La croissance de l’économie centrafricaine a atteint 3,3 % en 2025, contre 1,8 % un an plus tôt. Une progression saluée par la Banque africaine de développement, mais qui reste insuffisante face à la croissance démographique et aux nombreux défis qui freinent encore l’activité économique : coût du carburant, déficit énergétique, accès limité au financement et faiblesse des infrastructures figurent parmi les principaux obstacles relevés dans le rapport pays 2026 de la BAD.
Selon Mamadou Coulibaly, représentant résident de la BAD en Centrafrique, cette progression a principalement été portée par les secteurs agricole et minier, ainsi que par l’exploitation forestière.
« L’économie centrafricaine se porte relativement bien avec un taux de croissance de 3,3 % en 2025. La croissance a été favorisée par le secteur agricole qui a enregistré des progrès, mais également par le secteur minier qui a contribué à porter cette croissance à 3,3 % en 2025 », a-t-il indiqué.
Une performance qui reste toutefois fragile et insuffisante au regard des besoins de l’économie centrafricaine. Pour Marc Mandaba, ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, plusieurs facteurs continuent de peser sur l’activité économique, notamment le coût élevé du carburant.
« Ce rapport fait état d’une croissance d’un peu plus de 3 %, mais qui n’est pas suffisante au regard de la croissance naturelle qui est également d’un peu plus de 3 %. Le prix du carburant impacte les industries et notre productivité », a expliqué le membre du gouvernement.
Miser sur les ressources naturelles et le secteur privé
Pour consolider la croissance et créer davantage de richesses, la BAD encourage les autorités centrafricaines à mieux valoriser les ressources naturelles du pays, tout en renforçant la mobilisation des recettes publiques et en créant un environnement transparent plus favorable au secteur privé.
« L’une des recommandations, c’est que la Centrafrique puisse valoriser au maximum ses ressources naturelles pour amorcer une croissance forte. Deuxième point, il faut accroître la mobilisation des ressources en rationalisant les recettes fiscales. Et puis, il faut retenir que le secteur privé va jouer un rôle important », recommande Mamadou Coulibaly.
Les économistes préconisent également la digitalisation des finances publiques, le renforcement des capacités de l’administration et l’amélioration de la gouvernance.
Parmi les autres défis identifiés figurent l’insuffisance de l’offre énergétique, l’accès encore limité au financement pour les petites et moyennes entreprises, ainsi que la nécessité d’accélérer la réalisation des infrastructures de transport, d’énergie et d’eau potable.
Malgré l’amélioration de la croissance, la soutenabilité de la dette et la gestion des finances publiques demeurent des enjeux majeurs pour l’économie centrafricaine.
Ce rapport de la Banque africaine de développement intervient après la publication début juillet de la Revue des finances publique de la RCA par la Banque mondiale. Une revue qui a mis en exergue une faible mobilisation de recettes internes et une dépendance à l’aide extérieure.
– Lire aussi : Finances publiques en Centrafrique : ce que révèle la revue de la Banque mondiale
