La mesure du ministère de commerce et de l’industrie interdisant le transport de la viande de bœuf dans les moyens non adaptés est entrée en vigueur ce 1er juillet. Pour lancer son application, le département a effectué une descente ce mercredi matin à la Société d’Etat de gestion des abattoirs à Bangui. Cependant, certains bouchers continuent de contester cette décision.
Tôt ce matin, une équipe du ministère du Commerce et de l’Industrie s’est rendue à la SEGA pour veiller à l’application de cette mesure. Sur place, plusieurs bouchers ont exprimé leur mécontentement, dénonçant un manque d’information autour de la décision et l’insuffisance des moyens de transport mis à leur disposition.
« Nous avons l’habitude de payer des motos pour transporter nos marchandises. S’ils décident d’interdire le transport de la viande avec ces moyens, qu’ils nous proposent des solutions. Depuis ce matin, je suis ici. Avec l’apparition des chenilles, nos clients sont rares. A ce rythme, je risque de faire faillite », déplore Thierry Moïnam, un boucher.
Une position soutenue par les conducteurs de moto-triporteurs, qui affirment ne pas avoir été informés sur la nouvelle disposition.
« L’accès nous a été interdit »
« Cela fait plusieurs années que nous transportons de la viande ici à la SEGA. Mais ce matin, l’accès nous a été interdit. Seulement une dizaine de transporteurs y ont été autorisés, alors que nous sommes plus de 150. Nos clients sont restés sur place car les quelques transporteurs autorisés ne parviennent pas à répondre à la demande », soutient Melonné Ongbolomogna, un conducteur.
La société chargée du transport de la viande et des carcasses dispose de 6 véhicules, 10 triporteurs aménagés et 10 pousse-pousse améliorés pour acheminer les marchandises vers les différents marchés voire chez les détaillants.
« En principe, ces véhicules vont directement sur les marchés. Ceux qui achètent les cuisses et les carcasses doivent se rendre sur ces marchés-là. Maintenant, ils peuvent les transporter sur leurs lieux de vente ; parce que nous ne pouvons pas déplacer un véhicule dans un quartier pour une carcasse ou une cuisse », précise Dido Ibrahim Abdoulaye, président directeur général de Dibro Services.
Pour le ministère du Commerce, cette mesure a été mise en place en concertation avec les différentes parties.
« On ne va pas reculer »
« Vu les failles que nous avons constatées ce matin, une réunion technique va se tenir immédiatement avec les différentes parties. Nous allons réfléchir pour voir les problèmes et essayer de comprendre en vue d’apporter des solutions. Cependant, le processus est lancé, on ne va pas reculer », assure Aristide Kpenga, directeur général du Commerce, de la Concurrence et de la Consommation.
Cette décision du ministère du Commerce et de l’Industrie a été prise, le 26 juin dernier. Selon le constat de Radio Ndeke Luka, plusieurs bouchers ont reçu leurs marchandises avec du retard ce mercredi matin sur leurs lieux de vente.
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