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©Roger Fleury Koursany
Un taxi et un bus en circulation au rond point Oumar Bongo (Marabéna), le 9 juillet 2018

Bangui fait face à un problème de tracasseries de transport en commun

Au début de cette rentrée scolaire 2018-2019, le transport urbain devient difficile à Bangui. Plusieurs usagers, élèves, commerçants et fonctionnaires se plaignent des tracasseries dont ils font l'objet.

De Pk12 à Gobongo en passant par Miskine, Ben-zvi, Pétevo, Combattant et autres, le décor est le même. Les usagers ne cachent pas leur mécontentement face au problème de transport pour se rendre au travail ou après. « Je suis sorti depuis 6h du matin on est presque à 8h, je n’arrive pas à attraper un bus. Je me demande à quelle heure je vais arriver au bureau et à quelle heure je vais travailler », s’interroge un fonctionnaire sous le couvert de l’anonymat.

Les tracasseries ont d’autres explications selon une habitante de Bimbo. Pour elle, les chauffeurs des taxis et bus évitent de gaspiller du carburant sur le chemin de retour. « Il y a trop de tracasseries sur l’itinéraire centre-ville Pétevo. Lorsque les taximen quittent Pétévo pour le Centre-ville,  au retour, il n’y a pas assez de clients. Ce qui fait que l’axe ne les intéresse pas assez » a-t-elle expliqué.

Autre grief, la segmentation des axes par certains conducteurs. Cette pratique impacte négativement sur le budget de transport des usagers. « Je veux aller au centre ville, alors que les taxis s’arrêtent au niveau du croisement 4e. Qu’allons nous faire ? Où allons-nous trouver de l’argent pour payer doublement le transport ? »  s’interroge une commerçante.

Les conducteurs mis en cause justifient cette spéculation par le non respect de la tarification légale.  « Pour aller au centre-ville, il faut payer 175 F Cfa, mais les usagers préfèrent donner 100 F Cfa. Voilà pourquoi nous sommes obligés de nous arrêter au niveau du 4e arrondissement », explique Félix, un conducteur de taxi.

Face à ce jeu de ping-pong clients-chauffeurs de taxi, les motos-taxis apparaissent comme une solution facile, mais représentent un problème majeur à cause des accidents. 

Au mois de juin 2018 à Bangui, le service de traumatologie de l'hôpital Communautaire a enregistré au moins 10 accidents imputés aux conducteurs de motos-taxis.

Depuis plus de 10 ans, on assiste à une hausse régulière du nombre de décès dus aux accidents de voies publiques, la plupart attribuée aux motos-taxis. De 25 décès en 2002, on a enregistré au moins 100 morts au service de traumatologie en 2017, selon Dr Bertrand Tékpa. Une augmentation qui avoisine 100% de décès chaque année d'après le spécialiste.

Ce à quoi les usagers appellent à la réglementation du secteur.

 

 

    

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