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RCA : La Minusca avertit le FPRC contre tout projet d’attaque sur Bangassou

mercredi 14 juin 2017 13:23

RCA : La Minusca avertit le FPRC contre tout projet d’attaque sur Bangassou
La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine est déterminée à empêcher toute tentative d’incursion du Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) à Bangassou dans le Mbomou au sud. Cette faction de l’ex-Séléka projette d’investir cette ville depuis la localité de Bakouma où elle s’est implantée. Dans un communique de presse ce mardi, la Mission onusienne craint des conséquences dramatiques pour la population civile.
 
« Des mesures indispensables sont en train d’être prises par la Minusca », indique le communiqué. L’institution onusienne demande aux responsables de ce groupe armé d’abandonner ce projet néfaste. Elle invite par ailleurs le FPRC et tous les éléments armés à cesser immédiatement les violences contre les populations civiles, notamment à Bakouma, et à quitter la localité. Le communiqué mentionne que la justice enquêtera sur les crimes qui ont été commis récemment à Bangassou, Bakouma, Alindao, Nzako et ailleurs.
 
Au sujet de Bangassou, la Minusca met en garde la milice Antibalaka contre des violences visant la population civile et les casques bleus. Les responsables de ces attaques, d’après elle, porteront l’entière responsabilité des violences.
 
La Mission onusienne salue à ce titre le professionnalisme, l’engagement et l’impartialité des contingents déployés dans cette région du pays pour protéger les populations.
 
Selon la Mission de l’ONU, la crise actuelle a déjà occasionné plusieurs morts et des milliers de déplacés. L’implication des Centrafricains pour retrouver la paix est donc essentielle pour mettre fin à la souffrance des populations civiles.

Dans la Haute-Kotto, psychose à Bria

La situation sécuritaire reste volatile dans cette ville de la République Centrafricaine. Depuis les affrontements sanglants qui ont eu lieu du 16 au 18 mai dernier, les milliers de personnes réfugiées sur les sites de déplacés, craignent un nouvel embrasement de la situation. Du coup, une perte de confiance aux casques bleus de la Minusca basés dans la ville s’affiche.

Les habitants estiment que Bria peut basculer à nouveau dans le chaos. Malgré leur repli dans les sites, le danger est toujours permanent.

« C’est très catastrophique ! Ils ont incendié des maisons, tué et pillé tous nos biens. Nous sommes Centrafricains, où veulent-ils nous mettre ? Que fait le Gouvernement ? Les casques bleus ne font rien. Nous sommes exposés », s’est indigné l’un des déplacés sous couvert de l’anonymat.

Face à cette menace réelle d’embrasement de la situation, les leaders religieux tirent la sonnette d’alarme. « Pour le moment, nous craignons le pire », a relevé Abbé Gildas Gbéni, Curé de la Paroisse Saint Louis de Bria.

Au sortir des échanges avec John Ging, Directeur des Opérations du Bureau de OCHA et Najat Rochdi, son Coordonnateur humanitaire en Centrafrique, le Curé sollicite une action robuste.

« Pour le moment la ville n’est pas sous contrôle de la Minusca mais plutôt des groupes armés, d’où l’importance pour la Minusca de pouvoir donner tout son énergie pour que le pire puisse être évité ».

A l’occasion d’un meeting de la Coordination des Affaires Humanitaires de l’ONU lundi à Bria, la population a chargé les membres de la délégation venus de New-York et de Bangui, d’être leurs ambassadeurs auprès des dirigeants de Bangui.

Aujourd’hui,  plus de 90% des habitants se trouvent sur les sites craignant pour leur sécurité.