sorte de barbaries ou d’interprétation liées à la religion », a-t-il indiqué.

Pour le révérend Pasteur Nicolas Guérékoyamé-Gbangou, cette initiative va contribuer à soutenir la cohésion sociale.

« Nous nous engageons à respecter et à appliquer la parole de Dieu qui met l’accent sur l’amour du prochain, la paix, le pardon et la réconciliation ».

L’acte d’engagement des confessions religieuses pour la paix en Centrafrique est le premier du genre depuis le déclenchement de la crise en 2012.

Reprise des combats à Bria

Pendant que des actions se mettent en place pour le rétablissement du vivre ensemble, la ville a été de nouveau secouée quelques minutes durant ce samedi par des tirs d’armes. Une scène de braquage serait selon les informations à l’origine des coups de feu.

« Ce matin vers 8 heures, dans le quartier Ndrou aux abords de l’aérodrome, il y a eu des détonations d’armes. Selon les informations recueillies, un conducteur de taxi-moto aurait été enlevé. Les forces Zambiennes de la Minusca ont effectué des tirs qui ont permis de retrouver ce dernier », a relaté un habitant de la ville sous couvert de l’anonymat. Certaines maisons ont été encore incendiées d’après des sources locales.

Joint au téléphone vendredi un témoin précise qu’au moins 34 corps ont été ramassés par la Croix Rouge locale après trois jours. Une fosse commune aurait été même suspectée. L’organisation humanitaire peine à accéder à certains endroits de la ville.

Mercredi dernier à Bruxelles, les acteurs de la médiation et les partenaires au développement ont condamné la montée en puissance des violences. Pour eux, « l’Accord politique de paix en République centrafricaine » favorisera le rétablissement de la cohésion sociale.

RCA : 7e rencontre sur le RCPCA, difficile d’avoir des chiffres Techniquement le comité de suivi de l’état d’avancement du plan de relèvement et de consolidation de la paix (RCPCA) a informé ce mardi les partenaires de la République Centrafricaine. Cette 7e réunion sur la Table-ronde de Bruxelles n’a pas pu satisfaire l’attente des Centrafricains. Peu de chiffres ont été donnés. Rien de concret. Dans plusieurs discours, un flou a semblé entourer tout ce qui avait été dit à Bruxelles en novembre 2016. 

Seulement, a déclaré le Chef de l’Etat, Faustin Archange Touadéra : « plus de 75% des engagements des bailleurs ont été déjà confirmés par les donateurs ». Au sujet de la mobilisation des ressources, le Président a fait savoir que « l’unité de suivi des engagements des partenaires techniques et financiers a enregistré des annonces de ressources supplémentaires ». Mais combien ?

Restant dans le superflu sans plus de précisions sur les chiffres attendus, Faustin Archange Touadéra explique que « des prévisions et quelques décaissements sont faits pour la première année 2017 de mise en œuvre du RCPCA ». Mais combien ?

A la tribune, le Représentant du secrétaire général des Nations-Unies et chef de la Minusca, Parfait Onanga-Anyanga, a plaidé pour un versement rapide.

« Le décaissement des fonds promis doit s’accélérer davantage pour le pilier 1 qui constitue la colonne vertébrale du plan. Sans la sécurité, sans la justice, la paix serait compromise. Et sans la paix, la mise en œuvre de nombreux projets relatifs aux deux autres piliers serait gravement entravée ».

En clôture de cette rencontre, Najat Rochdi, Coordonnatrice humanitaire en Centrafrique s’est dite confiante en ce qui concerne les décaissements. « Ils l’ont mis et il faut leur reconnaître ça, et je suis sûr qu’on va continuer à avoir des appuis puisque j’ai eu directement un engagement de leur part », a-t-elle relevé.

Plus que ça, c’est un bilan du plan de relèvement national, portant sur l’état d’avancement de la structure de coordination, les engagements financiers, les prévisions de décaissements et autres, qui a été fait aux partenaires financiers. Le citoyen est resté sur sa soif pour cause d’absence de données chiffrées. 

Des progrès significatifs ont été enregistrés mais au niveau national, la mise en place du Secrétariat en charge du RCPCA tarde à venir. Les avis de recrutement de ce cadre administratif et de son staff sont certes lancés mais rien ne se précise.  

Au mois de novembre 2016 à Bruxelles, environs 1200 milliards de F CFA ont été promis sur 5 ans par les partenaires techniques et financiers pour permettre à la RCA de se relever après la crise. Sur le terrain, l’insécurité gagne en intensité et de nouveaux besoins enregistrés pour les réfugiées et les déplacés.

RCA : Un énième accord politique pour la paix signé à Rome La communauté « Entente de Sant’Egidio », demeure toujours préoccupée par le rétablissement de la paix en République centrafricaine. Une kyrielle d’accords ont été signés par le passé, un nouveau texte vient s’ajouter. Le Gouvernement, treize groupes politico-militaires, la communauté de Sant’Egidio, la société civile et certains hommes politiques centrafricains ont validé ce document. 

Sur dix pages, il est intitulé « Accord politique pour la paix en République centrafricaine » et s’est articulé autour de trois points. Les signataires s’engagent sur le plan politique, le plan sécuritaire enfin le plan économique, humanitaire et social.

Au plan politique, les groupes armés sont sommés de cesser le feu sur l’ensemble du territoire condition sine qua non du retour à la normale. Le Gouvernement devra prendre en compte « les groupes politico-militaires a tous les niveaux relatifs aux DDRR, Réformes du Secteur de la Sécurité et la Réconciliation nationale », mentionne l’accord. Dans la mise en œuvre des programmes de reconstruction du pays, il est prévu « la prise en charge des leaders des groupes par le Programme National du DDRR, afin de réaliser une meilleure coordination entre les Nations Unies, les mouvements politico-militaires et les autres institutions internationales » sur le processus.

Figure dans l’accord « la reconnaissance des groupes politico-militaires comme partie prenante de la reconstruction, une fois engagés dans un processus de transformation en partis et mouvements politiques, qui aboutira à l’enregistrement de nouvelles formations politiques dans le cadre légal de l’Etat ». 

Sur la base de cette Entente de Sant’Egidio, « le Gouvernement, ensemble avec le Représentant spécial du secrétaire général, s’engage à entamer une consultation sur la levée des sanctions pour les personnalités centrafricaines, qui relève du Comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies ».

Sur la sécurité, l’accord exige « la réouverture du territoire national à la libre circulation des personnes et des biens avec la levée des barrières illégales ». Il est fait exigence sur « la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’étendue du territoire national par le biais du retour des autorités administratives » ainsi que « la mise en place d’un mécanisme conjoint de sécurité ». Il est aussi demandé « l’insertion, après sélection (…) de membres des groupes politico-militaires dans les forces de défense » sans oublier la régularisation des « anciens militaires ayant intégré ces groupes ».

Enfin sur le plan économique, humanitaire et social, cet énième accord se fonde sur la reconstruction des « infrastructures socio-économiques de base » avec des priorités : « routes, écoles et hôpitaux ». Ces travaux doivent se réaliser à travers la « haute intensité de main d’œuvre urgente, orientée vers les ex-Combattants, les jeunes ». Il est également garanti « la libre circulation des ONG nationales et internationales et la protection des humanitaires », d’un côté et de l’autre le « retour de tous les réfugiés et personnes déplacées ».

« La distribution, après identification, de kits (outils agricoles, semences, bétail, matériel de construction ou autre) pour ceux qui choisissent de retourner à la vie civile » sont autant de mesures d’accompagnement prévues dans le document.

13 groupes politico-militaires ont signé l’accord. Au nom du Gouvernement, Charles Armel Doubane, ministre des Affaires étrangères et Georges-Isidore-Alphonse Dibert, Conseiller politique du Président de la République ont apposé leurs signatures. Le chef de la Minusca, Parfait Onanga-Anyanga, présent lors des débats n’a pas signé cet « Accord politique pour la paix en République centrafricaine ». Il en est de même pour Mario Giro, Vice-ministre des Affaires étrangères de l’Italie.

Un premier accord a été signé à Libreville en janvier 2013 et le second à Ndjamena en avril 2013. En septembre de la même année, un appel à la paix a été aussi signé à Sant’Egidio. Plusieurs accords ont suivi notamment, à Brazzaville en  juillet 2014, à Nairobi en janvier 2015 et en marge du forum de Bangui de mai 2015. Les Centrafricains s’interrogent aujourd’hui sur la fiabilité de ces multiples accords.

Des tirs ce mardi à Bria

La ville a été secouée par des coups de feu aux premières heures de la matinée. Selon des sources locales, les affrontements ont opposé Antibalaka et une faction Séléka. Des détonations d’armes lourde et légère ont été entendues pendant plusieurs heures.

« Depuis ce matin vers 5h 45, les combats ont commencé aux alentours de la piste de l’aérodrome et dans les quartiers Mandé, Ndoméndé, Piango. La population est totalement traumatisée et sur le site des déplacés tout le monde se concentre vers la base de la Minusca », a décrit un témoin sous couvert de l’anonymat qui a expliqué que les Antibalaka ont été repoussés.

La formation sanitaire de la ville a enregistré quelques blessés comme le souligne cet habitant joint au téléphone : « des blessés sont arrivés à l’hôpital mais nous n’avons pas de bilan. Sur le site des déplacés, deux personnes ont reçu des balles et ont été évacuées pour des soins ».

Selon les mêmes sources, « ce sont les ex-Séléka qui occupent la ville », soutenant qu’il y a eu « des actes de pillage » et que « le site des déplacés est complètement bouclé par les forces de la Minusca ».

Une concertation inclusive des partis politiques et organisations des Droits humains pour une sortie de crise en RCA Les récentes crises militaro-politiques qui ont secoué plusieurs villes du pays notamment dans le sud-est, le centre et une partie de l’ouest, ont été au centre d’une rencontre ce samedi au siège de la CEMAC à Bangui.

Plus d’une trentaine de leaders des partis politiques et associations de défense des droits de l’homme se sont concertés à l’initiative du Parti Démocrate Centrafricain (PDCA). Les participants doivent de manière inclusive trouver des stratégies de sécurisation de la population.

Le rendez-vous de ce week-end vise à mettre en place un schéma approprié de protection à proposer et/ou à soumettre au gouvernement de Simplice Mathieu Sarandji. Pour l’initiateur, Jean Serge Wafio, président du Parti Démocrate Centrafricain (PDCA), la République Centrafricaine devra se doter de sa force de défense.

« Comment expliquer qu’un Etat dit souverain ne puisse pas utiliser ses forces armées pour assurer sa propre sécurité ! », s’est exclamé Jean Serge Wafio.  « Qui contrôle nos frontières ? », s’est-il interrogé estimant que la porosité de ces frontières a contribué à la prolifération d’armes de tout calibre en République Centrafricaine.

 « On parle d’embargo, mais il y a des armes qui entrent par le Soudan, le Tchad, les deux Congo au vu et au su de tout le monde », a-t-il regretté. Se doutant de cette sanction du Conseil de sécurité de l’ONU, Jean Serge Wafio s’est indigné : « pourquoi parler de l’embargo s’il y a des armes qui entrent ? » se questionnant sur la destination et l’usage de ces équipements. « Où vont ces armes ? Pour en faire quoi ? ».

Le chef de fil du PDCA a ouvertement montré que « le centrafricain lambda sait que cette crise à des ramifications internationales ». Il s’est basé sur la présence de ceux qu’il a qualifiés de « mercenaires tchadiens, soudanais, nigériens et maliens » qui sont dans le pays.

Les violences à Bangassou, Bria, Alindao et Niem ont fait plusieurs victimes et d’importants dégâts matériels. De nombreuses personnes sont contraintes à l’exil, d’autres ont regagné les sites des déplacés. Leurs conditions de vie restent et demeurent pour beaucoup d’entre eux précaires.

RCA : Une initiative parlementaire pour l'adoption d'un plan de paix durable soumise au gouvernement Ce mercredi, le Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji et les membres de son gouvernement ont été mis au courant du projet du plan national de paix en cours d'initiation. C'était à l'occasion de son interpellation au parlement.

« Je ne vais pas aborder tous les contours politiques mais après consultation de nos conseillers juridiques et la consultation informée de la Cour constitutionnelle, le bureau a décidé d'intituler l'acte comme suit : initiative parlementaire pour l'adoption d'un plan de paix durable en République Centrafricaine », a expliqué au préalable Abdou Karim Meckassoua, président de l'Assemblée Nationale.

L'esprit de l'initiative parlementaire s'articule autour de trois points. Premièrement que « les victimes soient au cœur de nos préoccupations », a souligné le document encore en élaboration. Dans un deuxième temps : « les auteurs de crimes doivent répondre de leurs actes devant la justice ». Enfin, l'exécutif et le législatif, chacun dans son cadre, devra travailler rien que pour le développement du pays.

Le chef du gouvernement devait également répondre aux préoccupations des élus de la nation sur la montée croissante de l’insécurité à l'intérieur du pays. Dix sept intervenants avaient posé des questions touchant pour la plupart l'aspect sécuritaire et l'instabilité politique.

Présent à la tribune, Anicet Georges Dologuélé, président de l'Union pour le renouveau de Centrafrique (URCA) et député de Bocaranga 1, s'est interrogé. « Pourquoi nous ne nous tenons pas la main pour gérer les questions de sécurité ? ».

Le chef de fil de l'opposition a regretté que les leaders de l'opposition soient pris pour cible par le pouvoir de Bangui en dépit de leur bonne volonté à lutter contre l'insécurité. « Aujourd'hui, les partis politiques se sont réunis pour aborder sereinement cette question et ont promis de faire des propositions au Chef de l’État. Pendant ce temps ce sont les chefs des partis politiques qui sont accusés presque officiellement par le pouvoir », a-t-il relevé précisant que « ce sont des hauts responsables de mon pays, de la même génération d'âge que moi ».   « Cest dommage ! », s'est exclamé M. Dologuélé.

Le député de Bangassou, Serge Singha Béngba, se dit satisfait des réponses de Simplice Mathieu Sarandji. « Le chef du gouvernement nous a donnés de bonnes réponses », ajoutant que « c'est le principe ». Selon lui, les représentants du peuple ont pour mission « de temps en temps de contrôler les actions du gouvernement ». Il est donc normal « que le Premier ministre soit venu pour répondre aux questions que les parlementaires se posent », a-t-il conclu.

Les députés étaient cependant très mécontents par rapport à l'attitude du ministre de la Défense, Joseph Yakété, absent de la salle, bien que concerné par la question sécuritaire. Les parlementaires étaient aussi très remontés contre le ministre de la Communication, Charles-Paul Lemasset-Mandja, qui selon eux avait tenu des propos injurieux à leur égard. Simplice Mathieu Sarandji a demandé officiellement pardon aux élus de la nation pour les malentendus entre l'exécutif et le législatif.

Au sortir de la table ronde de Bruxelles, les députés avaient commencé à demander au gouvernement de dévoiler son plan d'action. Il était question de montrer les différentes étapes pour passer des annonces faites à l'engagement et de là au décaissement des fonds promis. La procédure parlementaire est une stratégie pour déterminer les actions afin d'avoir la capacité d'absorber la totalité des fonds.



RCA : Crise institutionnelle à Bangui, calme précaire à l’intérieur du pays Depuis plusieurs jours, le gouvernement serait menacé par une motion de censure de l'Assemblée Nationale. Selon certaines indiscrétions, le projet non encore officiel serait en cours d'initiation. Une nouvelle qui crée un véritable remue-ménage au sein de l'exécutif.

« Il y a des étapes pour parvenir à une motion de censure. Le gouvernement s’interroge sur l’opportunité de cet objectif dès lors que toutes les étapes ne sont pas franchies et qu’il est toujours disponible et ouvert au dialogue », a martelé vendredi dernier Charles Paul Lemasset-Mandja, ministre de la Communication.

Pour le gouvernement Sarandji, une telle initiative ne fait qu'empirer la situation en cette période de crise que traverse le pays. « Au moment où une partie de notre territoire est menacée par les forces du mal, menace qui devait engagée toute la nation, nous voilà plonger dans des querelles intestines nous écartant des réalités et de l’intérêt de notre peuple », a poursuivi M. Lemasset.

Réponse de l'Assemblée Nationale

Ne voulant pas visiblement s'engager dans une sorte de Ping Pong avec le gouvernement, le parlement qualifie d'infondés, les propos du ministre de la communication.

« Une campagne de désinformation est orchestrée par le gouvernement. L’Assemblée Nationale n’a nullement interpellé le Premier ministre, chef du gouvernement qui aurait refusé d’y déférer », explique Bernard Dillah, 1er secrétaire parlementaire.

Au bureau des élus du peuple, on assure avoir conscience des attentes de la population et le parlement doit pleinement jouer son rôle en faveur de la stabilisation et de la concorde nationale.

Bernard Dillah pense que l'information véhiculé sur un probable projet de destitution du gouvernement est « une accusation grave et plein de mensonge ».
 
Il a précisé que depuis le 31 mars dernier, « la journée du mercredi de chaque semaine à 10 heures » est réservée « aux questions écrites et orales au gouvernement ».

Depuis plusieurs mois, une brouille s'est installée dans les relations exécutif et parlement. Le parlement qui n'aurait pas reçu depuis un trimestre ses frais de fonctionnement.

Calme précaire  à Bria

En dépit d'un calme relatif qui règne à Bria, la crainte gagne toujours les esprits au sujet du retrait progressif des humanitaires de la ville.

Les humanitaires ont commencé à être évacués sur Bangui depuis le samedi 19 mai à bord des avions de UNHAS. Selon des sources contactées par Radio Ndeke Luka, seules MSF et IMC continuent de porter secours à la population. Les mêmes sources affirment que les déplacés du site de la paroisse sont toujours dans la peur. Certains ont trouvé refuge en brousse.

Pour le moment, ce sont les soldats onusiens qui sécurisent les sites et qui multiplient des patrouilles pour rassurer la population civile. Dans un communiqué publié hier samedi, la force de la Minusca appelle les groupes armés à cesser immédiatement les hostilités.

Selon la mission de l'ONU, le bilan provisoire des affrontements fait état de 22 personnes tuées y compris 17 civils, cinq éléments armés et quelques 36 blessés. Le conflit a aussi occasionné 10.000 nouveaux déplacés, faisant un total de  20.000 déplacés internes à Bria, dont 15.000 à proximité de sa base de Pk3.

Retrait total de 3R de Niem

Les rebelles de 3R ont entamé leur retrait total depuis le jeudi dernier. Il se retire seulement de Niem, mais les éléments sont encore dans la région.

« Nous avons pris un engagement de nous retirer de Niem-Yéléwa afin que la commune devienne une ville sans arme. Depuis vendredi, les habitants ont commencé à regagner leurs domiciles », a indiqué Patrick Gongbadrou, porte parole du mouvement, affirmant aussi que les troupes comptent maintenir leur « position initiale à Degaulle, Sanguèrè, Besson et Sabéwa ».

Départ confirmé par le député de Bouar 4, Jonas Donon : « J’ai reçu des informations me confirmant que ces éléments ne sont plus dans la ville ». Le parlementaire appelle par ailleurs les autorités à plus de responsabilités pour sécuriser les populations civiles.

La localité de Niem a été assiégée par les rebelles de 3R le 4 mai dernier occasionnant plus d’une dizaine de personnes tuées et de nombreuses autres blessées.

RCA :  Bangassou, le Chef de l’Etat hausse le ton - Nana Mambéré, la ville de Niem enfin libérée « La République Centrafricaine ne sera jamais abandonnée entre les mains des semeurs de la mort ». C’est par ces mots que Faustin Archange Touadéra s’est adressé à la population dimanche après-midi à sa descente d’avion à l’aéroport Bangui M’Poko.

« De graves crimes ont été commis dans le pays notamment à Alindao, Bangassou et ses environs après des actes également malheureux récemment à Niem-Yéléwa. Des Centrafricains sont morts. D’autres ont fui et sont rentrés en brousse », a martelé Faustin Archange Touadéra. Il s’est inquiété que « des soldats de maintien de la paix sont morts alors qu’ils sont venus porter assistance au pays », expliquant que « des hommes violents détiennent encore des armes ».

Avec des mots durs, le Président s’inscrit contre ces agissements. « Je condamne avec la dernière énergie cet acte criminel et odieux, contraire à la volonté du peuple centrafricain » qui selon lui « aspire à la paix pour assurer le développement du pays ».

Le Chef de l’Etat se dit déterminé à ce que dans les mois à venir l’armée nationale soit déployée aux côtés des populations. Il en appelle à une cessation immédiate des hostilités. « Aux principaux responsables des différents groupes armés pour qu’ils arrêtent ces violences aveugles et injustifiées qui ne mènent à absolument rien et à maintenir le pays dans le désordre ». Pour Faustin Archange Touadéra, « la poursuite de la violence les expose à la justice qui sera très sévère à leur endroit étant donné la gravité des crimes et leurs proportions ».

De retour d’une tournée de dix jours en Israël, le Chef de l’État a annoncé qu’il ferait dans les prochains jours, un déplacement à Bangassou.

Difficile de donner un bilan selon la Minusca

Le directeur de l’information, Hervé Verhoossel, dit ne pas disposer d’un bilan exact, mais quelques victimes ont été enregistrées. « L’attaque de la Minusca a fait un mort, un casque bleu de la paix d’origine marocaine et un second soldat marocain blessé mais ses jours ne sont pas en danger », a précisé l’onusien.

« Ce que nous déplorons aussi surtout, ce sont des civils décédés et blessés mais nous ne pouvons à l’heure actuelle donner de chiffres à ce niveau là », soulignant que dans les prochains jours, les humanitaires, la Minusca où les autorités pourront donner des chiffres réels.

« Nous appelons l’ensemble des membres des communautés religieuses, des organisations diverses mais également de la classe politique à ne pas utiliser négativement un évènement comme celui-ci, à ne pas pousser les gens à la revanche. Nous parlons ici de la Centrafrique et de la paix. Nous devons maintenant tous ensemble nous retrouver pour aller dans la bonne direction », a conclu Hervé Verhoossel.

Le Cardinal Dieudonné Nzapalaïnga était ce dimanche à Bangassou pour entamer des pourparlers avec les assaillants, qui réclameraient qu’on les appelle des auto-défenses et non un groupe armé.

De milliers de personnes se sont réfugiées à l’église catholique et à la mosquée centrale. La situation humanitaire se dégrade davantage. MSF appelle à un cessez-le-feu pour permettre aux blessés un accès aux soins médicaux d'urgence.

Bangassou est investi depuis samedi matin par des hommes armés assimilés à des Antibalaka.

Nana Mambéré : La ville de Niem enfin libérée

C’est un ouf de soulagement. Après plus de dix jours d’occupation, les hommes armés de 3R du chef rebelle Sidiki ont finalement décidé de se retirer volontairement de la localité ce lundi. La nouvelle a été rendue publique par Patrick Gonbadru, porte parole de ce groupe.

« Nous tenons à informer les autorités, la Minusca et la population de Niem qu’à compter de ce jour, nous retirons tous nos éléments sur le terrain pour que cette commune soit sans armes », a-t-il annoncé sur les ondes de Radio Ndeke Luka. Selon lui : « ni les éléments de 3R ni les Antibalaka ne doivent se promener avec une arme ».

Le porte-parole en appelle à la communauté internationale notamment la Mission onusienne pour un meilleur suivi de cet engagement. « La Minusca doit prendre ses responsabilités pour que la population vaque librement à ses occupations », estimant que « la guerre n’a jamais rien construit ».

« J’en profite pour lancer un appel à nos compatriotes Antibalaka d’observer une trêve de trois mois afin qu’aucun camp n’attaque l’autre et que le vol de bétail cesse », a-t-il souhaité insistant sur le fait que si cette décision est respectée, elle pourrait conduire « à une paix durable ».

Les rebelles de 3R avaient occupé la commune d’élevage de Niem-Yéléwa depuis le 4 mai. Malgré l'ultimatum de la Minusca expiré le 7 mai, ces hommes armés n'ont pas cédé jusqu'à leur retrait ce 15 mai.

 

Des sénateurs français s'engagent à plaider la cause de la RCA Les sénateurs français qui ont séjourné 3 jours en Centrafrique ont conseillé au gouvernement centrafricain, de présenter dans un délai raisonnable des propositions réalistes afin de bénéficier des fonds européens promis lors de la table ronde de Bruxelles au mois de  novembre 2016.

« Nous avions informé les autorités centrafricaines de la disponibilité d'un fonds européen au profit du pays », indique à RNL, le sénateur français Jacques Legendre, chef de la délégation. Pour pouvoir y bénéficier dit-il, la RCA devra faire des « propositions sérieuses, réalistes », permettant ainsi que lesdits fonds « soient débloqués ». Car si cela n'est pas fait dans les « délais raisonnables », prévient Legendre, cette « importante somme en euros risque de partir ailleurs ». 

Entre temps, les membres du groupe d’amitié parlementaire France-Afrique Centrale ont solennellement demandé à la France de plaider la cause de la RCA.  Appel ayant reçu un écho favorable de la part des sénateurs venus en Centrafrique toucher du doigt la réalité de ce pays. « En tant que sénateur, nous pouvons interpeller les ministres français et informer également nos collègues sur ce que nous avions vu ici », a déclaré Jacques Legendre qui assure par ailleurs qu'ils vont « plaider pour l'amélioration de la situation et surtout que la France n'oublie pas le Centrafrique ».

 

 

 

 OIF :  Michaëlle Jean déterminée à plaider la cause de la RCA C'est ce 14 avril que la Secrétaire Générale de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), a bouclé sa mission de 4 jours en République Centrafricaine. Accompagnée du Président Faustin Archange Touadéra, Michaëlle Jean s'est aussi rendue à Bambari, au centre du pays.

Dans cette ville, elle a rencontré les lycéens, les nombreux déplacés, victimes des récents affrontements qui ont eu lieu dans la région, puis visité l'hôpital qui a été partiellement détruit par un incendie. Au nom de l'OIF, Michaëlle Jean a rappelé que « par un travail de plaidoyer, la Francophonie a les moyens d'assurer un meilleur avenir aux populations centrafricaine ».

Devant les élus du peuple ce mercredi, la Secrétaire Générale de l’OIF avait annoncé un programme de relèvement en faveur des jeunes et des femmes. L'OIF compte à travers ce plan, participer activement au processus de la reconstruction de la RCA. Elle a également promis de soutenir les Petites et Moyennes Entreprises qui peinent à se relancer après la crise.

Des projets d'environs « 47 milliards de Fcfa allant de l’appui à l’électricité », ont été présentés par les PME à Michaëlle Jean qui s'est dit « engagée à plaider auprès de l’Union Européenne pour l’appui aux entrepreneurs centrafricains ».

Sur cette question d'appui aux PME, le président de leur collectif Jean Lebrun a précisé que « l'accent a beaucoup plus été mis sur l'entrepreneuriat ». A cet effet, le président pense que le « développement du pays part essentiellement de l'énergie », puisque « les PME qu'elles soient du secteur formel ou informel en souffrent ».

Des projets pour lesquels la SG de l'OIF, selon Jean Lebrun, s'est montrée « sensible surtout à cette problématique de l'électricité ».

Michaëlle Jean a par ailleurs annoncé que la Roumanie compte aussi venir en Centrafrique pour « soutenir l'entrepreunariat ».

 

 

 

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