Centrafrique : les nouveaux élus municipaux face au manque d’infrastructures
Le bâtiment de la mairie de Bégoua en 2023. Photo : Hervé Cyriaque Séréfio pour RNL.

Centrafrique : les nouveaux élus municipaux face au manque d’infrastructures

Quelques mois seulement après leur installation, les nouveaux maires et leurs conseillers municipaux se heurtent déjà à un mur : le manque cruel d’infrastructures. Pas de bureaux, pas de locaux : Face à cette paralysie logistique, les élus lancent un cri d’alarme et pressent le gouvernement d’agir.

Partout, le constat est le même. Exemple frappant à Bégoua, dans cette mairie, les quatre adjoints au maire partagent un seul et unique bureau. Une situation intenable au quotidien. « Nous avons hérité cette mairie d’une délégation spéciale qui, à l’époque, n’avait pas assez de personnel. La configuration de ce personnel ne se résumait qu’à moins de dix personnes. Mais aujourd’hui, nous sommes plus de 15 élus locaux. Ce qui voudrait dire que la maison ne pourrait pas nous contenir tous », indique Edmond Christophe Dembia, 1er adjoint au maire de la commune de Bégoua.

A la mairie du 4ème arrondissement de Bangui, c’est encore pire. Alors que l’ancienne maire est devenue sous-préfète, elle occupe encore le bureau du maire. N’ayant pas de matériels, les conseillers municipaux sont obligés de travailler tous ensemble, cloitrés dans une petite pièce.

Une situation incompréhensible selon certains élus locaux qui appellent le gouvernement à agir.

« Le travail n’a pas son sens »

Si les bureaux appartiennent à la mairie, le personnel doit les occuper pour pouvoir travailler. Mais si ces conseillers municipaux n’ont pas d’espace, le travail n’a pas son sens. Je lance donc un appel au gouvernement dans le but d’aménager ces lieux afin d’offrir au personnel de meilleures conditions de travail », implore Christine Zangouli, conseillère municipale.

Cette crise paralyse aujourd’hui de nombreuses municipalités à Bangui comme à l’intérieur du pays. De son côté, le gouvernement promet de réagir en fournissant rapidement de nouveaux équipements. « Les mairies ont toujours existé. Nous allons procéder à une réorganisation profondeur du système de mobilisation des ressources ; ce processus est déjà en cours », assure Bruno Yapandé, ministre de l’Administration du territoire.

En attendant le geste du gouvernement, les nouveaux élus de communes doivent faire preuve de patience.Au quotidien, ils continuent de se battre avec les moyens du bord pour tenter d’assurer leur mission.

-Lire aussi : Près d’une centaine de candidatures enregistrées par l’ANE pour les élections régionales et municipales partielles