Crises à Ngakobo et à Bossangoa

Crises à Ngakobo et à Bossangoa

Le calme est revenu à Ngakobo, localité située à 61 km de Bambari dans la Préfecture de la Ouaka au centre-est du pays. Cela est dû au départ, il y’a deux jours, des peulhs armés communément appelés « Anti-population », qui contrôlaient cette région et faisaient régner leur loi sur la population locale.

L’incursion de plus de 200 cent éléments d’Antibalaka à Ngakobo serait à l’origine de ce départ des « Anti-population ». Selon certains habitants, les incessants mouvements de ces hommes armés dans la ville compromettent leur sécurité et leur libre-circulation.

Quelques habitants de Ngakobo,  joints au téléphone ce jeudi par Radio Ndèkè Luka, expliquent sous l’anonymat que la MISCA a entrepris une médiation en vue de réconcilier les deux groupes belligérants.

« Les Antibalaka sont sortis avant-hier et ont choisi d’installer leur base en face de celle des Séléka Oudda (une ethnie peuhle) au collège de Ngakobo. C’est la MISCA gabonaise qui a commencé la médiation entre les Antibalaka et Séléka Oudda mais la première tentative s’est soldée par un échec. Les Oudda ont été conduits par leurs pairs Séléka au croisement Cité Maitrise. C’était dans l’après-midi du mercredi qu’ils sont parvenus à une entente avec le concours des autorités locales avant qu’ils ne soient délocalisés du collège et transférés sur un autre site. Il n’y a eu aucun dégât », a reconnu un habitant.

La ville de Ngakobo est donc depuis deux jours sous le contrôle des miliciens Antibalaka. Et, la population vaque librement à ses occupations.
 
A noter que ces deux groupes armés se sont plusieurs fois affrontés dans cette localité, occasionnant des mouvements de panique au sein de la population.

Cependant, une nouvelle tension signalée à Bossangoa dans l’Ouham entre les Antibalaka et les soldats de la  Sangaris. Les militaires français ont tenté une opération de désarmement qui a mal tourné. Une personne est morte du côté des Antibalaka.
Le correspondant de Radio Ndèkè Luka a rapporté que « L’interpellation du commandant de région des Antibalaka par les soldats de Sangaris a provoqué la colère des jeunes miliciens qui se sont soulevés pour protester contre cette arrestation qu’ils estiment injuste. Les militaires français se sont vus dans la contrainte d’effectuer des tirs d’intimidation pour disperser les protestataires. Un jeune homme d’une vingtaine d’années a été mortellement touché ».

« En représailles, les jeunes mécontents s’en sont pris au  Maire de la ville et à son adjoint qu’ils qualifient de traitres. Les domiciles de ces autorités ont été pillés et saccagés », a poursuivi le correspondant de RNL.
 
Le commandant de région relâché a appelé ses éléments à ne pas s’attaquer aux forces étrangères basées dans la ville.

Contactées, les forces de Sangaris se sont abstenues de tous commentaires.