Dans son rapport hebdomadaire, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dresse un tableau alarmant de la situation humanitaire en République centrafricaine.
Les chiffres témoignent de l’ampleur de la détresse. À travers le pays, les équipes humanitaires font état de besoins considérables : pénuries alimentaires, accès limité aux soins de santé, déplacements forcés et conditions de vie particulièrement précaires.
À Gbazara, dans l’Ouham-Fafa au nord du pays, la situation demeure critique pour près de 4 500 personnes déplacées internes. Ce sont des familles qui ont fui le village de Béhilié en avril dernier, à la suite d’une attaque armée. Depuis quatre mois, elles survivent sans assistance alimentaire. Sur place, les conditions d’hygiène et d’assainissement sont particulièrement préoccupantes. L’absence de douches et de latrines, conjuguée à la saison des pluies, fait craindre une recrudescence des maladies hydriques. Face à l’urgence, les partenaires humanitaires s’efforcent de mobiliser les financements nécessaires pour venir en aide aux populations affectées.
Plus à l’est, à Zemio, une initiative apporte toutefois une lueur d’espoir dans l’accès à l’eau potable. L’ONG APSUD et l’UNICEF ont mis en service un système solaire d’approvisionnement en eau dans le quartier Arangué, au bénéfice de quelque 1 500 personnes. Dans le quartier Kondo, les travaux de construction d’un château d’eau d’une capacité de 15 000 litres se poursuivent. À terme, cette infrastructure devrait approvisionner près de 45 000 personnes, contribuant ainsi à réduire la pression exercée sur les réseaux hydrauliques existants par l’afflux de populations déplacées.
La réponse humanitaire se déploie également sur le front de la sécurité alimentaire. Le Programme alimentaire mondial (PAM) et World Vision ont distribué 150 tonnes de vivres dans les villages de Bédoua 1, Bebelem, Beogombo 2 et Bebolo. Cette assistance d’urgence permettra de couvrir pendant deux mois les besoins alimentaires de plus de 4 700 personnes touchées par les intempéries survenues en mars dernier.
À Batangafo, l’Association des Femmes pour la Promotion et l’Entrepreneuriat a également apporté une aide alimentaire et vestimentaire à 30 ménages ayant à leur charge des enfants sans accompagnement familial. Par ailleurs, six femmes survivantes de violences basées sur le genre ont été évacuées vers le centre de santé de Gbazara pour y recevoir une prise en charge médicale adaptée.
Dans le sud-est du pays, les intempéries continuent également de susciter l’inquiétude. De violents orages ont frappé la localité de Nzako-Police, près de Bangassou, faisant d’importants dégâts matériels. Le bilan fait état de 40 maisons détruites, de stocks de vivres emportés et de 200 personnes privées d’abri. Trois personnes ont également été blessées. Une mission d’évaluation rapide est déployée sur place afin d’évaluer les besoins et de coordonner la réponse humanitaire.
-Lire aussi : Centrafrique : la Minusca préoccupée par la situation humanitaire et les récents enlèvements de civils par la LRA
