Bossangoa : une trentaine de victimes d’excision référées à l’hôpital régional
Un aperçu de l'hôpital de district de Bossangoa dans l'Ouham. Photo : MSF-Tous droits réservés.

Bossangoa : une trentaine de victimes d’excision référées à l’hôpital régional

Malgré son interdiction par la loi, l’excision continue d’être pratiquée dans une partie de la République centrafricaine. Au village Boubou, près de la ville de Bossangoa (Ouham) par exemple, une trentaine de jeunes filles excisées ont été transférées à l’hôpital des suites de complications.

Toutes ces filles excisées ont été transférées d’urgence à l’hôpital régional universitaire de Bossangoa par l’ONG Plan International, qui œuvre pour la protection de l’enfant. Selon les responsables sanitaires, ces dernières, dont l’âge varie de 8 à 13 ans, ont reçu des soins médicaux durant 4 jours avant de retourner dans leurs familles respectives. Les spécialistes soulignent quelques conséquences sur les victimes.

« Cet acte réalisé chez une fille ou une femme cause toujours des traumatismes psychologiques et physiques. Lors de l’excision, si l’on coupe cette partie génitale, la femme va garder des traumatismes durant toute sa vie. Pendant l’accouchement, elle peut à toute fois saigner abandonnement et peut perdre sa vie », précise Dr Durand Boris Poutou-Piri, gynécologue obstétricien à l’hôpital régional de Bossangoa.

Alors que le Code pénal centrafricain pénalise l’excision, sa pratique est loin d’être maitrisée. Face à cela, les acteurs judiciaires brandissent des sanctions appropriées.

« Quiconque, par des méthodes traditionnelles ou modernes, aura pratiqué ou tenté de pratiquer ou favoriser l’excision de toute méthode de mutilation génitale féminine, sera puni d’un emprisonnement de 2 à 5 ans et d’une amende de 102.000 à 1 million de francs CFA », martèle Timothée André Ngoko, procureur près le tribunal de grande instance de Bossangoa.

Malgré son interdiction, l’excision reste présente et continue d’être pratiquée dans plusieurs localités du pays. Selon une enquête de l’Unicef, au moins 21 % des femmes âgées de 15 à 49 ans en République centrafricaine ont subi des mutilations génitales féminines, sous quelque forme que ce soit. La majorité de ces femmes excisées avaient entre 6 et 12 ans.

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