Rumeurs et désinformation :  » La rumeur court plus vite qu’une information vérifiée », constate Jean-Christophe Kparambeti, chef du quartier Kpangba 2
Jean-Christophe Kparambeti, chef du village Kpangba 2

Rumeurs et désinformation :  » La rumeur court plus vite qu’une information vérifiée », constate Jean-Christophe Kparambeti, chef du quartier Kpangba 2

Jean-Christophe Kparambeti, chef du village Kpangba 2 a été l’une des victimes d’une
scène de rumeur qui a semé la panique généralisée, lundi 09 octobre 2023, dans presque
toute la ville de Bangui. Face à cette situation, le chef du village Kpangba 2, dans la
commune de Bégoua, appelle ses administrés à avoir du recul devant les rumeurs. Appel
lancé lors d’un entretien avec la cellule #StopATènè de Radio Ndeke Luka.


Le lundi 09 octobre 2023, une fausse alerte provenant de votre village a provoqué une
débandade dans la ville de Bangui. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?


« Franchement, la scène qui s’est produite dans notre village me pousse à comprendre que la
rumeur court plus vite qu’une information vérifiée. Sans vérification, tous les habitants du
village ont cru à cette rumeur qui a étouffé la vraie information. C’est regrettable que mon
village soit à l’origine de cette panique qui a occasionné le décès d’un de ses habitants. Il a
été tué prématurément dans cet accident de la circulation lié à cette rumeur. »


La rumeur proviendrait d’une alerte donnée par une femme. Comment expliquez-vous
que cela prenne très vite cette ampleur ?


« Nous avons appris cette nouvelle à travers cette femme qui était à la colline pour la prière.
Nous avons essayé de la gérer avec les militaires, qui sont déployés pour sécuriser le village, mais par inadvertance, la nouvelle a fuité et s’est répandue parmi les habitants. Ces derniers
ont aussitôt couru dans tous les sens pour se mettre à l’abri. »

Pensez-vous que la femme qui a donné l’alerte a tort ?


« Je ne peux vous dire si elle a tort ou pas. Mais, les forces de l’ordre n’ont rien trouvé de
suspect après avoir bouclé le périmètre. L’on se pose la question si réellement se sont des
hommes armés qu’elle a vus ou des bûcherons, je ne sais pas ».

Votre village a été déjà victime d’une telle situation ?


« C’est la première fois pour moi de vivre une telle scène depuis que j’ai été intronisé chef de
ce village. Nous n’avons jamais entendu parler des rebelles aux alentours de notre village.
Mais, rien ne nous empêche d’aller au-delà de cette rumeur pour collaborer avec les forces
de défense et de sécurité afin de tirer les choses au clair. »

Que préconisez-vous faire pour barrer la route à la désinformation et aux rumeurs ?


« Nous allons multiplier les campagnes de sensibilisation à l’endroit de tous les habitants
dans l’espoir d’atténuer ce phénomène dans notre localité. Je profite de votre micro pour
appeler tous les Centrafricains à se méfier des informations de bouche à oreille. Ils doivent
avoir le courage de s’approcher des autorités compétentes afin d’authentifier une
information reçue. »

StopATènè, l’équipe qui lutte contre la désinformation et les discours de haine en Centrafrique.

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