Plus de 100 jours après la mise en place du premier gouvernement de la 7ᵉ République, le secteur de la santé reste confronté à de nombreuses difficultés. Malgré les actions annoncées, plusieurs Centrafricains déplorent encore le manque de médicaments, l’insuffisance du personnel soignant et le coût élevé des consultations.
Dans plusieurs formations sanitaires du pays, les patients continuent de faire face à des ruptures de médicaments et à un personnel en nombre insuffisant. Si certains établissements ont été réhabilités et plusieurs projets annoncés, des citoyens estiment que les résultats tardent encore à se faire sentir.
À Bangui, Simon-Pierre reconnaît les efforts engagés par le gouvernement, mais juge les améliorations encore insuffisantes.
« Nous remercions le gouvernement pour la réhabilitation de certains hôpitaux de Bangui. Cependant, les conditions de prise en charge ne sont pas véritablement améliorées. Depuis le départ de Médecins sans frontières de l’hôpital communautaire, la population continue de se plaindre. Pour moi, la situation reste presque identique », affirme-t-il.
Des problèmes structurels persistants
De nombreux citoyens réclament également un meilleur accueil dans les centres de santé. Joseph, un jeune entrepreneur, appelle à une réforme en profondeur du système sanitaire.
« De manière générale, la situation semble s’être stabilisée, mais les problèmes structurels persistent. Les Centrafricains attendent des mesures concrètes, notamment des médicaments disponibles, un personnel soignant motivé, des équipements fonctionnels et une gratuité efficace des soins pour les personnes les plus vulnérables », explique-t-il.
À l’intérieur du pays, les difficultés seraient encore plus importantes. Des organisations de la société civile jugent le bilan inférieur aux attentes.
« L’accès à des soins de qualité reste difficile. À Bangui comme dans les villes de province, le coût élevé des soins, les décès maternels et néonatals, l’insuffisance des équipements médicaux, le manque de médicaments et la pénurie de personnel soignant constituent de sérieuses préoccupations. Cette situation traduit, selon nous, les limites de l’action de l’État dans ce secteur », déclare Quentin Ngbouando, coordonnateur de l’organisation de la société civile « I Gué ».
La société civile poursuit son plaidoyer pour un système sanitaire plus performant. En début août, l’organisation MK Permanence Juridique et Médiation a adressé une lettre ouverte au ministre de la Santé pour des mesures concrètes afin renforcer les structures sanitaires et améliorer la prise en charge des patients.
