Faux : aucun cas d’Ebola n’est enregistré à ce jour en République centrafricaine

faux : aucun cas d’Ebola n’est enregistré à ce jour en République centrafricaine

Depuis le 25 mai, des messages largement relayés sur WhatsApp affirment qu’une épidémie de fièvre hémorragique de type Ebola sévit en République centrafricaine. Ces publications évoquent des centaines de cas et de décès, parlant de plus de 500 personnes infectées et d’au moins 131 morts. Elles prétendent également qu’une alerte sanitaire aurait été déclenchée après la détection de cas suspects. Après vérification auprès des autorités sanitaires, cette information est fausse.

Capture d’écran de l’infox circulé dans des groupes WhatsApp

Aucune donnée officielle ne confirme ces chiffres en RCA

Les vérifications effectuées auprès des structures de santé, notamment dans les zones frontalières avec la République démocratique du Congo, n’ont révélé aucun cas d’Ebola enregistré à ce jour.

A Mongoumba dans la Lobaye, les responsables sanitaires rassurent de l’inexistence de cette épidémie malgré des inquiétudes de la population locale liées à la proximité avec les deux Congo. Armand Ouletou, responsable du laboratoire du centre de santé local, confirme « qu’aucun patient ne présente de symptômes liés au virus et aucun cas n’a été détecté dans la zone, malgré les échanges fréquents avec les localités frontalières ».

A Bayanga dans la Sangha-Mbaéré, zone frontalière avec la République du Congo, les autorités sanitaires indiquent qu’aucun cas d’Ebola n’a été signalé à ce jour dans cette localité du Sud-ouest de la République centrafricaine : « Non, jusque-là nous n’avons pas enregistré un sujet et aucun cas d’Ebola n’a été signalé dans la Sangha-Mbaéré », a affirmé le docteur Onoza Semdouto, Médecin chef de l’hôpital secondaire de Bayanga contacté le 29 mai par la cellule #StopAtènè.

Démenti du ministère de la Santé

Face à l’ampleur de l’infox, le ministère de la Santé a réagi et a clairement indiqué qu’il n’y a pas d’Ebola en Centrafrique. Le docteur Valentin Nebanga, responsable du service de la vaccination au ministère de la santé explique qu’à ce jour, « aucun cas d’Ebola n’a été signalé en Centrafrique ». Il précise par ailleurs que le ministère amplifie les communications en vue de prévenir une éventuelle introduction du virus depuis les pays voisins, notamment la RDC où l’épidémie a resurgi il y a presque un mois dans l’est du pays.

Pour corroborer, le 23 mai, le ministère de la Santé a publié sur sa page Facebook officielle un démenti en réponse aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux. Ces rumeurs évoquaient la découverte d’une prétendue épidémie d’Ebola en République centrafricaine. Dans son communiqué, le ministère a formellement rejeté ces allégations et indiqué qu’aucun cas d’Ebola n’a été enregistré dans le pays.

Capture d’écran de la publication de démenti du ministère de la santé

Des mesures de surveillance renforcées aux frontières par le ministère

Face au risque d’importation, le ministère de la Santé a renforcé les dispositifs de contrôle, notamment dans les zones frontalières fluviales avec les deux Congo à savoir : les préfectures du Haut-Mbomou et de la Lobaye, ainsi que la ville de Bangui.

Selon le département de la Santé, les voyageurs en provenance des zones à risque font l’objet d’un suivi sanitaire systématique. « Toute personne présentant des symptômes suspects peut être placée en observation pendant 21 jours. Ce mécanisme de surveillance se fait en collaboration avec les piroguiers pour mieux contrôler les points d’entrée non officiels », a indiqué le docteur Valentin Nébanga.

Verdict : Aucun cas d’Ebola n’est enregistré à ce jour en République centrafricaine. Les messages évoquant une épidémie en RCA sont une infox. Les autorités sanitaires appellent toutefois à la vigilance, en raison de la situation dans les pays voisins. 

Sources :

Armand Ouletou, responsable du laboratoire du centre de santé de Mongoumba ;

Onoza Semdouto, médecin chef de l’hôpital secondaire de Bayanga

Valentin Nebanga, directeur du service de la vaccination au ministère de la santé.