Dans un arrêté signé le 9 mars, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Héritier Doneng, a suspendu le directeur général de l’Office national de promotion et de gestion des infrastructures sportives (ONASPORT), Hervé Lidamon. Il lui reproche une mauvaise gestion du patrimoine sportif national et le traduit devant le Conseil de discipline.
Selon l’arrêté ministériel, cette sanction repose sur trois principaux griefs. Le premier concerne la destruction présumée du patrimoine sportif national, avec des dégradations signalées sur plusieurs équipements et installations pourtant essentiels à la formation des athlètes.
Le second porte sur une exploitation jugée anarchique des espaces du principal complexe sportif, certains étant loués ou utilisés à des fins pécuniaires et personnelles, sans respect des règles et sans bénéfice pour l’intérêt public. Enfin, le directeur général est accusé d’insubordination vis-à-vis de la hiérarchie ministérielle, notamment pour avoir refusé d’exécuter certaines directives et missions.
Contacté, le ministre Héritier Doneng estime qu’il est temps « de mettre fin à l’irresponsabilité et d’arrêter l’hémorragie » au sein de cette institution.
Cette décision intervient après plusieurs années de plaintes et d’alertes sur l’état de dégradation des infrastructures sportives du pays, notamment le Stade Barthélemy Boganda et le Complexe sportif Barthélémy Boganda.
Des sources proches du ministère évoquent également des rapports internes faisant état de contrats opaques et d’occupations illégales, certains espaces sportifs ayant été transformés en marchés informels.
Par ailleurs, selon ces mêmes sources, le contrat de Hervé Lidamon, d’une durée de cinq ans renouvelable une fois, serait arrivé à expiration depuis plus de deux ans, ce qui aurait entraîné des tensions récurrentes avec le conseil d’administration.
Sur les réseaux sociaux, les réactions commencent à se multiplier. Certains observateurs saluent la décision du ministre, tout en estimant qu’elle aurait dû intervenir plus tôt afin de limiter les dégâts. D’autres, en revanche, doutent de son application effective, rappelant que plusieurs décisions similaires prises par le passé n’ont pas toujours été exécutées.
Le directeur général suspendu n’a pas encore réagi publiquement. Toutefois, certains de ses soutiens évoquent en coulisses une possible cabale politique. De son côté, le ministre promet un audit indépendant pour évaluer les dommages et identifier d’éventuelles responsabilités. Une enquête pénale n’est pas exclue, fait-il savoir.
Un autre arrêté signé le 9 mars désigne Christian Francial Malessandji directeur général par intérim de l’ONASPORT. Les athlètes et les clubs sportifs espèrent des mesures rapides pour relancer et réhabiliter les infrastructures sportives du pays.
-A écouter aussi : L’Onasport est-il défaillant face à la dégradation avancée des infrastructures sportives ?
