À Obo, dans la préfecture du Haut-Mbomou, les enseignants affectés dans la localité déplorent leurs conditions de vie et de travail. Entre le manque de matériels et de manuels scolaires et les difficultés d’accès à leurs salaires, ces fonctionnaires de l’État appellent à une solution rapide.
Les difficultés relevées sont de plusieurs ordres. Selon les enseignants affectés dans cette préfecture, les conditions de vie et de travail restent particulièrement difficiles. Faute de logements réservés aux enseignants, ils sont contraints de payer eux-mêmes leurs loyers. À cela s’ajoutent les difficultés liées à la distance entre Obo et Bangui ainsi qu’aux perturbations des transactions financières, qui compliquent l’accès à leurs salaires.
« On m’a affecté ici, c’est ma quatrième année. Ici à Obo, le coût de la vie est vraiment très cher. Un morceau de savon que nous achetons à Bangui à 200 francs coûte ici 500 francs CFA. Si on n’a pas la possibilité d’avoir notre salaire, c’est aussi un problème », indique Gervil Papa, directeur de l’école Kourouko.
De son côté, Salvador Yétinzoni, directeur de l’école de Mboki, de passage à Obo, dénonce le manque de matériels et de manuels didactiques nécessaires au bon encadrement des élèves.
« Depuis que j’ai pris fonction, il n’y a pratiquement rien. L’école était vraiment saccagée. Même les tables-bancs, même les conditions qui devaient nous permettre de bien travailler font défaut. Il n’y a pas de documents, il n’y a pas de petits matériels, il n’y a même pas de chaises pour les enseignants. Les enfants s’assoient à même le sol pour travailler », fait-il savoir.
Ces difficultés ne concernent pas uniquement l’enseignement fondamental. Les enseignants du lycée d’Obo sont eux aussi confrontés à des problèmes de logement et à des difficultés de percevoir leur salaire dans les délais, comme le souligne Bienvenue Raphaël Simbidi, le proviseur de l’établissement.
« Il n’y a pas de logement pour les enseignants ni pour les administrateurs du lycée. Obo est loin de Bangui et c’est de la capitale que nous percevons nos salaires. Les enseignants éprouvent des difficultés à percevoir leur salaire dans le délai normal. Nous plaidons auprès des autorités compétentes pour qu’elles pensent à améliorer nos conditions de vie ».
Face à ces nombreux défis liés aux infrastructures et aux conditions de travail, plusieurs enseignants affectés à Obo hésitent encore à regagner leurs postes, ce qui risque de perturber davantage l’apprentissage. Certains évoquent notamment l’insécurité et le manque de logements dans la préfecture parmi les raisons qui expliquent leur hésitation.
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