Alors que le monde célèbre ce 12 juin la Journée mondiale contre le travail des enfants, la réalité en République centrafricaine reste préoccupante. Malgré l’existence d’un cadre juridique censé protéger les mineurs, de nombreux enfants continuent d’exercer des activités commerciales pour contribuer aux revenus de leurs familles. Une situation en contradiction avec le Code de protection de l’enfant adopté en 2020.
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La loi centrafricaine sur la protection de l’enfance interdit pourtant formellement l’exploitation économique des mineurs ainsi que tout travail susceptible de nuire à leur santé, à leur éducation ou à leur développement. Mais sur le terrain, le constat est tout autre. En cette période de vacances scolaires, de nombreux enfants de moins de 18 ans investissent les marchés, les quartiers et les principales artères de Bangui pour s’adonner au commerce ambulant.
Ella, 11 ans, et sa sœur Viviane, 16 ans, des noms d’emprunt, parcourent chaque jour plus de cinq kilomètres à pied pour vendre des concombres et des bananes au profit de leur mère adoptive.
« Ma petite sœur vend des concombres et moi des bananes. Pour elle, la recette attendue est de 1 500 francs CFA et pour moi de 500 francs CFA. Nous quittons la maison tôt le matin pour venir vendre devant l’hôpital communautaire. Nous rentrons vers 11 heures afin de remettre l’argent à notre mère. Elle est déjà vielle. Avec cet argent, elle achète des semences pour son champ et s’occupe également de nous », témoigne Viviane.
Si certaines de ces activités visent à soutenir la famille, d’autres répondent à des besoins personnels. Evan, 12 ans, vend des brosses à dents afin de préparer sa prochaine rentrée scolaire.
« C’est ma grande sœur qui m’a donné un peu d’argent pour commencer ce petit commerce. Je sais rendre la monnaie. Si quelqu’un me donne 1 000 francs pour un article de 300 francs, je dois lui rendre 700 francs », explique-t-il.
Tous les enfants rencontrés partagent un même objectif : contribuer à la survie de leur famille. Esther, 15 ans, élève en classe de cinquième au lycée de Miskine, vend de la bouillie pour aider sa mère et financer sa scolarité.
« C’est de la bouillie de manioc sucrée avec de l’arachide. C’est ma mère qui la prépare. J’habite à Poungoulou et je vends de manière ambulante jusqu’à Boy-Rabe, en passant par le stade et le croisement Marabena. Ce petit commerce me permet de manger, de cotiser à une tontine et de payer ma scolarité », raconte-t-elle.
Cette année, la Journée mondiale contre le travail des enfants est placée sous le thème : « Carton rouge au travail des enfants ». En République centrafricaine, la législation prévoit pourtant de lourdes sanctions. L’article 393 du Code de protection de l’enfant punit le recrutement d’enfants dans les pires formes de travail de peines allant d’un à cinq ans d’emprisonnement et jusqu’à cinq millions de francs CFA d’amende. Ces peines sont doublées en cas de récidive.
