Psychose à Bambari

Rubrique A la une / Securité / samedi 18 février 2017 14:07

Psychose à Bambari Depuis l’expiration vendredi de l’ultimatum lancé par la Minusca à l’endroit du chef de fil de l’UPC Ali Darass, la population de Bambari vit avec la peur dans le ventre. Ce samedi et selon des sources locales, les grandes artères de la ville étaient restées désertes.

« En réalité, c’est la psychose à Bambari. Nous vivons comme au cimetière. Les voies sont calmes. Tout le monde a peur de sortir », a expliqué sous l’anonymat, l'un des habitants qui a mentionne que « l’ultimatum de 48 heures était épuisé ».

Craignant pour sa sécurité, la population demande le départ de ce chef rebelle. « Nous souhaitons que la Minusca fasse partir Ali Darass et ses éléments de la ville », a martelé la même source tout en affirmant que ce dernier n’assure pas leur « sécurité » et que « c’est du mensonge ».

La Minusca a par ailleurs annoncé vendredi après midi, l’arrivée de ses renforts à Bambari. Selon un communiqué de cette organisation onusienne, une unité de réaction rapide portugaise ainsi que des forces spéciales bangladaises sont déployées dans la ville. Les deux groupes armés se heurteront aux casques bleus en cas de violence, d’après le document. La mission onusienne a signalé qu’elle est la seule autorité légitime mandatée par le gouvernement à contrôler la ville.

Bambari est ainsi déclarée une ville sans groupes armés. Selon l’ONU, des discutions se poursuivent et une délégation civile et militaire de la mission devrait rencontrer prochainement Ali Darass.

Des réactions

Contacté par RNL à propos du communiqué de la Minusca, l’UPC dit ne pas accepter la proposition qui lui demande de quitter la ville.

« On rejette cette proposition », a martelé Souleymane Daouda, son porte parole. Selon lui, « Nous avons vu des villes comme Bria, Kaga Bandoro et Ndélé être décrétée ville sans arme par la Minusca. Aujourd’hui, on se rend compte que ces villes sont devenues des bases arrières des mercenaires de tout bord. C’est la même chose qu’elle veut instaurer à Bambari ».

Trouvant de laxiste la position de la Minusca, le FPRC souhaite la traduction du chef de l’UPC en justice. « La réaction de la Minusca est très tardive. Le problème est qu’il faut appréhender Ali Darass et le remettre à la justice centrafricaine ou le rapatrier et désarmer ses éléments », a fait remarquer Azor Kalité son sous chef d’état major. Ce groupe armé maintien toujours sa position de marcher sur Bambari. « On va rentrer à Bambari », a-t-il indiqué demandant à la Minusca « de faire son travail, de respecter son mandat ».

 RCA : Plus d’une trentaine de civils tués par l’UPC selon Human Rights Watch Dans un rapport rendu public ce 16 février à propos des violences dans la Ouaka et une bonne partie de la Haute-Kotto, Human Rights Watch (HRW), accuse l’UPC de Ali Darassa d’avoir  exécuté 32 civils. Selon cette organisation de défense des droits de l’homme, « les combattants de l’UPC ont exécuté 25 civils le 12 décembre 2016 dans la ville de Bakala ». Des personnes convoquées, selon HRW « dans une école pour ce qu’elles croyaient être une réunion ». Ce même jour, soutient HRW, « 7 hommes qui revenaient d’une mine d’or à proximité ont été également tués ».

Selon Lewis Mudge, chercheur auprès de la division Afrique de Human Rights Watch, « ces exécutions sont des crimes de guerre flagrants » commis par des « combattants de l’UPC qui se sentent libres de tuer à volonté ».

Des accusations rejetées par Ali Darassa qui, répondant aux enquêteurs de cette organisation le 23 janvier 2017,  a affirmé « que ses hommes n’avaient tué aucun civil à Bakala ni dans les villages environnants ».

Si les violences continuent de gagner en intensité dans les villes ci-dessus citées, HRW se réjouit de la nomination, le 14 février 2017 du procureur général de la Cour pénale spéciale. Ce qui, selon elle « constitue un pas important vers la responsabilité pénale ». A cet effet, HRW exhorte la CPS basée à Bangui de « recruter maintenant le  personnel supplémentaire sans délai afin qu'elle puisse commencer les enquêtes et les poursuites ».

Toutefois, à Bambari, les rumeurs d’une bataille entre deux groupes rebelles se font de plus en plus pressantes. Certaines sources ont indiqué à RNL qu’un ultimatum de 48 heures aurait été lancé le 15 février par la Minusca à l’endroit de Ali Darassa sommé de quitter la ville afin d’éviter un combat avec le FPRC.

 

 

 

 RCA : entre paralysie à Bria et incertitude à Ippy « La ville de Bria dans la Haute-Kotto est complètement paralysée », a déclaré à RNL, Arsène Kongbo, député de la localité. Une déclaration en réaction à la crise qui oppose depuis plusieurs mois, le FPRC de Nouredine Adam à l’UPC de Ali Darassa et dont le bilan exact tarde à être rendu public.

Cette  crise qui n’a que trop duré a « causé d’énormes pertes en matériels et en vies humaines ». Depuis le déclenchement des hostilités en octobre jusqu’à ce jour, « les établissements scolaires sont restés fermés, l’administration paralysée tout comme les services hospitaliers », a indiqué Arsène Kongbo.

Même s’il reconnait que des efforts ont été faits pour le retour des personnes déplacées à leur domicile, il n’en demeure pas moins vrai que ces derniers temps, « la situation s’est dégradée ». Le député de Bria 1 demande aux différents groupes armés qui s’affrontent sur le terrain de « déposer les armes, de dialoguer pour la réussite du processus DDRR ».

48 heures après que la Minusca ait fait usage de la force pour stopper la progression de la coalition du FPRC de Nouredine Adam sur Bambari, les autorités centrafricaines n'ont pas encore réagi à cette nouvelle poussée de tension dans la Haute-Kotto. Aucun bilan exact des hostilités n'est encore disponible ce 13 février.

Samedi dernier, alors que le FPRC tentait de marcher sur Bambari, la Minusca a utilisé un hélicoptère de combats pour bombarder les positions de ces rebelles tuant au moins 4 personnes dont Joseph Zoundeko selon un bilan provisoire révélé par Azor Kalité, sous-chef d’état-major du FPRC .

Interrogé par RNL, le porte parole de la Minusca Vladimir Monteiro a indiqué que l’institution onusienne reste « déterminée à assurer la protection des populations civiles ». Tout comme elle entend contribuer au « renforcement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national » et particulièrement « dans la zone de Ippy-Bambari où la situation reste tendue». Il ajoute que c’est en « toute impartialité que la Minusca continuera d’assurer ses responsabilités », précisant que « les attaques contre les troupes de l'ONU sont considérées comme un crime de guerre ».

 

 

 

RCA : Situation confuse à Ippy après la frappe de la Minusca Le Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) de Nourredine Adam assure avoir pris le contrôle de la ville d’Ippy (113 Km à l’est de Bambari) après la frappe aérienne de la Minusca. Une information non encore confirmée par des sources indépendantes. Entretemps, la situation est encore confuse sur le terrain.

Le mouvement confirme la mort de son chef d’état major, le général Joseph Zoundéko, tué ce samedi après-midi dans l’attaque d’un hélicoptère onusien. La riposte de la force de l'ONU visait à stopper la progression des hommes du FPRC qui ont franchi la « ligne rouge » imposée à quelques Kms d’Ippy.

Azor Kalité, sous chef d’état-major du FPRC accuse la Minusca de complicité avec l'UPC. « La Minusca a utilisé sa force aérienne hier à 28 Km entre Ippy et Mbroutchou lors de notre progression pour conquérir et libérer la population. Ils ont utilisé des avions pour appuyer physiquement et matériellement les éléments de l’UPC ».

Le sous chef d’état-major précise que « de notre côté, il y a eu deux morts parmi lesquels le général Joseph Zoundéko. Trois hommes sont tués et cinq femmes blessées au sein de la population civile. Des maisons sont aussi brûlées ». L’homme promet d’aller jusqu’au bout « tant qu’Ali Ndarras est en vie, nous allons progresser jusqu’à Bambari ».

Azor Kalité relève que le FPRC n’a qu’une « seule ligne rouge à respecter, c’est de ne pas s’en prendre aux populations civiles et prendre leurs biens ». Qualifiant la ligne rouge de la Minusca « d’imaginaire », il promet de combattre ses positions en cas d’une prochaine attaque contre ses hommes.

Réaction imminente de la Minusca

Le général Bala Kéïta, commandant de la force onusienne rejette ces accusations, soulignant le rôle de la mission dans le pays : « Nous sommes venus ici pour aider le peuple centrafricain à retrouver la paix. Il n’y a que ça qui intéresse toutes les troupes qui sont venues ».

Il précise par ailleurs : « on ne connaît ni les gens du FPRC ni ceux de l’UPC. Ils ne nous intéressent pas en tant que groupe armé. La seule relation que nous avons avec eux, c’est de leur dire chers frères, nous sommes venus ici pour vous aider à vous parler, à vous retrouver ».

Pour l’ONU, la violation de la ligne rouge est considérée de facto comme une agression militaire. Car, l’expérience de la ville de Bria a laissé des stigmates « drame humain, des milliers de déplacés, des dizaines de tués » et cela ne pouvait de répéter. La Minusca insiste sur le fait « qu’aussi longtemps que Bambari demeurera Bambari, on fera tout pour que les populations ne puissent pas vivre cette situation ».

A Bambari, malgré cette tension à Ippy, la population vaque librement à ses occupations. Elle s’inquiète cependant du départ du contingent Gabonais du site des déplacés de la gendarmerie.

FPRC arrêté dans sa progression vers Ippy

Plus de 300 éléments de la coalition du Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) de Nourredine Adam ont été interceptés ce samedi 11 février par un raid aérien de la Minusca. Leur tentative de marche sur Bambari a été stoppée au village Ngawa I à 12 kilomètres de la ville d’Ippy.

« La ligne rouge malheureusement a été franchie. Nous avons exécuté le plan et avons engagé les troupes qui avaient dépassé cette ligne par le feu », a précisé le général Bala-Kéïta, commandant de la force ajoutant que « le bilan » devra être connu « dans quelques jours ».

Pour lui, les hommes du FPRC vont rencontrer plusieurs de ces lignes et à chaque fois qu’ils tentent de les franchir, ce sera toujours la même réaction jusqu’au moment où chacun va revenir à la raison. Il existe « d’autres manières de régler les problèmes de ce pays que de toujours attaquer les uns les autres et surtout de faire souffrir les populations » a martelé le comforce de la Minusca.

Par la voix de Vladimir Montéïro, porte parole de l’institution onusienne, « le Représentant spécial se félicite de l’engagement de la coalition du FPRC de ne pas s’attaquer aux forces internationales, au personnel des Nations Unies et aux humanitaires ».

Parfait Onanga Anyanga, « tient à rappeler que toutes agressions pourraient constituer un crime de guerre passible de poursuite par les tribunaux nationaux et internationaux » et « appelle tous les acteurs nationaux, régionaux et internationaux, susceptibles de faciliter le retour de la paix en RCA de doubler d’efforts afin que triomphent la paix et la stabilité, le respect de la légitimité constitutionnelle et la réconciliation nationale ».

Le FPRC et  l'UPC s’affrontent depuis plusieurs mois dans les régions de la Haute Kotto et de la Ouaka pour le contrôle de ces territoires. 

Bouar : Une fausse alerte fait des victimes La rumeur d’une attaque de la ville par les éléments du mouvement 3R de Sidiki a paniqué la population ce vendredi. Selon nos informations, des soldats du contingent bangladais de la Minusca en provenance de Bocaranga auraient tiré en l’air à une heure du matin entre deux villages.

Informées, les populations apeurées se sont réfugiées en brousse. Quatre personnes traumatisées, dont deux hommes et deux femmes sont décédées. 

« Entre une heure et trois heures du matin, le contingent bangladais a tiré en l’air sur l’axe Niem au niveau des villages Ngam et Yongo créant ainsi la psychose au sein de la population », a indiqué Benjamin  Kaïgama, député de Bouar II. Il a précisé par ailleurs que « deux femmes dans leur fuite sont mortes et deux autres personnes transférées à l’hôpital de Bouar sont décédées ».

Selon l’élu de la nation : « la population s’est réfugiée au niveau de la cathédrale de Bouar » et « d’autres en brousse ».

Benjamin  Kaïgama demande à ces administrés de regagner les villages car il s’agit d’une fausse alerte.

Contacté, le préfet de la Nana Mambéré affirme que depuis ce matin  la population commence à vaquer librement à ses occupations à Bouar. 

Le député demande par ailleurs au gouvernement d'envoyer les forces  armées centrafricaines pour sécuriser la population.

Contacté, la Minusca confirme les tirs. Selon Vladimir Montéiro, son porte-parole, les soldats onusiens ont réagi à une tentative d'incursion dans leur base.

« Cette nuit effectivement, il y a eu des tirs de la Minusca ceci à la suite d’introduction dans une de nos bases de voleurs qui essayaient de voler des munitions. Ils ont été avertis par les Casques bleus pour obtempérer ce qu’ils n’ont pas fait d’où des tirs ».

« Nous voulons tranquilliser la population, il n’y avait rien », a-t-il déclaré ajoutant qu’il s’agissait « d’un incident » et que ce n’était pas « une attaque ou autre chose ».

Photo : Mairie de la ville de Bouar

 

A Bangui, l’institution onusienne invite la population à garder le calme après les accrochages de mardi ayant occasionné des victimes parmi la population dans le 3e arrondissement. « La Minusca appelle la population à éviter tout acte susceptible d’exacerber les tensions inter-communautaires », a expliqué Vladimir Monteiro, son porte parole.

Pour lui, « dans le cadre des mesures de sécurisation assurée par les forces de sécurité intérieure avec l’appui de la Minusca, une opération a eu lieu mardi après-midi au Pk5 », au cours de laquelle « Youssouf Malinga alias Big Man et ses hommes ont ouvert le feu sur les forces centrafricaines tuant deux passants et causant des blessés ».

« La riposte des forces de sécurité intérieure a entrainé la mort de Youssouf Malinga et de l’un de ses hommes », a précisé Vladimir Montéiro établissant que « trois gendarmes centrafricains ont également été blessés ». Il regrette « que des populations civiles aient été victimes des tirs des criminels ».

Toutefois, un calme précaire règne dans la zone. Dans l’après-midi quelques boutiques ont rouvert leurs portes. Les taxis et les motos-taxis ont pu circuler pendant quelques moments.

Les personnes qui ont fui ces dernières violences pour se réfugier de nouveau sur le site de l'aéroport Bangui M’Poko commencent progressivement à regagner leurs quartiers. Cette rentrée se fait suite selon certaines sources à la demande des autorités de Bangui qui leurs ont demandé de libérer les lieux.

La Minusca affirme avoir le contrôle à Bocaranga

Après l’attaque des 3R la semaine dernière, Vladimir Montéiro, son porte parole, annonce avoir déployé « trois contingents » de la mission sur place appuyés par un hélicoptère de combat.

« Lors de ces attaques, nous avons déployé dans l’après-midi de jeudi dernier un hélicoptère pour contrôler la zone », a-t-il indiqué rassurant que la situation est redevenue calme aux environs de 12 heures grâce à « des patrouilles » qui « ont eu lieu pour éviter l’aggravation des affrontements entre les deux groupes ».

Vladimir Montéiro relève que « la force de la Minusca a sécurisé les installations des ONG, protégé l’hôpital et le camp des déplacés » pour faciliter « aujourd’hui » le retour de ces derniers dans leurs quartiers respectifs.

Ouaka : Ndassima encore en ébullition

Les habitants de cette zone aurifère ont été surpris samedi dernier par des affrontements opposant les éléments de FPRC de Nourredine Adam à ceux de l'UPC d’Ali Ndarass. Pour l'heure aucun bilan n'est disponible du fait de l'inaccessibilité sur les lieux. Les villages seraient vidés de leurs populations.

Selon plusieurs témoignages, une vingtaine d’hommes en arme auraient été tués. Les populations prises de peur seraient toujours en fuite dans la brousse. Les mêmes sources indiquent que les éléments de l’UPC se seraient retirés de leur base de Ndassima pour se replier à Bamodo situé à 40 Km de Bambari.

La situation encore tendue à Ndassima distant de 52 Km de Bambari est confirmée par Vladimir Montéiro, porte-parole de la Minusca, qui annonce le contrôle de la zone par la force onusienne.

Depuis deux mois, des affrontements opposent les hommes armés de la coalition FPRC-MPC à ceux de l’UPC. De nombreuses victimes ont été enregistrées.

Bangui : Violences meurtrières au Pk5, un imam appelle au calme Après la fin de la journée dramatique d’hier, l'imam de la mosquée Ali Babolo, Awadal Karim Mahamat, appelle les Centrafricains au calme et à la retenue.

« J’appelle au calme », a déclaré imam Awadal Karim Mahamat. Car « Face à qui est arrivé, il faudra tourner la page et aller de l’avant », a-t-il souhaité rejetant toute aggravation. Il condamne avec la plus grande rigueur les « représailles » qui selon lui ont conduit à la mort de certaines « personnes innocentes ». Il déplore par ailleurs ces actes qui ont coûté la vie à des innocents précisant avoir recueilli « quatre victimes » à la morgue de la mosquée. 

Espérant que cela ne dégénère pas, l’imam Awadal Karim Mahamat, rassure que la vie a repris peu à peu avec la réouverture des commerces et du marché.

Rappel des faits

Le Pk5, grand quartier du 3e arrondissement, a été secoué mardi en fin de journée par des tirs à l’arme automatique. A l’origine, le décès de Youssouf Sy alias Big Man, successeur d’Issa Kapi surnommé 50/50.

Selon certaines sources contactées par Radio Ndeke Luka, cet homme recherché par la justice a été tué hier au cours d’une opération conjointe forces de sécurité centrafricaine – Minusca.

En représailles, ses éléments ont tiré à l’arme automatique pour manifester leur mécontentement. Il est par ailleurs encore prématuré de donner un bilan exact des dégâts humains et matériels. D’après des témoins, les exactions ont fait des morts parmi lesquels, Jean Paul Sankagui, journaliste, ancien Haut conseiller en communication et pasteur de l’Eglise Christ de Ramandji, incendiée au cours des évènements. Il y aurait également eu plusieurs blessés par balle.

La Minusca a mis en place un dispositif sécuritaire pour prévenir un regain de tension.

Retour des déplacés à l’aéroport Bangui M’Poko

Les tirs d’arme de ce mardi au Pk5 ne sont sans conséquences sur les populations civiles. Plusieurs habitants du secteur, qui avaient regagné leurs domiciles, sont repartis sur le site de l’aéroport Bangui-M’Poko.

Plusieurs centaines de personnes (hommes, femmes et enfants) sont de nouveau à proximité du tarmac. Sans abris de fortune, l’image est désolante. Assis sur des nattes sous les manguiers, les assiettes et les habits par terre, tous déplorent leurs conditions de vie. Ces déplacés ne réclament qu’une chose : le désarmement des groupes armés de Pk 5.

« L’incident qui s’est produit hier est lié au travail de la gendarmerie. Après, les hommes armés ont commencé à tirer. Ils ont même brûlé nos maisons. Qu’on désarme Pk5 », a fait savoir l'un d’eux sous couvert de l'anonymat.

Jean Serge Bokassa, ministre de la Sécurité publique et Virginie Mbaïkoua, des Affaires sociales ont visité ces déplacés. Les appelant au calme, le ministre Bokassa a rassuré que des dispositions sont en train d’être prises pour sécuriser le Pk5 afin de favoriser leur retour chez eux.

« Je voudrais rappeler toutes les communautés et la population en général au calme et au soutien de l’action de nos forces de sécurité intérieure ».

Cette nouvelle violence s’installe alors que de nombreux déplacés avaient déjà regagné leurs quartiers respectifs suite à l'opération de déguerpissement initiée par le gouvernement.

Bocaranga et Kouï sous le feu du groupe 3R Ce jeudi, Bocaranga dans l’Ouham-Péndé a été attaquée aux premières heures par les rebelles du « Retour, Réclamation et Réhabilitation » du camerounais Sidiki, basé dans la localité. Bernard Dilla, député de Ngaoundaye I confirme la nouvelle.

« A 6 heures, la ville de Bocaranga a été attaquée. Tous les réseaux de téléphonies sont coupés. C’est désolant de voir que la zone toute entière est entrain de sombrer dans l’insécurité ».

Aux dernières nouvelles, ces rebelles avant de quitter la ville ont vandalisé l’église catholique, emportant plusieurs ordinateurs et de l’argent. Un bilan précis est impossible pour l’instant.

Le député s’étonne par ailleurs de la passivité de la Minusca face à ce groupe armé qui continue de commettre des exactions sur la population civile. « Ces derniers temps nous constatons un laxisme total de la Minusca », a expliqué Bernard Dilla.  Pour lui dernièrement, « ces soldats onusiens étaient à Kouï quand ces mêmes groupes armés ont attaqué la région », décrivant « ils ont  massacré la population, brûlé des gens et installé leur camp à proximité de la Minusca » tout en régnant en « maître dans la ville de Kouï ».

« Sous la barbe de la Minusca » et selon l’élu de nation, « ils ont tué une vingtaine de personnes ».

La Minusca dit avoir le contrôle de la ville

Selon, Vladimir Montéro son porte-parole, il s'agit d'individus armés qui voulaient juste voler. « Nous avons été informés de la présence à Bocaranga d’éléments non identifiés, des individus armés qui ont ouvert le feu pour pouvoir faire fuir les gens et piller certaines boutiques et infrastructures ».

Apeurées des personnes ont rejoint la base de la mission onusienne. « Une cinquantaine de civils se sont réfugiés près du camp de la Minusca et nous avons entamé une patrouille pour sécuriser et tranquilliser les populations », a indiqué Vladimir Monteiro soulignant que « la situation est contrôlée ».

Dans la Ouaka, inquiétude à Ngakobo

La peur règne encore à Ngakobo situé à une soixantaine de kilomètre de Bambari. Mercredi, des échauffourées ont éclaté entre les hommes armés de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) du général Ali Ndarass et des Antibalaka.

Suite à des rumeurs qui circulent dans la ville, les habitants craignent d’éventuelles représailles. Ils appellent les autorités à leur voler au secours.

Ce matin, la population a de la peine à vaquer librement à ses occupations quotidiennes. Les commerces n'ont pas encore repris. « Tout le monde a peur. Les activités sont paralysées », a relevé un pasteur sous couvert de l’anonymat précisant « qu’aucun coup de feu n’a été entendu depuis ce matin ». Selon cette source, les éléments armés de l’UPC entendent couper la ville en deux.

Hier, un leader Antibalaka aurait trouvé la mort dans les combats. Un autre a été grièvement. Deux femmes dans le coma ont été transférées à l’infirmerie de la place.

 RCA: le gouvernement et la Minusca lancent le recrutement de 500 policiers et gendarmesLa première phase de recrutement des gendarmes et policiers centrafricains a été officiellement lancé ce 31 janvier 2017 parles ministres de la sécurité publique et de la défense en présence du commissaire de police de la Minusca. Au total, 500 personnes à raison de 250 par corps respectif de la police et de la gendarmerie seront ainsi recrutées pour être formées.

Au cours d'une conférence de presse conjointe ce 31 janvier annonçant le lancement officiel de ce recrutement, Jean Serge Bokassa a indiqué que ce processus qui se fera de manière gratuite se déroulera du « 1er au 28 février 2017 », et devra être « transparent ». Il ajoute que le département de la sécurité publique a préféré - pour que ce processus soit véritablement « inclusif », de le décentraliser en s'appuyant sur les chefs lieux de préfecture. Jean Serge Bokassa invite à cet effet, les préfets, sous-préfets et Maires à relayer l'information relative à la gratuité des dépôts de dossiers. Il met en garde contre des «prélèvements d'argent », ce qui selon lui, sera « durement sanctionné ». Un numéro vert sera mis à la disposition des populations afin de « dénoncer les cas de fraude».

Pour le Général Soulemanou Ngamsou, commissaire de la composante police de la Minusca, ce processus de recrutement est la concrétisation de « la résolution 2301 du conseil de sécurité des Nations Unies ». Celle-ci avait prévu la sélection puis la formation des policiers et gendarmes « quelle que soit leur origine confessionnelle, ethnique ou géographique », avec en toile de fond, l'impérieuse nécessité du « recrutement des femmes ».

 

 

 

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