StopATènè : Faux ! le ministère de l’Urbanisme dément une prétendue vente de parcelles attribuée à l’ACPH

StopATènè : Faux ! le ministère de l’Urbanisme dément une prétendue vente de parcelles attribuée à l’ACPH

Depuis le 6 juillet 2026, un document présenté comme un communiqué officiel de l’Agence Centrafricaine de Promotion de l’Habitat (ACPH) circule largement sur les réseaux sociaux. Publié sur une page intitulée « Ministère chargé de l’Urbanisme », il annonce l’ouverture de souscriptions pour l’acquisition de parcelles viabilisées à Bimbo, Bégoua et Danzi. Les intéressés sont invités à s’inscrire en ligne, à verser des frais de 50.000 F CFA et à effectuer des paiements via Orange Money. Après enquête menée par la cellule #StopATènè, il a été établi que ce document est faux. 

Ce qui est affirmé

Le document, attribué à l’ACPH, indique que des souscriptions sont ouvertes du 6 au 22 juillet 2026 pour des parcelles destinées à l’habitation et au commerce. Il précise que les paiements s’effectuent sur une plateforme en ligne, qu’une avance de 10 % est exigée pour la réservation de la parcelle et que le solde peut être payé sur une période de 12 mois.

Notre vérification

Pour vérifier l’authenticité de ce document, la cellule #StopATènè a analysé la présentation et son contenu, puis l’a confronté au communiqué officiel publié le 9 juillet 2026 par le ministère de l’Urbanisme, de la Réforme foncière, de la Ville et de l’Habitat. Il en ressort qu’il n’existe aucune conformité entre les deux communiqués.

Pour aller plus loin, nous avons visité la page officielle du ministère pour en savoir plus. Dans un post du 9 juillet 2026, le ministère a démenti catégoriquement l’annonce attribuée à l’ACPH. Il affirme par ailleurs que cette publication est « dénuée de fondement juridique ».

Le ministère précise que l’ACPH a cessé ses activités depuis longtemps et qu’aucune campagne de souscription ou de réservation de parcelles n’a été lancée sur les réseaux sociaux. De plus, il indique que le paiement des terrains ne s’effectue ni en ligne ni par Orange Money.

Selon le département de l’urbanisme, ces pratiques sont considérées comme des tentatives d’escroquer la population et de créer de la confusion. Ce démenti officiel remet donc en question la crédibilité de l’annonce.

     Communiqué officiel de démenti du Ministère de l’Urbanisme

Des incohérences relevées dans le document

Au-delà du démenti du ministère, plusieurs anomalies apparaissent à la lecture du document en question. La deuxième page indique : « Les paiements des frais de réservation devront être payer… » Le verbe est mal conjugué ; la formulation correcte est « devront être payés ». Une telle erreur est inhabituelle dans un document administratif destiné à une large diffusion.

Dans le document, on peut découvrir une chronologie contradictoire. Il explique que la réservation intervient après la souscription et le paiement d’une avance de 10 %. Pourtant, après quelques lignes plus bas, il affirme : « Toute souscription effectuée sans une réservation préalable fera l’objet d’une annulation de la souscription. » Cette phrase est contradictoire, car elle exige une réservation préalable alors que le document présente celle-ci comme une étape postérieure à la souscription.

                     Capture d’écran du communiqué trompeur

Des procédures administratives mélangées

Le document promet qu’après paiement, le bénéficiaire pourra recevoir, selon les cas : une attestation d’attribution, une délibération municipale, une convention ou un contrat de cession, un certificat de localisation, un permis de construire, un plan cadastral ou de bornage, et un titre foncier. Cette liste regroupe des actes qui relèvent normalement de procédures distinctes et de plusieurs autorités administratives. Leur présentation comme de simples documents remis à l’issue d’une même opération de souscription est juridiquement confuse.

Une retenue financière insuffisamment justifiée

Le document prévoit qu’en cas de dépassement du délai fixé, le souscripteur sera remboursé avec une retenue de 10 % du montant versé. Cependant, aucun texte juridique, aucune décision administrative ni aucun fondement réglementaire ne sont mentionnés pour justifier cette pénalité.

Une rédaction peu rigoureuse 

L’analyse révèle également plusieurs formulations inhabituelles dans un document officiel, comme « déjà viabilisés et prêts à être exploités » ou « copie du reçu de réservation fournis par notre équipe technique », où le participe passé aurait dû s’accorder (« fourni »). De plus, la ponctuation dans les listes administratives est irrégulière. En plus, des éléments graphiques qui interrogent. Le numéro de référence semble avoir été complété avec une typographie différente, le blason de la République apparaît de qualité inférieure au reste du document, et la date finale est apposée au moyen d’un tampon alors que l’emplacement réservé à la date dans la formule « Fait à Bangui, … » demeure vide. Bien que pris isolément, ces éléments ne permettent pas de conclure à une falsification, ils, associés aux incohérences rédactionnelles et au démenti officiel du ministère, renforcent le doute sur l’authenticité du document.

Quelle est la procédure officielle ?

Dans son communiqué, le ministère rappelle que l’acquisition d’une parcelle suit une procédure administrative bien définie. Les demandes doivent être adressées directement aux services compétents du ministère. L’attribution d’une parcelle est matérialisée par un arrêté signé par le ministre, après avis favorable des services techniques. Les paiements s’effectuent auprès de la caisse du Fonds d’Aménagement et d’Équipement Urbains (FAEU) contre une quittance officielle, et non via une plateforme en ligne ou un service de mobile money.

Verdict : Les prétendues souscriptions aux parcelles attribuées à l’ACPH sont fausses. Le document présente plusieurs incohérences de fond et de forme. Surtout, il est formellement démenti par le ministère de l’Urbanisme, qui affirme que cette publication est dépourvue de base juridique, que l’ACPH n’est plus opérationnelle et qu’aucune campagne de vente de parcelles n’est organisée sur les réseaux sociaux.

#StopATènè recommande à la population de ne procéder à aucun paiement sur la base de cette annonce et de vérifier toute offre foncière directement auprès des services compétents du ministère.

#StopATènè : la cellule qui lutte contre les rumeurs et la désinformation

Sources : communiqué de démenti du Ministère de l’Urbanisme

          : Logiciel ExifTool