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©RNL/Brice Landry Ndanguy
Les cuvettes de manioc exposées sur le marché de Sibut

RCA: la hausse de prix de manioc sur les marchés inquiète

Le manioc, aliment de base des Centrafricains, devient de plus en plus rare sur les marchés du pays. Les prix ne cessent de galoper depuis le début de ce mois de mai. A Bangui, une cuvette qui coutait 2.500 se vend aujourd'hui à 5.000 FCFA.

C'est un coup dur pour les consommateurs de manioc. La cherté de cet aliment devenu rare sur les marchés du pays est inquiétante. Sur tout le territoire national, le constat reste le même. Dans nombreuses villes du pays, le prix d'une cuvette de manioc a doublé voire triplé.

C'est le cas de la ville de Paoua au nord où le prix de la cuvette est passé de 1250 à 3500 FCFA. Les observateurs et cultivateurs justifient cette situation par l'insécurité dans la région les empêchant de cultiver.

"Maintenant, une cuvette de manioc se vend à 3500 FCFA. La culture attelé  qui aidait à cultiver en grande superficie n'existe pas aujourd'hui car les bœufs sont emportés durant les évènements. Les cultivateurs n'ont pas travaillé depuis un an, ce qui fait que le prix du manioc a augmenté", a expliqué un habitant de Paoua à Radio Ndeke Luka.

C'est une situation presque identique dans la Lobaye au sud du pays. Une cuvette qui se vendait à 1.500 coute aujourd'hui 2.500 FCFA. Comme l'explique Lydia Gladys KONGO, une habitante de la ville de Mbaiki.

"Une cuvette de manioc coûte aujourd'hui 2.500 FCFA. Quand tu demandes pourquoi, on te dit, cultiver maintenant c'est difficile, et c'est même difficile de trouver de manioc bien mûr".

Plusieurs raisons justifient la rareté et la hausse du prix de cette denrée alimentaire en Centrafrique. Intérrogé par Radio Ndeke Luka, Matthias Ngassima, adjoint au Délégué des dépôts de vente de manioc au PK 12, à la sortie nord de Bangui a indiqué que :

"Cette pénurie s'explique par la présence des hommes armés dans les régions du pays. A Kaga-Bandoro par exemple, les éleveurs peuls communément appelés Mbarara conduisent leurs bœufs dans les champs et qui dévastent tous les produits champêtres. Au paravent, on payait le gros sac L8 à 20.000 FCFA mais maintenant, on paie à 32.000 FCFA"

Cette hausse du prix de manioc affecte sensiblement le panier de la ménagère. En attendant l'amélioration de la situation, les yeux sont tournés vers le gouvernement pour des mesures appropriées.

 

 

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