Centrafrique : l’abattoir de Bouar confronté à d’énormes difficultés
Abattoir de Bouar, dans la Nana-Mambéré. Les opérations d'abattage des bœufs s'y déroulent dans des conditions d'hygiène qui suscitent des préoccupations. Photo : RNL/Hugues Florentin Namkoissé.

Centrafrique : l’abattoir de Bouar confronté à d’énormes difficultés

Construit il y a plusieurs décennies, l’unique abattoir de la ville de Bouar est confronté aujourd’hui à un manque criant de matériels adéquats. Une situation qui met en danger la sécurité des travailleurs et soulève des inquiétudes quant à la qualité de la viande destinée à la consommation.

Située loin des habitations, à proximité d’une rivière, cette infrastructure accueille quotidiennement des bouchers et apprentis. Sans un équipement de protection, ces derniers procèdent à l’abattage des bœufs, à la découpe des carcasses, avant leur transport par des motos-triporteurs vers les différents marchés de la ville.

Faute d’équipements appropriés, les infirmiers vétérinaires effectuent les contrôles sanitaires à l’œil nu. Rodrigue Ndoye-Bébé, responsable de l’abattoir de Bouar déplore ce manquement. « Ici, il n’y a pas de matériels appropriés, c.-à-d. gants, bottes, blouses. Même pour transporter les carcasses jusqu’au marché, c’est un problème. Il nous faut des moyens roulants pour la cigale même. Car aujourd’hui, ce sont des particuliers qui amènent leurs triporteurs pour le transport des carcasses », regrette-t-il.

Alors que ce manque de matériels n’est pas sans conséquence sur le fonctionnement de cette structure, d’aucuns déplorent les conditions dans lesquelles la viande est traitée. 

« L’endroit est trop sale »

« Mon avis est que cet abattoir dégage de mauvaises odeurs et l’endroit est trop sale. Certains bouchers n’ont pas de blouse. D’autres, par contre, se blessent la lors des abattages mais continuent de travailler avec ces blessures sans un quelconque pansement. Malgré de nombreux appels lancés en direction des autorités, aucune réponse concrète n’a encore été enregistrée » regrette Julienne, une mère de famille.

Malgré des appels lancés par les acteurs du secteur, aucune réponse n’a pour l’heure été enregistrée.

« J’ai plusieurs fois lancé des appels à l’endroit des autorités locales pour qu’elles nous aident mais cela demeure encore sans suite. Pour les autres partenaires comme les ONG, nous leur demandons de réhabiliter les installations voire d’étendre l’air d’abattage. Cela pourra nous aider », imploreRodrigue Ndoye-Bébé.

Pour garantir la sécurité sanitaire et alimentaire de la population, les observateurs sociopolitiques appellent le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour pallier cette situation.

-Lire aussi : Risques sanitaires : les abattages clandestins se normalisent à Boali en l’absence des abattoirs