Centrafrique : recul du trafic d’organes humains dans la localité de Bayanga
Le commissariat de la ville de Bayanga. Photo : MINUSCA.

Centrafrique : recul du trafic d’organes humains dans la localité de Bayanga

Après plusieurs mois marqués par la peur, les habitants de Bayanga, dans la préfecture de la Sangha-Mbaéré, retrouvent progressivement une vie normale. Selon les autorités locales, le renforcement du dispositif sécuritaire et les mesures préventives ont permis de faire reculer le trafic d’organes humains qui avait semé la psychose dans la région.

Depuis plus de quatre mois, les habitants de Bayanga et des villages environnants reprennent progressivement leurs activités. Ils se rendent de nouveau dans leurs champs et en forêt sans la crainte qui les habitait auparavant. C’est le cas des habitants de Yandoumbé, un village situé à trois kilomètres de Bayanga, comme en témoigne Mireille Foro.

« À présent, nous vivons en paix. Auparavant, on parlait du prélèvement du sang humain et on avait peur. On ne pouvait pas aller au champ, mais actuellement, on peut aller dans la forêt sans inquiétudes », fait-elle savoir.

Les habitants appellent à maintenir la vigilance

Même si le calme est revenu, certains habitants estiment que les efforts doivent se poursuivre. Victor, père de famille, appelle les autorités à rester vigilantes.

« Il y a de cela quelques mois, surtout en janvier, il nous était difficile de nous promener et de vaquer librement à nos occupations à cause des gens qui enlevaient des personnes pour leur prélever du sang. Mais avec le renforcement de la sécurité, le calme est revenu. Cela ne doit pas pousser les autorités à baisser la garde », souhaite-t-il.

Pour le sous-préfet de Bayanga, Stanislas Boulembé, cette amélioration est le résultat des mesures prises avec les autorités locales, les chefs de villages, les forces de sécurité et les écogardes. L’objectif était de prévenir les profanations de tombes, les disparitions mystérieuses et les actes liés au trafic d’organes humains.

« Nous avons réuni les autorités locales et les chefs de villages en urgence pour mettre en place des comités de défense. J’ai demandé à la police et à la gendarmerie d’effectuer des patrouilles nocturnes avec le soutien des écogardes. Les opérations se déroulent de 20 heures à 5 heures du matin. Depuis, aucun nouveau cas n’a été signalé à Bayanga », rassure-t-il.

Malgré cette amélioration, plusieurs habitants souhaitent que les enquêtes se poursuivent afin que les présumés auteurs et leurs complices répondent de leurs actes devant la justice. D’autres demandent également un renforcement du contrôle aux frontières pour empêcher toute résurgence de ce phénomène dans la région.

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