L’arnaque en ligne continue de faire des victimes, témoignage
Capture d’écran d’une page susceptible d’arnaquer les internautes.

L’arnaque en ligne continue de faire des victimes, témoignage

« Il m’ont pris 400.000 francs CFA et m’ont mis la pression pour appeler mes parents afin qu’ils envoient le reste de l’argent », témoigne Issa Soulemane qui s’est confié à #StopATènè, la cellule de lutte contre la désinformation de Radio Ndeke Luka.

De l’offre d’emploi aux bourses d’études dans des universités prestigieuses, derrière les écrans, trop souvent, se cache une arnaque. De plus en plus de jeunes centrafricains tombent dans ces pièges en ligne, parfois en pensant saisir une chance unique. Consciente de ce danger, la cellule StopATènè s’est donné une mission claire, alerter la jeunesse, partager des témoignages concrets et des conseils pratiques, afin de dévoiler ces escrocs et d’éviter qu’ils ne fassent davantage de victimes.

Comment est-ce que vous vous êtes retrouvé dans ce réseau d’arnaque ?

« J’ai un collègue avec qui j’ai étudié de la 6ème en 3ème. Nous nous étions perdus de vue depuis quelques années. Un jour, il m’a écrit sur Facebook pour m’informer qu’il était au Tchad pour poursuivre ses études. Il m’a expliqué que son école lançait un avis de recrutement de nouveaux étudiants et m’a encouragé de saisir cette opportunité ».

« Il m’a envoyé la liste des pièces à fournir : une copie du certificat de nationalité, deux cartes photos d’identité, un acte de naissance et deux numéros de téléphone des parents. Selon lui, une année d’écolage coûtait 650 000 francs, somme qui devait couvrir le loyer et les frais sanitaires. Comme j’étais en quête d’une opportunité pour poursuivre mes études à l’étranger, j’ai préparé le dossier et lui ai envoyé toutes les pièces demandées ».

Avez-vous été contacté après avoir envoyé votre dossier ?

« Oui, peu après, mes parents ont reçu un appel leur annonçant que mon dossier avait été retenu. En janvier 2026, j’ai donc quitté Bangui pour Ndjamena. Arrivé à la frontière, j’ai contacté mon collègue qui est venu me chercher. Ensemble, nous nous sommes rendus à l’administration de l’école où trois jeunes hommes se sont présentés comme responsables ».

Qu’est-ce que vous a le plus remarqué dès votre arrivé ?

« Dès mon arrivée, j’ai remarqué que l’environnement ne ressemblait pas à celui d’un établissement sérieux. Les prétendus responsables m’ont demandé de verser immédiatement la totalité des frais d’écolage, soit 650 000 francs. Je n’avais que 400 000 francs sur moi. Ils les ont pris et m’ont mis la pression pour appeler mes parents afin qu’ils envoient le reste de l’argent. J’ai alors compris que j’étais arnaqué et que j’étais en danger ».

Et où était votre ami qui vous avait invité ?

« Il ne se préoccupait plus de moi. Je le voyais rarement dans la cour du prétendu établissement. Et quand je le voyais et que je m’approchais de lui, il m’évitait. Il ne m’a pas du tout assisté. »

Et qu’est-ce que vous avez fait après ?

« Face à leurs pressions et aux conditions difficiles auxquelles j’étais confronté, j’ai décidé de fuir. J’ai demandé à sortir pour visiter un peu la ville et j’en ai profité pour quitter les lieux sans bagages. J’ai retrouvé une connaissance à qui j’ai tout expliqué. Elle m’a hébergé pendant cinq jours, m’a aidé dans les démarches à quitter le pays puis elle m’a accompagné jusqu’à la frontière. Je n’ai que deux semaines à Ndjamena et j’ai perdu 400.000 francs. J’ai perdu mes documents et mon temps. »

Quelle est votre relation actuelle avec votre ami ?

« Depuis que je suis rentré à Bangui, je n’ai pas eu de contact avec lui. Les numéros sur lesquels il m’avait appelé ne sont plus opérationnels ».

Etant victime de cette mauvaise pratique, quel message avez pour les jeunes centrafricains ?

« À travers ce témoignage, je souhaite mettre en garde mes pairs : soyez très prudents face aux opportunités d’études à l’étranger. Aux parents, je recommande de ne jamais laisser vos enfants partir sans avoir vérifié la crédibilité de l’université ou de l’institut qui les accueille.

#StopATènè, la cellule numérique de Radio Ndeke Luka qui lutte contre la désinformation et les discours de haine.