CPI : une lueur d’espoir pour les victimes de Ngaïssona et Yekatom
Vue du Point Zéro, au centre-ville de Bangui. Photo : RNL/Hervé Séréfio

CPI : une lueur d’espoir pour les victimes de Ngaïssona et Yekatom

Les discussions entre les victimes dans l’affaire Patrice-Edouard Ngaïssona et Alfred Yekatom Rombhot et leurs avocats ont pris fin mardi 3 mars à Bangui. Les échanges de trois jours ont porté sur les procédures d’indemnisation des victimes.

Cette rencontre de trois jours vise non seulement à informer les victimes des conclusions de la décision rendue par la Cour pénale internationale, mais aussi à procéder à leur identification et examiner les modalités de réparation. Me Edith Douzima Lawson, avocate des victimes, apporte des précisions sur les démarches à suivre pour bénéficier d’une éventuelle indemnisation. « C’est une juridiction internationale, vu qu’il s’agit de crimes de masse, il fallait commencer à préparer les réparations. Pour ce faire, on doit associer les victimes, parce que ce sont elles qui doivent être réparées. Ainsi, la Cour pénale internationale a émis une ordonnance relative aux réparations, question de voir les modalités », a-t-elle indiqué.

Cette initiative soutenue par la Cour pénale internationale est également louée par les autorités locales, lesquelles estiment que cela permettrait aux victimes de mieux connaitre leurs droits.

« Une très bonne initiative »

« Si aujourd’hui la Cour pénale pense à nos victimes pour les rassembler toutes au niveau du 3ème arrondissement pour un tête-à-tête, c’est une très bonne initiative. Beaucoup de gens ont perdu leurs biens, voire des proches. La question maintenant est de montrer aux victimes comment elles vont être indemnisées », a salué Marie-Flore Demba, sous-préfète de Bangui-centre.

Les participants disent avoir compris beaucoup de choses lors de ces échanges. Toutefois, ils expriment leurs attentes en matière de réparation.

« On nous a fait savoir qu’on nous donnera quelque chose. Nous qui avons perdu nos biens et des membres de nos familles. Pour cela, nous voulons qu’on puisse vraiment penser à nous.  En ce moment même, je souffre d’hypertension et je n’ai aucun moyen pour pouvoir me soigner », se lamente Salamatou Dodo-Yalo, une des victimes.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du processus de réparation aux victimes de Patrice-Édouard Ngaïssona et Alfred Yekatom Rombhot, anciens chefs de guerre, jugés et condamnés respectivement à 10 et 15 ans de prison par la Cour pénale internationale pour des crimes commis en République centrafricaine en 2013 et 2014. Toutefois, les deux condamnés ont interjeté appel après le verdict prononcé en juillet dernier. Une situation qui pourrait prolonger les procédures devant cette juridiction internationale.

-Lire aussi : CPI : Alfred Yekatom Rombhot et Patrice E. Ngaïssona condamnés respectivement à 15 et 12 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité