Explosion mortelle des suites d'une lancée de grenade au PK 5 à Bangui Le PK 5, plus grand marché commercial de la Capitale centrafricaine fait à nouveau parler de lui. Ce 23 mai, aux environs de 10 heures, l'explosion d'une grenade au niveau du marché Fodé aurait fait deux morts et des blessés.

Selon des témoignages recueillis par RNL, cet engin explosif a été largué par un inconnu suite à un bref échange de tirs entre les groupes armés qui tiennent des barrières à Fatima et au KM 5.

Ce bref incident a eu comme conséquence immédiate, la paralysie des activités dans ce centre commercial. Une situation qui a créé par la même occasion, une psychose générale dans le 3eme arrondissement de Bangui et les quartiers environnants. Autre conséquence, les commerces qui étaient ouverts dans le secteur ont aussitôt fermé. alors que depuis quelques jours, on constate une reprise d'activité dans le poumon économique de la capitale centrafricaine.

Le 8 avril dernier, une opération conjointe Minusca et Forces de sécurité intérieure visant les bandes criminelles du PK 5 avait paralysé le secteur durant plusieurs jours. Baptisée "Soukoula", cette opération devrait permettre aux forces nationales et internationales de mettre hors d'état de nuire, les groupes armés qui font des rackets sur les populations et commerçants.

Le 1er mai dernier, alors que les membres de la Fraternité St-Joseph étaient en fête à l'église Notre Dame de Fatima, l'attaque d'une bande armée du PK 5 à l'intérieur de cette paroisse a fait plusieurs morts dont l'abbé Albert Toungoumalet Baba et plus de 200 blessés.

Cet incident a ouvert la voie à une recrudescence de violences dans la Capitale à l'encontre des membres des différentes communautés. De part et d'autres, des barricades ont été érigées par les populations par exemple à Fatima pour exiger du gouvernement, des actions concrètes visant à assurer leur sécurité.

 

 

 

 Bambari calme malgré la psychose Après les récentes violences qui ont fait 36 morts et 45 blessés d'après des sources locales, la ville de Bambari dans la Ouaka vit dans la peur même si un calme relatif y règne. "De l'autre côté de la rive Ouaka, il y a la circulation mais au niveau du centre administratif, c'est très calme", a déclaré à RNL, un habitant sous couvert de l'anonymat.

Il ajoute que des détonations d'armes lourdes et automatiques ont été de nouveau entendues dans la nuit du 19 mai aux environs de 21h proches de l'Hôpital Préfectoral de Bambari.

Ce témoin rapporte également que "dans les  quartiers Bornou en allant vers l'élevage", considérés comme leur "fief", les hommes de l'UPC "circulent avec leurs armes en main", contrôlant une partie de la ville. La Minusca, selon cet habitant patrouillent également dans cette localité.

Le 14 mai 2018, la ville de Bambari dans la Ouaka a, de nouveau basculé dans une spirale de violences. Les rebelles de l'UPC qui l'avaient pourtant quitté suite à l'opération "ville sans groupes armés, ville sans arme", lancée par la Minusca 2017 y ont mené des représailles disproportionnés suite à l'assassinat d'un membre de la communauté peuhl par des inconnus.

Réunis à Bangui le 16 mai,  les dix députés de la Ouaka ont condamné l'agression des hommes armés de l'UPC contre la population civile de Bambari.

A Bangui, une grande manifestation est prévue le lundi, 21 mai pour protester contre ces violences et exiger la sécurisation des civils.


 

 

 

Situation sécuritaire volatile à Bambari, ville sous contrôle des groupes armés La situation sécuritaire demeure toujours précaire à Bambari depuis le 14 mai 2018. La population se dit toujours dans la psychose après l'attaque de la ville, et surtout avec la présence des hommes armés qui contrôlent la majeure partie de la localité. Les autorités annoncent par ailleurs une patrouille mixte Minusca - forces de sécurité intérieure, une réalité démentie sur le terrain.

Des renforts à destination de Bambari, dans la Ouaka avaient été annoncés par le Gouvernement et la Mission onusienne en République Centrafricaine. Contrairement à cette alerte conjointe, une source digne de foi indique que la ville demeure en grande partie sous contrôle des éléments de l'UPC du général nigérien Ali Darassa. Depuis que les armes ont crépité pour faire des morts et des blessés, c’est le statu quo même si le Gouvernement par le biais de son Porte-parole, Ange Maxime Kazagui, ministre de la Communication tente de rassurer en affirmant que "les forces de sécurité intérieures et la Minusca ont repris les patrouilles dans la ville".

Sur place à Bambari, certains témoins expliquent assister à des patrouilles exclusivement menées par les soldats de l'ONU sans la présence des forces de sécurité intérieures notamment les gendarmes. Plusieurs habitants de la ville ont aussi fait savoir que le commissariat de police a été "occupé, pillé avant d’être libéré" par les hommes de Ali Darassa. L'entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) a été attaqué cette nuit par ces mêmes combattants mais sauvé de justesse par les casques bleus d'après une autre source qui a requis l'anonymat.

Jusqu'à samedi 19 mai 2018, la peur gagne encore les esprits. La plupart de la population est toujours en fuite et la circulation limitée. Même les ONG ne sont pas visibles après le pillage de certaines de leurs bases. Toutes les activités sont concentrées vers la rive droite de la Ouaka. Le centre administratif demeure paralysé. Hier vendredi, la Croix Rouge Centrafricaine a donné un chiffre de 32 morts et 23 blessés.

Une entité de la société civile demande de levée de l'embargo sur les armes

Génération Consciente plaide pour la levée de l’embargo sur les armes à destination de la République Centrafricaine. Samedi 19 mai au cours d'un point de presse, elle explique que cette mesure va permettre aux Forces de défense (FACA) de sécuriser la population.

"La paix, c'est un comportement et c'est très important. Nous essayons de voir comment nous pouvons aller au bout de ces drames", indique Patrick Alain De-Komah, coordonnateur de ce mouvement. Il appelle les Centrafricains à s'habiller en blanc le 21 mai, lundi de Pentecôte pour exiger la paix dans le pays. Pour Génération Consciente, le problème de l'embargo ne se pose plus en terme de négociation .

"La question du réarmement des FACA, nous pensons que c'est sans condition à partir du moment où nous sommes un Etat, il est question que cette histoire d'embargo puisse être levée pour permettre à nos FACA de défendre notre territoire". Selon Génération Consciente, les autorités nationales et internationales doivent prendre leurs responsabilités vis-à-vis de ceux qu'elle qualifie de "bandits armé".

32 personnes tuées dans l'attaque à Bambari selon la CRCA Ce 18 mai 2018, la Croix Rouge Centrafricaine (CRCA) a publié un nouveau bilan provisoire des violences à Bambari dans la Ouaka. Selon l'organisation humanitaire, au moins 32 personnes ont été tuées et une vingtaine d’autres blessés.

"Pendant les derniers évènements de Bambari, il y a 32 morts et 23 blessés", précise Antoine Mbao Bogo, président de la Croix Rouge Centrafricaine. Il se dit être dépassé face à ce regain de tension aux conséquences douloureuses. "Si les gens peuvent écouter et arrêter ces tueries", on aurait selon lui, éviter le bain de sang. Car, "de vengeance en vengeance, on n'en finira pas", mentionne-t-il.

Sur la situation à Bambari, le Gouvernement rassure ce 18 mai au cours d'une rencontre avec la presse, que des dispositions sont prises pour sécuriser la population et toute la ville. "Au moment où je vous parle, les forces de sécurité intérieure et la Minusca ont recommencé des patrouilles conjointes dans la ville", explique Ange Maxime Kazagui, ministre de la Communication et Porte-parole du Gouvernement. M. Kazagui indique que cette patrouille mixte se déroule "dans une partie de la ville". Selon le ministre, travailler "à ramener un contrôle" n'est pas chose "facile".

Ange Maxime Kazagui a par ailleurs informé les professionnels de la presse sur des actions concrètes du gouvernement sur cette attaque à Bambari.

"Il y a encore un certain nombre de choses que nous devons comprendre quand au profil des assaillants et ceux qui ont fait les attaques".

Les violences qui ont éclaté au début de cette semaine à Bambari ont provoqué des déplacements massifs de population, des incendies de maisons, des pillages des commerces et sièges des ONG. Des actes condamnés par Najat Rochdi, coordonnatrice des Organisations non gouvernementales humanitaires en République Centrafricaine. Sur place à Bambari, l’arrivée d’une mission de la Sécurité publique est annoncée. Objectif, rassurer la population et voir dans quelle mesure sécuriser la ville.

Bambari, replongée dans une nouvelle spirale de violence Depuis lundi 14 mai 2018, le chef lieu de la Ouaka dans le centre a sombré dans une nouvelle spirale de violence. Au moins 5 personnes auraient été tuées entre le soir du 14 et le matin du 15 mai dans des représailles suite à l'assassinat présumé de trois membres de la communauté peuhle à 7 kilomètres de Bambari sur l'axe Alindao.

"Hier, un braquage sur l'axe Alindao a provoqué la mort de trois personnes. Dans l'après-midi, nous avons commencé à écouter les crépitements d'arme qui se sont amplifiés dans la nuit", explique Abel Matchipata, maire de Bambari.

Ce mardi 15 mai, la tension est montée d'un cran à Bambari. Les hommes armés de fusils d'assaut et de couteaux ont élargi leur champ d'action dans la ville. Plusieurs structures étatiques ont été investies. La mairie, le commissariat de police, la gendarmerie, l'hôpital et même la radio locale "Légo ti la Ouaka" sont pris d'assaut par les combattants en furie. Selon une source locale, un véhicule du sous-bureau de la Minusca aurait été emporté. 

Visiblement, la tension est vive dans la plupart des quartiers allant du sud-est à l'est de la ville. De centaines de personnes ont fui leurs habitations pour se réfugier certaines à l'hôpital et bon nombre dans les quartiers de l'autre côté de la rivière Ouaka sur la route de Bangui. "Aujourd'hui, autour de 10 heures, nous avons appris que des éléments armés sont rentrés dans les quartiers. Il y a d'autres mouvements de la population vers la rive droite, l'insécurité est totale", déplore le premier citoyen.

Les violences qui ont éclaté lundi dans l'après-midi en début de soirée ont pour origine la tuerie de trois membres de la communauté peuhle sur une moto. Aucune mesure sécuritaire n'a été prise jusqu'en début d'après-midi mardi. "Il n'y a pas de patrouilles. La population est abandonnée à elle-même", s'inquiète le maire.

Dans un communiqué publié mardi 15 mai 2018, MSF chiffre à plus de 300 personnes, le nombre de déplacés à l'hôpital à la suite de ces violences. L'équipe médicale de MSF indique avoir pris en charge 6 blessés dont l'un a succombé des suite de ses blessures.

Bambari avait été déclarée, "ville sans groupes armés", donc, "sans arme". Plus d'un an après, le contraire vient de se produire. La Minusca avec une présence militaire dans la ville n'a pas encore officiellement réagi à ce regain de tension.

La Minusca frappe près de Dékoa selon le gouvernement Le gouvernement a annoncé vendredi 4 mai 2018 que la force onusienne a frappé la position des combattants ex-Séléka qui ont tenté de contourner Ndomété dans la Nana Gribizi pour rejoindre Dékoa dans la préfecture de la Kémo.

"Suite à cette énième tentative d'approche de ces 5 véhicules, les hélicoptères de la Minusca ont pu en détruire un certain nombre me semble-t-il 5 à 8, faisant quelques prisonniers", a confirmé ce vendredi Ange-Maxime Kazagui, Porte-parole du gouvernement sur les ondes de Radio Centrafrique, sans donner plus de précisions sur le nombre d'assaillants tués, pris en otage ou encore de véhicules détruits. Le ministre Kazagui demande aux Centrafricains "de faire confiance à leur gouvernement et au travail qui est fait avec les partenaires de la Minusca".

Une information authentifiée par la Mission onusienne en République Centrafricaine. Selon le Minusca, un seul véhicule pick-up est mis hors d'état de nuire et un combattant fait prisonnier.

"Le 3 mai, nous avons reçu des informations qui parlaient de la présence des éléments du FPRC entre Ndomété et Dékoa. On a déployé des patrouilles. Vendredi, elles se sont poursuivies avec l'intervention d'un hélicoptère MI 35. Au cours de l'opération, un véhicule pick-up a été neutralisé et un combattant fait prisonnier", a expliqué Vladimir Monteïro, Porte-parole de la Minusca. Il ajoute qu'une "quantité importante de munitions et deux AK 47", ont été saisis.

Insécurité dans le pays, les députés très remontés

Le gouvernement conduit par le Premier ministre, Simplice Mathieu Sarandji, a répondu jeudi 4 mai 2018 à l'interpellation des élus de la nation. La recrudescence de l'insécurité dans le pays a fait l'objet de cette injonction. Les parlementaires s'indignent de la léthargie du gouvernement dans la résolution des récentes crises.

Véritable débat houleux à l'hémicycle entre députés et membres du gouvernement. Les parlementaires, très remontés, ont voulu en savoir davantage sur l'attaque d'une bande armée du Pk 5 contre la paroisse Notre Dame de Fatima dans le 6e arrondissement de Bangui ainsi que la menace des combattants ex-Séléka de Kaga-Bandoro.

Le gouvernement rassure avoir pris les dispositions pour contrer toutes tentatives de prises de pouvoir par les armes. "Ils étaient dans 5 véhicules et ont contourné Ndomété et sont arrivés à 2 Km au village Gomango en direction de Dékoa. Au Pk 10, ils ont été stoppés et désarmés, je vous assure", a indiqué Simplice Mathieu Sarandji, Premier ministre centrafricain.

La représentation nationale reste sur sa soif sans être convaincue par les réponses du chef du gouvernement. "Le Premier ministre est là pour assumer un certain nombre de mission. Quand les résultats ne sont pas à la hauteur, c'est normal que les représentants du peuple demandent l'examen de la question de confiance", a fait savoir André Nalké Dorogo deputé de Berberati 4.

Certains députés ont unanimement demandé la démission du gouvernement. Si Simplice Mathieu Sarandji qualifie les auteurs de crime du Pk 5 de terroristes, Sylvain Goni, député de  Bimbo 3 demande qu'ils soient traités comme tel. La prochaine interpellation est prévue mercredi 9 mai 2018.

La ville de Dékoa dans la ligne de mire des groupes armés La population de Dékoa dans la préfecture de la Nana Gribizi est plongée depuis ce vendredi 4 mai 2018 dans la psychose généralisée. La présence des ex-Séléka est signalée à 10 Km du centre ville.

Les habitants sont plongés dans la panique à l'annonce de la présence des ex-Séléka signalée aux alentours de la ville. "La ville de Dékoa est un tout petit peu troublée ce matin par rapport à l'incursion de certains éléments Séléka arrivés à bord de deux pick-up BJ 75. Aussitôt, le chef de village Gou 4 nous a informés", a expliqué Guy Yves Mbétigaza, Sous-préfet de Dékoa précisant que ces combattants ont pu contourner jeudi soir la barrière érigée par la Minusca précisément au village Ndomété situé à 10 Km de Kaga Bandoro.

"La Minusca est descendue sur les lieux malheureusement, tous les combattants sont entrés en brousse. Nous craignons qu'ils puissent contourner la ville pour prendre en étau Dékoa centre. Nous avons constaté leur présence et cette fois-ci ce n'est pas de la blague. Tout est bloqué après une alerte donnée par un conducteur de taxi-moto. Nous avons eu de la peine pour contenir la population paniquée. Les casques bleus du contingent Burundais sont présents dans la ville et un renfort est même arrivé de Sibut".

La progression des combattants ex-Séléka intervient alors que la Minusca par la voix de Vladimir Monteiro, son Porte-parole a annoncé jeudi 3 mai 2018 que toute initiative guerrière de ces hommes armés serait contrecarrée.

"Nous avons pris des dispositions sur l'axe Kaga Bandoro, Ndomété, Dékoa, Sibut. Des moyens sont sur place pour essayer de prévenir et éviter que le FPRC ne mette en exécution sa menace de descendre plus au sud", a indiqué Vladimir Monteiro. Pour lui, la population doit se calmer, "toutes les ruses sont possibles en temps de guerre ou en situation d'instabilité" précisant que les Casques bleus sont sur le pied de guerre. M. Monteiro compte sur la collaboration de la population pour que "ce projet illégal ne soit mis en œuvre".

Face à cette progression des groupes armés de Kaga Bandoro vers la ville de Dékoa, le Président Faustin Archange Touadéra reste ferme. Toute tentative de prise de pouvoir par les armes ne sera pas sans conséquence. Il l'a dit à l'archevêché mercredi 2 mai 2018 lors de sa rencontre avec Dieudonné Cardinal Nzapalaïnga après l'attaque de l'église catholique de Fatima dans le 6e arrondissement.

"Aujourd'hui avec la communauté internationale, la plateforme religieuse, nous sommes dans la bonne direction, et nous voyons que la paix se pointe progressivement à l'horizon. Mais certains fils du pays et d'autres commanditaires veulent faire échec à cela. Je leur dis qu'ils ne réussiront pas. Ils trouveront le peuple, le Président de la République et les forces de défense devant eux ", a déclaré Faustin Archange Touadéra.

Les groupes armés se sont rassemblés à Kaga Bandoro depuis le 14 avril 2018. Ils ont tenu une assemblée générale dont les conclusions sont restées lettre morte pour les autorités centrafricaines et onusiennes.

Selon certaines indiscrétions, le regroupement de Kaga Bandoro aurait pour but de marcher sur Bangui et de prendre le pouvoir par la force. Pour d'autres, l'objectif de ces hommes seraient d'invertir Sibut, le chef lieu de la Kémo afin de diviser le pays.

Bangui panse ses blessures après les violences du 1er mai Au lendemain de l'attaque meurtrière de l’église Notre Dame de Fatima par des hommes armés du km5, les activités ont repris timidement à Bangui. Selon un constat de RNL, certains services publics et commerces ont rouvert leurs portes. Taxis et bus circulent normalement. Du Lycée technique à l’Université de Bangui en passant par les lycées Caron et Martyrs, élèves et étudiants ont repris les cours. Sauf que le pont juxtaposant le QG de la Minusca et l’avenue Barthélemy Boganda menant au km5 ont été barricadées. Des sources hospitalières donnent un bilan non encore définitif de près  de 200 blessés et près d'une vingtaine de morts.

Appel à la paix et vigilance

Un jour après les violences, le Chef de l'Etat Faustin Archange Touadera sort de sa réserve et appelle à la vigilance. "Je voudrais vous informer peuple centrafricain que derrière ça, il y a des gens qui appellent Abdoulaye Hissène  et Force pour qu'ils se mobilisent davantage et qui vous côtoient", a alerté le Président Touadera pour qui, ces actes ne resterons pas "impunis".

Demandant aux Centrafricains de "faire attention de ne pas tomber dans l'amalgame chrétiens-musulmans", le Chef de l'Etat les a dénoncé de "terroristes qui, avec leurs complices à Bangui ainsi qu'à l'extérieur seront poursuivis".

L'autre appel à la paix émane de Limane Moussa. "Je n'arrive pas à comprendre pourquoi sommes-nous si loin de la paix", s'interroge l'international centrafricain de football qui demande aux centrafricains de "laisser cette affaire de chrétiens et musulmans, de désarmer les cœurs car la paix n'a pas de prix".

Indignation des religieux

Qualifiant d'acte "barbare" cette attaque qui a occasionné des pertes en vies humaines, l’église Catholique et la Communauté Musulmane font front commun contre les "ennemis de la paix".

"Les derniers évènements dramatiques nous rappellent que la violence n'apportent pas la solution", déclare Cardinal Dieudonné Nzapalainga qui en appellent au gouvernement et à la Minusca pour que la "lumière soit faite et que justice soit rendue à la population Centrafricaine".

Le Cardinal Nzapalainga reste convaincu que "dans des moments les plus difficiles surgissent des héros et je n'en doute pas que des héros existent en République Centrafricaine pour se lever comme un seul homme pour dire non à la violence, à la barbarie, non à la destruction de soi-même".

Autre interrogation, celle de Kobine Layama et président de la Conférence Islamique Centrafricaine (CICA), membre de la plateforme religieuse. "Je ne comprendrais pas que quelqu'un puisse aller tirer sur des fidèles qui adorent le seigneur que le musulman adore ", s'est-il interrogé tout en demandant au gouvernement "de ne pas se fier tellement aux gens qui viennent de l'extérieur avec des agendas que nous ne maîtrisons pas". Une manière pour Kobine Layama d'inviter le gouvernement centrafricain qui connaît bien le pays "à tout mettre en œuvre pour circonscrire cette violence" qui continue d'endeuiller le pays.

L'église Catholique Notre Dame de Fatima dans le 6ème arrondissement de Bangui a été secouée dans la matinée du 1er mai par une attaque d'une bande armée venue du PK 5. Cette attaque a fait une vingtaine de morts dont l'Abbé Albert Toungoumalet Baba et 200 blessés selon de sources hospitalières. Ladite paroisse accueillait une cérémonie de promesse des membres de la Fraternité St-Joseph de Bangui.


 

 

 

 Bangui de nouveau frappée par des violences meurtrières Plus d'une dizaine de personnes dont l'Abbé Albert Toungoumalet Baba ont perdu la vie ce 1er mai après l'attaque de l'église Catholique Notre Dame de Fatima dans le 6ème arrondissement de Bangui. L'attaque a aussi fait une soixantaine de blessés. Cette paroisse accueillait une cérémonie de promesse des membres de la Fraternité St-Joseph de Bangui.

Selon les informations recueillies par RNL, peu de temps après l'ouverture de la messe, des tirs à l’arme lourde et légère ont retenti à l'intérieur de la paroisse Notre Dame de Fatima où certains chrétiens ont été tués sur le champs. Sur l'avenue des Martyrs, le traditionnel défilé du premier mai a été interrompu.

Dans un communiqué rendu public ce 1er mai? MSF a précisé avoir reçu "5 blessés" à la maternité de Gbaya Dombia, tandis que l'’hôpital de Sica a, quant  à lui, "reçu à la mi‐journée, plus d’une cinquantaine de blessés par balle" et "six ont malheureusement succombé à leurs blessures".

Ce regain de tension a paralysée les secteurs sud de la capitale notamment Fatima, Pétevo et une partie du 2ème arrondissement. Des barricades sont érigées par des mécontents dans les quartiers et des véhicules de particuliers ont été lapidés. 

Appel au calme

Condamnant un "acte lâche et violent", David Brownstein, Chargé d’affaires à l’Ambassade des Etats-Unis à Bangui appelle au "calme et à la cessation des vengeances" qui pour lui, "ne font que perpétuer le cycle de violence".

Autre réaction, celle du Maire de Bangui, Emile Gros Raymond Nakombo qui appelle toutes les "communautés à ne pas perdre de vue que ce qui se passe est l'oeuvre de ceux qui ne veulent pas que la paix revienne dans le pays".

Le Groupe de Travail de la Société Civile appelle pour sa part à une mobilisation devant la Cathédrale ce 02 mai. Selon son porte-parole, Paul Crescent Béninga, "ce sera une manifestation pacifique en protestation à cette attaque contre la Paroisse de Fatima".

L'attaque contre la paroisse Notre Dame de Fatima qui intervient 3 semaines après l'opération de désarmement dénommée "Soukoula" lancée par la Minusca et les Forces de sécurité intérieure contre des bandes criminelles du PK 5.

 

 

 

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