Les réactions se multiplient après l’éboulement meurtrier survenu mardi sur le chantier minier de Zamboye, dans la préfecture de la Nana-Mambéré. Le drame, qui a enseveli plusieurs orpailleurs artisanaux, relance le débat sur les conditions de sécurité et le respect de la réglementation dans les sites d’exploitation minière en République centrafricaine.
Des partis politiques de l’opposition démocratique interpellent le gouvernement et l’exhortent à renforcer les mécanismes de contrôle et à veiller à l’application effective des textes qui encadrent les activités minières, notamment sur les sites artisanaux.
Dans un communiqué publié au lendemain du drame, Martin Ziguélé, président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), a vivement condamné la tragédie. L’ancien Premier ministre appelle les autorités à anticiper davantage les risques, en renforçant la réglementation, les contrôles et les mesures de prévention afin d’éviter que de tels accidents ne se reproduisent.
« Avant Zamboye, il y a eu tout un chapelet d’éboulements de terrain dans les chantiers miniers à Bozoum, à Baboua, à Abba, et à chaque fois c’est la même chose. Les textes sont pris, mais personne n’est responsable de leur application sur le terrain. Et chaque fois qu’il y a un drame, on se lève précipitamment pour se justifier », déplore Martin Ziguélé.
Pour Alain Touaboy, président du parti politique Les Indépendants, l’heure est également à l’établissement des responsabilités. Il réclame l’ouverture d’une enquête indépendante afin de déterminer les éventuelles négligences ou défaillances ayant pu contribuer à la survenue du drame.
« Il est vrai qu’aujourd’hui, notre devoir est de pleurer, mais nous devons aussi demander des comptes. Ce que nous demandons aujourd’hui au gouvernement, c’est une enquête sérieuse et indépendante pour voir s’il y a eu des négligences, des défaillances », insiste-t-il.
Une succession d’éboulements
Depuis le début de l’année 2026, une quinzaine d’éboulements de terre sont signalés sur des chantiers miniers à travers la République centrafricaine, faisant régulièrement des victimes parmi les exploitants artisanaux. Ces accidents mettent une nouvelle fois en lumière les risques auxquels sont exposés les orpailleurs, notamment sur des sites artisanaux ou clandestins où les normes de sécurité seraient insuffisamment respectées.
Pour plusieurs observateurs de la vie sociopolitique, le renforcement des contrôles sur les sites miniers, le suivi de l’application des textes et la mise en place de véritables mécanismes de prévention apparaissent désormais comme des enjeux majeurs pour limiter les pertes humaines.
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