Réuni à Bangui le 29 juillet, le Conseil national pour la promotion et la protection de l’enfant a dressé un état des lieux préoccupant des droits des enfants en République centrafricaine. Face à la persistance des violences, du mariage précoce, de la déscolarisation et de l’exploitation des mineurs, le gouvernement appelle à des actions concrètes.
La situation des enfants en République centrafricaine demeure préoccupante. C’est le principal constat dressé lors de la deuxième réunion stratégique du Conseil national pour la promotion et la protection de l’enfant (CNPPE) sous la présidence du Premier ministre, Félix Moloua. En ouvrant les travaux, le chef du gouvernement a présenté un tableau alarmant de la condition des enfants dans le pays.
« Neuf enfants sur dix sont soumis à des pratiques de discipline violente. Une fille sur quatre est victime de violences sexuelles. 61 % des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans. Deux enfants sur trois ne sont pas scolarisés. Seuls 45 % des enfants sont enregistrés à la naissance. Environ 3 000 enfants restent enrôlés ou retenus en otage par des groupes armés, tandis que près de 3 000 autres vivent dans les rues de Bangui », a déclaré Félix Moloua.
Avant cette présentation, l’UNICEF avait plaidé en faveur d’un renforcement des actions en faveur de la protection de l’enfant en République centrafricaine. Pour la ministre de la Promotion du genre et de l’Enfant, Dr Marthe Augustine Kirimat, cette rencontre vise à évaluer les politiques mises en œuvre et à identifier les mesures à renforcer.
« Le rôle du Conseil est de veiller à la mise en œuvre des politiques liées à la protection et au bien-être de l’enfant. Nous constatons encore un retard dans la mise en place des comités régionaux. La protection de l’enfant reste un véritable défi », a-t-elle souligné.
À l’issue des échanges, le Premier ministre a appelé les départements ministériels concernés ainsi que les partenaires à traduire ces engagements en actions concrètes.
« Notre responsabilité collective est pleinement engagée. Aux ministres, membres du gouvernement, je voudrais attirer leur attention sur le tableau particulièrement préoccupant que je viens de présenter. Le temps des constats est désormais révolu. Il est impératif de passer à l’acte », a instruit Félix Moloua.
Ces derniers mois, plusieurs indicateurs témoignent de la vulnérabilité persistante des enfants en République centrafricaine. À Bangui notamment, les autorités constatent une augmentation du nombre d’enfants vivant dans la rue, une situation qui renforce l’urgence de mettre en œuvre des mesures de protection plus efficaces.
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