Centrafrique : il y a 63 ans que disparaissait Barthélemy Boganda dans un crash d’avion©Droits réservés
Barthélemy Boganda, président fondateur de la République centrafricaine

Centrafrique : il y a 63 ans que disparaissait Barthélemy Boganda dans un crash d’avion

La République centrafricaine commémore ce 29 mars la disparition tragique de son président fondateur Barthélémy Boganda. 63 ans après son décès, des voix s’élèvent pour exiger la lumière sur sa mort pour permettre au pays de faire un véritable deuil. C’est aussi l’une des recommandations du dialogue républicain.

Religieux puis politique, Barthélémy Boganda aura marqué son engagement pour l’indépendance de l’Afrique Equatoriale Française (AEF) aux côtés de ses pairs africains. Sur le plan interne, Barthélémy Boganda, premier député oubanguien au parlement français, a légué à son pays, la Renaissance, l’appellation de l’hymne national et un drapeau. Ce drapeau devra alors flotter partout sur le territoire centrafricain. C’est dans ce contexte qu’il se rendra à Berberati où il trouvera la mort dans un accident d’avion le 29 mars 1959.

Faire la lumière sur la mort de Boganda

63 ans après, les écrits sont divergents et variés au point que les centrafricains exigent la dé-classification par la France de tous les documents secrets défense relatifs à la mort de l’illustre.

« La thèse sur laquelle je m’aligne, c’est la thèse de l’accident. Il est reconnu qu’il y a eu un crash et que Boganda se trouvait dans cet avion. J’ai fait des recherches et j’ai trouvé des informations sur ce crash. Dans le livre de Pierre Calk, Boganda, élu de Dieu et des hommes, il a apporté un certain nombre d’éléments auxquels on n’avait pas fait attention.  Un garçon, avant le décollage, est porteur au pilote d’un appareil présenté comme l’émetteur de la radiodiffusion de Nola. Tout compte fait, c’est un explosif qui a été remis au pilote », selon le Professeur Bernard Simiti.

Pour Mouammar Bengué-Bossin, politologue, Barthélémy Boganda n’est pas mort dans ce crash comme le soutiennent de nombreuses thèses.

« Si Boganda est mort dans un accident d’avion le 29 mars 1959, pourquoi le rapport de crash est classé secret défense ? C’est de notoriété publique quand il y a un accident d’avion, on publie toujours les résultats des enquêtes », défend-il.

Toutes les occasions sont bonnes pour le peuple de se souvenir de son père fondateur. Au dialogue national de 2004, la question a été posée et une demande a été formulée pour que lumière soit faite sur la disparition de l’homme. Même si Abel Goumba, proche collaborateur de Boganda et l’ancien président David Dacko n’ont pu faire de révélations majeures, le dialogue républicain de mars 2022 a recommandé avec insistance au gouvernement de tout faire afin que le peuple soit situé sur la mort de leader.

La commémoration de cette année traduit la reconnaissance tacite d’une partie de l’histoire  car le peuple n’est pas convaincu de sa véracité et de son authenticité. 

 

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