À Kabo, dans la préfecture de l’Ouham-Fafa, à 444 kilomètres de Bangui, la population tire la sonnette d’alarme face au très mauvais état des routes. Les axes Kabo-Batangafo, Kabo-Ouandago et Kabo-Sido sont devenus difficilement praticables, notamment en cette saison des pluies. Une situation qui préoccupe aussi bien les conducteurs de véhicules que les motos-taxis.
Selon plusieurs usagers, l’état de ces routes est alarmant. D’énormes nids-de-poule remplis d’eau stagnante ainsi que de profondes zones boueuses, communément appelées « Général » dans le jargon local, entravent fortement la circulation. Ces difficultés ralentissent également l’évacuation des produits agricoles vers Bangui, affectant ainsi une économie locale essentiellement basée sur l’agriculture.
Pour Alfred Wani, chauffeur-mécanicien résidant au quartier Kabo 1, la réhabilitation de ces routes est devenue une urgence.
« Les routes sont dégradées. Si elles étaient en bon état, cela nous aiderait dans nos activités. Auparavant, on parcourait la distance entre Kabo et Batangafo en une heure, mais aujourd’hui, il faut quatre heures pour arriver à Batangafo. Je demande au gouvernement de tourner son regard vers la préfecture de l’Ouham-Fafa afin de nous construire cette route », témoigne-t-il.
Les conséquences de cette dégradation se ressentent également sur le coût du transport et des denrées. Justin Bada, président de la jeunesse de Kabo, explique que les transporteurs répercutent les difficultés de circulation sur les tarifs appliqués aux usagers.
« Les transporteurs justifient la hausse des tarifs par le mauvais état des routes. Pour expédier un sac d’arachide vers Bangui, il faut désormais débourser 10 000 francs CFA. Ce coût supplémentaire fausse tous les calculs sur le prix de vente finale dans la capitale », précise-t-il.
Face aux préoccupations de la population, les autorités locales assurent suivre de près la situation. Le préfet de l’Ouham-Fafa, Henri Ngaté, affirme que des démarches sont en cours auprès des partenaires afin de mobiliser des financements pour la réhabilitation de ces infrastructures routières.
« Je suis constamment à Sido et à Kabo. C’est pour attirer les partenaires vers cette préfecture, afin que la route qui part de la frontière tchadienne jusqu’à Kabo et Batangafo soit réhabilitée, comme cela a été fait sur l’axe Bossangoa-Batangafo. Nous continuons les discussions et ne restons pas les bras croisés, car les voies routières sont essentielles au développement économique », indique-t-il.
Construites depuis 1984, ces routes se dégradent davantage chaque année pendant la saison des pluies. Cette situation entraîne d’importantes pertes matérielles et, dans certains cas, des pertes en vies humaines.
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