La Fondation Mo Ibrahim a publié fin octobre son classement des pays africains en matière de gouvernance. La République centrafricaine figure parmi les cinq pays africains les moins bien classés dans cet Indice.
Avec une note de 31,3 sur 100, la Centrafrique se situe largement en dessous de la moyenne continentale. Le rapport souligne notamment un affaiblissement des contre-pouvoirs et des résultats particulièrement faibles dans l’éducation et la santé.
Dans ce rapport publié en octobre 2026, la Fondation Mo Ibrahim la place la Centrafrique au 50ᵉ rang sur 54 pays, devant l’Érythrée, le Soudan, la Somalie et le Soudan du Sud. Le classement repose sur les résultats de 2025 et analyse leur évolution depuis 2016.
Avec le score de 31,3 points sur 100, la RCA affiche un écart de 18,8 points avec la moyenne africaine, établie à 50,1. Sur la décennie étudiée, le pays perd 0,9 point et recule d’une place. La Fondation le classe également parmi les États dont la détérioration de la gouvernance s’accélère depuis 2021.
Des contre-pouvoirs affaiblis
Dans la rubrique consacrée à la responsabilité des gouvernants et à la transparence, la RCA perd 10,9 points entre 2016 et 2025. La Fondation Mo Ibrahim cite parmi les principales raisons de cette régression du classement centrafricain, la capacité des institutions et de la société civile à contrôler l’action des dirigeants.
Le rapport relève l’affaiblissement des contre-pouvoirs institutionnels et citoyens. Et pour étayer ceci, Mo Ibrahim évoque dans son rapport le départ, par décret présidentiel, de la présidente de la Cour constitutionnelle en 2022, après le blocage du processus de réforme constitutionnelle. L’organisation rappelle également que la Constitution de 2023 a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels.
La Fondation mentionne toutefois un élément encourageant : l’adoption, en 2024, d’une loi protégeant les défenseurs des droits humains. Mais elle estime que les effets de cette loi restent à observer.
L’éducation et la santé parmi les points faibles
Les difficultés centrafricaines concernent aussi les services essentiels. En éducation, la RCA obtient 11,4 points sur 100, à la dernière place, partagée avec la Somalie. Cette rubrique examine notamment la scolarisation, l’achèvement des études, la qualité de l’enseignement, les ressources humaines et les inégalités éducatives.
Dans le domaine de la santé, le pays se classe 53ᵉ sur 54, avec 40,7 points, devant le Soudan. L’évaluation porte entre autres sur l’accès aux soins, la santé maternelle et infantile, la lutte contre les maladies ainsi que l’eau et l’assainissement.
Comment le classement est-il établi ?
L’indice Mo Ibrahim rassemble 96 indicateurs issus de 51 sources. Il évalue quatre grands domaines : la sécurité et l’État de droit ; la participation, les droits et l’inclusion ; les conditions favorables aux activités économiques ; et le développement humain.
La gouvernance est ainsi appréciée à travers la sécurité des citoyens, la justice, la lutte contre la corruption, les libertés, les infrastructures ou encore les services sociaux.
Une limite concerne toutefois la disponibilité des informations car selon le rapport, la RCA figure parmi dix pays dont plus du quart des données restent manquantes après les traitements statistiques prévus par la méthodologie.
Les autorités centrafricaines n’ont pas encore réagi à ce rapport.
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