Ces derniers temps, de nombreux jeunes quittent les villes de l’intérieur du pays pour s’installer à Bangui. Cet exode rural s’explique par diverses raisons. La plupart de ces jeunes ont fui des conflits ou sont à la recherche de meilleures conditions de vie et d’une meilleure situation sociale.
De plus en plus de jeunes viennent des villes de provinces et s’installent à Bangui. Selon eux, l’avenir reste incertain dans leurs localités d’origine. Il serait donc préférable de s’orienter vers la capitale, où les opportunités d’insertion seraient plus nombreuses. C’est le cas de Séraphin Tologbaze, qui a quitté Kaga-Bandoro durant les crises pour sauver sa vie. « Je suis venu à Bangui lors des crises sécuritaires qui ont secoué le pays. Je pensais rester quelques temps ici pour me reposer et chercher du travail. Mais ici à Bangui, c’est difficile de trouver du travail. Même si je connais quelques métiers qui me permettent de survivre, c’est pas du tout facile », raconte-t-il.
Venu de Bossangoa, Rock Ngaya, a appris le métier de mécanicien. Cependant faute d’issue, il choisit de faire autre chose.
« Joindre les deux bouts »
« Je suis venu à Bangui pour apprendre un métier. Je me suis formé au Centre Don Bosco où j’ai appris la mécanique automobile. J’ai également appris la soudure. Mais vu qu’il n’y a pas de débouchés, je suis devenu conducteur de mototaxi afin de joindre les deux bouts ».
Des spécialistes, quant à eux, regrettent l’impact de cet exode sur les villes de provinces.
« Le départ des jeunes modifie l’équilibre démographique social de certains villages. Cela impacte sur les localités abandonnées. Du point de vue démographique, certains villages connaissent un vieillissement progressif de leur population. Les jeunes qui devraient assurer la relève sont moins présents. Cela peut également impacter la transmission culturelle », explique Ghislain Ludovic Ndemahiry, anthropologue et conseiller culturel.
Alors qu’il n’existe pas de chiffres officiels sur le nombre de migrants ruraux en République centrafricaine, les données 2026 de l’Organisation internationale pour la migration parle d’au moins 428.000 personnes déplacées internes. Ce chiffre regroupe les populations contraintes de fuir leur localité d’origine. Parmi elles, 87 % sont accueillies par des familles d’accueil et 13 % vivent dans des sites ou lieux de regroupement.
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