Bocaranga et Kouï sous le feu du groupe 3R

jeudi 2 février 2017 16:08

Bocaranga et Kouï sous le feu du groupe 3R
Ce jeudi, Bocaranga dans l’Ouham-Péndé a été attaquée aux premières heures par les rebelles du « Retour, Réclamation et Réhabilitation » du camerounais Sidiki, basé dans la localité. Bernard Dilla, député de Ngaoundaye I confirme la nouvelle.

« A 6 heures, la ville de Bocaranga a été attaquée. Tous les réseaux de téléphonies sont coupés. C’est désolant de voir que la zone toute entière est entrain de sombrer dans l’insécurité ».

Aux dernières nouvelles, ces rebelles avant de quitter la ville ont vandalisé l’église catholique, emportant plusieurs ordinateurs et de l’argent. Un bilan précis est impossible pour l’instant.

Le député s’étonne par ailleurs de la passivité de la Minusca face à ce groupe armé qui continue de commettre des exactions sur la population civile. « Ces derniers temps nous constatons un laxisme total de la Minusca », a expliqué Bernard Dilla.  Pour lui dernièrement, « ces soldats onusiens étaient à Kouï quand ces mêmes groupes armés ont attaqué la région », décrivant « ils ont  massacré la population, brûlé des gens et installé leur camp à proximité de la Minusca » tout en régnant en « maître dans la ville de Kouï ».

« Sous la barbe de la Minusca » et selon l’élu de nation, « ils ont tué une vingtaine de personnes ».

La Minusca dit avoir le contrôle de la ville

Selon, Vladimir Montéro son porte-parole, il s'agit d'individus armés qui voulaient juste voler. « Nous avons été informés de la présence à Bocaranga d’éléments non identifiés, des individus armés qui ont ouvert le feu pour pouvoir faire fuir les gens et piller certaines boutiques et infrastructures ».

Apeurées des personnes ont rejoint la base de la mission onusienne. « Une cinquantaine de civils se sont réfugiés près du camp de la Minusca et nous avons entamé une patrouille pour sécuriser et tranquilliser les populations », a indiqué Vladimir Monteiro soulignant que « la situation est contrôlée ».

Dans la Ouaka, inquiétude à Ngakobo

La peur règne encore à Ngakobo situé à une soixantaine de kilomètre de Bambari. Mercredi, des échauffourées ont éclaté entre les hommes armés de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) du général Ali Ndarass et des Antibalaka.

Suite à des rumeurs qui circulent dans la ville, les habitants craignent d’éventuelles représailles. Ils appellent les autorités à leur voler au secours.

Ce matin, la population a de la peine à vaquer librement à ses occupations quotidiennes. Les commerces n'ont pas encore repris. « Tout le monde a peur. Les activités sont paralysées », a relevé un pasteur sous couvert de l’anonymat précisant « qu’aucun coup de feu n’a été entendu depuis ce matin ». Selon cette source, les éléments armés de l’UPC entendent couper la ville en deux.

Hier, un leader Antibalaka aurait trouvé la mort dans les combats. Un autre a été grièvement. Deux femmes dans le coma ont été transférées à l’infirmerie de la place.