Bouar : une plateforme de la société civile dénonce les conditions dans la prison
Vue de la façade de la maison carcérale de Bouar (Nana-Mambéré). Photo : RNL/Christ-Roi Jordan Bandengbe.

Bouar : une plateforme de la société civile dénonce les conditions dans la prison

La Plateforme de la société civile pour l’appui aux réformes du système pénitentiaire tire la sonnette d’alarme sur les conditions de détention à la prison centrale de Bouar. En marge d’une mission d’observation dans ce centre pénitentiaire, l’organisation a dénoncé notamment la malnutrition, le manque d’eau potable et les difficultés d’accès à la justice auxquelles font face les prisonniers.

Selon la Plateforme de la société civile pour l’appui aux réformes du système pénitentiaire (PARSP-RCA), cette visite de terrain a pour but de toucher du doigt les conditions dans lesquelles les prisonniers sont détenus. La visite a relevé un constat alarmant. « Nous avons noté un problème de nutrition, puisque l’enveloppe allouée pour l’alimentation des détenus est insuffisante. Ce qui fait qu’ils ont des soucis. Nous avons aussi constaté que le milieu est infesté de maladies, notamment la gale et la tuberculose. Il y a aussi un problème d’’eau potable. Ce qui fait que les détenus se voient obligés de sortir pour aller chercher de l’eau », décrit Marie-Ange Yakitté, secrétaire générale adjointe de l’organisation.

Lenteur dans les procédures

Alors que plusieurs prévenus attendent toujours leur jugement faute d’audience régulière, la plateforme pointe du doigt des lenteurs dans les procédures judiciaires. Pour la PARSP, l’accélération ou l’exécution normale des procédures permettra de garantir une vie normale en prison.

« Auparavant, c’est le ministère de l’Intérieur qui gérait les prisons en République centrafricaine. Mais lors des États-généraux de la justice, des recommandations ont été faites. Ainsi, la gestion des prisons a été attribuée au ministère de la Justice avec la mise en place des mécanismes juridiques, notamment la loi 12-003 avec ses quatre décrets de 2016 », indique Armand Dounia, secrétaire général de la PARSP-RCA.

Le code pénal et le code de procédures pénales ont prévu des délais de détention et de traitement des dossiers judiciaires. Mais souvent de nombreux détenus passent plus de temps que prévu en prison sans être jugés.

Prévue pour accueillir 120 détenus, la maison carcérale de Bouar en compte aujourd’hui près de 200.

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