Deux enfants vivent actuellement auprès de leurs mères à la maison d’arrêt pour femmes de Bimbo. Une situation qui suscite des interrogations sur les droits des enfants en milieu carcéral et les conditions de leur prise en charge. Que prévoit la législation centrafricaine en la matière ? Radio Ndeke Luka s’est penchée sur la question.
À la maison d’arrêt de Bimbo, deux femmes allaitantes sont actuellement détenues. La présence de leurs enfants dans cet établissement pénitentiaire a suscité des interrogations. Interrogée par Radio Ndeke Luka, la régisseuse de la prison, Clotilde Djaddé, précise que ces enfants sont nés alors que leurs mères étaient déjà en détention.
« Présentement, nous avons deux femmes allaitantes. L’une vient de Zémio, l’autre de Birao. Elles sont arrivées enceintes. Ici, à Bimbo, nous disposons d’une cellule réservée aux femmes allaitantes et aux mineurs », explique-t-elle.
La question de la détention des mères avec leurs enfants a récemment fait l’objet d’une étude menée par Avocats Sans Frontières dans plusieurs établissements pénitentiaires du pays. Les résultats de cette enquête ont été présentés par Me Claudine Bagaza-Dini, qui souligne les difficultés d’application des normes internationales.
« Il n’est pas facile de respecter les normes internationales. Beaucoup de choses restent à améliorer. Les enfants ne sont pas pris en charge par l’État pour leur alimentation. Ils dépendent de la nourriture consommée par leur mère. Pour les nourrissons, l’allaitement maternel est assuré, mais pour les enfants de plus de six mois, la situation est plus compliquée. En République centrafricaine, c’est l’article 69 de la loi du 12 avril 2012 portant régime pénitentiaire qui encadre la présence des enfants auprès de leur mère en prison », rappelle-t-elle.
Pour Salah Dedy-Rodouan, directeur général des Droits humains et de la Bonne gouvernance au ministère de la Justice, cette disposition vise avant tout à protéger les droits de l’enfant.
« La loi de 2012 prévoit qu’un enfant peut rester auprès de sa mère jusqu’à l’âge de trois ans. Au-delà, il est séparé d’elle et rejoint sa famille. Le gouvernement poursuit ses efforts pour améliorer la protection des droits des personnes détenues », indique-t-il.
Selon l’étude d’Avocats Sans Frontières, bien que cette loi ait été adoptée en 2012, plusieurs de ses textes d’application font encore défaut, ce qui limite sa mise en œuvre effective. Réunis lors de la présentation de cette étude, les acteurs de la chaîne judiciaire ont plaidé pour l’accélération de son application afin de mieux garantir les droits des mères détenues et de leurs enfants.
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