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Une partie des déplacés de Socada lors d'une assistance humanitaire

Bangui : les déplacés du site de Socada haussent le ton après un mandat de déguerpissement

Les déplacés du site de Socada dans le 2e arrondissement de Bangui ont manifesté leur mécontentement le 24 novembre après avoir été sommés par la gendarmerie de déguerpir le site dans deux jours. Ces femmes, hommes et enfants ont fui les inondations sur l’ile Mbongossoa en 2019 pour se regrouper sur ce site privé.

Un peu plus de 2000 personnes ont manifesté ce jeudi 24 novembre dans une partie du 2e arrondissement de Bangui pour protester contre le projet de leur déguerpissement. Il s’agit des victimes des inondations de fin 2019 campées depuis deux (2) ans sur le site de Socada.

Tout a commencé lorsqu’une unité de la gendarmerie a débarqué sur le site de Socada avec une note intimant l’ordre aux occupants de déguerpir dans un délai de deux jours sous peine d’expulsion. Cette nouvelle visiblement embarrassante a suscité l’émoi des sinistrés. Très vite, plusieurs centaines de familles ont manifesté leur mécontentement et dénoncé l’abandon par les autorités de Bangui.

« Qu’allons-nous devenir ? » 

Avec un concert de casseroles, ces occupants ont exigé leur relocalisation sur les sites officiellement annoncés par le gouvernement à Nzila -sortie Sud- et Landjia Mboko dans le Sud-est de la capitale.

« Nous n’avons jamais voulu à être dans cette situation. Nous n’avons jamais demandé quoi que ce soit aux autorités de notre pays. Des promesses nous ont été faites pour qu’on nous relocalise à Nzila mais subitement on nous demande de quitter les lieux sans aucune mesure d’accompagnement ? Qu’allons-nous devenir ? », s’inquiète Véronique Tongui, une mère de famille.

Des promesses non tenues par les autorités ?

La ministre des actions humanitaires, Virginie Baïkoua a rencontré ces déplacés le mardi 23 novembre où une somme de 50. 000 frs CFA leur a été promis par ménage. Marius Pengakola, l’un d’entre eux a pris part à cette réunion.

« Nous sommes là parce que notre village a été inondé. Les autorités nous ont fait visiter des parcelles pour notre relocalisation. Mais subitement la ministre a changé d’avis pour dédommager chacun d’entre nous avec une somme de 50 mille. Si on prend les 50 mille, nous allons en faire quoi ? Avec notre effectif, est-ce que nous allons vraiment trouver des maisons dans les quartiers ? », s’interroge-t-il.

Pour Jean Koèmè, chef du site des déplacés de Socada, ils doivent être réinstallés quelque part avant de pouvoir trouver un abri.

« Si on parcourt les quartiers de Bangui à l’exemple de Lakouanga, c’est vraiment difficile d’avoir une maison de location à 50 mille. Avec autant d’enfants, comment allons-nous faire ? Aujourd’hui les gendarmes sont venus pour nous chasser comme si nous sommes des rebelles, comme si nous ne sommes pas des Centrafricains. Le gouvernement nous a proposé des terres, alors nous souhaitons attendre notre relocalisation », exige-t-il.

Les responsables de la gendarmerie qui ont mené cette opération n’ont pas souhaité réagir. Mais selon la note laissée, les déplacés sont sommés de quitter le site de Socada dans deux jours.

 

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