Le gouvernement centrafricain a présenté, le 6 juillet, une cargaison de 160 000 litres de produits pétroliers saisis et présentés comme issus de la contrebande. La présentation officielle s’est déroulée dans les locaux de la Société centrafricaine de stockage des produits pétroliers (SOCASP), en présence du Premier ministre, Félix Moloua, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement.
Les images diffusées à cette occasion montrent le chef du gouvernement aux côtés du ministre d’État chargé de la Justice, du ministre de la Défense et du directeur général de la SOCASP. Plusieurs dizaines de fûts contenant du carburant sont entreposés sur le site de stockage.
Cette saisie intervient dans un contexte marqué par une pénurie persistante de carburant dans plusieurs stations-service de Bangui, où les files d’attente s’allongent depuis plusieurs jours.
Selon des sources concordantes, le ministre d’État chargé de la Justice a été désigné pour suivre ce dossier, en coordination avec un comité interministériel réunissant notamment les ministères de l’Énergie et de la Défense. Ces mêmes sources indiquent que les plus hautes autorités auraient envisagé d’affecter le carburant saisi aux forces de défense et de sécurité afin de soutenir les opérations sur le terrain. Cette information n’a toutefois pas été confirmée officiellement.
Sollicités par notre rédaction, ni le ministère de l’Énergie ni la SOCASP n’ont répondu à nos demandes de réaction.
D’après plusieurs sources, la cargaison serait principalement constituée de gasoil, un produit dont la rareté est particulièrement ressentie dans la capitale. Sur le marché parallèle, le litre se négocierait désormais autour de 1 700 FCFA, contre 1 250 FCFA auparavant, un prix supérieur au tarif réglementé.
La gestion de l’approvisionnement en produits pétroliers fait l’objet de nombreuses critiques ces derniers mois en République centrafricaine. Plusieurs acteurs économiques dénoncent des ruptures d’approvisionnement récurrentes et la flambée des prix sur le marché informel.
La Banque mondiale, partenaire financier du gouvernement, plaide de son côté pour une réduction des prix à la pompe afin de soutenir l’activité économique. Les autorités centrafricaines n’ont, à ce stade, annoncé aucune modification de leur politique tarifaire.
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