Centrafrique : 100 jours de gouvernance, Félix Moloua à l’heure du bilan sécuritaire de son gouvernement
Félix Moloua, Premier ministre centrafricain. Photo : Primature Officiel/Tous droits réservés.

Centrafrique : 100 jours de gouvernance, Félix Moloua à l’heure du bilan sécuritaire de son gouvernement

Le 15 mai dernier, le chef de l’Etat, Faustin-Archange Touadéra, renouvelait sa confiance à Félix Moloua en qualité de 1er ministre de la 7ème République. Trois mois plus tard, à l’heure du premier bilan, une question centrale cristallise toutes les attentions : la situation sécuritaire s’est-elle améliorée sur le territoire ?

Devant les députés, le Premier ministre Félix Moloua misait sur les Forces armées centrafricaines, la Minusca et les allées russes et rwandais pour ramener la paix. Aujourd’hui, cet espoir s’éloigne peu à peu. Les attaques armées, les enlèvements et les tueries continuent de secouer plusieurs régions de la République centrafricaine.

Dans le Haut-Mbomou, la situation sécuritaire devient compliquée. Les exactions des miliciens A Zandés Ani Kpi Gbé ont coûté la vie, le 29 juin dernier, au vicaire de la paroisse de Zémio, Crépin Monga. En parallèle, les enlèvements répétés de la LRA près d’Obo et de Bambouti accentuent la terreur dans la région. D’où ce cri de cœur de cette habitante de Zemio. « Je viens de Rafaï ; je cherche à rejoindre Zémio. Aujourd’hui, les habitants n’empruntent plus ce chemin pour aller au champ. Beaucoup ont même abandonné leur activité agricole à cause des hommes armés. Nous demandons à tous de prier pour nous », indique-t-elle.

Dans le nord-est du pays, la violence a également franchi un cap. L’attaque du 30 juin dernier, menée par la coalition rebelle de l’ASP contre la localité d’Amdafock, a fait au moins 28 morts et fait déplacer près de 18.000 civils, selon l’Onu. Une escalade qui inquiète fortement les autorités locales. 

« Il y a trop d’insécurité »

« La préfecture de Vakaga partage la frontière avec 2 pays, le Soudan et le Tchad. C’est une zone où il y a trop d’insécurité. C’est ce qui s’est passé à Amdafock. Il y a une dizaine de jours, des hommes armés non-identifiés ont attaqué le village Matala, à 5 kilomètres de Birao ; il y a des morts et des blessés », s’inquiète Moussa Radjab, adjoint au maire de Birao.

Dans l’Ombella-Mpoko et l’Ouham-Fafa, des poches d’insécurité persistent également. Depuis plusieurs mois, des hommes armés assimilés aux éléments des 3R terrorisent les habitants des villes de Boali, Bouca et Batangafo. Marcelin Yalemendé, député de Bouca, appelle le gouvernement à renforcer la sécurité. « Les anciens éléments de la Coalition CPC sont restés dans la brousse. Ces personnes, quand elles croisent les agriculteurs, elles les dépouillent de tous leurs biens. C’est une inquiétude. C’est pourquoi nous lançons un vibrant appel vers le gouvernement pour qu’il puisse tourner un regard favorable vers ces populations », appelle l’élu de la Nation.

Pire encore aux alentours de Bangui, les habitants alertent sur la persistance de l’insécurité. Le 30 juillet dernier près de Damara, des hommes armés non identifiés ont assassiné un géologue suisse et son aide-camp sur le site minier de Gbango-Carrière. Face à ce défi, le gouvernement tente de réagir, notamment dans le renforcement des effectifs de l’armée nationale. Par exemple, près de 600 nouvelles recrues ont été présenté au drapeau, le 10 août dernier au camp Kassaï à Bangui. Mais pour de nombreux Centrafricains, le chantier de la sécurité reste immense.

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