Centrafrique : la Banque mondiale alerte sur une gestion opaque des finances publiques
Une vue du centre-ville de Bangui, capitale centrafricaine. Photo : RNL/Hervé Cyriaque Séréfio.

Centrafrique : la Banque mondiale alerte sur une gestion opaque des finances publiques

La Banque mondiale tire la sonnette d’alarme et appelle à davantage de transparence dans la gestion des finances publiques en République centrafricaine. Dans son dernier rapport, publié le 2 juillet, l’institution estime que le pays reste excessivement dépendant de l’aide extérieure, une situation qui le rend particulièrement vulnérable aux chocs économiques mondiaux.

Le rapport met en évidence la faible mobilisation des recettes intérieures ainsi que les difficultés dans la gestion des dépenses publiques. Pour Cheikh Fantamadji Kante, directeur des opérations de la Banque mondiale, le pays fait face à un défi structurel majeur.

« Les recettes intérieures représentent moins de 10 % du PIB, alors que les besoins minimaux de fonctionnement de l’État exigent au moins 12 %. Ce n’est pas un chiffre abstrait : c’est la différence entre un État qui tient debout et un État qui titube en attendant anxieusement le prochain décaissement de l’aide extérieure. Cette aide a représenté près de 43,5 % des revenus de l’État et a financé plus de 84 % des dépenses d’investissement ces dernières années », explique-t-il.

Face à cet important déficit entre les ressources de l’État et les besoins croissants en investissements, la Banque mondiale recommande un appui au développement davantage coordonné, plus prévisible et mieux aligné sur les priorités nationales.

Le gouvernement centrafricain reconnaît les insuffisances relevées et affirme sa volonté de mettre en œuvre ces recommandations.

« Nous nous engageons à moderniser et numériser en profondeur notre administration fiscale et douanière, à renforcer la transparence budgétaire, à réorienter les dépenses publiques vers le développement humain et les infrastructures. Ce ne sont pas des objectifs abstraits, mais des conditions indispensables pour améliorer concrètement la vie de nos concitoyens. Nous savons que ces réformes seront exigeantes. Elles demanderont du temps, de la persévérance et un accompagnement technique soutenu », déclare Marc Mandaba, ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale.

Ce nouveau rapport de la Banque mondiale met une nouvelle fois en lumière la fragilité des finances publiques de la République centrafricaine. La mise en œuvre effective des réformes recommandées pourrait renforcer la capacité financière de l’État et réduire progressivement sa dépendance à l’aide extérieure.

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