Des engagements en 15 points pour une sortie de crise en Centrafrique

Des engagements en 15 points pour une sortie de crise en Centrafrique

Des hommes politiques centrafricains invités par la communauté Sant’Egidio, ont signé le 28 février dernier à Rome en Italie, un document titré « Appel de Rome au peuple centrafricain et à la communauté internationale ». Il s’agit d’un condensé  d’engagements en 15 points pris par les politiques centrafricains.

« L’appel de Rome au peuple centrafricain et à la communauté internationale  » a été signé après plusieurs réunions entre les représentants centrafricains et les membres de la communauté Sant’Egidio. « Le contenu du document paraphé a été discuté pendant ces réunions », selon l’un des participants centrafricains aux travaux.
 
L’appel de Rome rappelle tout d’abord la situation dégradante du pays de manière générale et spécialement celle des victimes de la crise actuelle.

Les signataires du document se sont engagés à s’impliquer fortement pour la réussite du forum de Bangui, forum qui a débouché sur la signature d’un accord de cessation des hostilités à Brazzaville en juillet 2014.

Ils se sont également engagés à lutter contre toutes initiatives pouvant compromettre la réussite des pourparlers inter-centrafricains de Bangui.

Le document appelle à la tenue d’une table ronde de soutien à la République Centrafricaine pour permettre aux autorités qui seront élues de pouvoir faire face aux multiples défis actuels.

Les signataires du document ont pris l’engagement d’apporter leur contribution à la restructuration des forces de défenses et de sécurité intérieure de la Centrafrique, notamment les Forces armées centrafricaines, la gendarmerie nationale et la police centrafricaine. Ils se sont aussi engagés à œuvrer pour la libre circulation des biens et des personnes sur l’ensemble du territoire national.

Les signataires de « l’appel de Rome » s’engagent à s’opposer à tout projet visant l’usage de la force comme moyen pour parvenir à la magistrature suprême de l’Etat.

Les signataires prennent l’engagement de respecter le pacte républicain signé à Bangui par les autorités de la transition le 7 novembre 2013. Ils se sont en plus engagés à respecter les résultats issus des urnes et à faciliter le contre pouvoir afin de permettre aux uns et aux autres de s’impliquer d’une manière ou d’une autre à la gestion de la chose publique.

A la communauté internationale, les signataires ont demandé d’aider le gouvernement à rétablir la sécurité, à préserver la libre circulation et à garantir les droits fondamentaux au peuple centrafricain.

Le deuxième volet de la demande est une invitation à la communauté internationale à qui les signataires demandent de soutenir l’Autorité nationale des élections (ANE) en mettant à sa disposition les ressources nécessaires.

Le document chute sur un appel au peuple centrafricain et aux autres forces vives de la nation que les signataires appellent à les rejoindre dans cette dynamique afin de barrer la route aux ennemis de la paix et de la liberté en République Centrafricaine.

« L’appel de Rome au peuple centrafricain et à la communauté internationale » a été signé ce 28 févier par quatre anciens Premiers ministres Anicet Georges Doléguélé, Enock Dérant Lakoué, Martin Ziguélé, Nicolas Tiangaye, la 2e Vice-présidente du parlement provisoire Léa Koyassoum Doumta, la présidente de la commission d’organisation du Forum de Bangui Béatrice Epaye, et les personnalités politiques comme Désiré Nzanga Kolingba, Gaston Mandata Nguérékata, Abdou Karim Méckassoua ainsi que Prosper Ndouba.

« L’appel de Rome au peuple centrafricain et à la communauté internationale » est signé un mois et une semaine après l’accord de Nairobi entre les leaders Séléka et Antibalaka.

Un premier appel pour la paix et la réconciliation nationale en République Centrafricaine avait été signé à Rome le 10 septembre 2013, au siège de la Communauté de Sant’Egidio par des représentants du gouvernement de Bangui, du parlement provisoire, de la société civile et des confessions religieuses. L’objectif  recherché, visait à sortir la Centrafrique d’une phase très difficile de son histoire, dominée par l’instabilité, la crise économique et une violence diffuse qui avait même touché des églises et des lieux de culte.