Plus de 100 jours après la mise en place du premier gouvernement de la 7ᵉ République, dirigé par Félix Moloua, l’état du réseau routier à l’intérieur du pays reste préoccupant, alors que les plaintes se multiplient. Entre dégradation avancée des routes et difficultés de circulation, les populations expriment leur ras-le-bol.
La situation des infrastructures routières dans les provinces reste préoccupante. Moins de 4 % du réseau national est bitumé, laissant une grande partie de l’arrière-pays confrontée à un isolement chronique. De la Haute-Koto à l’Ouham, plusieurs axes se dégradent davantage sous l’effet des pluies.
Des axes routiers fortement dégradés
« Nous constatons beaucoup de dégradations sur la route. De Batangafo en allant vers Kabo et Kaga-Bandoro, c’est impraticable. Donc, nous pouvons dire qu’il n’y a pas d’amélioration nette au niveau de la route », témoigne Degoto, habitant de Batangafo.
La situation est également difficile dans le sud-est du pays. Sur l’axe reliant Bambari à Bangassou, les difficultés de circulation pénalisent fortement le transport des marchandises. Des camions restent parfois bloqués pendant plusieurs semaines. Victor Anilengbe, coordonnateur des associations de la société civile de Bangassou, tire la sonnette d’alarme.
« Pour aller de Bangui à Bangassou, il faut au moins trois ou quatre mois, voire davantage. Certains mettent même plus de six mois. Des chauffeurs se découragent et abandonnent leur véhicule en cours de route pour retourner à Bangui, parce qu’ils ne sont pas habitués à ces conditions. Avec un véhicule comme le CBH, lorsqu’on avance dans ces trous, parfois complètement remplis d’eau, les difficultés sont énormes », indique-t-il.
Des conséquences sur l’accès aux soins
Sur l’axe Mbaïki-Boda, la dégradation de la route a également des conséquences sur l’évacuation des malades vers Bangui.
« Lorsqu’un malade doit être évacué vers Bangui, il arrive qu’il meure en chemin à cause de l’état de la route. C’est une lourde perte pour les familles. Nous demandons au Premier ministre de réhabiliter l’axe Boda-Mbaïki afin de désenclaver la région et de faciliter l’accès à Bangui », déplore Lionelle Mayaka, habitante de Boda.
Le gouvernement affiche l’ambition de réhabiliter plus de 1 400 kilomètres de routes à travers le pays. Ce programme de réhabilitation de plus de 1 400 kilomètres est notamment soutenu par le Projet d’urgence de rétablissement des infrastructures et de la connectivité, financé par la Banque mondiale. Pour l’heure, après 100 jours de gouvernance, les populations de l’arrière-pays attendent toujours la concrétisation de ces projets sur le terrain.
