Société : prix très élevés des matériaux, difficile de construire à Bangassou
Des matériaux de construction exposés dans une quincaillerie à Bangassou. Photo : RNL/Bolyvice Massambaye.

Société : prix très élevés des matériaux, difficile de construire à Bangassou

À Bangassou, dans la préfecture du Mbomou, avoir un toit devient un projet de plus en plus difficile à concrétiser pour de nombreux ménages. En cause : la flambée des prix des matériaux de construction, largement alimentée par les difficultés de transport.

Construire une maison à Bangassou relève désormais d’un véritable parcours du combattant. Le sac de ciment se négocie entre 24 000 et 30 000 francs CFA, tandis que le prix du fer ne cesse également de peser sur les budgets des ménages. Faute de moyens, certains propriétaires mettent plusieurs années avant d’achever leurs chantiers. C’est le cas d’Adrien Lamba Pidala, dont la construction est en cours depuis deux ans.

« Construire une maison digne de ce nom, je vous en prie, c’est une entreprise trop difficile. À Bangassou, pour avoir ne serait-ce qu’un seul sac de ciment, il faut débourser 24 000 francs. Pour les fers de huit, le prix varie parfois entre 7 000 et 8 000 francs », explique-t-il.

Pour Papy Lenga, commerçant dans la localité, les coûts élevés s’expliquent en grande partie par les frais d’acheminement des marchandises depuis Bangui. Le transport d’un sac de ciment peut ainsi atteindre 10 000 à 12 000 francs CFA, en raison notamment du mauvais état de la route reliant Bambari à Bangassou.

« À Bangui, nous achetons le sac de ciment à 10 000 francs. Son transport peut coûter entre 10 000 et 12 000 francs. Pour faire parvenir les marchandises jusqu’à Bangassou, c’est tout un problème. Les véhicules peuvent mettre un mois avant d’arriver à destination. Nous achetons une barre de fer de 8 à 3 500 francs à Bangui, avec 2 000 francs de transport. Nous la revendons ensuite entre 6 000 et 6 500 francs », fait-il savoir.

Dans la ville, plusieurs bâtiments administratifs présentent par ailleurs des signes de vieillissement avancé. Pour certains observateurs, cette situation illustre les difficultés auxquelles sont confrontées les régions éloignées de la capitale, où les investissements publics sont jugés insuffisants et inégalement répartis.

Commerçants et habitants interrogés s’accordent sur un constat : le mauvais état des routes contribue fortement à la cherté des produits sur le marché local. Les difficultés d’acheminement fragilisent davantage le pouvoir d’achat des populations.

Cette situation ne pénalise pas uniquement le secteur de la construction. Elle complique également l’évacuation des produits agricoles vers les marchés voisins, limitant ainsi les débouchés pour les producteurs locaux.

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