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Une vingtaine de civils tués vendredi par des soldats tchadiens à Bangui

Des soldats tchadiens de la force africaine en Centrafrique ont ouvert le feu vendredi dans la commune de Bégoua, à la sortie nord de Bangui, tuant plus de 20 personnes et blessant de nombreuses autres.

« Les soldats tchadiens ont une fois de plus tiré à bout portant sur les habitants au niveau du Pk12 dans la commune de Bégoua. Plus d’une vingtaine de personnes ont été tuées et une centaine de blessés graves enregistrés. Je suis dépassée et ignore le sort des blessés. Que les autorités interviennent rapidement. Les gens pleurent partout, Bégoua est endeuillée », a indiqué la maire de la commune, Odette Dombolo.

Selon des informations, des soldats tchadiens armés jusqu’aux dents étaient aux portes de Bangui dans les premières heures de la matinée de vendredi. Ils ont été bloqués par les forces françaises de l’opération Sangaris à quelques mètres de Pk12.
 
Après de vaines discussions avec les Français, les Tchadiens ont franchi la barrière aux environs de 14 heures et ont aussitôt ouvert le feu à l’arme lourde et à l’arme automatique sur la population civile.

C’est également le deuil au quartier Gobongo 2 où au moins 4 personnes ont été tuées et des maisons brûlées par des tirs de roquette.

« On ne sait plus ce que veulent ces soldats tchadiens. De passage, sans avoir été agressés, les soldats ont tiré sur les gens. Le toit de la maison de mon grand-frère a été touché par des balles, un obus est tombé au domicile du chef de quartier », a raconté un témoin qui a requis l’anonymat.
A Gobongo 3, le domicile du chef de quartier a aussi essuyé un tir de  roquette. Béatrice Binguimalé, l’épouse chef du quartier raconte. «Ce qu’ils ont fait dépasse l’entendement. Nous avons été surpris, mes cinq enfants et moi, par ce projectile. La maison a été envahie par la fumée. Grâce à Dieu, il n’y a pas eu de victimes ».

Il y a à peine un mois, des militaires tchadiens en mission de rapatriement de leurs compatriotes vivant en Centrafrique avaient ouvert le feu, tuant plusieurs civils centrafricains.

Pour le porte-parole des Antibalaka, Brice Emotion Namsio, les violences de vendredi constituent une provocation. « Je salue l’acte courageux des Antibalaka qui ont su garder le calme malgré l’agression des soldats tchadiens. Au nom du peuple centrafricain, au nom des Antibalaka, nous prenons à témoin l’opinion nationale et internationale, nous prenons à témoin le président (français) François Hollande. Le peuple centrafricain est massacré au vu et au su des forces françaises de l’opération Sangaris », a-t-il déclaré.
 
Ces violences se sont produites alors que la présidente Catherine Samba-Panza, venait de décréter 3 jours de deuil national, à compter du mardi 1er avril, en mémoire des victimes de l’attaque à la grenade de la nuit de jeudi à vendredi au quartier Kokoro 2 dans le 3e arrondissement de Bangui.

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