En Centrafrique, l’autorité des chefs de quartier encore peu respectée  
Image d'illustration d'un chef de quartier de Bouar (Nana-Mambéré). Photo : Tous droits réservés.

En Centrafrique, l’autorité des chefs de quartier encore peu respectée  

A Bangui comme en provinces si les chefs de quartiers jouent leur rôle important dans la vie communautaire, ces autorités locales disent manquer de soutien. Acteurs clés de l’administration de proximité, les chefs de quartiers font face à de nombreuses difficultés dans l’exercice de leurs fonctions.

A Bangui, les chefs de quartiers assurent plusieurs missions, notamment l’identification des habitants, la gestion des conflits et la sensibilisation de la population. Mais sur le terrain, beaucoup affirment travailler dans des conditions peu favorables. C’est le cas de Jean-Marc Sérapou, chef du quartier Kpakpa 2 au PK26, sur l’axe Boali. « Le gouvernement doit vraiment nous soutenir, dit-il. Il nous faut un appui financier. Sinon, comment allons-nous prendre en charge nos familles ? », s’interroge l’autorité locale.  

A ces difficultés matérielles et financières s’ajoute, selon eux, le manque de respect de leur autorité par certains habitants. « Certains porteurs de tenues ne respectent pas l’autorité des chefs de quartier. Pourtant, nous avons un rôle essentiel dans la société. Même le président de la République habite dans un quartier dirigé par un chef. Il faudrait qu’il y ait une entente entre nous, les chefs de quartier et les militaires », relève André Yabana, chef de groupe à Borossé, à plus de 30 kilomètres à la sortie nord de Bangui.

Face à ces préoccupations, les autorités affirment œuvrer pour renforcer le statut et la considération accordés aux chefs de quartiers et de villages. Bruno Yapandé, ministre de l’Administration du territoire : « Nous avons toujours prévu une ligne budgétaire accordant une subvention aux chefs de quartier et chefs de village. Chaque année, nous débloquons cela pour les soutenir. Ce ne sont pas des indemnités en tant que telles, mais ce sont des primes qui peuvent susciter en eux un peu d’encouragement, les pousser. Il y a eu un sens de responsabilité et de patriotisme », indique le membre du gouvernement.

Les chefs de quartiers demandent toutefois un accompagnement plus concret de l’Etat. Ils souhaitent de meilleures conditions de travail et un appui financier adapté aux responsabilités qu’ils assument au quotidien.

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