Réélu ce 7 mai à la présidence de l’Assemblée nationale pour un mandat de sept ans, Simplice Mathieu Sarandji a profité de son discours d’investiture pour adresser de vives critiques à ses adversaires politiques, révélant au grand jour les profondes tensions qui minent la majorité présidentielle dans cette 8ème législature.
Comme lors de sa candidature sans opposition dans la circonscription de Baoro, le premier secrétaire exécutif du Mouvement Cœurs Unis (MCU) s’est présenté sans concurrent pour le perchoir du parlement. L’issue du scrutin semblait déjà scellée dès mercredi, après une réunion de la majorité parlementaire convoquée par le président de la République afin de donner des consignes de vote strictes à ses alliés.
Reconduit par acclamation, Simplice Mathieu Sarandji, souvent désigné par ses initiales « SMS », n’a pas tardé à afficher les lignes de fracture qui minent son propre camp politique. Dans une intervention au ton offensif et parfois énigmatique, il a dénoncé des manœuvres occultes et des tentatives supposées de déstabilisation dirigées contre lui.
« Il y a des gens qui font venir des pygmées dans leur résidence, qui les font coucher sur des feuilles de bananier… Moi, je suis une autorité de ce pays, je sais beaucoup de choses. Ils ont tenté depuis longtemps, ils ont échoué et continuent encore. Mais si c’est le Dieu d’Abraham qui protège Jacob, alors faisons le pari : ce sont eux qui perdront », a-t-il déclaré.
Ces propos traduisent un climat politique particulièrement tendu, marqué par la défiance, les rivalités internes et les luttes d’influence au sein de la mouvance présidentielle. Le patron du MCU a adopté une posture de victime, allant jusqu’à évoquer des pratiques de fétichisme, de maraboutage et de sorcellerie ciblant sa personne.
« Beaucoup se complaisent dans le fétichisme, dans le maraboutage et dans la sorcellerie, je le sais. Pourtant, je gagne toujours. Comment un marabout situé à plusieurs kilomètres de Carnot peut-il m’appeler ? Est-ce normal ? Nous ne sommes même pas dans la même circonscription. La haine et la jalousie ne nous feront pas avancer », a poursuivi le président réélu de l’Assemblée nationale.
S’il reste 54 sièges à pourvoir à l’issue des élections législatives partielles et du second tour, sur les 90 députés déjà installés, 61 appartiennent au Mouvement Cœurs Unis. Avec les résultats attendus ce 8 mai, la future Assemblée nationale pourrait être largement dominée par le camp présidentiel.
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