Deux jours après l’incursion d’hommes armés à Am-Dafock, dans la préfecture de la Vakaga, la tension reste vive. La ville demeure coupée de Bangui et, selon plusieurs sources locales, toujours sous le contrôle des assaillants. Cette attaque a plongé les habitants dans la peur et l’incertitude. Nombre d’entre eux ont abandonné leurs domiciles pour trouver refuge dans la base locale de la MINUSCA.
D’après des sources locales jointes par Radio Ndeke Luka, l’attaque de ce mardi a fait au moins 28 morts. Quinze victimes ont déjà été inhumées par la population. Vingt-cinq personnes ont également été blessées, les cas les plus graves ont été évacués vers les hôpitaux de Birao et de Bria pour recevoir des soins d’urgence.
Cette situation contraste avec les déclarations officielles de Bangui. Mercredi, le porte-parole du gouvernement, Evariste Ngamana, affirmait que les assaillants s’étaient repliés et que la ville était entièrement sous contrôle des forces gouvernementales. Sur le terrain, les témoignages recueillis auprès des habitants décrivent toutefois une réalité bien différente.
« Jusqu’à présent, les rebelles sont toujours dans la ville. Ils ne sont pas installés dans un camp. Ils traversent la frontière depuis le Soudan pour venir à Am-Dafock, puis repartent avant de revenir commettre des exactions. Si nous avions les moyens, le corps du commandant de brigade ne serait pas resté au sol jusqu’à aujourd’hui. Les corps d’un jeune lieutenant, de plusieurs soldats ainsi que de combattants russes gisent également encore sur place. Aucune force n’est actuellement présente dans la ville », témoigne un habitant réfugié dans la sous-base de la Minusca.
Au-delà du drame sécuritaire, Am-Dafock fait désormais face à une grave crise humanitaire et sanitaire. Les bâtiments administratifs, les habitations et les structures de santé ont été systématiquement pillés, rendant l’accès aux soins quasiment impossible.
Les conséquences sont déjà dramatiques pour les populations les plus vulnérables. Deux enfants sont décédés dans l’enceinte même de la base de la Minusca, faute de prise en charge médicale.
« Nous sommes actuellement réfugiés dans la base de la Minusca. Tous nos ustensiles de cuisine, nos réserves alimentaires, notamment le mil, ainsi que nos médicaments ont été pillés par les hommes armés. La ville a été complètement détruite. Nous lançons un appel à l’aide, car les maladies se multiplient. Nous avons déjà enterré deux enfants dans la base de la Minusca », déplore une habitante.
Depuis le début de la semaine, les habitants d’Am-Dafock vivent dans une psychose permanente en raison des incursions répétées d’hommes armés venus du Soudan. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la porosité de la frontière favorise ces attaques, tandis que le retour à la paix semble encore très éloigné.
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