Bangui : la vente de drogue et autres stupéfiants en phase de vulgarisation ?
Une boîte de Tramadol. Photo: Image d'illustration

Bangui : la vente de drogue et autres stupéfiants en phase de vulgarisation ?

À Bangui, l’indignation grandit face à l’ampleur du trafic de drogue. De nombreux Centrafricains dénoncent ce qu’ils considèrent comme une certaine inaction des autorités judiciaires. Au marché de Combattant, le commerce de stupéfiants se fait désormais au grand jour. Cannabis, psychotropes et autres produits sont proposés à la vente sans véritablement se cacher.

Devant l’ancien marché de Combattant, les produits sont exposés sur les étals, avec des doses vendues à 100, 250 ou 500 francs CFA. Parmi les vendeurs figure Donald, qui affirme vivre de ce commerce depuis quatre ans.

« Je vends ces produits pour subvenir à mes besoins et nourrir ma famille. Je peux parfois gagner entre 12 000 et 15 000 francs CFA par jour. Lorsqu’il pleut, les clients viennent nombreux. En revanche, quand le soleil est trop fort, les affaires tournent au ralenti », explique-t-il.

Parmi les clients, on retrouve notamment des conducteurs de moto-taxi. Prince, l’un d’eux, dit recourir à ces produits pour lutter contre la fatigue et le manque d’énergie.

« Au guidon de ma moto, le sommeil et la fatigue me rattrapent souvent. Je viens donc chercher de quoi me donner l’énergie nécessaire pour continuer à travailler », témoigne-t-il.

Certains affirment également que ces substances seraient mélangées au café vendu à la sauvette sur le marché. Une accusation fermement rejetée par Anicet, vendeur de café.

« Certains nous accusent de mélanger de la drogue au café pour augmenter les ventes. Mais ce sont parfois les conducteurs de moto-taxis eux-mêmes qui achètent ces produits et nous les apportent pour les mélanger à leurs propres tasses », se défend le vendeur.

Sollicité pour apporter des éclaircissements sur ce trafic qui se déroule au vu et au su de tous, l’Office centrafricain de lutte antidrogue (OCLAD) n’était pas disponible.

En attendant une réaction des autorités, l’inquiétude grandit à Bangui. Pour plusieurs habitants, la consommation de ces substances fait partie des causes des multiples accidents de la circulation dans la capitale.

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