En cette pleine saison des pluies, les canaux d’évacuation des eaux reliant le pont Ngoubagara au pont Miskine peinent à remplir leur rôle. Obstrués par le sable et les déchets ménagers, ils favorisent les inondations qui affectent régulièrement plusieurs quartiers de Bangui, selon les habitants.
Les dernières pluies diluviennes tombées sur la capitale ont une nouvelle fois mis en évidence ce problème. Aux abords du marché de Miskine, les eaux stagnent dans des canaux obstrués, d’où s’échappent des odeurs nauséabondes. Un spectacle qui inquiète les riverains, comme le témoigne Savoy.
« Pendant la saison des pluies, on constate que les anciens canaux ne sont plus adaptés. À l’époque de leur construction, Bangui était moins peuplée. Aujourd’hui, la population a fortement augmenté et certains habitants utilisent malheureusement ces ouvrages comme dépotoirs. Les ordures s’y accumulent jusqu’à empêcher totalement l’écoulement des eaux », explique-t-il.
L’incivisme, la cause principale
Le même constat est fait quelques centaines de mètres plus loin, en direction du quartier Ngou-Ciment 2. Là aussi, les collecteurs sont obstrués par des déchets qui, avec le temps, se mélangent à la terre et finissent par bloquer complètement le passage de l’eau. Pour Carole, une riveraine, cette situation est avant tout liée au comportement de certains habitants.
« Faute de dépotoirs dans le secteur, certaines personnes attendent la nuit pour venir jeter leurs ordures dans les canaux. Résultat, les eaux de pluie ne peuvent plus s’écouler normalement et les quartiers sont rapidement inondés. Il faut davantage de vigilance et de sensibilisation pour mettre fin à ces pratiques », plaide-t-elle.
Face à l’inaction constatée des autorités, des conducteurs de taxis-motos installés au rond-point Miskine-Malimaka ont décidé d’agir. Régulièrement, ils organisent, eux-mêmes, le curage des canaux afin de faciliter l’écoulement des eaux.
« Cela fait plusieurs années que ces canaux n’ont plus été entretenus. Chaque samedi, nous nous mobilisons pour retirer les ordures et permettre à l’eau de circuler. Malgré ces efforts, dès qu’il pleut abondamment, le quartier est de nouveau sous les eaux », regrette Robert, conducteur de taxi-moto.
Au-delà de l’état des canaux, les habitants dénoncent également le manque d’aménagement urbain dans cette partie de Bangui. Entre les voies difficilement praticables, les eaux stagnantes et l’insalubrité grandissante, ils redoutent une recrudescence des maladies et appellent les autorités à intervenir durablement.
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