Centrafrique : une grande part des recettes publiques absorbée par les dépenses salariales
L'hôtel des douanes à Bangui. Photo: RNL/Hervé Séréfio pour RNL.

Centrafrique : une grande part des recettes publiques absorbée par les dépenses salariales

Les recettes publiques de la République centrafricaine ont progressé au premier semestre 2026, selon les rapports d’exécution budgétaire du ministère des Finances. Cette amélioration reste toutefois limitée par le poids des dépenses salariales, la faiblesse des financements extérieurs et le rythme encore lent d’exécution des investissements publics.

D’après ces rapports, à fin mars, l’État avait mobilisé 64,37 milliards de francs CFA, soit 17,47 % des recettes prévues pour l’ensemble de l’année. Trois mois plus tard, la situation s’est nettement améliorée. Les recettes mobilisées atteignent alors 166,08 milliards de francs CFA, soit 45,08 % des prévisions annuelles. Ce montant représente également une hausse de près de 29 % par rapport à la même période en 2025.

Cette progression est principalement portée par les ressources propres de l’État, qui s’élèvent à 109,8 milliards de francs CFA. En revanche, les financements extérieurs restent en retrait. Ils n’ont atteint que 56,28 milliards de francs CFA, sur une prévision annuelle de 161,63 milliards, soit un taux de mobilisation de 34,82 %.

Dans le même temps, les dépenses publiques continuent de progresser. Elles se sont établies à 179,47 milliards de francs CFA à fin juin. Elles dépassent ainsi les recettes mobilisées et portent le déficit budgétaire à 13,39 milliards de francs CFA, contre 2,26 milliards à la fin du premier trimestre.

Cette situation traduit un déséquilibre persistant dans l’exécution du budget. Une part importante des ressources est consacrée aux salaires, au fonctionnement de l’administration et aux obligations financières de l’État. À l’inverse, les investissements publics et plusieurs dépenses destinées directement aux populations enregistrent une exécution plus lente.

Des marges de manœuvre limitées

Parmi les principales sources de pression sur les finances publiques figure la masse salariale. À fin juin, les dépenses de personnel ont atteint 68,41 milliards de francs CFA, soit près de 60 % de l’enveloppe annuelle. Elles enregistrent par ailleurs une hausse de 17,21 % par rapport à la même période en 2025. Si cette tendance se poursuit, le ministère des Finances estime que la dotation annuelle pourrait être dépassée avant la fin de l’exercice.

Cette progression des dépenses de personnel pèse directement sur les ressources disponibles pour les autres priorités de l’État. Les investissements et les secteurs sociaux disposent notamment de marges plus réduites. À mi-année, les dépenses sociales n’étaient exécutées qu’à 33,08 %. Le taux atteint seulement 14,07 % dans le secteur de la santé et 6,59 % pour le développement rural.

Dans le secteur de l’éducation, la situation apparaît toutefois plus favorable, avec un taux d’exécution global de 51,35 %. Mais cette performance repose en grande partie sur les dépenses de personnel. Les investissements éducatifs financés sur ressources propres n’ont été exécutés qu’à 0,81 %.

Au final, les deux rapports dressent un tableau contrasté des finances publiques centrafricaines. L’État parvient à mobiliser davantage de recettes, mais cette progression est en grande partie absorbée par les dépenses salariales, les charges financières et le fonctionnement de l’administration.

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