Centrafrique : Amnesty International déplore la situation des droits humains
Un aperçu du centre-ville de Bangui, capitale de la République centrafricaine. Photo : Réseaux sociaux.

Centrafrique : Amnesty International déplore la situation des droits humains

L’ONG Amnesty International déplore la persistance des violations des droits de l’Homme en République centrafricaine. Dans son rapport annuel publié le 21 avril 2026, l’organisation relève plusieurs violences enregistrées en 2025, ainsi que les difficiles conditions de vie dans les prisons du pays tout en dénonçant la non-exécution de plusieurs mandats d’arrêt.

Dans ce rapport annuel, Amnesty International a rappelé les tristes événements survenus en République centrafricaine, impliquant non seulement des groupes armés, mais également des forces gouvernementales. Pour illustration, l’organisation de défense des droits de l’Homme a cité l’attaque du 21 janvier près de Mboki dans le Haut-Mbomou où des miliciens A Zandé Ani Kpi Gbé ont exécuté 12 civils dont des enfants. Une autre tuerie de masse, menée toujours par ces hommes armés contre des civils, a eu lieu entre mars et mai dernier dans les villes de Mboki, Obo et Zémio. Bilan : 4 personnes tuées et une autre enlevée.

D’autres attaques sont celles perpétrées par des éléments du groupe armés 3R sur l’axe Nzoro-Bocaranga-Bohong dans l’Ouham-Pendé, au cours desquelles 13 civils ont été massacrés et des centaines de maisons incendiées. L’ONG déplore également des enlèvements et extorsions d’artisans miniers et d’éleveurs transhumants, des faits impliquant des miliciens Antibalaka et des combattants du mouvement 3R.

Dans le rapport, Amnesty International indique que la Minusca, la mission des Nations-Unies en Centrafrique, a recensé 295 cas de violences sexuelles liées aux conflits entre le 2 février et le 1er octobre 2025. Selon la Minusca, ces actes ont été commis par des éléments du groupe armé 3R et des forces gouvernementales, sans donner plus de précisions sur l’identité des auteurs. Amnesty évoque aussi d’autres violences sexuelles et des mariages forcés sur le site de Korsi, à Birao (Nord-est) abritant des réfugiés soudanais.

Non-exécution des mandats

L’organisation de défense des droits humains regrette, dans son rapport, la non-exécution des mandats d’arrêts en faisant allusion, notamment au jugement par contumace de quatre éléments du Front populaire pour la renaissance en Centrafrique (FPRC) devant la Cour pénale spéciale (CPS). 

Un autre fait évoqué dans le document concerne l’entrave à la liberté d’expression. Pour appuyer son argument, Amnesty Internationale rappelle la loi sur la presse votée par les députés en mai 2025. A cela s’ajoute, selon elle, des conditions de détention inhumaines. L’organisation parle d’un accès limité aux soins, à la nourriture et à l’eau potable dans les prisons. Elle dénonce en plus la surpopulation carcérale due au non-respect du délai de détention provisoire. Le gouvernement centrafricain n’a pas encore réagi à ce rapport d’Amnesty International.

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