Centrafrique : 4 blessés dans un affrontement entre éleveurs et agriculteurs non loin de Boda
Un troupeau de bœufs en pâturage dans la région de la Nana-Mambéré à l'ouest de la République centrafricaine. Photo : Minusca.

Centrafrique : 4 blessés dans un affrontement entre éleveurs et agriculteurs non loin de Boda

Au moins quatre personnes ont été blessées, le 12 juillet dernier, dans un affrontement entre des éleveurs et des cultivateurs au village Keli, proche de Boda dans la Lobaye. Le non-respect des couloirs de transhumance serait à l’origine de cette nouvelle tension.

Malgré les multiples campagnes de sensibilisation en faveur d’une cohabitation pacifique entre agriculteurs et éleveurs dans le village Kéli, ces deux acteurs peinent encore à vivre en parfaite harmonie. Le dernier incident remonte au dimanche 12 juillet dernier, où deux éleveurs et deux agriculteurs ont été blessés à la suite de violents affrontements.

« Un éleveur a saccagé mon champ avec son troupeau de bœufs. Au moment où je l’ai interpellé, il m’a poignardé avec une flèche à la poitrine. Comme je n’avais rien sur moi, et que son frère a sorti un couteau pour m’attaquer, je me suis battu avec lui. J’ai récupéré le couteau et je l’ai aussi blessé à la tête », témoigne Jospin Gongo, un cultivateur.

Ces actes sont récurrents ces dernières années. Pour la plupart des cas, c’est le coup pour coup.

« J’étais seulement de passage avec mon troupeau à proximité de son champ. Il m’a blessé à la tête avec un couteau alors que je n’étais pas d’accord qu’il saisisse une de mes bêtes qu’il accuse d’avoir saccagé son champ. En retour, je l’ai aussi frappé à la tête avec mon bâton. C’est de sa faute », lâche Ali Kine, un éleveur.

Responsabilités partagées et appel à l’apaisement

Alors que la discorde entre ces deux acteurs ruraux affaiblit la cohésion sociale, les autorités locales appellent à une responsabilité collective.

« Il y a des endroits où on ne peut pas cultiver ; c’est le cas des couloirs de transhumance. Malheureusement, certaines personnes vont cultiver là-bas. Certains éleveurs en transhumance ou en pâturage laissent aussi leurs enfants avec les animaux. Parfois, ces enfants ne contrôlent pas bien les animaux. Ce qui peut entraîner la destruction des champs et poser des problèmes entre les éleveurs et les cultivateurs », indique Alfred Eseitoua, chef du secteur de l’élevage.

Face aux conflits entre les deux parties, le Conseil de dialogue humanitaire (CDH) a mis en place des activités dans la localité pour maintenir la paix et garantir un couloir de transhumance apaisé. Malgré ces initiatives, la cohabitation reste encore difficile dans certaines localités.

-Lire aussi : Les tensions liées à la transhumance persistent autour de Bocaranga