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La question de la sécurité en RCA sur la table de discussion

La restauration de la sécurité en République Centrafricaine est depuis ce jeudi matin au centre d'une table ronde de quatre jours au siège de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEMAC) à Bangui. Les travaux regroupent une centaine de participants parmi lesquels des leaders des groupes armés, des officiers issus des rangs des forces nationales et internationales.

A l'ouverture des travaux, le ministre d’État en charge de l’Energie et de l’Hydraulique, représentant le gouvernement, Aristide Sokambi, a indiqué que cette table ronde s'inscrit dans le cadre des préparatifs du processus Désarmement-Démobilisation-Réinsertion et Rapatriement (DDRR) des ex-combattants (ex- Séléka et Antibalaka), recommandé lors du forum de Bangui, tenu du 4 au 11 mai dernier.

« Nous avons multiplié des rencontres pour ramener la sécurité dans le pays. Mais cette table ronde concerne les groupes armés, ceux qui ont commis des exactions. Lors des précédentes rencontres, nous avons projeté de les réunir afin de réfléchir sur les voies et moyens pour sortir notre pays de cette situation », a fait savoir Aristide Sokambi. « Il leur appartient de nous dire comment sortir le pays de ce danger puisque nombreux d'entre eux ont facilité la descente aux enfers », a ajouté le membre du gouvernement.

Cette table ronde revêt une double signification d'après le ministre Sokambi : « Cela nous permettra de voir le processus DDRR et RSS (la Réforme du secteur de sécurité) ».  
 
Le Représentant spécial de Ban Ki-moon en Centrafrique, chef de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation de la Centrafrique (Minusca), Parfait Onanga Anyanga, précise que le moment est arrivé pour les Centrafricains de trouver eux-mêmes des solutions à la crise qui secoue le pays.

« Ces discussions vont permettre aux populations centrafricaines d'avoir un meilleur contrôle démocratique des forces de sécurité intérieure. Ce qui s'est passé malheureusement dans le passé, pas seulement en Centrafrique mais dans beaucoup de pays africain, c'est que nous avons des forces de sécurité qui évoluaient complètement déconnectées de la population, de la société et qui de temps en temps se retrouvaient à commettre des exactions qui affectaient profondément la vie sociale et la sécurité des populations civiles », a expliqué Parfait Onanga Anyanga.

« Aujourd'hui, cela doit prendre fin. Il faut également garder à l'esprit que ce qui se fait sur le plan de la démocratisation du pays est intimement lié à l'effort de réforme du secteur de la sécurité. Tout ceci doit se comprendre dans le cadre des efforts en vue du désarmement », a indiqué l'onusien.

Des thèmes portant sur la sécurité notamment dans un contexte de la reconstruction et la réconciliation nationale vont être abordés durant cette table ronde organisée par le gouvernement en partenariat avec la Minusca. Les travaux vont prendre fin le 6 décembre prochain.

Entre temps la population de Kaga-Bandoro est prise en otage

Les populations de Kaga-Bandoro dans le nord du pays sont toujours prises en otage  par les hommes armés. Les habitants de la ville, ayant requis l'anonymat, regrettent que l'autorité de l’État soit défiée par les hommes armés. Ces derniers refoulent tous les fonctionnaires de l’État redéployés dans la ville à l'exception du personnels de la Santé et de l'Education. Ces groupes armés se disent séparatistes de la République du Logone.

Toujours selon nos sources le processus électoral est menacé dans la région. Le déchirement des listes électorales dans certains quartiers en est l'illustration. Selon la population, la ville de Kaga-Bandoro est transformée en site de formation militaires.

« Le général Nourredine Adam s'est opposé à la décision gouvernementale. Il a accepté dans la localité deux départements, santé et éducation. Les listes électorales affichées ont été déchirées danbs les quartiers Camp Fleur, Socada, Abakar, Ganama et Adam. La ville est transformée en camp de formation militaire », précise un habitant de la ville.

Joint au téléphone depuis Kaga Bandoro, le général Nourredine Adam, commandant les combattants de l'ex-Séléka, confirme les informations et déclare qu'il n'y aura pas d'élections à Kaga-Bandoro.

« Nous sommes tous, fils de ce pays. Si un problème nous oppose, nous avons intérêt à dialoguer afin de faire avancer le pays. S'il faut se fier à des personnalités pour des intérêts égoïstes et abandonner le peuple dans la souffrance, nous ne l'acceptons pas. Nous acceptons les médecins et les enseignants, même s'il faut les aider à rejoindre Birao, nous le ferons. De Sibut à Birao, de Sibut à Sido, il n'y a pas d'hôpitaux, il n'y a pas d'écoles, ni de routes. C'est ce qui nous a poussé à prendre les armes. Si on nous envoie des médecins et des enseignants pour soigner et instruire nos familles, ils sont les bienvenues. Mais d'autres fonctionnaires, nous ne les acceptons pas. Le processus électoral dans le contexte actuel n'est pas possible ».

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