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Regroupement d'hommes armés à Kaga Bandoro, psychose au sein de la population

Des ex-Séléka, armés jusqu'aux dents, sont arrivés samedi 14 et dimanche 15 avril 2018 à Kaga Bandoro chef lieu de la Nana Gribizi dans le nord de la République Centrafricaine. La présence de ces éléments lourdement équipés, à bord d'une vingtaine de véhicules 4x4 neuf, inquiète la population locale plongée dans une psychose  généralisée. 

"Nous avons constaté l'arrivée massive d'hommes en arme à bord des pick-up BG 75 en provenance de Ndélé [Ndlr : chef lieu du Bamingui-Bangoran]. Au total 14 véhicules remplis d'hommes lourdement armés sont entrés dans la ville de Kaga Bandoro ce qui a fait peur à la population. Sur la route de Sido [Ndlr : ville proche du Tchad], des Mbarara armés du MPC sont aussi arrivés à bord des motos", ajoutant que "d'autres véhicules en provenance de Ndélé pour Kaga Bandoro. La présence de Abdoulaye Hissène, l'un des responsables du FPRC, est signalée dans la ville", a témoigné un habitant joint au téléphone dimanche.

Selon la même source : "il n'y a pas d'exactions. Mais la peur gagne les esprits". Prise entre les mords de l'étau, la population ne sait que faire et voudrait avoir des précisions sur le but de ce regroupement.

Mode opératoire

Selon des informations, des hommes armés assimilés aux combattants Séléka auraient incendié des villages et pris des personnes en otage. Il est devenu impossible depuis ce lundi matin de joindre un habitant de Kaga Bandoro au téléphone. Difficile de dire s'il s'agit d'une stratégie adoptée par ces ex-rebelles.

Depuis le week-end dernier, les voies routières menant dans la ville de Kaga Bandoro ont été bloquées par des ex-Séléka suite aux opérations de désarmement des bandes armée du Pk5 dans le 3e arrondissement de Bangui. Les principaux chefs de guerre Séléka, dont certains ont été signataires de l'accord de DDRR, ont estimé que l'opération de déguerpissement des miliciens du Pk5, était orientée contre les musulmans de ce quartier de la capitale centrafricaine.

Sous ce prétexte, les ex-Séléka seraient-ils en train de se réorganiser dans cette partie du nord du pays pour une énième descente sur Bangui et déstabiliser le régime de Faustin Archange Touadéra ?

Le CLPS favorable à la poursuite de l'opération de désarmement au Pk5

Le Conseil des leaders politiques et sociaux (CLPS) apporte sa caution aux autorités de Bangui en exigeant que les bandes armées du Pk5 soient désarmées. Dans une déclaration publiée samedi 14 avril 2018 suite à l'échec de la seconde tentative d'arrestation de Nimery Mathar alias Force, un des chefs des milices du Km5, le CLPS demande plus d'expérience. Selon son coordonnateur, Jean Serge Wafio, les autorités centrafricaines doivent mettre les bouchées doubles pour mettre hors d'état de nuire les fauteurs de trouble. 

"L'enclave du Km5 ne doit pas rester un défi permanent pour les autorités politiques nationales. L'opération qui est entamée, il faudrait la terminer avec professionnalisme".

Pour Jean Serge Wafio, au cours de la première opération, il y a eu des dérapages. "Ce genre d'opération, il ne peut jamais manquer d'effets collatéraux. Les premiers effets collatéraux, nous les déplorons tout simplement parce que nous mettons en cause les services de renseignement et d'information au niveau du gouvernement et de la Minusca", a relevé le coordonnateur du CLPS.

Pour le coordonnateur du CPLS "si ces services avaient pris toutes les dispositions préalables pour le ciblage des objectifs à atteindre, les effets collatéraux devaient être moindre".

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